Ouvrir le menu principal

Prix du jeune écrivain de langue française

Le Prix du jeune écrivain de langue française est un prix littéraire créé en 1984 et décerné annuellement par l’association Le Prix du jeune écrivain à des auteurs de nouvelles, âgés de 15 à 27 ans[1].

Sommaire

Historique du Prix et de l'associationModifier

1984 – Création du Prix du jeune écrivain (PJE) à Muret (Haute-Garonne)

Apprenant que le Prix Goncourt vient d’être attribué à Marguerite Duras (alors âgée de 70 ans) pour son roman L’Amant, et se rappelant que la volonté des Goncourt était à l’origine de soutenir les jeunes romanciers, Marc Sebbah (enseignant au lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse, alors président de l’Union laïque de Muret) et Henri Beulay (journaliste à la Dépêche du Midi) décident de créer un prix littéraire qui soit « une incitation pour le plus grand nombre de jeunes auteurs à écrire et leur permette ainsi d’être lus et, pour les meilleurs d’entre eux, édités. »

Dès le départ, ce nouveau prix obtient le soutien d’écrivains reconnus. José Cabanis, futur membre de l’Académie française, accepte en 1985 de faire partie du premier jury présidé par Roger Vrigny, prix Femina, éditeur et producteur de l’émission Lettres ouvertes sur France-Culture.

1991 – Création de l’association Prix du Jeune Écrivain

Le Prix du Jeune écrivain, né au sein de l’Union laïque de Muret, se constitue en 1991 en une association indépendante Loi 1901. Elle est toujours domiciliée à Muret et affiliée à la Fédération des œuvres laïques de la Haute-Garonne, aujourd’hui Ligue de l'enseignement 31.

1997 – Christiane Baroche devient présidente du jury.

La même année, à la demande des lauréats, est décidée la création d’ateliers d’écriture[2]. Ils sont ouverts à tous, encadrés par des écrivains de renom. Ils ont lieu dans le Gers jusqu’à l’été 2010 où ils rejoignent la ville de Muret. En même temps se déroule un ensemble de spectacles de théâtre, musique et poésie gratuits organisés par le PJE en partenariat avec la ville de Muret : les Soirées des Bords de Louge[3].

1999 – Création du Prix du Jeune écrivain francophone (PJEF)

Grâce au soutien de l’Organisation internationale de la francophonie et à celui des services culturels des Ambassades, les informations relatives au prix peuvent enfin atteindre les jeunes du monde entier. Les candidatures en provenance de l’étranger augmentent jusqu’à presque égaler en nombre les candidatures en provenance de France. Les deux prix (PJE et PJEF) fonctionneront en parallèle jusqu’en 2007.

2000 – L’Organisation internationale de la francophonie fait appel à l’association pour l’aider à créer et gérer le premier Prix des cinq continents de la francophonie[4] dont Jean-Marie Gustave Le Clézio est actuellement le président du jury. Cette coopération se poursuit d’année en année.
2007 – Le PJE et le PJEF fusionnent pour former le Prix du jeune écrivain de langue française (PJELF)

Sensible aux arguments développés dans le manifeste Pour une littérature-monde en français, le PJE décide de fusionner ses branches française et francophone, il est le premier prix à le faire. Il devient ainsi le Prix du jeune écrivain de Langue Française sans aucune distinction entre la France, la francophonie et le reste du monde. Il n’y a plus qu’un seul palmarès.

Cette même année, le Conseil régional de Midi-Pyrénées crée le Prix Claude-Nougaro[5] afin d’encourager les talents créatifs des jeunes de la région (15/25 ans). Depuis 2007, le PJE a assuré chaque année la présélection des œuvres dans la catégorie « écriture de fiction ».

2011 – Le PJE décide de réorganiser son calendrier annuel afin de faire coïncider sa remise des prix avec le Salon du livre de Paris.

La remise des prix annuelle a désormais lieu la dernière semaine de mars (proclamation du palmarès au Salon du Livre puis cérémonie officielle de remise du prix au théâtre municipal de Muret). Elle donne lieu chaque année à une douzaine de rencontres des écrivains du jury avec les élèves des lycées et collèges, et le public des médiathèques de la région.

2012 – Alain Absire devient président du jury.
2015 – Le Prix du Jeune Écrivain fête ses 30 ans et est reconnu d'utilité publique

80 écrivains et personnalités du monde de la littérature signent l’appel en faveur du PJE[6].

4 comédiens – Thierry Hancisse, Coraly Zahonero, Françoise Gillard, Michel Vuillermoz – de la Comédie-Française[7] célèbrent la fête du Trentenaire par des lectures de textes de lauréats et d’écrivains du jury au Théâtre du Vieux-Colombier[8].

2016. Marc Sebbah, fondateur et président du prix pendant 32 ans quitte ses fonctions en juillet 2016.

Dominique Barthe Coll vice-présidente devient présidente par intérim avant d'être officiellement élue présidente

En 32 ans, le Prix du Jeune Écrivain :

  • a reçu 25 000 manuscrits en provenance de plus de 100 pays ;
  • a réuni dans ses jurys successifs 130 écrivains ;
  • a publié plus de 313 lauréats dans 32 recueils ;
  • a révélé 87 jeunes auteurs, qui ont poursuivi depuis leur chemin d’écriture. Nombre d’entre eux ont obtenu des prix littéraires renommés[9], le PJE pouvant ainsi prétendre au titre de « cueilleur d’étincelles » selon l’expression de Tristan Corbière.

Le Prix du Jeune Écrivain a été reconnu, par décret en date du 20 mai 2015 publié au Journal officiel du 22 mai, comme établissement d’utilité publique, et ses statuts approuvés par le même décret.

Les particularités du Prix du Jeune Écrivain de langue françaiseModifier

Un jury international pour un prix internationalModifier

Dès sa création en 1984, le Prix du Jeune Écrivain s’est adressé à tous les jeunes francophones, français ou non-français, et dès les premières années, il a récompensé de jeunes auteurs étrangers. Mais ce n’est qu’en 1997 que le prix atteint sa dimension internationale. Aujourd’hui, le palmarès compte autant de lauréats étrangers que de lauréats français.

Quant au jury[10], il réunit chaque année des nouvellistes, des romanciers, ou des poètes de renom, venus d’horizons divers. La parité y est respectée.

Depuis 34 ans, le Prix du Jeune Écrivain a réuni, dans ses jurys successifs, plus de 130 écrivains et a accueilli entre autres Sylvie Germain, René Depestre, Tahar Ben Jelloun, Alain Mabanckou, Erik Orsenna, Danièle Sallenave

Le jury du 34e Prix du Jeune Écrivain de Langue Française est présidé par Alain Absire et composé d’Alain Absire, Mohammed Aïssaoui, Ingrid Astier, Christiane Baroche, Georges-Olivier Châteaureynaud, Mercedes Deambrosis, Ananda Devi, François-Henri Désérable, Dominique Fabre, Frédéric Ferney, Sorour Kasmaï, Michel Lambert, Carole Martinez, Bernard Quiriny, Sami Tchak et Minh Tran Huy.

Les comités de lecture et les fiches de lectureModifier

Chaque année, de France et de l’étranger, arrivent au PJE près de 1000 textes. Ces textes enregistrés et mis sous anonymat font l’objet d’un double circuit de lecture.

  • le circuit externe composé de comités de lecture bénévoles. Chacun de ces comités recevant 6 manuscrits, 150 comités au moins sont nécessaires pour traiter le millier de manuscrits reçus. La tâche de ces comités n’est pas seulement de formuler une appréciation sur chacun des six manuscrits qui lui sont confiés, elle est aussi de rédiger, pour chacun d’entre eux, une fiche de lecture qui sera envoyée à chaque candidat, lauréat ou non.
  • le circuit interne, composé d’une quarantaine de lecteurs bénévoles expérimentés réunis par l’association. Ils établissent la liste de la trentaine de textes finalistes qui seront remis au jury.

Le parrainage et l'édition des textesModifier

À l’issue des délibérations du jury en septembre, l’écrivain membre du jury qui a particulièrement aimé une nouvelle devient le « parrain » de son jeune auteur afin de lui prodiguer des conseils et de lui suggérer des adaptations et amendements en vue de l’édition.

Contrairement à la plupart des prix littéraires, le PJELF ne récompense pas une œuvre publiée mais un certain nombre de manuscrits inédits (environ 12 chaque année). Ainsi l’édition devient-elle pour les jeunes lauréats le premier et le plus important des cadeaux. Les recueils[11] réunissant les textes primés ont été publiés successivement par Le Monde Éditions à partir de 1989, le Mercure de France à partir de 1998 et les éditions Buchet/Chastel depuis 2007. La parution a lieu au mois de mars.

PalmarèsModifier

  • 1984 : Vincent Agrech (Prix du Trés Jeune Ecrivain)
  • 1985 : Marie Oriol (PJE), Vincent Agrech (Prix du Trés Jeune Ecrivain)
  • 1986 : Marie-Agnès Vermande-Lherm (PJE), Vincent Agrech (Prix spécial du Jury)
  • 1987 : Vincent Cuvellier (PJE), Alexis Paucot (Prix du Très Jeune Écrivain)
  • 1988 : Marie Darrieussecq
  • 1989 : Laurence Jordy (PJE), Geneviève Pirotte (PJEF, Belgique)
  • 1990 : Laurence Garcia (PJE), Bianca Kote (PJEF, Québec)
  • 1991 : Dominique Mainard
  • 1992 : Xiaoyi Yuan (Chine)
  • 1993 : Antoine Bello ex æquo avec Ariane Martinez (Grande-Bretagne)
  • 1994 : Adeline Aragon
  • 1995 : Olivier Chartrain
  • 1996 : Frédéric Rotolo
  • 1997 : Magali Sugy
  • 1998 : Frédéric Ortuno
  • 1999 : Jinjia Li (PJEF, Chine)
  • 2000 : Jocelyn Bonnerave (PJE), Piotr Smialek (PJEF, Pologne)
  • 2001 : Ilf Eddine Bencheikh (PJE), Andonirina Rakotonarivo (PJEF, Madagascar)
  • 2002 : Séverine Beau (PJE), Yasmina Traboulsi (PJEF, Brésil)
  • 2003 : Hugo Boris (PJE), Alexandre Boldrini (PJEF, Italie)
  • 2004 : Pierre Buty (PJE), Nazim Mostefaï (PJEF, Algérie)
  • 2005 : Marine Schwab (PJE), Mireille Gagné (Canada)
  • 2007 : Jean-Baptiste Garcia alias Jean-Baptiste Del Amo (PJE), Charles Tenguene Gomtsou (PJEF, Cameroun)
  • 2008 : Clément Sarrazanas (PJE), Eric Vignola (PJEF, Canada)
  • 2009 : Arthur Dreyfus (PJE), Florian Ngimbis (PJEF, Cameroun)
  • 2010 : Guy Chevalley (Suisse)
  • 2011 : Bruno Pellegrino (Suisse)
  • 2012 : Noémie Schaub (Suisse)
  • 2013 : Miguel Bonnefoy (Venezuela)
  • 2014 : Erika Szewski (Suisse)
  • 2015 : Kiev Renaud (Canada)
  • 2016 : Alex Noël (Canada)
  • 2017 : Anna-Livia Marchionni (France)
  • 2018 : Alexandra Troubé (France)
  • 2019 : Antoine Charbonneau-Demers (Québec)

RéférencesModifier

Liens externesModifier