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Véhicule blindé à roues de la Gendarmerie

Berliet VXB 170
(véhicule blindé à roues de la Gendarmerie)
Image illustrative de l’article Véhicule blindé à roues de la Gendarmerie
VBRG présenté aux Journées « Nation Défense » en 2005.
Caractéristiques générales
Équipage 3 + 6 à 8 militaires
Longueur 6,04 m (6,175 m avec lame)
Largeur 2,50 m
Hauteur 2,55 m avec tourelleau
Masse au combat 12,7 tonnes (10,7 t sans équipage ni carburant) pour la version avec lame
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage 7 mm /protection contre les balles de calibre 7,62 mm, les mines et les éclats
Armement
Armement principal mitrailleuse AANF1 de 7,62 mm
Armement secondaire lance-grenades 56 mm
Mobilité
Moteur Diesel Berliet V800 8 cylindres en V de cylindrée : 6,92 litres
Puissance 170 ch (147 kW)
Transmission boîte 6 vitesses AV et 1 AR + réducteurs
Suspension barres de torsion
Vitesse sur route 85 km/h
Puissance massique 12,14 ch/t en ordre de combat
Autonomie 750 km

Le véhicule blindé à roues de la Gendarmerie (VBRG) est le nom le plus courant du Berliet VXB 170 en France. C'est un véhicule blindé à quatre roues motrices destiné principalement à des missions de maintien de l'ordre.

Conçu par Berliet à la fin des années 1960, le VXB 170 est adopté en 1972 par la Gendarmerie nationale française qui le met en service à partir de 1974 sous l'appellation de VBRG[1]. Mais il n’est pas retenu pour équiper l’Armée de terre française qui choisit le véhicule de l'avant blindé de Saviem (groupe Renault) et il connaît un succès limité à l’export. Sa production est arrêtée après seulement 179 exemplaires de série[2].

Sommaire

Le VXB 170Modifier

HistoriqueModifier

Sa conception date de 1969 dans le cadre du projet BL-12, qui maximise l'utilisation de composants de véhicules poids lourds de la marque[3]. Il sera mis en production sous la référence VXB 170 dans l'usine de Bourg-en-Bresse. 170 indique la puissance de sa motorisation (170 ch).

Différentes versions sont proposées pour la Gendarmerie, qui le sélectionne en 1972, ainsi que pour l'Armée de terre et pour l'export. Berliet présentera notamment des prototypes équipés de différents armements[4] : canon de 20 mm, canon de 20 mm bitube pour la défense anti-aérienne, canon de 90 mm, etc.

En 1974, Berliet, qui appartenait à Citroën depuis 1967, est cédé à Renault. La même année, l'Armée française choisit le VAB pour son futur véhicule de transport de troupes et le VXB, quoique moins cher, devient redondant dans l'offre de Renault, ce qui entraînera l’arrêt de sa production.

CaractéristiquesModifier

Le VXB 170 est un véhicule de transport de troupes assez classique construit autour d'une caisse rectangulaire en acier soudée de 7 mm d'épaisseur au maximum[5].

Ce blindé repose sur une suspension par pont rigide, choisie pour sa robustesse et sa simplicité[6]. Deux essieux moteurs sont présents, supportant chacun deux roues[5].

 
Vue intérieure.
 
La configuration du véhicule permet l'accès par les côtés et par l'arrière

Le VXB 170 est équipé du moteur V800, déjà éprouvé à bord des autobus de la marque. Ce 8 cylindres en V, placé à l'arrière gauche du véhicule, développe une puissance maximale de 170 ch.

Le conducteur est situé à l'avant gauche du véhicule. Une deuxième place est installée à sa droite. Le conducteur peut voir la route depuis un grand pare-brise central ainsi que par deux vitres situées de part et d'autre de ce dernier. Des grilles de protection sont installés pour les opérations de maintien de l'ordre. En cas de combat, des volets blindés peuvent être positionnés devant les vitrages. Dans ce cas, la vision se fait par trois épiscopes situés sur le toit[5].

Derrière eux se situe le poste de l'opérateur de la tourelle. Enfin, un groupe de 6 à 8 hommes peut s'installer sur une banquette double et quatre sièges. L'accès à l'intérieur du véhicule se fait par deux portes latérales et une plus petite à l'arrière, à côté de la trappe du compartiment moteur.

Le VXB peut aborder des pentes de 60 %. Il est amphibie et peut recevoir - en option - des hydrojets (mais ces équipements n'ont été retenus par aucun client).

UtilisateursModifier

Le VBRG de la Gendarmerie françaiseModifier

 
VBRG - vue avant-gauche
 
VBRG - vue arrière-gauche
 
VBRG - Exercice d'interpellation d'un émeutier.

Les blindés dans la GendarmerieModifier

Dès les années 1930, la Gendarmerie s'équipe de véhicules blindés[10]. Elle déploie dès 1931 deux chars et onze automitrailleuses en Corse lors d'une opération d'envergure contre le grand banditisme[11]. La Gendarmerie a par ailleurs suivi avec attention l'emploi de blindés au maintien de l'ordre en Allemagne, d'abord par l'Armée française lors de l'occupation de la Ruhr et de la Rhénanie (et notamment lors des grèves de 1923), puis par la police allemande (notamment lors des émeutes de Berlin en 1929)[12]. En 1933 est créée une première unité blindée : le Groupe spécial de garde républicaine mobile, puis en 1940, la Gendarmerie forme le 45e bataillon de chars de combat qui participe à la campagne de France. Après la guerre, elle perçoit des blindés : chars, automitrailleuses et half-tracks qui sont destinés aux missions de combat (Défense opérationnelle du territoire ou DOT) ou aux situations extrêmes de rétablissement de l'ordre comme en Algérie.

Le programme VBRGModifier

Au début des années 1970, se pose le problème du remplacement des half-tracks. Mais l'expérience des événements de mai 68, au cours desquels l'utilisation de bulldozers pour détruire les barricades a été concluante[13],[14], conduit la Gendarmerie à lancer un appel d'offres pour un engin équipé d'une lame et/ou d'un treuil et dont la mission principale n'est plus le combat mais le maintien de l'ordre. Elle choisira le Berliet VXB au terme d'une compétition qui l'oppose au Panhard M3 de juillet 1971 à janvier 1972[14].

À partir de 1974, le VXB 170 entre en service dans la Gendarmerie mobile sous l'appellation de véhicule blindé à roues de la Gendarmerie (VBRG). 155 exemplaires sont commandés[15].

Il est mis en service au sein des unités suivantes[14] :

  • Le Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM) de Satory où il équipe initialement trois escadrons à hauteur de treize engins par escadron (quatre par peloton et un pour le chef d'escadron). À l'occasion du retrait de matériels plus anciens, le nombre d'escadrons VBRG sera porté à six puis à huit soit la totalité des escadrons du groupement (ce nombre a été ramené à sept en 2010 lors de la dissolution de l'escadron 19/1).
  • Certains escadrons dits « mixtes », basés en province et qui ont été dotés d'un peloton VBRG[N 2] jusqu'au début des années 2000 (ces engins ont été depuis restitués au GBGM).
  • Les formations de Gendarmerie en Corse et dans les départements et territoires d'Outre-mer, dotés de pelotons comptant habituellement entre trois et cinq engins. En mai 2017, 38 sont déployés Outre-mer[16].
  • Le Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier en Dordogne.

Dans la configuration VBRG, l'équipage (un conducteur, un opérateur dans la tourelle et un chef de bord)[17] est complété par un groupe tactique porté composé de 6 à 8 gendarmes.

La dotation d'un peloton était initialement de quatre engins. Elle a été successivement réduite à trois puis à deux blindés [18] - soit neuf pour un escadron du GBGM au complet (tous les escadrons de gendarmerie mobile sont passés à un format « quaternaire » - soit quatre pelotons par escadron - au début des années 2000).

Leur remplacement, plusieurs fois annoncé, a été lancé puis annulé en 2007, relancé puis attribué en 2008 avant d'être finalement ajourné pour des raisons budgétaires[N 3]. Il n'est pas programmé actuellement. Le renouvellement coûterait, selon une réponse au projet de loi de finances 2019, 45 millions d'euros[19]. La gendarmerie dispose de VAB en complément (dont 8 en Nouvelle-Calédonie en 2017).

ArmementModifier

Initialement armé d'une mitrailleuse sur rail circulaire, il sera ensuite doté d'une tourelle monoplace équipée d'une mitrailleuse AA52 en calibre 7,62 mm et d'un lance-grenade Cougar 56 mm (après que différentes versions de tourelles et de capots ont été expérimentées). Il peut être également doté d'un disperseur lacrymogène[14].

VariantesModifier

 
VBRG, version « lame ».
 
VBRG, version « treuil »

Le VBRG est décliné en quatre variantes[1] :

  • VBRG de base ;
  • version « lame » avec un boutoir à commande hydraulique à l'avant ;
  • version « treuil » dotée d'un treuil à l'avant ;
  • version « PC » dotée de moyens radios renforcés, d'une tablette et d'un haut-parleur[N 4].

Les VBRG, exclusivement destinés aux opérations de maintien de l'ordre, reçoivent tous la livrée bleue de la Gendarmerie afin de les distinguer des véhicules de combat[1].

EngagementsModifier

 
Exercice de rétablissement de l'ordre avec blindés.

Les VBRG ont été régulièrement déployés pour des opérations de maintien de l'ordre[N 5] en métropole (Corse comprise) et Outre-mer :

La Gendarmerie les a également déployés en opérations extérieures, notamment au Kosovo (6 véhicules déployés de 2004 à 2014) et en Côte d'Ivoire (6 véhicules également, de 2005 à 2011)[24]. Ils ont aussi servi lors d'événements climatiques (neige) où leur capacité tout terrain est utile pour remorquer d'autres véhicules.

VXB et VBRG dans la culture populaireModifier

Au cinémaModifier

Deux VXB (ou VBRG ? [N 6]) apparaissent dans le film La légion saute sur Kolwezi. Mis en œuvre par les rebelles Katangais, ils sont neutralisés par les légionnaires parachutistes du 2e régiment étranger de parachutistes au cours de leur intervention.

Documentaires et reportagesModifier

De nombreux reportages ou documentaires illustrent l'engagement des VBRG lors d'entraînements ou opérations de maintien de l'ordre ou d'événements climatiques[25],[26].

Reproduction en miniatureModifier

Plusieurs versions du VBRG ont été reproduites en modèle réduit en résine à l'échelle 1/43e par différentes sociétés (CPC productions, Miniatures du Mont-Blanc, Momaco sous la marque Perfex).

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Avec une incertitude sur l'origine de ces engins (véhicules neufs ou d'occasion).
  2. À cette époque, un escadron compte trois pelotons de marche. Dans un escadron mixte, un peloton dispose de VBRG et les deux autres sont dotés de camionnettes tactiques.
  3. Un premier appel d'offres, remporté par Panhard avec un véhicule AVXL semi-chenillé original (doté d'une chenille « ventrale » située entre les roues) a été annulé en référé sur plainte de Renault Trucks Defense (RTD) dont l'offre basée sur un VBMO (véhicule blindé de maintien de l'ordre) 6 x 6 dérivé du VAB n'avait pas été retenue, au motif que le véhicule de Panhard n'était pas produit en série, comme exigé au cahier des charges. Un second appel d'offres, remporté cette fois par RTD avec une solution basée sur son véhicule Sherpa 3A, n'a pas fait l'objet de commande faute de financement.
  4. Les différences entre la version PC — produite selon plusieurs variantes — et la version de base disparaissent au fur et à mesure des modifications.
  5. Leur utilisation au maintien de l’ordre est soumise à l’autorisation du préfet de zone de Défense pour un peloton de deux engins et à celle du Premier ministre au-delà.
  6. Le film a été partiellement tourné en Guyane. On peut imaginer que les deux VXB sont des VBRG de la Gendarmerie repeints mais, en l'absence de confirmation, ceci reste une hypothèse.

RéférencesModifier

  1. a b et c Laurent Vidal, « Des gendarmes sous blindage », sur www.gendcom.gendarmerie.interieur.gouv.fr, (consulté le 6 décembre 2018)
  2. Les chiffres divergent, certaines sources mentionnent 182 exemplaires, notamment voir ce site.
  3. Historique du VXB 170 sur le site « Servir et défendre » Voir lien externe ci-dessous
  4. Voir notamment l'historique du VXB sur le site : « Servir et défendre » (lien externe ci-dessous).
  5. a b et c « VXB 170 Blindé léger transport de troupe », sur www.armyrecognition.com, (consulté le 7 décembre 2018)
  6. (en) US Army Armor School, United States Armor Association et US Army Armor Center, Armor, vol. 80, U.S. Armor Association, , 72 p., p. 35
  7. Sénat : projet de loi de Finances pour 2013..
  8. « Un rapport déplore l’usure avancée de certains équipements de la Gendarmerie nationale », Zone Militaire,‎ (lire en ligne, consulté le 11 novembre 2018)
  9. Quinze exemplaires d'après certaines sources, après livraison ultérieure de trois engins par la France - cf-historique ci-dessus.
  10. L'achat de ces matériels a été autorisé par la loi de finance du 31 mars 1921. Georges Carrot, Le Maintien de l'ordre en France au XXe siècle, Éditions Veyrier, 1990, p 39.
  11. Simon Fieschi, Les Gendarmes en Corse, 1927-1934 De la création d'une compagnie autonome aux derniers « bandits d'honneur », in Jean-Noël Luc (dir.) Soldats de la Loi, Paris, Presses de l'université Paris-Sorbonne (PUPS), 2010, pp. 109-120.
  12. Clément Têtevuide, Des Chars et des Gendarmes, p 47
  13. Thierry Forest : La gendarmerie mobile à l'épreuve de mai 1968, Service historique de la Défense 2007.
  14. a b c et d Collectif 2006.
  15. Marc Clerc - Histoire et évolution des moyens blindés depuis la deuxième guerre mondiale. Revue de la Gendarmerie nationale N° 262 Consultable sur https://fr.calameo.com/read/00271929272828a943455?page=18. L'auteur, commandant du Groupement blindé de gendarmerie mobile, évoque une volonté initiale de commander jusqu'à 400 engins. Le chiffre peut paraître élevé mais il est à rapprocher de celui du parc de half-tracks à remplacer, qui, après avoir culminé à 707 véhicules en 1963 était encore de 575 engins en 1975. Référence : Pascal Meunier, Laurent Jacquot, Jean-Yves Hardouin. Un siècle de véhicules de la Gendarmerie nationale Éditions E-T-A-I, Boulogne-Billancourt, 2005 (ISBN 2-7268-9415-1) p. 88
  16. Céline Morin, « Outre-mer : Un enjeu sécuritaire », Gend'info, no 396,‎ , p. 32 (lire en ligne).
  17. Tavera et Montbazet 1993.
  18. a et b Collectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, (ISBN 2-912838-31-2) Volume II
  19. Didier Hassoux et Christophe Labbé, « "Fort Chabrol à l'Elysée" », Le Canard enchaîné,‎ , p. 3
  20. « Le port d'Ajaccio rouvre à la circulation, la libération des marins saluée », sur www.lemonde.fr, (consulté le 7 décembre 2018)
  21. Rémi Barroux, « Violences à Notre-Dame-des-Landes : les deux camps cherchent une issue », sur www.lemonde.fr, (consulté le 7 décembre 2018)
  22. Jean Noël Fortier, « La gendarmerie se donne les moyens de reprendre Saint-Louis », sur www.clicanoo.re, (consulté le 7 décembre 2018)
  23. Hugo Wintrebert, « Les VBRG, ces blindés qui seront déployés exceptionnellement à Paris samedi », sur www.leparisien.fr, (consulté le 7 décembre 2018)
  24. Marc Clerc - Histoire et évolution des moyens blindés depuis la deuxième guerre mondiale. Revue de la Gendarmerie nationale N° 262 Consultable sur https://fr.calameo.com/read/00271929272828a943455?page=18.
  25. https://www.youtube.com/watch?v=pRu3pd5ISW4
  26. bien https://www.youtube.com/watch?v=RzctKqL0PNU

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Les Véhicules blindés français (1945-1977), par P. Touzin, éditions E.P.A., 1978.
  • Véhicules de Gendarmerie par Pascal Denis et Jean-Yves Hardouin, éditions E.T.A.I. 1997
  • Un siècle de véhicules de la Gendarmerie nationale par Jean-Yves Hardouin, Pascal Meunier, et Laurent Jacquot, éditions E.T.A.I., 2005.
  • Des Chars et des Gendarmes - Du Groupe Spécial Blindé au 45e BCG - Mai 1933-Mai 1940, Clément Têtevuide, Force Publique Revue de la société Nationale Histoire et Patrimoine de la Gendarmerie, (ISSN 1950-3644)
  • G. Tavera et JP. Montbazet, Les blindés de la Gendarmerie, Éditions M.D.M., (ISBN 2-90931304-2).
  • L'Encyclopédie des Armes/Les forces armées du monde, Collectif, 1984-1986.
  • Collectif, Histoire de la gendarmerie mobile d'Île-de-France, vol. 2, Paris, Éditions SPE-Barthelemy, coll. « Gendarmerie », (ISBN 2-912838-31-2).

Articles connexesModifier

Lien externeModifier