Tarraconaise

province romaine
La Tarraconaise dans l'Empire romain, vers 120.

La Tarraconaise (Hispania Tarraconensis) était une province romaine qui couvrait le nord et l'est de l'Espagne et qui correspond aujourd'hui à peu près à l'Aragon, la Catalogne, la Castille-La Manche, la Castille-et-León, la Galice, le Pays basque, la Communauté de Madrid, la Cantabrie, la Communauté forale de Navarre, La Rioja, les Asturies, la Région de Murcie et la partie oriental de l'Andalousie. Elle est issue de l'ancienne Hispanie citérieure.

GéographieModifier

La Taraconnaise était organisée en province impériale, dirigée par un légat siégeant à Tarraco, et commandant la légion VIIa Gemina stationnée à León, qui assure la sécurité.

Selon les savants antiques Strabon, Pline l'Ancien et Ptolémée, le nombre des villes en Tarraconaise est considérable, surtout dans la vallée de l’Ebre. En 74, Vespasien octroie le droit latin à toute l’Espagne, donnant ainsi la citoyenneté latine à tous les citadins libres. Villes principales :

HistoireModifier

L’attachement de cette province à Rome et au titre d’Auguste se manifeste dès le début de l’Empire, avec la fondation en -27 à Tarragone du premier autel dédié au culte impérial de tout l’Empire romain.

Au Ier siècle et IIe siècle, cette province est prospère : l’étain est activement exploité dans les Asturies. Elle exporte du blé, du vin et de l’huile d’olive. On pouvait joindre Ostie par mer depuis Tarraco en quatre jours, et depuis Carthagène en sept jours. On retrouve la trace de ce commerce par les débris caractéristiques de l’amphore espagnole au col court et large, qui se diffuse à Rome, en Gaule et jusque dans les provinces de Germanie et de Bretagne.

Au IIIe siècle, les incursions germaniques qui ravagent la Gaule épargnent l’Espagne, sauf en 258, quand le raid le plus avancé des Alamans atteint Tarragone.

Au début du IVe siècle sous la tétrarchie, la vaste province est découpée en trois pour améliorer son administration :

Au IVe siècle, La province est le berceau d’origine des empereurs Théodose Ier, originaire de Valladolid, et de Maxime

  • En 408, l’invasion des Vandales, des Suèves et des Alains bouleverse la péninsule ibérique. Elle est partagée entre ses envahisseurs par tirage au sort : la Bétique est accordée aux Vandales Silings, la partie nord de la Galice pour les Vandales Hasdings, la partie sud de la Galice pour les Suèves, la Lusitanie (actuel Portugal) et la Carthaginoise pour les Alains. Seule la Tarraconaise reste un réduit romain.
  • En 417, les Wisigoths au service de l’Empire détruisent les royaumes des Alains et des Vandales Silings. Les survivants se rallient aux Vandales Hasdings en Galice.
  • En 419, les Vandales et les Alains passent de Galice en Bétique au sud de l’Espagne, sans rencontrer de résistance romaine. Les Suèves récupèrent l’ensemble de la Galice.
  • En 428, les Vandales s’emparent de Séville et du port de Carthagène. Ils quittent l’Espagne pour l’Afrique du Nord l’année suivante
  • En 439 Les Suèves s’étendent en Espagne : prise de Mérida (439), puis de Séville (441).
  • En 459, Majorien est le dernier empereur qui vient en Espagne, pour maintenir la Tarraconaise et la Carthaginoise dans l’Empire romain et préparer une offensive contre les Vandales d’Afrique, qui échouera.

Après lui, les rois Wisigoths prennent définitivement le contrôle des provinces espagnoles. Ils donneront leur nom à la Tarraconaise qui devient la Gothalonia ou Catalogne.

ReligionModifier

On sait que la divinité la plus répandue en Hispanie était Isis, suivie par Magna Mater, la grande mère. Les divinités phéniciennes et carthaginoises Melkart (à la fois déité du soleil et de la mer) et Tanit-Caelestis (une reine-mère possiblement liée à la lune) étaient aussi populaires. Le panthéon romain à vite absorbé les déités locales à travers des identifications (Melkart devint Hercules, par exemple, ayant été pris depuis longtemps par les Grecs pour une variante d'Heracles). Ba‘al Hammon fut un dieu principal à Carthage et fut aussi important en Hispanie. Les dieux égyptiens Bès et Osiris avaient aussi des fidèles[1].

On note aussi la consonance des dieux égyptien Aker et basque Aker, sans certitude. Les deux divinités sont cependant chtoniennes, et commandent à des phénomènes célestes. Il y aurait eu voyage depuis l’Égypte jusque dans les Pyrénées, à travers Carthage et, donc, les Ibères.

Notes et référencesModifier

  1. « Tarraconaise », dans Wikipédia, (lire en ligne)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Antiquité romaine :