Musée océanographique de Monaco

musée monégasque

Le musée océanographique de Monaco ou musée océanographique est un musée océanographique-aquarium public de style néo-baroque, du Rocher de Monaco, sur la Côte d'Azur, fondé face à la mer Méditerranée en 1889 par le prince Albert Ier de Monaco, et inauguré en 1910. Propriété de sa fondation Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, il est entre autres dirigé par le commandant Cousteau de 1957 à 1988.

Musée océanographique de Monaco
Institut océanographique logo.svg
Musee Oceanographique de Monaco - panoramio.jpg
Vue du Rocher de Monaco depuis la mer Méditerranée
Informations générales
Type
Musée océanographique, aquarium public
Ouverture
Surface
6 000 m2 ouverts au public
Visiteurs par an
675 000
Site web
Collections
Collections
Bâtiment
Architecte
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Avenue Saint-Martin
Coordonnées
Localisation sur la carte de monaco
voir sur la carte de monaco
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Provence-Alpes-Côte d'Azur
voir sur la carte de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Red pog.svg
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg

Ce monument de 6 000 m2 est le plus imposant du Rocher (avec le palais de Monaco, et la cathédrale Notre-Dame-Immaculée de Monaco). Il est construit à flanc de falaise sur 85 m de hauteur, et constitué d'une centaine de bassins pour une importante collection de 350 espèces de poissons, pour plus de 6 000 spécimens[1], et plus de 600 000 visiteurs annuels.

Le Musée océanographique de MonacoModifier

Histoire du muséeModifier

 
Le « prince savant navigateur » Albert Ier de Monaco

Après avoir entrepris dés l'âge de 22 ans (en 1870) de nombreuses années de recherches et d'expéditions océanographiques passionnées à travers le monde, le prince Albert Ier (1848-1922, surnommé le « prince navigateur savant ») envisage pour la première fois en 1885, de créer dans sa Principauté un laboratoire de biologie marine, quelques mois après avoir découvert les résultats de ses expéditions dirigées par le zoologiste Alphonse Milne-Edwards. L'idée mûrit en particulier après l'important succès de la présentation de ses collections scientifiques lors de l'Exposition universelle de Paris de 1889, avec l’idée de mettre en valeur les collections qu’il a réunies pendant ses campagnes scientifiques, et de diffuser les nouvelles connaissances sur la mer et la richesse de sa biodiversité[2].

Construction et architectureModifier

Les plans de cet imposant palais-musée monumental et spectaculaire, de style néo-baroque, dédié à la mer Méditerranée et à l'océanographie, sont établis à la fin du XIXe siècle par l'architecte français Paul Delefortrie[3].

La construction de l'édifice, dont la première pierre est posée le , pose de nombreux problèmes techniques à résoudre durant une vingtaine d'années (dont 11 années de construction) avant son inauguration et ouverture au public, du fait de son élévation à flan escarpé de rocher, face à la Méditerranée, depuis le niveau de la mer jusqu’à plus de 85 m de haut, et de son respect de l'intégrité des jardins Saint-Martin environnants. L’édifice de 100 m de long est essentiellement construit avec des pierres blanches de La Turbie[4] et du calcaire italien de Brescia pour les éléments d’intérêt particulier comme les colonnes de la façade et de l’intérieur ou de l'escalier monumental. Les deux groupes allégoriques de la façade principale, « Le Secours » et « Le Progrès venant au secours de l'Humanité » sont sculptés par Gustave Dussart, et inaugurés le 25 février 1903[5],[6]. Les premiers poissons et invertébrés sont maintenus dans des bassins en ciment armé dès 1903[7], et le musée est inauguré officiellement le .

Le musée à de jourModifier

Le musée rassemble à ce jour une importante collection d'environ 6 000 spécimens de poissons et 300 familles d’invertébrés, sur 6 000 m² d'exposition public. Le lagon aux requins révèle la diversité du récif corallien peuplé d’une multitude de poissons tropicaux et de coraux vivants.

Dans le cadre d’un programme international qui associe des aquariums publics du monde entier, l'aquarium public de Monaco joue un rôle important de conservation des espèces menacées, avec entre autres ferme à corail, reproduction de poissons-clowns, d'hippocampes, de seiches, ou de l'apogon des îles Banggai menacés par des pêches excessives... Il s'inscrit ainsi dans la sauvegarde et la gestion durable des milieux naturels et des espèces.

Ce haut lieu du monde maritime d’information et de médiation entre les recherches océanographiques et le grand public, présente également une importante collection inestimable d'objets d'histoire et d'art et d'artisanat liés à la mer [8], et permet de découvrir, d'apprendre, et d'observer le monde marin, en associant « l’Art et la Science » avec pour enjeu de maintenir cette action novatrice au fil du temps et de l’évolution du monde, grâce à des expositions artistiques menées en partenariat avec le nouveau musée national de Monaco, des conférences, des colloques internationaux et actions de sensibilisation menées en partenariat, et notamment avec la fondation Prince-Albert-II-de-Monaco...

Le musée océanographique de Monaco participe activement au rayonnement de la Principauté tant sur le plan scientifique, qu'économique ou touristique. Ses 650 000 visiteurs annuels en font l’une des principales attractivités touristiques monégasques. Grâce à l’action du gouvernement princier de Monaco, le musée bénéficie en 2010 d’un ambitieux programme de travaux de rénovation et d’embellissement.

ExpositionsModifier

Cornucopia de Damien HirstModifier

À l’occasion de son centenaire, le musée a présenté en 2010 une exposition d’œuvres plastiques et picturales de l’artiste britannique Damien Hirst : Cornucopia. Plus de 60 œuvres sont présentées, allant de la peinture sur toile aux animaux marins dans le formol en passant par des squelettes d’animaux préhistoriques. Le point d'orgue de la visite était l'aquarium de 33 tonnes contenant un Grand requin blanc installé à l’entrée du musée[9],[10],[11],[12].

Oceanomania de Mark DionModifier

L'année suivante s’est tenue l’exposition Oceanomania de Mark Dion. Cet artiste américain a créé le plus grand cabinet de curiosités du monde marin, conçu spécialement pour le musée. Celui-ci mesurait 18 m de largeur et 10 m de hauteur. Il contenait de nombreuses pièces des collections du musée comme des maquettes, des bocaux contenant des poissons, des instruments océanographiques et toute sorte d'objets d’art d’inspiration marine. Pour illustrer son intérêt pour les océans, Mark Dion a créé 12 œuvres installées dans les différentes salles du musée[13].

Exposition MéditerranéeModifier

Initialement prévue du au , elle est finalement prolongée jusqu'au printemps 2013[14]. Elle aborde plusieurs thématiques comme la prolifération des méduses, l’acidification des océans, les espèces venues d’ailleurs ou encore la surpêche du thon rouge en Méditerranée. Cette exposition a également accueilli l’œuvre Wu Zei (乌贼), réalisée par l’artiste chinois Huang Yong Ping. Cet animal hybride entre la pieuvre et la seiche de 25 m est suspendu au plafond du Salon d'honneur[15]. « Wu zei » est le nom chinois de la seiche, mais l’idéogramme « Wu » (乌) est aussi la couleur noire, tandis que « Zei » (贼) contient aussi l’idée de « voler ». Ce titre ajoute à l’œuvre une ambigüité de sens entre encre marine et marée noire[16],[17].

The Littorial Zone de Marc QuinnModifier

En 2012, c'est l'artiste britannique Marc Quinn qui a exposé soixante-neuf œuvres (tableaux et sculptures) dans le cadre de l’exposition The Littoral Zone. Squelettes en prière, fœtus en évolution, morceau de glace du pôle Nord, bébé géant (9 m de long et 4 m de haut) ou tête modelée avec son propre sang ; cet artiste britannique affiche son obsession pour le lien entre la vie et la mort, tout en recherchant l’alchimie entre son monde et celui des océans[18],[19],[20],[21].

On Sharks & humanityModifier

Le , l’exposition a ouvert ses portes. Menée en collaboration avec l’association internationale WildAid[22] ce sont 11 œuvres uniques créées spécifiquement pour le Musée par 10 artistes d’avant-garde chinois[23]. Chacune d’elles explore la relation complexe entre les hommes et les squales et par extension, son rapport à la nature[24]. Dans toutes les salles jusque sur la terrasse panoramique, ces installations monumentales, sculptures, peintures, interpellent le visiteur et l’invitent à dépasser certains préjugés. “On Sharks & Humanity“ souligne à travers l’art le rôle indispensable des requins dans l’écosystèmes marins et l’impact négatif de la surpêche[25].

Taba NabaModifier

L’art aborigène et océanien est mis à l’honneur du au à travers Taba Naba, une exposition sur le thème des océans et de l’eau[26]. Le projet s’est articulé autour de trois volets : La défense des océans au cœur de l’art des Aborigènes et des Insulaires du détroit de Torres. L’Océanie : des îliens passés maîtres dans la navigation. Et la présentation de peintures aborigènes contemporaines[27]. Utilisant tous les supports ces œuvres alertent sur les risques liés au changement climatique et dénoncent les ravages subit par l’environnement[28],[29], au travers de la surpêche ou de la pollution plastique. Pour les artistes l’enjeu est de mobiliser le public pour protéger les ressources marines[30].

Borderline de Philippe PasquaModifier

Dans cette exposition qui s’est déroulée du au , l’artiste a décliné un thème phare de l’histoire de l’art : la vanité. Celle notamment de l’homme souhaitant maîtriser la nature. 12 œuvres monumentales créées sur mesure[31] et installées dans toutes les salles du Musée océanographique, questionnent le visiteur[32] interrogeant sur la protection de l’environnement[33] tout en créant un écho avec les collections historiques du musée[34]. Le but de Philippe Pasqua étant de faire passer, par l’art, un message sur la condition des océans[35].

Anecdotes et controversesModifier

Le premier vol en hélicoptèreModifier

En 1905 eu lieu, dans le musée océanographique de Monaco, le premier vol en hélicoptère de l'histoire, motivé par le prince et par Maurice Léger un ingénieur français inventeur d'hélicoptères[36]. L'appareil, équipé de deux hélices coaxiales superposées de 6,25 m de diamètre et 1,75 m de large s'est maintenu en l'air pendant une quinzaine de secondes tout en soulevant un homme de 74 kilos. Cependant, l'histoire ne retiendra pas cette tentative dans la mesure où l’appareil est relié au sol et n’emporte pas son propre moteur[37]. L'expérience est répétée plusieurs fois à partir du . Elles ont été faites dans l’une des grandes salles du musée océanographique de Monaco, pendant sa construction[38].

Le rejet de l'algue Caulerpa taxifolia en MéditerranéeModifier

En 1984, le musée océanographique de Monaco aurait rejeté accidentellement une souche d'algue invasive Caulerpa taxifolia en Méditerranée. Après avoir infiltré 15 000 hectares de cote en 2004, et a naturellement disparu à 80 % en 2013[39],[40].

La Maison des océans (anciennement Institut océanographique) à ParisModifier

En 1910, après des années de recherches et d'expéditions océanographiques, le prince Albert Ier crée l'Institut océanographique de Paris, rue Saint-Jacques, dans le quartier latin du 5e arrondissement de Paris. Ce second musée océanographique emblématique monégasque est inauguré le , dix mois après celui de Monaco. Il est renommé « Maison des Océans » en 2011, et accueil des événements liés aux océans (séminaires, workshops, conférences) et rassemble des acteurs de l'environnement et de la protection des océans : la Plateforme Océan-Climat, France Nature Environnement, le Pew Trust.

 
Visite du musée par le prince Rainier III et son épouse Grace Kelly, avec le commandant Cousteau (directeur du musée)

L’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de MonacoModifier

Fondée en 1906 par le Prince Albert Ie de Monaco, l’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco est une fondation de droit privé, reconnue d'utilité publique, établie en 1906 par le prince Albert Ier. Elle poursuit l’objectif de son fondateur de mieux « faire connaître, aimer et protéger les océans », et fédère des acteurs de la gestion et la protection des océans, décideurs gouvernementaux, organisations institutionnelles, scientifiques et diffuse des messages de sensibilisation auprès du grand public. Le prince a fait don du musée océanographique de Monaco à sa fondation, à titre de cadeau de naissance.

DirigeantsModifier

Le musée est dirigé par les princes régnants de Monaco à titre de « présidents d'honneur » de plein droit du conseil d'administration, avec des directeurs de musées historiques et emblématiques tels que le commandant Cousteau entre 1957 et 1988.

Au début de l’année 2009, le prince Albert II de Monaco et le conseil d’administration de l’Institut océanographique ont décidé d’un plan de relance à l’occasion du centenaire du musée océanographique en 2010. La mise en œuvre de ce plan de relance a été confiée au nouveau directeur général Robert Calcagno, et à l’équipe de direction. Avec une orientation très claire, Albert II a demandé à ce qu’une nouvelle dynamique soit donnée au Musée océanographique : non seulement montrer la fierté de notre passé et la richesse de notre patrimoine, mais aussi montrer que le musée est tout à fait bien dans son temps et engagé pour l’avenir, notamment grâce à la Monaco Blue Initiative (une rencontre internationale, organisée par la fondation Prince-Albert-II-de-Monaco et l’Institut océanographique, pour protéger nos mers).

Notes et référencesModifier

  1. « L'aquarium du Musée océanographique de Monaco »
  2. Musée océanographique 1910-2010 – édition La Gazette de Monaco (ISBN 978-2-9537017-2-2)
  3. « Mémoires de la Somme »
  4. « La Pierre de La Turbie Son histoire millénaire » (consulté le 3 avril 2013)
  5. Jacqueline Carpine-Lancre, Albert Ier, Prince of Monaco (1848-1922), 1998, p. 32
  6. La Construction moderne, volume 25, 1910, p. 413
  7. Catalogue d’exposition : « un Guide illustré pour Oceanomania de Mark Dion – 56 pages, parution avril 2011 »
  8. Bariaa Mourad, Gérald A. P.-Fromm & Christian Carpine (eds.), «Art de la nacre, coquillages sacrés : Rapport de recherche sur la provenance et l'authenticité d'une collection du Musée océanographique», Monaco: Musée océanographique, 1992
  9. « « Cornucopia »PRESENTATION » (consulté le 26 mai 2013)
  10. « Musée océanographique de Monaco Cornucopia Damien Hirst » (consulté le 26 mai 2013)
  11. « Damien Hirst : Il n'a jamais été aussi facile de faire de l'art » (consulté le 26 mai 2013)
  12. « Avec Damien Hirst à Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  13. « Mark Dion fait écho à Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  14. « « Méditerranée » splendide, fragile, vivante : Exposition prolongée jusqu'au printemps 2013 », (consulté le 12 avril 2012)
  15. « La pieuvre géante découpée en morceaux » (consulté le 14 mars 2013)
  16. « Zei Huang Yong Ping » (consulté le 26 mai 2013)
  17. « Musée océanographique : Exposition 'Méditerranée'. Splendide, Fragile, Vivante.-27/11/10 - Monaco » (consulté le 27 mai 2013)
  18. « La mer, la vie, la mort selon Marc Quinn au Musée océanographique de Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  19. « Marc Quinn au Musée océanographique de Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  20. « EN IMAGES. Sang et squelette : l’expo Quinn décoiffe » (consulté le 26 mai 2013)
  21. « La vie, la mort, le monde et l’eau selon Marc Quinn à Monaco » (consulté le 26 mai 2013)
  22. « 'On Sharks & Humanity' » (consulté le 17 janvier 2018)
  23. « La sculpture chinoise au secours des grands squales », (consulté le 17 janvier 2018)
  24. « es requins au coeur de plusieurs expos à Monaco », (consulté le 17 janvier 2018)
  25. « Monaco. De l'art contemporain pour sauver les requins », (consulté le 17 janvier 2018)
  26. « Taba Naba : les arts des peuples de la mer au Musée océanographique de Monaco » (consulté le 17 janvier 2018)
  27. « Monaco : exposition "Taba Naba", l'art aborigène à l'honneur », (consulté le 17 janvier 2018)
  28. « Les arts aborigènes au Musée océanographique de Monaco » (consulté le 17 janvier 2018)
  29. « Musée océanographique: l'exposition Taba Naba lancée à Paris », (consulté le 17 janvier 2018)
  30. « EN IMAGES. Monaco accueille l'art aborigène des peuples de la mer » (consulté le 17 janvier 2018)
  31. « « Philippe Pasqua : Borderline » (consulté le 16 janvier 2018)
  32. « Monaco s'identifie à la défense des océans », (consulté le 17 janvier 2018)
  33. « A Monaco, une expo XXL pour «éveiller les consciences» », (consulté le 17 janvier 2018)
  34. « Les vies aquatiques de Philippe Pasqua », (consulté le 17 janvier 2018)
  35. « Philippe Pasqua, «Borderline» », (consulté le 17 janvier 2018)
  36. Hélicoptère, La genèse de Léonard de Vinci à Louis Breguet - Bernard Bombeau. Octobre 2006 - (ISBN 2-7089-9205-8)
  37. « 1907-2007 : L’hélicoptère a 100 ans. » (consulté le 27 mai 2013)
  38. Maurice Léger et ses hélicoptères 1901-1907 - Jacqueline Carpine-Lancre - 22 novembre 2007 - (ISBN 978-2-9530929-0-5)
  39. « « Caulerpa taxifolia » : l'algue tueuse en voie de disparition » (consulté le 27 mai 2013)
  40. « Caulerpa taxifolia, le « miraculeux » déclin d'une algue tueuse » (consulté le 27 mai 2013)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externesModifier