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Situation du Bas-Poitou dans le Poitou.
Situation du Bas-Poitou dans le Poitou.

Le Bas-Poitou est l'ancienne division du Poitou, correspondant à sa partie occidentale. Ses habitants sont les Bas-Poitevins.

Elle représente approximativement la Vendée actuelle et l'ouest des Deux-Sèvres, la Gâtine (du vieux françique wōstinna) ; la Vendée y prend sa source.

DéfinitionModifier

Le Bas-Poitou est une partie du gouvernement militaire de Poitou créée par un arrêt du Conseil du . Par opposition au Haut-Poitou, il est alors défini à l’ouest d’une ligne de démarcation établie entre Coulonges et Saint-Martin-de-Sanzay suivant le cours de l’Autise et du Thouet. Sa capitale, située à Fontenay-le-Comte, accueille l’un des deux lieutenants généraux du gouvernement, l’autre étant à Poitiers.

Un autre arrêt, daté du exclut du Bas-Poitou les faubourgs de Thouars, de Parthenay et de Saint-Loup.

GéographieModifier

GéologieModifier

Partie géologique sud du Massif armoricain, les hauteurs des Monts et Puys de Vendée atteignent des altitudes relativement élevées. Ces monts granitiques s'élèvent jusqu'à 290 mètres à Saint-Michel-Mont-Mercure, 269 mètres au puy Crapaud et, dans la Gâtine, 271 mètres au Terrier de Saint-Martin-du-Fouilloux ; L'Absie, à 256 mètres d'altitude est le plus haut bourg des Deux-Sèvres.

 
Carte géologique du nord-ouest de la France. Le Poitou est situé en bas de carte.

HydographieModifier

Il s'agit d'un bassin versant : les pluies venant des flux de l'Atlantique se déversent depuis le littoral, en passant sur les plaines, jusqu'aux hauteurs de l'est du territoire. Le réseau hydrographique distribue cette eau de pluie d'un côté vers la Boulogne, la Vie, le Lay, la Vendée et la Sèvre Niortaise jusque dans les marais et l'océan Atlantique, et de l'autre côté vers la Maine et la Sèvre Nantaise qui se jettent dans la Loire, puis dans l'océan Atlantique également.

ClimatModifier

Le climat y est de type tempéré et océanique, influencé par l'océan Atlantique, le Gulf Stream et la Dérive nord atlantique, sensiblement abrité des flux de nord-ouest par la péninsule bretonne.

Entre le fleuve la Loire, véritable frontière climatique naturelle au nord, et les zones humides de grandes superficies que représentent le marais Poitevin au sud et Breton-vendéens plus au nord et le long du littoral, les flux océaniques s'engagent, les nuages, parfois chargés en eau, s'engouffrent vers les Plaines de Vendée, et poussés par les vents dans ce long couloir jusque vers l'est du territoire, ils se heurtent et s'accrochent aux hauteurs granitiques, provoquant régulièrement la formation de brumes matinales et de brouillards, typiques et passagers.

 
Carte de l'ensoleillement en France - 2011
 
La province du Poitou au XVIIIe siècle, et les communes actuelles.

PaysageModifier

- À l'ouest, le littoral, ses ports et villes côtières, bordés de marais à aménager du nord au sud.

- Au centre, la plaine vendéenne est située entre le littoral de l'océan Atlantique, le marais poitevin, et les bocages du massif granitique. Elle présente, aujourd'hui encore, un paysage de grande culture céréalière.

- À l'est sur les massifs granitiques, le bas-bocage et le haut-bocage vendéens typiques de l'ouest de la France ; ce paysage est surtout consacré à l'élevage, pour lequel il est propice et se constitue d'une succession de champs entourés de haies.

AdministrationModifier

Fontenay-le-Comte devient la capitale du Bas-Poitou en 1242, sous l'autorité d'Alphonse de Poitiers.

En 1317 Luçon, évêché par la volonté du pape Jean XXII, est devenue capitale ecclésiastique du Bas-Poitou.

En 1804, après la guerre de Vendée, Napoléon décide de déplacer la capitale au centre du territoire : La Roche-sur-Yon.

HistoireModifier

 
Carte des langues d'oïl. Le saintongeais est très proche du poitevin.

Époque de l'Antiquité - Empire RomainModifier

Formée dès l'Empire romain, en Gaule vers -52 av J.C. , cette région agglomère les peuples gaulois des Ambilatres et des Pictons.

Époque des Grandes InvasionsModifier

Après le passage des Vandales et des Alains, les Wisigoths, issus des Goths, entrent dans l'Empire romain lors des grandes invasions vers le Ve siècle. Ils créent le royaume wisigoth, qui durera en Poitou jusqu'en 507, où Clovis défait Alaric II et les wisigoths durant la bataille de Vouillé près de Poitiers, lui ouvrant la conquête du sud de la France jusqu'aux Pyrénées, créant la capitale de son nouveau royaume à Paris dès 508.

Époque Médiévale - Les FrancsModifier

Les Francs Saliens forment alors un groupe occidental qui s'est en partie fondu dans les territoires gallo-romains au parler roman, devenant ainsi la langue d'oïl. Ils s'installent de façon certaine en Deux-Sèvres dès l'époque des mérovingiens et jusqu'à l'île de Noirmoutier, puis, au tout début de l'époque carolingienne. Ils exploitent les mines de Melle de 602 jusqu'à ~ 995, situées sous la ville et aux alentours, ces mines fournissent la part la plus importante de l'argent produit dans l'Empire. Après l'ère du plomb sous Dagobert Ier, et la fin des mérovingiens avec Childéric III, les francs utilisent alors l'argent pour leur monnaie, deux types de monnaies d'argent y sont frappés : l'obole et le denier sous Pépin le BrefCharlemagne avec son monogramme, Louis le Pieux, Charles le Chauve.

Le nom de « Gâtine », superficie d'à peu près le tiers central du Poitou et qui est situé au nord-ouest de Melle, est directement issu de la présence des Francs saliens à cette époque, d'où l'influence du vieux bas francique sur la toponymie et l'étymologie des noms de familles toujours présentes, aux racines d'origine germanique, encore traduisible de nos jours, tantôt en néerlandais, tantôt en allemand.

Les Vikings (souvent appelés Normands dans la bibliographie ancienne) menés par leur chef Hasting [1] attaquent, puis occupent à la fin du VIIIe siècle les îles du Bas-Poitou : Yeu et Noirmoutier. Ils s'en servent ensuite de bases arrière pour leurs actions, en remontant les cours des fleuves et réseaux hydrographiques de l'Ouest de la France, détruisant les monastères de Luçon et de Saint-Michel-en-l'Herm, jusqu'à piller Melle et Poitiers de 852 à 865.

Époque de la Renaissance - La FranceModifier

Sous l'Ancien Régime, la culture y est globalement la même qu'en Haut-Poitou : région de langue d'oïl, le Poitevin est la langue couramment parlée.

François Rabelais rejoint l'ordre franciscain au couvent du Puy Saint-Martin à Fontenay-le-Comte en 1520, où il étudia le Grec et le Latin, ainsi que les sciences, la philologie et le droit. Il y poursuit ses études et fréquente les beaux esprits de la cité dans les salons du célèbre légiste André Tiraqueau. Il y rencontre l’évêque de l’abbaye bénédictine de Maillezais, Geoffroy d’Estissac. De franciscain, dont l’autorité de l’ordre ne lui convenait guère, il devient bénédictin mais en réalité le secrétaire particulier de Geoffroy d’Estissac. C’est un moine en « demi-congé »[2]. Le langage poitevin influence dès lors le style de la verve rabelaisienne[3].

Pour autant, du fait de la proximité de l'Atlantique, le Bas-Poitou a été beaucoup plus influencé que le reste de la province poitevine par des apports normands, bretons, anglais, hollandais, basques et espagnols, dans une moindre mesure toutefois que la ville portuaire de Nantes et l'estuaire nantais, par exemple.

Un nombre assez important de Poitevins, souvent au départ du port de La Rochelle, ont émigré vers les Antilles et La Réunion, le Québec, l'Acadie et la Louisiane, où les Acadiens sont devenus les Cajuns ; des Acadiens réfugiés du « grand dérangement » de 1755 s’installent à Belle-Île, contribuant à établir ainsi des liens importants entre le Poitou et toutes ces régions.

Époque de la Révolution françaiseModifier

La guerre de Vendée, à ne pas confondre avec la chouannerie qui s'inscrit aussi dans la période de la Révolution française, est la guerre civile qui opposa dans l'Ouest de la France les révolutionnaires républicains (bleus) aux vendéens royalistes (blancs) entre l'an I et l'an IV (1793 et 1796).

Marais breton-vendéenModifier

Situés au nord-ouest, vers Challans, sur le littoral de l'océan Atlantique, le marais breton-vendéen ou "Marais breton", marque la limite entre deux anciennes provinces françaises, la Bretagne et le Poitou.

Ils s'étendent sur 45 000 hectares, comprenant un réseau de canaux (étiers), des prairies humides et des polders. Il s'étend, du nord au sud, des communes des Moutiers-en-Retz à Saint-Gilles-Croix-de-Vie sur le littoral et de Machecoul-Saint-Même à Challans dans les terres, à l'est.

Marais poitevinModifier

 
Passerelle au-dessus d'un canal dans la « Venise verte » : Le Marais Poitevin

Situé au sud, vers Luçon, Fontenay-le-Comte, Niort, le marais poitevin débouche dans la baie de l'Aiguillon, et la Rochelle sur le littoral de l'océan Atlantique,

Après dons et concessions faits par de grands seigneurs féodaux aux abbayes alentour, les abbayes de Maillezais, de Nieul-sur-l'Autisel'AbsieSaint-MaixentSaint-Michel-en-l'Herm, et Moreilles, ou encore le monastère de Luçon ont aménagé le marais poitevin à partir du VIIe siècle ; aménagé, drainé, asséché, canalisé, fait de prairies humides, de polders et d'un important réseau de canaux (étiers) permettant le transport de marchandises (denrées agricoles et vins) facilitant le commerce avec le port de la Rochelle, notamment.

La « Venise verte » s'étend ainsi sur environ 100 000 hectares.

GastronomieModifier

  • Le jambon (de Vendée) Issu du savoir-faire gaulois, frotté au sel de Noirmoutier, badigeonné d’eau-de-vie de prune ou de poire et généreusement aromatisé aux herbes et aux épices, puis mis au séchage pendant plusieurs mois, le jambon cru de Vendée tire de ce singulier procédé sa saveur typique.
  • Les lumas[4] Escargots Petit-gris cuisinés historiquement dans le Bas-Poitou.
  • Les grenouilles
  • Les écrevisses
  • Les anguilles vivent dans toute rivière ou ruisseau participant au réseau hydrographique du territoire, jusque dans le marais poitevin. Elles traversent l'Atlantique pour se reproduire dans la mer des Sargasses et revenir dans nos rivières.
  • La mogette est un tendre haricot blanc rapporté précieusement au XVIe siècle d’Amérique du Sud par des navigateurs qui l’offrirent au Pape Clément VII. Des moines, chargés d’étudier les conditions optimales à son acclimatation, découvrirent en périphérie du marais poitevin l’environnement propice à sa culture.

Personnalités liéesModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. Dillange, Michel., Les comtes de Poitou : ducs d'Aquitaine (778-1204), Geste éditions, (ISBN 2910919099, OCLC 35212897, lire en ligne)
  2. « François Rabelais un boulimique de connaissance - Accueil Vendée », sur http://www.accueil-vendee.com
  3. Faustin Poëy-d'Avant, De l'influence du langage poitevin sur le style de Rabelais ..., Techener, (lire en ligne)
  4. « luma — Wiktionnaire », sur fr.wiktionary.org (consulté le 28 août 2017)