Thom Tillis

sénateur des États-Unis pour la Caroline du Nord depuis 2015

Thom Tillis
Illustration.
Portrait officiel de Thom Tillis (2019).
Fonctions
Sénateur des États-Unis
En fonction depuis le
(7 ans, 10 mois et 28 jours)
Élection 4 novembre 2014
Réélection 3 novembre 2020
Circonscription Caroline du Nord
Législature 114e, 115e, 116e et 117e
Groupe politique Républicain
Prédécesseur Kay Hagan
67e président de la Chambre des représentants de Caroline du Nord

(3 ans, 11 mois et 8 jours)
Prédécesseur Joe Hackney
Successeur Tim Moore
Représentant de Caroline du Nord

(7 ans, 11 mois et 10 jours)
Élection
Réélection

Circonscription 98e district
Prédécesseur John Rhodes
Successeur John R. Bradford III
Biographie
Nom de naissance Thomas Roland Tillis
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Jacksonville (Floride, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Diplômé de Université du Maryland
Religion Catholicisme[1]

Thomas Roland Tillis, dit Thom Tillis, né le à Jacksonville (Floride), est un homme politique américain. Membre du Parti républicain, il est sénateur de la Caroline du Nord au Congrès des États-Unis depuis 2015.

BiographieModifier

Jeunesse et carrière professionnelleModifier

Thom Tillis est né en 1960 à Jacksonville en Floride[2]. Membre d'une fratrie de six enfants, sa famille déménage souvent durant sa jeunesse (en Floride, en Louisiane et au Tennessee). Ne pouvant rejoindre l'Air Force à cause d'un accident de voiture, il devient magasinier et prend des cours du soir. Il devient par la suite consultant chez PricewaterhouseCoopers[3].

En 1997, il est diplômé de l'université du Maryland[2], à l'âge de 36 ans[3]. L'année suivante, il s'installe dans la région de Charlotte en Caroline du Nord. Il travaille alors chez IBM[3].

Il a deux enfants avec sa femme Susan, avec qui il divorce deux fois plus jeune[3].

Mandats locaux en Caroline du NordModifier

 
Portrait de Thom Tillis en 2011.

Thom Tillis est élu membre du conseil municipal de Cornelius en 2003[3].

En 2006, il se présente à la Chambre des représentants de Caroline du Nord face à un député sortant républicain impopulaire[3]. Dans le 98e district, il remporte la primaire républicaine avec 63 % des voix, puis l'élection générale sans opposant[4]. Il est réélu avec 100 % des suffrages en 2008[4] et rejoint la direction de la minorité républicaine à la Chambre[3].

À l'approche des élections de 2010, Tillis quitte son emploi pour se consacrer au recrutement de candidats républicains[5]. Grâce à la victoire des républicains, il devient président de la Chambre des représentants en 2011[3],[5]. S'il est élu comme modéré, il opère un virage à droite durant son mandat et fait adopter de nombreuses lois conservatrices[5]. Il est réélu en 2010 et 2012, toujours sans opposant[4].

Sénat des États-UnisModifier

ÉlectionsModifier

Lors des élections de 2014, Thom Tillis se présente au Sénat des États-Unis face à la sénatrice sortante Kay Hagan, membre du Parti démocrate. Il remporte la primaire républicaine avec environ 46 % des voix, battant notamment les candidats anti-establishment Mark Harris et Greg Brannon[6]. Dans un État qui a voté pour Mitt Romney en 2012, Hagan est en difficulté[7]. La sénatrice tente de se différencier du président Barack Obama, impopulaire, malgré les attaques de Tillis[8]. De mai à septembre, Tillis est éloigné de la campagne, occupé par son travail au sein de la Chambre des représentants. Hagan est alors légèrement en tête des enquêtes d'opinion. Cependant, après l'été, l'écart entre les candidats se resserre[7]. À l'approche de l'élection, les sondages donnent Tillis et Hagan au coude-à-coude[8]. Dans un contexte de vague conservatrice, Tillis bat finalement Hagan de 1,7 point de pourcentage[7], permettant de faire basculer le Sénat aux mains des républicains[9]. Il entre en fonction le .

En vue des élections de 2020, Tillis est un temps considéré comme possiblement en danger dans le cadre d'une primaire, en raison de désaccords passés avec le président. Il reçoit cependant le soutien de Donald Trump et son principal opposant républicain se retire avant la primaire[3]. Il remporte la primaire républicaine de avec plus de 78 % des suffrages[4]. Pour l'élection de novembre, Tillis se retrouve dans l'une des élections les plus serrées du pays face au démocrate Cal Cunningham, vétéran et ancien élu au Sénat de Caroline du Nord (2001-2003). Durant la campagne, plus de 250 millions de dollars sont dépensés, faisant de cette élection sénatoriale la plus chère de l'histoire américaine[3],[10]. À quelques semaines du scrutin, la presse révèle que Cunningham — marié et père de famille — entretient une relation extraconjugale[11]. De son côté, Tillis est atteint de la Covid-19 et doit s'isoler plusieurs jours. Une fois guéri, il participe à de nombreuses réunions publiques avec le président Trump, tandis que Cunningham évite la presse[10]. En dépit du scandale et des attaques républicaines, les sondages continuent à donner une légère avance à Cunningham[10],[12]. Ces sondages donnent également une avance à Joe Biden face à Trump[12], dans un État qui vote toujours pour le même parti à l'élection présidentielle et à l'élection sénatoriale concomitante depuis 1968[3]. Cette tendance se confirme en 2020, lorsque Trump remporte l'État (49,9 % des voix contre 48,6 %) et Tillis bat Cunningham (48,7 % des voix contre 46,9 %)[13].

Politique intérieureModifier

 
Thom Tillis à la Conservative Political Action Conference (CPAC) de 2016.

En , Thom Tillis publie un éditorial s'opposant à la décision de Donald Trump d'utiliser des fonds non prévus à cet effet pour construire son mur à la frontière mexicaine, une décision remettant en cause selon Tillis la séparation des pouvoirs. Critiqué par de nombreux conservateurs, qui menacent de soutenir un candidat plus conservateur lors des primaires, il soutient finalement le redéploiement de crédits prévus pour l'armée vers la construction du mur[3].

Politique étrangèreModifier

 
Tillis en visite à la Marine Corps Air Station Cherry Point à Havelock, en 2016.

Le , il se rend en Turquie avec l'ambassadeur des États-Unis pour la liberté religieuse internationale Sam Brownback afin de participer en personne à l'ouverture du procès du pasteur Andrew Brunson. Il s'agit de l'un des principaux dossiers problématiques entre les États-Unis et la Turquie[14]. Officiellement, le pasteur Brunson est jugé car accusé de vouloir fragmenter religieusement la Turquie en évangélisant des Turcs[15] — les chrétiens ne représentent qu'un peu plus de 0.1 % de la population turque[15] — afin de créer de l'instabilité qui profiterait aux soutiens de Fethullah Gülen et au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), de « terrorisme » à cause de rencontres avec des soutiens de Gülen présumés, mais aussi pour avoir dit des messes dédiées aux Kurdes et avoir utilisé le terme Kurdistan[14], ainsi que d'espionnage politique et militaire[14].

En rapportant l'accusation, Le Figaro note avec ironie « un complot politico-religieux entre un pasteur évangélique, un mouvement musulman sunnite et un parti marxiste-léniniste[15] ». En réalité, le président turc Recep Tayyip Erdoğan avait proposé en d'échanger Brunson contre Fethullah Gülen[14], qu'il accuse d'être l'instigateur de la tentative de coup d'État de 2016 en Turquie et de l'assassinat de l'ambassadeur russe Andreï Karlov, réfugié aux États-Unis et dont le gouvernement fédéral refuse l'extradition. Le procès de Brunson serait alors un moyen de faire pression diplomatiquement sur les États-Unis[16]. Après que les Américains décident le 1er août de saisir des biens et avoirs de Süleyman Soylu et Abdulhamit Gül, ministres turcs de l'Intérieur et de la Justice, Brunson est relâché et évacué vers les États-Unis le suivant.

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Religious affiliation of members of 116th Congress », sur pewforum.org, (consulté le ).
  2. a et b (en) « TILLIS, Thomas Roland (Thom) (1960-) », sur bioguideretro.congress.gov, Biographical Directory of the United States Congress (consulté le ).
  3. a b c d e f g h i j k et l (en) Brian Murphy, « Tillis, in bid for second term in Senate, says he’s done what he said he would for NC », sur newsobserver.com, The News & Observer, (consulté le ).
  4. a b c et d (en) « Candidate: Tillis, Thomas "Thom" », sur ourcampaigns.com (consulté le ).
  5. a b et c (en) Jim Morrill et Craig Jarvis, « Speaker Thom Tillis’ drive steers NC legislature to the right », sur charlotteobserver.com, The Charlotte Observer, (consulté le ).
  6. (en) « Thom Tillis wins North Carolina Republican primary election », sur bbc.com, British Broadcasting Corporation, (consulté le ).
  7. a b et c (en) Alexis Levinson, « How Thom Tillis Defeated One of 2014’s Best Campaigns », sur rollcall.com, Roll Call, (consulté le ).
  8. a et b Fabrice Rousselot, « En Caroline du Nord, le vote noir arbitre d’une victoire », sur liberation.fr, Libération, (consulté le ).
  9. Hélène Vissière, « États-Unis : vague républicaine au Congrès américain », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le ).
  10. a b et c (en) James Arkin, « Tillis scrambles, Cunningham lies low in closing days of N.C. Senate race », sur politico.com, Politico, (consulté le ).
  11. (en) Brian Slodysko et Gary D. Robertson, « Democrat’s personal scandal roils N. Carolina Senate race », sur apnews.com, Associated Press, (consulté le ).
  12. a et b (en) Trip Gabriel et Isabella Grullón Paz, « Biden and Cunningham Hold Slim Leads in North Carolina, Poll Finds », sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le ).
  13. (en) « 11/03/2020 Unofficial Local Election Results Statewide for Federal Office », sur er.ncsbe.gov, North Carolina Board of Elections, (consulté le ).
  14. a b c et d « Turquie : un pasteur américain réfute les accusations au début de son procès », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  15. a b et c « En Turquie, le procès d'un pasteur américain en dit long sur l'état des libertés », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  16. « Turquie : le pasteur américain Andrew Brunson reste en prison », sur la-croix.com, (consulté le ).

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier