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Union juive française pour la paix

organisation juive laïque, universaliste s'opposant à l'occupation des territoires palestiniens
Union juive française pour la paix
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Expression juive sur les conditions d’une paix juste au Proche-Orient
Fondation
Fondation Avril 1994
Identité
Siège Paris (Île-de-France)
Drapeau de la France France
Affiliation Centre de recherche et d’information pour le développement
Affiliation européenne Juifs européens pour une paix juste
Site web www.ujfp.org

L’Union juive française pour la paix (UJFP) est une organisation juive laïque, universaliste s'opposant à l'occupation des territoires palestiniens, qui milite, notamment dans le Collectif Palestine, pour la reconnaissance du droit du peuple palestinien à un État, pour la reconnaissance du droit au retour des réfugiés palestiniens, pour le démantèlement des colonies en Cisjordanie, pour le retrait des colons israéliens de tous les territoires occupés, Jérusalem-Est compris.

Elle est affiliée au réseau Juifs européens pour une paix juste.

Elle compterait environ 300 membres sur l'ensemble de la France[1]. Beaucoup de ses membres appartiennent à l'extrême-gauche[2].

HistoireModifier

Affiliée à l'Union juive internationale pour la paix, l'Union juive française pour la paix est une association loi de 1901 fondée à Paris, lors de la fête de Pessa'h, en par Richard Wagman[3]. Celui-ci se définit à titre personnel comme « antisioniste » car pour lui « les antisionistes sont ceux qui croient que le sionisme est erroné comme idéologie et qui s’y opposent » ; d'autres se disent « non-sionistes ».

Elle participe à plusieurs campagnes visant à dénoncer « la dérive militariste », selon elle, et la politique d'occupation du gouvernement israélien. Elle soutient la campagne « BDS » (Boycott, désinvestissement et sanctions) contre Israël, campagne qui vise à pousser le gouvernement israélien à prendre « la voie d'une solution négociée au conflit avec les Palestiniens » par le moyen de pressions économiques[4]. »

L'UJFP travaille régulièrement dans les banlieues avec l'Association des travailleurs maghrébins de France, afin de lutter contre ce qu'elle considère illustrer « le communautarisme et l'importation en France du conflit israélo-palestinien[5]. »

Depuis 2006, l'UJFP publie une revue trimestrielle : De l'autre côté.

En 2007, Mireille Fanon-Mendès-France de l'UJFP et Hugo Ruiz Diaz Balbuena, représentant de l’Association Américaine de Juristes auprès de l’ONU établissent un rapport d'une mission d'enquête sur les violations du droit international au Liban[6].

L'UJFP soutient la libération de Georges Ibrahim Abdallah, détenu en France depuis 1984[7].

La CharteModifier

« Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu'en mettant un terme à la domination d'un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l'accomplissement de l'autodétermination palestinienne. Le droit à l'autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien.

Toute forme étatique ultérieure que les peuples de la région pourront établir dépendra de l'évolution des relations entre ces peuples, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Nous espérons qu'elles évolueront dans le sens de la paix, de la coopération mutuelle et de la justice sociale. Nous militerons pour encourager de tels développements. »

ObjectifsModifier

L'association se propose les objectifs suivants :

  • œuvrer à une solution politique juste et durable fondée sur l’égalité des droits dans le conflit israélo-palestinien ;
  • faire entendre une voix juive, laïque et universaliste opposée à toute logique communautariste ;
  • favoriser le dialogue entre juifs et musulmans au Moyen-Orient et en France.

Soutenir tous ceux qui en Israël, en Palestine, en France et ailleurs se battent pour une paix juste.

  • en participant au Réseau Juifs européens pour une paix juste
  • en participant au Collectif Palestine
  • en participant dans tous les lieux de réflexion sur l’antisémitisme et l’islamophobie

Et de promouvoir ces objectifs par :

  • des conférences-débats
  • des manifestations publiques
  • des publications sur différents supports

Un courant internationalisteModifier

L'UJFP participe à la fête annuelle de Lutte ouvrière[8] et à la Fête de l'Humanité[9].

Les associations juives de France fédérées au sein du Conseil représentatif des institutions juives de France émettent de virulentes critiques envers l'UJFP, par exemple accusée d'être une « imposture » au sein de la communauté juive de France, par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF)[10], ou encore par des intellectuels juifs pro-israéliens comme Marek Halter qui parle dans un entretien au journal Le Monde de ceux qui « exhibent leur étoile jaune pour condamner Israël[11]. »

Selon l'UEJF, cette association affiche des « soutiens à peine voilés aux organisations terroristes du Hamas, du Hezbollah, de l'OLP, bref, sa haine des Juifs lorsqu'ils sont sionistes[12]. » L’UJFP, déclare, quant à elle, qu'elle « s’oppose et s’est toujours opposée au terrorisme de tous bords (qu’il s'agisse des attaques contre les civils perpétrées par l’État d’Israël, par le Hamas, par le Hezbollah ou par d’autres) »[13].

Cependant, l'UJFP représente un courant internationaliste qui a toujours existé dans la population juive[14],[15] et elle a ainsi réuni, lors de ses appels pour la paix (Appel contre les frappes au Liban, paru dans Libération et L'Humanité) des signatures de personnalités juives, comme Raymond Aubrac, Rony Brauman (médecin, essayiste), Rachel Choukroun (Présidente des « Femmes en noir », Marseille), Stéphane Hessel (ambassadeur de France), Marcel-Francis Kahn, Pascal Lederer (animateur d’Une autre voix juive[16])[17].

L'association participe à la campagne BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions)[18].

L'association est fréquemment citée comme « une voix juive pour la paix »[19] dans la presse du Maghreb[20] et du Liban.

Action sur la question des étrangers en situation irrégulièreModifier

Cette association a soutenu les mouvements pour la régularisation des étrangers en situation irrégulière, et particulièrement des enfants. Dans un communiqué en 2006, elle déclare se réclamer

« d’un héritage juif généreux et altruiste, celui des combattants des Brigades internationales, des membres résistants de la MOI et des combattants anticolonialistes comme Henri Curiel. Beaucoup d’entre nous, de par leur histoire familiale, savent ce qu’est la clandestinité, l’absence de lendemain, la menace permanente. Le spectacle des expulsions récentes nous renvoie à d’autres images tragiques, que l’on croyait enfermées dans les vieux films. Quand un État commence à s’interroger sur qui a le droit d’être là, qui a le droit de vivre, nous savons que la situation est grave. Nous savons que la seule riposte est la solidarité sans conditions[21] », et critique le « silence assourdissant du CRIF sur cette question. »

En 2017, l'UJFP lance le « Manifeste des enfants cachés »[22] ; plus de 70 enfants juifs cachés durant la Seconde Guerre mondiale ou leurs enfants se déclarent en accord avec les « Délinquants solidaires » qui aident les migrants. Ils déclarent : « Sans la solidarité de délinquants, nous ne serions pas là ! »

Dans le prolongement du « Manifeste des enfants cachés », un cortège de voitures conduites par certains de ces enfants cachés se rend, en août 2017, chez Cédric Herrou, dans la Vallée de la Roya, et les militants de l'UJFP prennent en charge des mineurs étrangers afin de leur faire franchir les barrages de police et de les faire recenser par l'Aide sociale à l'enfance[23].

Action dans la construction d'un « nouvel antiracisme politique et décolonial »Modifier

En 2015, l'UJFP élabore un ouvrage de lutte contre le racisme, Une parole juive contre le racisme[24],[25]. L'ouvrage est présenté lors d'une réunion publique qui réunit Yasser Laouti (Collectif contre l'islamophobie en France), Saimir Mile (La voix des Rroms), Franco Lollia (Brigade anti-négrophobie) et Emmeline Fagot (UJFP)[26].

Relayant les idées du courant de pensée du post-colonialisme, l'ouvrage affirme que l'antisémitisme n'est plus le principal racisme de la société française, même s'il doit évidemment être combattu, et affirme la nécessité d'un combat commun des « racisés » contre le racisme sous ses différentes formes : islamophobie, rromophobie et négrophobie, en particulier. L'UJFP participe au mouvement pour un antiracisme politique[27].

Militants connusModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Union Juive Française pour la Paix (UJPF) », sur Plateforme des ONG françaises pour la Palestine (consulté le 26 octobre 2012)
  2. Faïza Zerouala, « Les associations propalestiniennes ont peu de points communs », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 14 avril 2019)
  3. Charte de l'UJFP : ici et là.
  4. « Des Israéliens saluent le boycott », communiqué de l'UJFP daté du .
  5. Voir, par exemple, le communiqué commun des deux organisations, « Ne nous trompons pas d'ennemi : qui importe le conflit ? Qui veut communautariser la société française ? », .
  6. Rapport final sur la mission officielle d'enquête sur les violations du droit international au Liban.
  7. « Pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah - [UJFP] », sur www.ujfp.org (consulté le 14 avril 2019)
  8. Revue de presse du 24 juin 2006, sur le site de l'UJFP.
  9. « Fête de l'Humanité : Génération Palestine représente ! », sur generation-palestine.org (consulté le 2 juin 2010).
  10. (fr) « Témoignage à la Sorbonne d’un rescapé de la Shoah : Alberto Israël le lundi 17 mai 2010 à 18h 30 », sur uejf.org (consulté le 2 juin 2010)
    L'UJFP a répondu au titre du droit de réponse aux affirmations de cette organisation, ce qui a attiré une nouvelle réponse de l'UEJF.
  11. « Des intellectuels juifs français dénoncent "l'offensive meurtrière d'Israël" » sur lemonde.fr.
  12. Voir sur UEJF.org.
  13. Droit de réponse de Richard Wagman à l'UEJF, sur le site de l'UJFP.
  14. Voir, par exemple, Nathan Weinstock, Le Pain de misère. Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe, 2 tomes, La Découverte, 2002, ou Alain Brossat et Syvia Klinberg, Le Yiddishland révolutionnaire, Syllepse, 2009 (ISBN 978-2-84950-217-4).
  15. Voir aussi le film de Nat Lilenstein, Les Révolutionnaires du Yiddishland, produit par Michel Rotman, Antenne 2, 1983.
  16. Pascal Lederer, « Une Autre voix Juive », sur uavj.free.fr, (consulté le 14 avril 2019)
  17. Communiqués de l'UJFP : Des Juifs contre l’offensive meurtrière d’Israël.
  18. « Un appel juif pour BDS », avril 2016.
  19. Voir, par exemple, Le Courrier de l'Atlas, mars 2008.
  20. Comme Algérie-Focus.
  21. UJFP - Alerte estivale : soutien aux sans papiers - Infos UJFP.
  22. Sur le site de l'UJFP.
  23. La Marseillaise, 17 août 2017, p. 3.
  24. Une parole juive contre le racisme, éditions Syllepse, mars 2016.
  25. 4e de couverture d'Une parole juive contre le racisme où figure le logo du CGET.
  26. Vidéos des interventions.
  27. « Pour un antiracisme politique ».
  28. Expression utilisée par Le Figaro, 11 juin 2015.
  29. Présentation des parties civiles du procès Barbie sur France Culture, juillet-août 2004.

Voir aussiModifier