Michèle Audin

mathématicienne et écrivaine française

Michèle Audin, née le à Alger, est une mathématicienne et écrivaine française.

Michèle Audin
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Fonction
Présidente
Femmes et Mathématiques
-
Françoise Delon (d)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (67 ans)
AlgerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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A travaillé pour
Directeur de thèse
François Latour (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

BiographieModifier

Elle est la fille du mathématicien Maurice Audin et de la professeure de mathématiques Josette Audin, tous deux pieds-noirs[1] et militants politiques. Son père meurt sous la torture[2],[3], en en Algérie, après avoir été arrêté par les parachutistes du général Massu.

Le , elle a refusé la Légion d'honneur, en raison du refus du président de la République, Nicolas Sarkozy, de répondre à une lettre de sa mère à propos de la disparition de son père[4].

Ancienne élève de l'École normale supérieure (Sèvres), elle est professeure à l'Institut de recherche mathématique avancée (IRMA) de Strasbourg du au [5], ses recherches s'effectuant notamment dans les domaines de la géométrie symplectique et des systèmes dynamiques (souvent utilisés en physique pour décrire et modéliser des mouvements).

Elle a été cooptée à l'Oulipo en 2009. Dans son roman, La formule de Stokes, l'héroïne est une formule mathématique[6].

Elle s'est intéressée au groupe Bourbaki, et a publié la correspondance (1928-1991) de deux membres de ce groupe, les mathématiciens Henri Cartan et André Weil[7]. Elle a également publié un ouvrage consacré à la mathématicienne russe Sofia Kovalevskaïa[8].

Michèle Audin tient un blog sur la Commune de Paris[9]. Elle est l'autrice de cinq ouvrages sur le sujet, parus de 2017 à 2021. Deux fictions aux éditions Gallimard, Commune une rivière bleue (2017)[10] et Josée Meunier, 19 rue des Juifs (2021), ainsi que trois livres historiques chez Libertalia. Le premier, Eugène Varlin, ouvrier relieur 1839-1871 (2019), est une anthologie des différents écrits d'Eugène Varlin, certains non publiés depuis leur parution originale[9]. Le deuxième, C'est la nuit que le combat devient furieux (2020), publie la correspondance d'Alix Payen, ambulancière méconnue, et de sa famille fouriériste, qui ont échangés pendant les quelques mois de l'insurrection parisienne[11]. Le dernier, La Semaine sanglante : Mai 1871. Légendes et comptes (2021), propose un nouveau décompte des morts de la Semaine sanglante, allant jusqu'à « certainement 15 000 morts »[12].

Contributions de Michèle Audin à l'OulipoModifier

Michèle Audin a été invitée d'honneur à une réunion de l'Oulipo à l'initiative de Jacques Roubaud, à la suite de la publication de son ouvrage Souvenirs sur Sofia Kovalevskaya à la forme discontinue, qui mêle des anecdotes, des chapitres de mathématiques assez pointus, des témoignages, des extraits de correspondance commentés ou encore des pastiches littéraires. On y trouve des clins d'oeil à l'Oulipo dans des chapitres de témoignages intitulés « Je me souviens » en référence à Georges Perec, ou encore dans un pastiche des Cosmicomics d'Italo Calvino[13].

Elle est la première oulipienne à porter la double casquette de mathématicienne et d'écrivaine. Les mathématiques sont à la fois une source d'inspiration pour les contraintes qu'elle invente et une thématique récurrente de son oeuvre littéraire.

Elle a inventé des contraintes de nature géométrique comme la contrainte de Pascal ou la désarguesienne. La contrainte de Pascal a été expérimentée dans son récit en ligne Mai Quai Conti qui évoque l'histoire de l'Académie des sciences pendant la Commune de Paris : les relations entre les personnages du récit sont déterminées par la position des points d'une figure géométrique illustrant le théorème de Pascal[13].

Elle a aussi travaillé avec Ian Monk sur les nonines, c'est-à-dire sur les variantes de la sextine fondées sur des nombres qui ne sont pas des nombres de Queneau, donc avec lesquelles le système de permutation de la sextine ne fonctionne pas[14].

Son premier roman, Cent vingt et un jours, est fondé sur une onzine, c'est-à-dire une quenine d'ordre 11 (variante de la sextine) à partir de laquelle des personnages, des références littéraires et d'autres éléments du récit permutent de manière réglée. Comme dans la sextine poétique, le dernier mot d'un chapitre est le même que le premier mot du chapitre suivant[13].

De plus, Michèle Audin est l'autrice d'ouvrages à portée plus pédagogique, notamment dans son domaine de spécialité en mathématiques. Elle a par exemple co-écrit Théorie de Morse et homologie de Floer avec Mihai Damian.

PublicationsModifier

  • Avec Ana Cannas da Silva, Eugène Lerman : Symplectic geometry of integrable Hamiltonian systems, Birkhäuser 2003.
  • Géométrie, EDP Sciences, 2005, [lire en ligne]
  • Hamiltonian systems and their integrability, AMS, 2008
  • Souvenirs sur Sofia Kovalevskaïa, Calvage et Mounet, 2008.
  • Fatou, Julia, Montel, le Grand Prix des sciences mathématiques de 1918, et après, Springer, 2009
  • Une histoire de Jacques Feldbau, Société mathématique de France, collection T, 2010.
  • Avec Mihai Damian,Théorie de Morse et homologie de Floer, EDP Science, 2010.
  • Correspondance entre Henri Cartan et André Weil (1928-1991), Documents Mathématiques 6, SMF, 2011 [présentation en ligne [PDF]].
  • Une vie brève, Gallimard - L’arbalète, 2013, Prix Ève-Delacroix
  • Cent vingt et un jours, Gallimard - L’arbalète, 2014
  • Mademoiselle Haas, Gallimard - L’arbalète, 2016
  • La formule de Stokes, roman, Paris, Cassini, , 297 p. (ISBN 978-2-84225-206-9)
  • Comme une rivière bleue, Gallimard, coll. « L’arbalète », 2017
  • Oublier Clémence, Gallimard, coll. « L’arbalète », 2018 (ISBN 978-2072821172)
  • Eugène Varlin, ouvrier relieur 1839-1871, Libertalia, 2019 (ISBN 978-2377290864)
    Présentation d'écrits d'Eugène Varlin.
  • C'est la nuit surtout que le combat devient furieux : Une ambulancière de la Commune, 1871, Libertalia, coll. « La petite littéraire », , 128 p. (ISBN 978-2-37729-134-2, lire en ligne)
    Présentation d'écrits d'Alix Payen.
  • La Semaine sanglante : Mai 1871, légendes et comptes, Libertalia, coll. « La petite littéraire », (ISBN 978-2-3772-9176-2)
  • Josée Meunier, 19 rue des Juifs, Gallimard, coll. « L'arbalète », , 208 p. (ISBN 978-2-0729-3354-7)

Notes et référencesModifier

  1. « Michèle Audin, géomètre du souvenir », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 6 août 2020)
  2. François Béguin, « Affaire Maurice Audin : "L'ouverture des archives est avant tout symbolique" », sur lemonde.fr, (consulté le 13 septembre 2018).
  3. Reconnaissance de son assassinat par le Président de la république le 13/09/2018.
  4. Edwy Plenel, « La lettre de Michèle Audin à Nicolas Sarkozy », Mediapart, 2 janvier 2009.
  5. « Images des mathématiques », sur images.math.cnrs.fr (consulté le 6 février 2017).
  6. Caroline Trotot (dir.), Claire Delahaye (dir.) et Isabelle Mornat (dir.), Femmes à l’œuvre dans la constructiondes savoirs : paradoxes de la visibilité et de l’invisibilité, , 339 p. (lire en ligne), p. 215-232 : Virginie Tahar, « Les oulipiennes sont-elles des oulipiens comme les autres ? »
  7. [PDF] « Présentation en pdf de la correspondance Henri Cartan - André Weil ».
  8. Michèle Audin (2008). Souvenirs sur Sofia Kovalevskaya, Calvage et Mounet (Paris), collection « Orizzonti », 290 p. (ISBN 978-2-916352-05-3).
  9. a et b Mathieu Dejean, « Pourquoi il est important de se souvenir d'Eugène Varlin, militant ouvrier et communard », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 11 novembre 2020).
  10. Antoine Perraud, « Comme une rivière bleue, cause commune », sur La Croix, (consulté le 6 mars 2021).
  11. Maïté Bouyssy, « Alix Payen : aux grandes femmes la Commune reconnaissante », sur En attendant Nadeau, (consulté le 11 novembre 2020).
  12. Jean-Luc Porquet, « « Halte-là, citoyen, on ne passe pas » », Le Canard enchaîné,‎ .
  13. a b et c Michèle Audin, « Quand les mathématiques, l'histoire et la littérature s'emmêlent. Entretien avec Virginie Tahar », Formule : revue des créations formelles n° 21,‎ , p. 349 sqq
  14. Ian Monk et Michèle Audin, Le Monde des nonines, Paris, La Bibliothèque Oulipienne n° 219,

Liens externesModifier