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Pierre-Jules Hetzel

éditeur et auteur français
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Pierre-Jules Hetzel
Pierre-Jules Hetzel by Nadar.png
Portrait photographique de Hetzel par Nadar.
Fonction
Éditeur
Magasin d'éducation et de récréation
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
Monte-CarloVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Pseudonyme
P.-J. StahlVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Enfant
Autres informations
Religion
Distinctions
signature de Pierre-Jules Hetzel
Signature de Pierre-Jules Hetzel dans son dossier de Légion d’honneur.
Tombe Pierre-Jules Hetzel, Cimetière du Montparnasse.jpg
Tombe au cimetière du Montparnasse.

Pierre-Jules Hetzel, né le à Chartres et mort le à Monte-Carlo, est un éditeur français et un écrivain connu sous le nom de plume de P.-J. Stahl. Il a également traduit de l'anglais.

Sommaire

BiographieModifier

OriginesModifier

Son père, Jean Jacques Hetzel, né le 31 mars 1781 à Strasbourg, issu d'une vieille famille alsacienne protestante strasbourgeoise, est maître sellier au 1er régiment de lanciers stationné à Chartres. Sa mère Louise Jacqueline Chevallier, née le 2 octobre 1777 à Mamers, est sage-femme à l'Hôtel-Dieu de cette ville[1]. Ils se marient à Chartres le [2].

 
Tombeau de Pierre-Jules Hetzel par Fabio Stecchi.

CarrièreModifier

 
Couverture des éditions Hetzel : Les Aventures du Capitaine Hatteras au Pôle Nord, type « à deux éléphants ».

Pierre-Jules Hetzel commence ses études à Chartres et les continue à Paris au collège Stanislas, puis étudie le droit à Strasbourg.

En , il abandonne ses études et se fait engager chez Paulin, libraire, rue de Seine. En , il fonde sa maison d’édition. Associé avec Paulin, il publie l’Histoire des Français de Théophile Lavallée puis édite seul un livre d'heures pour concurrencer l’éditeur Léon Curmer.

Son premier grand succès sera Vie publique et privée des Animaux[3], étude des mœurs contemporaines auquel il s'attache en 1839-1840 en faisant appel à des grands écrivains comme Balzac, George Sand, Charles Nodier, Louis Viardot, et au dessinateur Grandville. Il participe anonymement sous le pseudonyme de « P.-J. Stahl » en écrivant la nouvelle Peines de cœur d'une chatte française, en réponse aux Peines de cœur d'une chatte anglaise de Balzac.

L'éditeur Charles Furne n'ayant plus les moyens financiers pour poursuivre la publication de la Comédie humaine, dont le premier volume paraît en , c'est grâce à l'apport de Hetzel, qui lui rachète des parts par l'intermédiaire de Houssiaux, que l'entreprise est finalement poursuivie en association avec Jacques-Julien Dubochet et Paulin. Puis, Balzac étant en procès avec Hetzel, Houssiaux se charge ensuite de la réimpression des Œuvres Complètes sous le nom de Furne et Cie[4].

En , il fait paraître Voyage où il vous plaira[5], illustré par Tony Johannot. La même année, il fonde le Nouveau magasin des enfants, dont les auteurs seront : Charles Nodier, Tony Johannot, Alexandre Dumas, George Sand, Musset et les illustrateurs Bertall et Paul Gavarni.

Avec les collaborateurs de Vie publique et privée des Animaux, il se lance dans l'édition du Diable à Paris Paris et les Parisiens. Mœurs et coutumes, caractères et portraits des habitants de Paris, tableau complet de leur vie privée, publique, politique, artistique, littéraire, industrielle. Participent également : Gérard de Nerval, Henry Monnier, Taxile Delord, Théophile Lavallée écrivant une Histoire et une Géographie de Paris en avant-propos de chaque tome publié en et . Les illustrations sont de Gavarni et Grandville. Il cherche, en décrivant certains types de Parisiens, à concurrencer Les Français peints par eux-mêmes de Curmer qui connaît un grand succès dû à la mode des physiologies.

En 1848, Hetzel, fervent républicain, est chef de cabinet d’Alphonse de Lamartine, alors ministre des Affaires Étrangères, puis auprès du ministre de la Marine.

Lors du coup d'État du 2 décembre 1851 qui voit l’avènement du Second Empire, il est exilé en Belgique, et il y continue son travail d’éditeur, publiant clandestinement les Châtiments de Victor Hugo. Dans une lettre datée du et dans laquelle il lui annonce la rédaction des Châtiments pour dénoncer le coup d'État de Napoléon III, Victor Hugo écrit à Hetzel : « J'ai pensé qu'il m'était impossible de publier en ce moment un volume de poésie pure. Cela ferait l'effet d'un désarmement, et je suis plus armé et plus combattant que jamais[6]. »

En , il est autorisé par le ministre de l’Intérieur à revenir un mois en France, à Paris, pour y régler ses « affaires d'intérêt ». Il se rend également à Chartres pour y revoir sa mère gravement malade, obtenant un délai supplémentaire d'autorisation de séjour d'une semaine, puis il repart pour Bruxelles[7].

À l’avènement de l’Empire libéral, il rentre en France. Il publie Proudhon et soutient Baudelaire. On lui doit une édition marquante des contes de Charles Perrault illustrée par Gustave Doré, qu’il préface lui-même. Il crée la revue Bibliothèque illustrée des Familles, qui devient le Magasin d'éducation et de récréation en , et à laquelle participe Jean Macé[8]. Son projet est de faire collaborer les savants, les écrivains et les illustrateurs, dans le but de réconcilier la science et la fiction, de mettre l’imagination au service de la pédagogie, position difficile à tenir dans un climat positiviste.

En , Alfred de Bréhat est à l'origine de la rencontre entre l'éditeur et un jeune auteur qui deviendra très célèbre, Jules Verne[9]. C’est surtout par les éditions des Voyages extraordinaires de Jules Verne qu’il connaît un grand succès. Les textes pré-publiés dans le Magasin d'éducation et de récréation sont édités sous forme de trois collections destinées aux étrennes : l’une économique, sans illustration, une autre de petit format peu illustrée, et la troisième d’un format plus grand et richement illustrée (aujourd’hui très recherchée par les bibliophiles).

Pierre-Jules Hetzel a également écrit des romans pour la jeunesse sous le pseudonyme de P.-J. Stahl. Sa maison d’édition, reprise par son fils à sa mort, a été ensuite rachetée par les éditions Hachette, la maison concurrente, en .

Hetzel reçoit les plus grands écrivains de l'époque dans sa demeure de Bellevue à Meudon. Certains de ses livres sont désormais conservés par la Bibliothèque municipale de Sèvres (Fonds Hetzel) où il habitait rue des Binelles[10].

Si sa famille était protestante, il était lui-même athée dans la mesure où cela ne gênait pas ses affaires. « Plusieurs biographes ont souligné le fait que son éditeur, Hetzel, pourtant athée, pressait toujours Jules Verne pour qu’il insérât dans ses histoires davantage de valeurs familiales – dans le gout chrétien – pour favoriser leur succès commercial auprès de la majorité des lecteurs[11]. »

FamilleModifier

En 1852, Pierre-Jules Hetzel épouse Catherine Sophie Quirin Fischer. Les époux reconnaissent deux enfants : Marie-Julie née en 1840 et Louis-Jules (1847-1930) lequel, après des études scientifiques, rejoindra son père comme associé en 1865. Il prendra sa succession en 1884 et vendra la maison d'édition à Hachette en .

Œuvres partielles de P.-J. StahlModifier

Enfance et jeunesseModifier

 
Portrait de Pierre-Jules Hetzel, publié dans le Magasin d'éducation et de récréation, la revue qu'il a créée, lors de son décès en 1886.

Pour l’âge mûrModifier

Prix et récompensesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Pierre-Jules HETZEL (1814-1886) », sur Les bibliothèques de Chartres (consulté le 31 mai 2016)
  2. Registre de l'état civil de Chartres, année 1813 acte no 81. Un contrat de mariage a été établi par Maître Letartre, notaire à Chartres, le 7 avril 1813, archives départementales d'Eure-et-Loir, cote 2E8 744.
  3. 1re livraison le et centième et dernière le
  4. Pierre Sipriot, Balzac sans masque : splendeurs et misères des passions, 1799-1850, Paris, Robert Laffont, , 499 p. (ISBN 978-2-22107-017-8, OCLC 231505649, lire en ligne), p. 343-4 & 444.
  5. Tony Johannot, Alfred de Musset et P.-J. Stahl, Voyage où il vous plaira, Paris (lire en ligne).
  6. Pascal Melka, Victor Hugo, un combat pour les opprimés : étude de son évolution politique, Paris (lire en ligne).
  7. Archives départementales d'Eure-et-Loir, archives du préfet sur les condamnés politiques, cote 4 M 219.
  8. Le Men (1989) : 169.
  9. Volker Dehs, « Quand Jules Verne rencontre Pierre-Jules Hetzel », Revue Jules Verne, no 37,‎ , p. 130-1.
  10. « Fonds Hetzel de 385 volumes », sur Ville de Sèvres (consulté le 10 mai 2019).
  11. (en) David Standish, Hollow Earth : the long and curious history of imagining strange lands, fantastical creatures, advanced civilizations, and marvelous machines below the earth’s surface, Da Capo Press (ISBN 978-0-306-81533-1), p. 126.
  12. Site officiel de l'Académie française
  13. a et b Site officiel de l'Académie française
  14. a et b Site officiel de l'Académie française

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

BibliographieModifier

  • André Parménie et Catherine Bonnier de la Chapelle, Histoire d’un éditeur et de ses auteurs P.-J. Hetzel, Albin Michel 1953.
  • Ségolène Le Men, « Hetzel ou la science récréative », Romantisme, vol. 65, no 19,‎ , p. 69-80.
  • (it) Federico Ferretti, « Élisée Reclus e Pierre-Jules Hetzel : La corrispondenza tra l’anarchico e l’editore (1867-1881) », Storicamente, no 5,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2019).
  • Federico Ferretti, 2012 Elisée Reclus, lettres de prison et d'exil (à Pierre-Jules Hetzel, Lardy, a la frontière.
  • Volker Dehs, « Les Tirages des éditions Hetzel, une mise au point », Revue Jules Verne 5, 1998, p. 89-94.
  • Jean-Paul Gourévitch, « Les Relations éditoriales de Jules Verne avec Hetzel par rapport à celles d'Hetzel avec ses autres auteurs », Revue Jules Verne, nos 19/20,‎ , p. 175-181.
  • « Hetzel, éditeur par excellence », Revue Jules Verne, Centre International Jules Verne, no 37,‎ , p. 176.
  • De Balzac à Jules Verne : un grand éditeur du XIXe siècle, P.-J. Hetzel : exposition. Catalogue réd. par Marie Cordroc'h ; avec la collaboration de Marie-Laure Chastang et Roger Pierrot (préf. Étienne Dennery), Paris, Bibliothèque nationale, (lire en ligne).

Liens externesModifier

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