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Saint Vivant est un saint catholique du IIIe – IVe siècle.

Formes du nomModifier

Viventius en latin, il est parfois aussi appelé Vivence[1].

Marilier fait remarquer que les noms « Vincent » et « Vivant » ont souvent été confondus dans les toponymes[2].

BiographieModifier

On sait très peu de choses sur sa vie[3].

Il est né « païen » dans l'actuel Proche-Orient : peut-être en Samarie en Palestine selon la vita que Marilier appelle "légende"[3], ou à Antioche en Syrie[4].

Il y a clairement eu une conversion au christianisme mais il n'y a aucune certitude sur la façon dont cette conversion a pu arriver. La légende dit qu'elle s'est faite par saint Georges de Lydda et une date est citée : vers 285[4], ce qui serait remarquablement précoce de la part de saint Georges puisqu'en 285 il avait de 5 à 10 ans d'âge ou guère plus. Il y a un peu plus de légitimité à penser que Viventius se convertit sous le règne (284-311) de Dioclétien (244-311), le très bureaucrate et très autocrate empereur romain[4].

Il devient prêtre et arrive « au IVe siècle » en pays d'Herbauges dans le Bas-Poitou, qu'il commence à évangéliser.
Quant à la date de cette arrivée, elle est aussi incertaine que toutes les autres dates le concernant. Il est possible qu'il ait fui la grande persécution de Dioclétien de 303-311, ou plus exactement celle de la tétrarchie que Dioclétien a instaurée. Fuyant ces persécutions, Viventius aurait erré sur la mer et abordé (vers 360 selon certains, ce qui là aussi est incohérent avec les dates précédentes) les rives de la Vendée dont il aurait commencé l'évangélisation[4].

Il aurait vécu à l'île d'Olonne (près des Sables-d'Olonne). Saint Hilaire, évêque de Poitiers, l'accueille favorablement et lui donne le château de Gravion, ancienne fortification que Viventius/Vivant transforme en petite église. Marilier indique que ce château était probablement à l'emplacement de l’actuel village Saint-Vincent-sur-Graon, et note que le nom de Vincent et de Vivant ont souvent été confondus dans les toponymes[2].
Une petite communauté religieuse se forme, où Viventius vit jusqu'à un âge avancé[2] (120 ans, disent certains)[4].

Les tribulations de ses reliquesModifier

Les raids vikings

Enterré sur place, sa sépulture reste intacte jusqu'aux invasions vikings de la fin du IXe siècle ; en ces temps perturbés, les religieux partent alors avec les reliques pour les mettre à l'abri[4].

Auvergne et Jura

Ils vont d'abord à Clermont, où ils sont accueillis par l'évêque d'Auvergne Agilmarus (873-891). Agilmar leur donne un de ses domaines familiaux dans le comté d'Amaous, sur lequel les moines construisent un établissement religieux : le monastère Saint-Vivant en Amaou, sur la commune actuelle de Biarne (dans le département du Jura, entre Auxonne (8 km au nord-ouest) et Dole (6 km au sud-est), entre les rivières Saône (6 km à l'ouest) et Doubs (8 km au sud-ouest)[2]. L'abbé Chaume date cette arrivée en Amaous de 868[5].

Le prieuré Saint-Vivant en Amaous, qui reste la propriété des moines après leur départ puisque seul l'évêque donateur ou ses successeurs pouvaient le réclamer et qu'aucun ne l’a fait, devient un très grand domaine[6] qui s'étend jusqu'à la Saône et jusqu'aux remparts d'Auxonne. Les paroisses de Champvans et Menotey y sont annexées (dont les dîmes), de même les églises de Meuillez, Broin, Charrey et Bonnencontre, et le patronage ecclésiastique de Genlis [7]. Saint-Vivant de Vergy conserve ce domaine jusqu'en 1616, date à laquelle les jésuites du nouveau collège de Dole le récupèrent moyennant un échange avec le temporel du prieuré Notre-Dame de Losne (voir l'article « Abbaye Saint-Vivant de Vergy » pour plus de détails).

Côte-d'Or - Vergy

Une vingtaine d'années après, les vikings atteignent cette région et incendient le monastère en Amaous vers 888 ou 891[8]. Les moines doivent encore fuir. Ils arrivent au château de Vergy, où le comte Manassès Ier de Chalon les accueille. Réalisée au plus tôt en 894, il ne semble pourtant pas que la fondation de l'abbaye Saint-Vivant de Vergy soit faite avant l'an 900 ; car Manassès, mort en 918, fonde cette abbaye de Vergy vers la fin de sa vie, sur un arrière-plan de décision testamentaire[9].

La vitaModifier

 
Église Saint-Hilaire,
Saint-Vivant en Amaous (Biarne)

Le flou qui entoure sa vie caractérise également la gestation de sa Vita, qui a pu être écrite soit au IXe siècle dans le Poitou et complétée à Vergy avant l'an 950, soit entièrement rédigée à Vergy[3].

Lieux et objets de mémoireModifier

Vivant est devenu l'un des prénoms caractéristiques de la Bourgogne du sud[4].

À partir de l'abbaye Saint-Vivant de Vergy, qui possédait de nombreuses vignes réputées, son nom figure dans de prestigieuses appellations de vins, comme le romanée-saint-vivant.

Saint Vivant est le patron de l'église de Savigny-en-Revermont[4].

Saint Vivant, et l'abbaye Saint-Vivant de Vergy ainsi que ses fondateurs Manassès de Chalon et sa femme, sont brodés sur un vêtement sacerdotal du XIIIe siècle ; la broderie a probablement été réalisée en Angleterre[10].

L'église Saint-Hilaire au lieu-dit « Saint-Vivant » est le seul vestige du monastère Saint-Vivant en Amous[11].

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • [Lelong et al. 1775] Jacques Lelong, Fevret de Fontette (revue et corrigée par) et Jean-Louis Barbeau de La Bruyère (achevée par), Bibliothèque historique de la France, t. 4 : première partie (536 p.) : Catalogue des ouvrages imprimés et manuscrits qui traitent de l'histoire de ce royaume ; deuxième partie (285 p.) : Table générale du recueil de titres concernant l'histoire de France, Paris, impr. Veuve Hérissant, , 536 + 285 p., sur books.google.fr (lire en ligne).
  • [Maneuvrier 2005] Christophe Maneuvrier, « Le récit de la translation des reliques de saint Regnobert : histoire d’une éphémère fondation monastique effectuée aux portes de Lisieux sous l’épiscopat de Fréculf », Tabularia,‎ (lire en ligne [sur journals.openedition.org], consulté le 25 mai 2019).  
  • [Marilier 1970] Abbé Jean Marilier, « Saint-Vivant de Vergy », Mémoire de la Commission des antiquités de la Côte-d'Or (CACO),‎ 1970-1971 (lire en ligne [sur bm.dijon.fr], consulté le 17 mai 2019).

Liens externesModifier

  • « Site de Vergy », sur shapvergy.org, Société d'histoire et d'archéologie du pays de Vergy (consulté le 17 mai 2019).

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. [Gonod 1833] Benoît Gonod, Chronologie des évêques de Clermont et des principaux événemens de l'histoire ecclésiastique de l'Auvergne, Clermont-Ferrand, impr. Thibaud-Landriot, , sur books.google.fr (lire en ligne), p. 21.
  2. a b c et d Marilier 1970, p. 110.
  3. a b et c Marilier 1970, p. 109.
  4. a b c d e f g et h « Vivant : le nom d’un saint, d’un monastère et d’un vin », sur stpierreenlouhannais.free.fr (consulté le 17 mai 2019).
  5. [Chaume 1925] Maurice Chaume, Les origines du duché de Bourgogne, vol. 1 : Première partie - Histoire politique, Dijon, impr. Jobard, (présentation en ligne), p. 338.
  6. Dhetel 1864, p. 86.
  7. Dhetel 1864, p. 87.
  8. Chaume 1925, p. 346-347. Cité dans Marilier 1970, p. 111.
  9. Marilier 1970, p. 111.
  10. [Brel-Bordaz 1982] Odile Brel-Bordaz, Broderies d'ornements liturgiques XIIIe – XIVe siècles - Opus Anglicanum, Paris, Nouvelles éditions latines, , 205 p. (ISBN 9782723399265, lire en ligne), p. 128.
  11. A. Lejeune (arch. du patrimoine), « Périmètre délimité des abords autour de l’église prieurale de Saint-Vivant », rapport d'étude, Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine Jura, sur registre-dematerialise.fr, (consulté le 20 juin 2019).