Sophie de Menthon

femme d'affaires

Sophie de Menthon, née Turpin le dans le 17e arrondissement de Paris, est présidente du mouvement patronal ETHIC.

BiographieModifier

Sophie de Menthon est née Sophie, Marie, Clarisse, Anne, Bernadette Turpin, fille de Jean Turpin et de Maud Wirtz-Daviau[1],[2]. Son père est diplomate à l’ONU. Il est « extrêmement sévère ». Sa mère est une ancienne étudiante de Sciences Po. Elle « était au foyer et désespérée de l’être »[3].

Après avoir grandi à New York, elle échoue à l'examen d’entrée de l’Institut d’études politiques de Paris, et obtient par la suite une licence d’anglais[3].

Entrepreneuse et femme d'affairesModifier

Elle commence à travailler comme enquêtrice pour des études d’opinion puis fonde en 1976 la société de télémarketing Multilignes Conseil, devenue plus tard Sophie de Menthon Conseil, puis rachetée par le groupe Teleperformance dans les années 2000[3].

En 1979, elle crée le Syndicat du marketing téléphonique (actuellement le Syndicat des professionnels des Centres de Contacts), qui rassemble les prestataires externalisés de centres de contacts[4].

En 2004, elle crée la Société de management des entreprises (SDME), un cabinet de conseil aux entreprises et de média training dont elle prend la présidence[5].

Elle s'investit au sein du mouvement Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance (Ethic), qu'elle préside depuis 1995. Elle a ainsi lancé la Fête des entreprises sous le slogan « J'aime ma boîte », qui a pour vocation de fédérer salariés et entrepreneurs le même jour, en partageant des moments de convivialité.

Également membre du comité éthique du Medef, elle en démissionne le [6], se sentant « en décalage » avec le mouvement patronal, et entendant marquer son « désaccord fondamental » avec la réflexion menée par Laurence Parisot sur l'encadrement des rémunérations des patrons.

Le , elle se déclare candidate à la présidence du Medef au micro d'Europe 1[7] mais renonce le [8]. Laurence Parisot est réélue.

Elle considère que l'image des patrons s'est dégradée durant l'année 2009 (après la crise économique), considérant que l'amalgame est trop souvent fait entre grands patrons et chefs de petites et moyennes entreprises. Elle se déclare par ailleurs favorable à une fiscalité minimale de l'entreprise à l'échelle européenne.

Membre du Conseil économique, social et environnemental (1997-1999, puis 2009-2015)Modifier

Elle est membre du Conseil économique, social et environnemental de 1997 à 1999 puis de 2009[3] à 2015.

Grâce à Nicolas Sarkozy, elle est nommée en tant que personnalité qualifiée, membre de la section « Finances » du Conseil économique et social en 1997[Légifrance 1], du Conseil national de la création d'entreprises en 1997[Légifrance 2] et 2000[Légifrance 3], de l'Observatoire de la parité en 2002[Légifrance 4], et du Conseil d'orientation de la simplification administrative en 2004[Légifrance 5]. Elle a aussi participé à la commission Stasi sur la laïcité en France en 2003, au rapport Novelli sur les conséquences des 35 heures en 2004, et a été interrogée par la mission Stoléru pour l'accès des PME aux marchés publics en 2008[9].

Vie privéeModifier

Elle a été mariée et divorcée deux fois. Elle se marie une première fois à 19 ans, avec un homme dont elle a deux enfants[3]. Elle est également divorcée de René de Menthon[10]. Elle n'a pas de religion[3].

Dans les médiasModifier

Cependant, ce sont ses participations à des émissions de télévision et à l'émission de radio Grandes Gueules sur RMC qui semblent l'avoir fait davantage connaître du public. Elle est aussi intervenue régulièrement dans l'émission Good Morning Business de la radio BFM, et dans l'émission On ne va pas se mentir sur I-Télé. Aujourd'hui[Quand ?] elle intervient sur Sud Radio de manière hebdomadaire dans l'émission de Valérie Expert dans Débats d'experts et également dans la République LCI présentée par Julien Arnaud et Roselyne Bachelot. Elle est également éditorialiste pour Challenges et Valeurs actuelles.

Fustigeant le « politiquement correct » sur les réseaux sociaux[3], elle est remarquée pour des propos parfois inappréciés : trouvant, durant une polémique sur le harcèlement sexuel, « plutôt sympa » de se faire siffler dans la rue[11] ou, concernant l’emploi présumé fictif de l'épouse de François Fillon, elle estime les personnalités politiques insuffisamment rémunérées et comprend qu'il soit nécessaire de « boucler, artificiellement, les fins de mois ou [d']arrondir le budget familial »[12].

Polémiques sur ses propos aux Grandes GueulesModifier

En , le CSA a mis RMC en demeure pour des « propos injurieux, misogynes, attentatoires à la dignité de la personne et à connotation raciste »[13] tenus au cours d’une émission à laquelle participait, entre autres, Sophie de Menthon. À cette occasion, les chroniqueurs de l’émission devaient commenter l’indemnité reçue par Nafissatou Diallo à l’issue de l’affaire DSK. Les commentaires et propos de Franck Tanguy[14] et de Sophie de Menthon[15] (« c’est peut-être ce qui pouvait lui arriver de mieux ») avaient alors créé une polémique. Suite à son refus de présenter des excuses pour ses propos, elle est renvoyée de l’émission[16]. Devant la polémique, Sophie de Menthon déclare finalement : « je m’excuse sincèrement d’avoir pu blesser des femmes par ce raccourci qui a laissé penser que j’exprimais un point de vue méprisant aux antipodes des valeurs que je défends depuis 30 ans de militantisme en faveur de la place des femmes dans la société. » Le , elle publie une tribune sur Atlantico[17] pour expliquer ce qu’elle a voulu dire par la phrase incriminée.

Propos polémiques sur le travail des enfantsModifier

Lors de l'émission des Grandes Gueules du , Sophie de Menthon se déclare favorable au travail des enfants en faveur des multinationales « je peux vous assurer que les multinationales, elles font beaucoup pour les enfants, alors que les PME elles, les exploitent. De toutes façons c’est ça ou le ruisseau »[18]. Elle explique avoir travaillé sur le sujet dans le cadre de son association Ethic, en partenariat avec l'UNICEF. Se réclamant « pragmatique », elle explique qu'en présence d'un « état de fait », cette solution est préférable dès lors qu'elle permet à l'enfant de nourrir sa famille ainsi que d'« être éduqué » et « d'apprendre un métier ».

Polémique avec Nathalie ArthaudModifier

Après le débat télévisé des onze candidats à l'élection présidentielle de 2017, le , Sophie de Menthon lance une pétition (avant de la retirer) demandant à l'Éducation nationale de retirer à Nathalie Arthaud, qui se présente comme « candidate communiste », le cours d'économie qu'elle assume[19]. À travers un échange de lettres ouvertes, la candidate répond : « la vision du monde de Madame de Menthon est à l'exact opposé de la mienne. […] sa lettre illustre à quel point le monde est divisé en classes sociales aux intérêts contradictoires et même aux sensibilités opposées »[19]. Le journaliste du journal Marianne, Jack Dion, la qualifie à cette occasion de « stalinienne du patronat »[réf. nécessaire].

Polémique sur le harcèlement et la « liberté d'importuner »Modifier

En 2015, elle crée une polémique suite à son tweet publié dans le cadre d’un débat public sur le harcèlement de rue et de « recommandations au gouvernement pour que cesse le harcèlement dans les transports », de la part du Haut conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes. Dans son tweet, elle distingue ce dernier des sifflements « 100% des femmes seraient « harcelées » quotidiennement. Ne pas tout confondre : être sifflée dans la rue est plutôt sympa ! » Cela déclenche alors une vague de protestation et d’indignation dont celle de la secrétaire d'État à la Famille, Laurence Rossignol[20]. Devant la polémique, elle répond « qu’il y a une différence générationnelle dans la manière dont c’est vécu »[21].

Dans la foulée de l'affaire Weinstein et du débat consécutif sur le harcèlement sexuel dans la société française, dans une tribune publiée le dans Le Monde, écrite par Sarah Chiche, Catherine Millet, Catherine Robbe-Grillet, Peggy Sastre et Abnousse Shalmani, co-signée par 100 femmes dont elle-même, Sophie de Menthon soutient « une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle ». Elle défend une position favorable à la « drague lourde ». S'attirant, avec les autres signataires de cette tribune (Catherine Deneuve, Ingrid Caven, Brigitte Lahaie, Élisabeth Lévy, l'auteur de livres pour enfants Stéphanie Blake ou l'éditrice Joëlle Losfeld, entre autres), les critiques de féministes qui y voient une apologie du harcèlement, voire du viol.

FemmesModifier

Elle soutient l'égalité des salaires entre hommes et femmes et les quotas de femmes dans les conseils d’administration mais critique ce qu'elle considère relever du « genrisme »[3].

Nostalgique « de l’amour courtois », elle estime que c’est à l'homme de séduire la femme et prône la différence des sexes[3].

DécorationsModifier

PublicationsModifier

  • 1978 : Mieux utiliser le téléphone, Éditions d'Organisation
  • 1980 : Un média sur votre bureau, Éditions d'organisation
  • 1980 : L'Entretien téléphonique, Éditions Mémentos
  • 1983 : Femmes d'affaires et affaires de femmes, Éditions Jean-Claude Lattès
  • 1984 : L'Image New-look de votre Entreprise, Éditions Mémentos
  • 1986 : La Secrétaire newlook, Mémentos
  • 1987 : Le Sondage téléphonique efficace, Éditions d'organisation
  • 1988 : La BD du téléphone, Éditions d'organisation
  • 1990 : Business oblige, Intereditions collection l'Entreprise
  • 1991 : Modèles et scénarios de vente téléphonique prêts à l'emploi, Top éditions
  • 1992 : Le Téléphone dans le recouvrement des créances, Éditions Mémentos
  • 1995 : La Vente directe à la TV, PUF
  • 1997 : Le Marketing de la réception d'appels, Éditions Dunod
  • 1999 : Téléphonez efficacement, Éditions Mémentos
  • 2000 : Du télémarketing au téléservice, collection Pratique du Marketing direct
  • 2004 : L'Entreprise racontée aux enfants, Éditions d'organisation
  • 2005 : L'Armée racontée aux enfants, Éditions d'organisation
  • 2005 : Le Guide du savoir-vivre, bonnes manières pour bonnes affaires, Éditions d'organisation
  • 2006 : Vraie vérité sur l'entreprise, Éditions Eyrolles
  • 2007 : Le Savoir-vivre en Entreprise, Éditions Eyrolles
  • 2007 : 15 idées simples pour ruiner la France, préface de François de Closets, Éditions Michalon (ISBN 978-2841863839)
  • 2011 : Responsabilité sociétale des entreprises, Carnet de route de la RSE, Sophie de Menthon, Groupe Imprimerie Nationale.
  • 2018 : Eternel recommencement, citations choisies et commentées par Sophie de Menthon, Éditions Fortuna.

Coll. « Le monde d'aujourd'hui raconté aux enfants »Modifier

PréfaceModifier

Notes et référencesModifier

  1. Who's who in France.
  2. Maud Wirtz-Daviau (1920-2013) est la petite-fille de Ludwig Wirtz, né à Trèves, en Rhénanie en 1840 et naturalisé britannique.
  3. a b c d e f g h et i « Sophie de Menthon. Pas bégueule », sur Libération, (consulté le 17 avril 2020).
  4. « SP2C : Les centres de contacts français ont leur « Medef » », sur En-Contact, (consulté le 14 octobre 2020)
  5. « Sophie de Menthon (Ethic) : "Sans croissance, l'entreprise sera de plus en plus discriminante" », sur Le Journal du Net, 3 avril 2007.
  6. « Rémunérations : la patronne d'Ethic quitte le Medef », sur NouvelObs.com, 9 avril 2009.
  7. Guillaume Errard, « « Menthon “candidate à la présidence du Medef” » », Le Figaro, 13 avril 2010.
  8. « Laurence Parisot reste seule en lice pour la présidence du Medef », NouvelObs.com, 26 avril 2010 ; « Sophie de Menthon ne sera pas candidate au Medef », Cedi Infos, mai 2010
  9. Pierre-Emmanuel Moog et fondation Prometheus (dir.), Les groupes de réflexion et d'influence en Europe, Paris, L'Expansion / groupe Express, 2008–2009, 2e éd., 523 p. (ISBN 978-2-84343-540-9, lire en ligne), p. 178.
  10. « Sans harcèlement, Sophie de Menthon "n'aurait peut-être pas épousé" son mari », sur RTL.fr (consulté le 21 août 2020).
  11. « Sophie de Menthon trouve "plutôt sympa" de se faire siffler dans la rue, son tweet crée la polémique », sur Le Huffington Post
  12. « Sophie de Menthon demande une augmentation du salaire des politiques, "parents pauvres de leurs fonctions" », LE 100,‎ (lire en ligne)
  13. « Le CSA met RMC en demeure
  14. Propos : Elle n’a rien pour elle, elle ne sait pas lire pas écrire, elle est moche comme un cul, et elle gagne 1,5 million, c’est quand même extraordinaire cette histoire […] C’est un horrible événement dans sa vie dont certainement elle se rétablira, mais pour elle c’est quand même… ça va quoi !, Médiacritique(s) (magazine trimestriel d’ACRIMED) numéro 7, avril-juin 2013, article À quoi sert RMC ? pages 32-33.
  15. Propos : Tu veux que je sois politiquement totalement incorrecte ? […] Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux […] Moi je pense que l’argent qu’elle a gagné, qui lui permet d’élever sa fille, elle ne l’aurait jamais eu dans toute son existence et j’espère qu’elle oubliera ce moment extrêmement désagréable […] Il y a des femmes dans la rue, je suis sûre qu’elles ont pensé ça, en disant « J’aimerais moi aussi être une femme de chambre dans un hôtel et que ça m’arrive. », Médiacritique(s) (magazine trimestriel d’ACRIMED) numéro 7, avril-juin 2013, article À quoi sert RMC ? pages 32-33.
  16. « Sophie de Menthon renvoyée des "Grandes Gueules" : RMC rajoute du sexisme au sexisme », leplus.nouvelobs.com,‎ (lire en ligne)
  17. « Sophie de Menthon s'explique sur Atlantico.
  18. « Le travail des enfants vu par Sophie de Menthon, membre du comité éthique du Medef », Le Post,‎ (lire en ligne)
  19. a et b Voir sur lefigaro.fr du 11 avril 2017.
  20. « "Se faire siffler dans la rue est plutôt sympa"... La polémique sur Twitter », sur RTL.fr (consulté le 14 octobre 2020)
  21. Quentin Girard, « Sophie de Menthon. Pas bégueule », sur Libération.fr, (consulté le 14 octobre 2020)
  22. https://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/archives/l-armee-expliquee-aux-enfants
  23. Voir sur vuibert.fr.

Sur LégifranceModifier

Liens externesModifier

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