Ouvrir le menu principal
T'ang Haywen
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

T'ang Haywen (chinois : 曾海文), né le 20 décembre 1927 à Amoy (actuellement Xiamen) dans la province du Fujian (Chine), mort le 9 septembre 1991, est un peintre français d'origine chinoise ayant vécu et travaillé à Paris[1].

Sommaire

BiographieModifier

Le grand-père de T'ang Haywen lui enseigne la calligraphie. En 1937, au moment de l'invasion japonaise, la famille du jeune homme quitte la Chine et s'installe à Cholon, quartier chinois de Saigon au Vietnam. L'artiste part pour la France et s'installe à Paris en 1948[2].

T'ang Haywen peint d'abord des œuvres figuratives, des portraits et quelques paysages en utilisant les techniques de l'huile ou de l'acrylique. Il passe progressivement à l'encre au milieu des années 1960 et produit de nombreux lavis en diptyques et triptyques[1]

De sa longue amitié avec le poète Marc Alyn naîtront divers poèmes-objets (peinture/manuscrit), dont certains figurent à la bibliothèque de l'Arsenal[3] à Paris ainsi qu'un projet de livre commun : Mémorial de l'encre. Dans ses Mémoires, Le Temps est un faucon qui plonge, Alyn consacre un flamboyant portrait à celui qu'il considère comme l'un des trois grands peintres chinois de la modernité avec Zao Wou-Ki et Chang Dai-Chien :

« Je m'interrogeais sur la nature de cet oiseleur fragile et indestructible. Qui pouvait rivaliser avec lui côté solitude ? Mais, par ailleurs, qui fut jamais moins seul ? Voyageur immobile, T'ang se tenait aux aguets du visible tel l'insecte qui adopte la couleur et la forme de son environnement, passant inaperçu par souci de sauvegarder son irréductible singularité. Art de lisières, de confins, territoire frontalier livrant une vue imprenable sur l'au-delà. Scribe en lévitation courbé sur ses couleurs, ses pinceaux et ses songes, Haywen capturait le ciel à travers le piège de ses cils. Ainsi surgiront ces lagunes du bout du monde où, sous la torsion des vents marins, tremblent de noirs roseaux. »

Balthus affirmait : « Je pense à T'ang quand je vois le sommet des montagnes disparaître dans la brume. »[réf. nécessaire]

ŒuvreModifier

L'œuvre de T'ang Haywen est admirée pour la fusion qu'elle réalise entre les principes esthétiques et spirituels chinois et une forme d’expressionnisme abstrait d'origine occidentale. Pourtant T'ang, comme de nombreux autres peintres chinois, rejette le terme d'abstraction pour qualifier sa peinture et déclare en 1972 :

« Notre sensibilité profonde, liée à l’inconscient, ne peut se développer et grandir que nourrie par le tangible, c’est-à-dire, en ce qui concerne la peinture, par le rappel dans notre mémoire consciente d’expériences sensibles profondes et durables vécues par nous dans le monde réel.[réf. nécessaire] »

Depuis son décès en 1991, deux expositions rétrospectives, en 1997 et 2002, et un livre paru en 2002 ont apporté à son œuvre le début d'une reconnaissance. Bien qu'il n'ait jamais été intéressé par la réussite matérielle et ai choisi de rester à l'écart des mouvements et du milieu de l'art, T'ang est néanmoins l'inventeur d'un nouveau langage et d'un nouvel espace pictural.

Selon Jean-Paul Desroches, ancien conservateur en chef au musée Guimet, le processus créatif de T'ang « jaillit du fond de son être et s’incarne en des transpositions poétiques qui égalent celles des plus grands créateurs du XXe siècle. »[1]

Expositions, muséesModifier

Collections publiquesModifier

Expositions récentesModifier

T'ang Haywen a été exposé plus d'une soixantaine de fois depuis 1955[5],[6].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Haiwen Zeng, Jean-Paul Desroches, Philippe Koutouzis, T'ang Haywen, les chemins de l'encre, Éditions de la Pointe, 2002.
  2. (en) Fine modern Chinese oil paintings, drawings, watercolors and sculptures, Sotheby's Taiwan Ltd, 1994, p. 82.
  3. Donation Marc Alyn.
  4. Œuvres référencées sur la base Joconde.
  5. Association des Amis de T'ang Haywen
  6. (en) Michael Sullivan, Modern Chinese artists: a biographical dictionary, 2006, p. 145.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Marc Alyn, Le Temps est un faucon qui plonge, Les Lagunes imaginaires de T'ang Haywen, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2018
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des artistes, volume 13, Gründ, 2006
  • Haiwen Zeng, Jean-Paul Desroches, Philippe Koutouzis, T'ang Haywen, les chemins de l'encre, préface par Jean-François Jarrige, directeur du musée Guimet (préface du livre sur le site Asianart), Éditions de la Pointe, 2002
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 ((lire en ligne)
  • (en) Michael Sullivan, Franklin D. Murphy, Art and artists of twentieth-century China, University of California Press, 1996, p. 314
  • (en) Michael Sullivan, Modern Chinese artists : a biographical dictionary, University of California Press, 2006, p. 145
  • (en) Davenport's art reference & price guide, Volume 1
  • (en) Fine modern Chinese oil paintings, drawings, watercolors and sculptures, Sotheby's Taiwan Ltd, 1994, p. 82

Liens externesModifier