Piano dans l'orchestre

Piano dans l'orchestre
Image illustrative de l’article Piano dans l'orchestre
Cleveland Chamber Symphony (en) avec piano

Variantes historiques Piano-forte, piano droit, clavecin
Classification Instrument à cordes frappées
Tessiture Range of piano.svg
Articles connexes Piano

La présence du piano dans l'orchestre se traduit de deux manières opposées, en fonction du rôle confié à l'instrument.

Tout d'abord, parmi les œuvres où le pianiste joue une partie soliste importante par rapport à l'orchestre, on trouve les concertos pour piano, les symphonies concertante avec piano et, d'une manière générale, toutes les partitions où le piano assume un rôle prépondérant dans le discours musical.

Une autre catégorie d'œuvres comprend toutes les pièces orchestrales où le piano est intégré parmi les autres instruments de l'orchestre, parfois distingué seulement comme « instrument obligé » (obligato), notamment pour ses qualités de timbre.

La difficulté de la partie de piano est alors très variable, allant de quelques accords ou arpèges à des traits plus complexes, notamment dans la musique contemporaine.

DéfinitionModifier

Dans son Traité de l'orchestration, Charles Koechlin considère que « le rôle du piano à l'orchestre est de deux genres[1] :

1. Il joue, en soliste, un concerto ou une symphonie concertante. En ce cas, la virtuosité est souvent de rigueur, et le musicien qui compose un ouvrage de ce genre doit connaître à fond la technique du piano.

2. Le piano intervient dans l'orchestre, non plus comme soliste et « en-dehors », mais s'incorporant au reste, ainsi que les harpes, le célesta, les bois, les pizzicati, etc. Alors, en général, les parties qu'on écrit pour cet instrument exigent moins la connaissance approfondie de sa technique que l'intuition de ce que peut donner sa sonorité parmi celle des autres instruments ».

Exemples historiquesModifier

Hector BerliozModifier

Berlioz est le premier compositeur à s'intéresser au piano comme à un instrument d’orchestre, dès 1831, dans le finale de Lélio ou le Retour à la vie[2]. En 1941, Charles Koechlin regrettait encore « la force de l’usage, ou plutôt l’éternelle routine. On était habitué à l’idée d’opposer le piano à l’orchestre. […] Les exemples d’utilisation du piano, pour son timbre au milieu de l’orchestre, étaient rares. Berlioz n’en cite qu’un dans son Traité, et cet exemple (d’ailleurs très réussi) est de Berlioz lui-même[3] ».

Au début de la « fantaisie sur la Tempête de Shakespeare », en effet, Berlioz emploie le piano « à quatre mains pour accompagner les voix. Les mains inférieures exécutent, de bas en haut, un arpège rapide en triolets, auquel répond, sur la seconde moitié de la mesure, un autre arpège à trois parties exécuté de haut en bas par une petite flûte, une grande flûte et une clarinette, sur lequel frémit un double trille en octaves des deux mains supérieures du piano. Aucun autre instrument connu ne produirait cette sorte de grésillement harmonieux que le piano peut rendre sans difficulté[2] » :

 
Premières mesures de la « fantaisie sur La Tempête » de Lélio.

L'opéra russeModifier

En Russie, Rouslan et Ludmila de Mikhaïl Glinka, puis Snégourotchka de Nikolaï Rimski-Korsakov, montrent une utilisation du piano associé à la harpe dans l'orchestre pour évoquer le gousli des anciens bardes russes[4] :

Charles KoechlinModifier

Dans son Traité de l'orchestration, Charles Koechlin cite la « berceuse phoque », premier de ses Trois chants de la jungle op.18, intégrés dans le Livre de la jungle, pour l'intérêt des arpèges confiés au piano[5] :

 
Charles Koechlin, « Berceuse phoque ».

ŒuvresModifier

Pour piano et orchestreModifier

Pour orchestre avec pianoModifier

Opéras et musiques de scèneModifier

Cas particuliersModifier

BibliographieModifier

RéférencesModifier

  1. Charles Koechlin 1954, p. 128 du vol. I
  2. a et b Hector Berlioz 1843, p. 97
  3. Charles Koechlin 1954, p. 129 du vol. I
  4. Nikolaï Rimski-Korsakov 2008, p. 240-241
  5. Charles Koechlin 1954, p. 65 du vol. IV
  6. « Piano dans l'orchestre », sur le site de l'Ircam
  7. Alban Berg 1926, p. 419-433
  8. « In Tempus Praesens », sur le site de l'Ircam