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BiographieModifier

Origines, jeunesse et mariageModifier

Thomas Wake est le fils de John Wake et de Jeanne de Fiennes, fille de Guillaume II de Fiennes et de Blanche de Brienne. Son père meurt en avril 1300 et sa mère en 1309. Héritier des titres et possessions de son père, il est encore trop jeune pour pouvoir gérer seul ses propriétés et est placé jusqu'à sa majorité sous la garde de trois tuteurs. Ainsi, il est d'abord confié à Henry de Lacy, 3e comte de Lincoln, jusqu'à la mort de ce dernier en 1311 ; à Lacy succède Piers Gaveston, favori du roi Édouard II qui est sommairement exécuté en 1312 par l'opposition baronniale ; enfin, la reine Isabelle de France est chargée d'administrer les biens de Thomas Wake en théorie jusqu'à ses 21 ans, c'est-à-dire en 1319.

Wake épouse aux alentours du 9 octobre 1316 Blanche de Lancastre, fille aînée d'Henri de Lancastre, baron Lancastre et cousin du roi Édouard II. En apprenant cela, le roi manifeste sa désapprobation car il désirait faire épouser à Thomas Wake Jeanne Gaveston, fille de son favori. Par la suite, il le condamne à une amende de 1,000 £. Grâce à la médiation d'Henri de Lancastre entre le roi et Wake, un pardon est accordé à ce dernier le 6 juin 1317. Thomas Wake reçoit par ailleurs son héritage, alors qu'il n'a pas encore les 21 ans requis par la loi. Il hérite de plusieurs parcelles de terres dans le Lincolnshire, de Cottingham et de Liddel Strength dans le Yorkshire, ainsi que d'autres terrains dans le Cumberland et le Westmorland. Possédant plusieurs domaines dans le nord de l'Angleterre, Wake prend part aux différentes expéditions militaires d'Édouard II contre l'Écosse entre 1318 et 1323. Au cours de la campagne de 1318, il emmène avec lui une suite de 40 hommes. Lors du siège de Berwick en 1319, plusieurs soldats relevant de son commandement y ont participé, bien qu'il n'ait lui même pas été présent. Enfin, en avril 1323, Wake est l'un des otages anglais envoyés provisoirement en Écosse comme garantie de sécurité pour le comte écossais Thomas Randolph, parti négocier une trêve de 13 ans avec Édouard II.

Rôle sous le règne d'Édouard IIModifier

Au début de l'année 1321, Wake est assez proche des barons des Marches galloises et de Thomas de Lancastre, 2e comte de Lancastre et oncle de son épouse. Ce dernier, chef de l'opposition baronniale depuis le début du règne d'Édouard II et responsable, entre autres, de l'exécution de Gaveston en 1312, a déclenché une rébellion contre Hugues le Despenser, nouveau favori du roi. Au cours de la guerre civile qui s'ensuit, Wake adopte comme son beau-père Henri de Lancastre une stratégie de neutralité, qui leur permet d'éviter le sort funeste de Thomas de Lancastre, capturé et exécuté en mars 1322 pour haute trahison. Pendant les années suivantes, Thomas Wake bénéficie de la faveur du roi, surtout lorsque sa sœur Marguerite épouse en 1325 Edmond de Woodstock, demi-frère du roi. Au cours de la guerre de Saint-Sardos, Wake est convoqué en décembre 1324 par le roi pour rejoindre l'armée commandée par le comte de Surrey, qui doit se rendre en Guyenne pour repousser une invasion française.

Article détaillé : Invasion de l'Angleterre (1326).

Néanmoins, en mars 1326, Thomas Wake montre son hostilité au régime despotique du roi et de son favori en refusant de se présenter au conseil royal. Les raisons de cette opposition peuvent être multiples : il est peut-être encouragé en ce sens par son beau-père qui, une fois le comte de Lancastre exécuté, est devenu le leader officieux de l'opposition des barons à Despenser ; il est par ailleurs mécontent des négociations de paix avec les Écossais en 1323, qui lui ont fait perdre plusieurs possessions dans le sud de l'Écosse ; ou bien, tout simplement, il ne tolère plus l'influence illimitée d'Hugues le Despenser. Quoi qu'il en soit, il soutient comme son beau-père le débarquement de la reine Isabelle de France et de son amant Roger Mortimer en septembre 1326, qui vise à chasser du pouvoir Despenser. Il rejoint les rebelles à Gloucester et est l'un des barons qui proclament le 28 octobre à Bristol le prince héritier Édouard gardien du royaume, le roi s'étant enfui en Galles. Isabelle et Mortimer, dirigeants effectifs du royaume, récompensent le soutien de Thomas Wake en lui accordant le 10 novembre suivant le poste de juge des forêts au sud du Trent, puis le 9 décembre, la fonction de connétable de la Tour de Londres. Il est par ailleurs désigné connétable du château de Hertford. En janvier 1327, Wake figure parmi le conseil chargé d'apporter son aide au jeune gardien du royaume, proclamé roi sous le nom d'Édouard III à la suite de la destitution d'Édouard II par le Parlement.

Hostilité à la régence de Roger MortimerModifier

Le 5 avril 1327, Wake est convoqué par Roger Mortimer pour repousser les raids écossais incessants. Toutefois, la campagne militaire contre l'Écosse à l'été 1327 échoue lamentablement, ce qui convainc Isabelle et Mortimer de demander la paix avec les Écossais. Wake est chargé d'aller fixer les négociations du traité d'Édimbourg-Northampton, qui assure à l'Écosse son indépendance et prive les seigneurs anglais de toutes leurs possessions en ce royaume. Thomas Wake, qui perd ainsi des territoires, fait part de son mécontentement et entre dans l'opposition au régime de Roger Mortimer qui est conduite par Henri de Lancastre. En avril 1328, Thomas Wake perd son poste de connétable de la Tour. Le mois suivant, celui de juge des forêts lui est retiré. Profondément outré par l'insolence de Mortimer, Wake refuse d'assister au Parlement tenu à Salisbury en octobre 1328.

Lorsque l'opposition à Mortimer se rencontre à Londres en décembre, Wake agit comme porte-parole du comte de Lancastre, absent pour sa propre sécurité. Le 29 décembre, Mortimer promet un pardon à quiconque se soumettra avant le 7 janvier 1329. Wake annonce qu'il ne se rebellera en aucun cas contre le roi Édouard III mais Mortimer refuse que le souverain accepte cette offre. Le 16 janvier, le jeune monarque ordonne la confiscation des terres des rebelles. Lancastre et ses partisans se rendent ensuite à Bedford. Thomas Wake est autorisé à conserver ses terres contre le paiement d'une lourde amende de 15,000 marcs. Il n'a pas encore fini de payer cette amende lorsqu'il est impliqué dans le complot de son beau-frère Edmond de Woodstock contre les régents en mars 1330. Isabelle et Mortimer réagissent promptement et font décapiter Edmond. Leur vengeance se retourne contre ses partisans. Wake est pourchassé, ses terres confisquées et il ne doit son salut qu'à sa fuite précipitée en France.

Participation aux campagnes d'Édouard IIIModifier

Wake demeure en exil jusqu'en octobre 1330, lorsque Roger Mortimer est renversé et exécuté sur ordre d'Édouard III. Ce dernier rappelle le baron Wake de Liddell, lui pardonne formellement pour sa participation à la rébellion de 1328-1329 et ordonne la restitution de ses terres le 9 décembre 1330. Le paiement de l'amende exigée par Mortimer en 1329 est de plus annulé le 12 décembre. Enfin, le 30 décembre, Édouard III demande au roi d'Écosse David II de rendre à Wake les possessions qu'il détenait auparavant en Écosse. Cette tentative est cependant infructueuse malgré deux nouvelles requêtes en février 1331 et en avril 1332. En dédommagement, Édouard nomme Thomas Wake gouverneur des îles anglo-normandes le 18 octobre 1331. Il conserve ce poste jusqu'au 7 février 1333, date à laquelle il décide d'accompagner le roi dans son expédition militaire en Écosse qui culmine avec sa victoire à Halidon Hill. Wake est présent lors d'une nouvelle invasion en 1334 et conduit lui-même un raid en Écosse depuis Carlisle en septembre 1337.

En 1335, il figure parmi les ambassadeurs envoyés en France avec l'évêque de Norwich William Ayermin afin de trouver une issue de secours au conflit écossais. Cette rencontre n'aboutit à rien et la guerre de Cent Ans commence à se profiler entre France et Angleterre. Néanmoins, Wake ne participe pas à la campagne d'Édouard III dans le nord de la France en 1339 mais reste en Angleterre pour défendre les Marches écossaises. Après un bref retour du roi au printemps 1340, Wake est choisi pour participer aux commissions créées au Parlement afin d'examiner les finances royales et de recevoir des pétitions. En avril 1340, il est délivré de toutes les dettes qu'il a contractées envers la couronne et est l'un des assesseurs fiscaux nommés par le Parlement afin de percevoir les taxes de Londres. Lorsque le roi retourne en Flandre en mai 1340, Thomas Wake participe au conseil chargé d'assister le régent et héritier du trône Édouard de Woodstock, qui n'a que 10 ans.

Dernières années, mort et successionModifier

À la suite de son triomphe inattendu à L'Écluse en juin 1340, Édouard III fait son retour en Angleterre. Wake est désigné le 12 décembre pour recueillir les plaintes des barons et du peuple à l'encontre du gouvernement. Il est présent à une commission enquêtant sur des accusations de corruption à l'encontre de fonctionnaires royaux en East Anglie. Parallèlement, le roi, à cours d'argent, entre en conflit avec l'archevêque de Canterbury et chancelier Jean de Stratford. Le baron Wake de Liddell recueille les plaintes du souverain à l'encontre de l'archevêque. Au cours des Parlements tenus en 1341, 1344 et 1346, Wake examine les pétitions du clergé et du commun. De 1341 à 1342, on suppose qu'en l'absence d'informations sur sa biographie il a fait un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Au cours du renouement de la guerre avec l'Écosse, le château de Liddell est assiégé en février 1346 par les Écossais puis finalement pris en octobre de la même année. En raison de la détérioration de sa santé, Wake ne participe plus aux batailles dans les Marches écossaises. Retiré dans ses possessions, il meurt en mai 1349, vraisemblablement de la peste noire qui vient tout juste d'émerger en Angleterre. Thomas Wake de Liddell est inhumé au prieuré d'Haltemprice. Son union avec Blanche de Lancastre étant sans descendance, Thomas Wake est remplacé dans ses biens par sa sœur Marguerite, qui devient 3e baronne Wake de Liddell. Celle-ci meurt dès le mois de septembre suivant et le titre de baron est successivement hérité par son fils Jean puis sa fille Jeanne.

AscendanceModifier

BibliographieModifier

  • A. H. Stamp, « A Brief History of Haltemprice Priory », Cottingham Local History Society,‎ (OCLC 655285982)