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L'Offrande musicale
sur le nom de Bach
op. 187
Genre Musique symphonique
Nb. de mouvements 12
Musique Charles Koechlin
Durée approximative env. 50 minutes
Dates de composition 1942 (orch. 1946)
Création
Francfort-sur-le-Main
Drapeau : Allemagne de l'Ouest République fédérale d'Allemagne
Interprètes Orchestre symphonique de la Radio de Francfort
dir. Juan Pablo Izquierdo

L'Offrande musicale sur le nom de Bach, op. 187, est une suite de douze pièces de Charles Koechlin, composées sur le motif BACH et confiées à des ensembles instrumentaux allant du quatuor à cordes, voire du piano seul, à un orchestre symphonique de dimensions considérables.

Créée le par l'orchestre symphonique de la Radio de Francfort[1], plus de vingt ans après la mort de son auteur, cette œuvre monumentale attend toujours d'être interprétée en France. Les musicologues s'accordent à voir dans l'Offrande musicale une des pièces maîtresses du « testament musical » du compositeur[2], au même titre que Le Docteur Fabricius, op. 202, et « sans doute le plus bel hommage rendu par Charles Koechlin à celui qu'il considère comme le premier des musiciens[3] ».

Sommaire

CompositionModifier

ContexteModifier

InspirationModifier

AnalyseModifier

StructureModifier

L'œuvre est composée de douze pièces enchaînées, dont l'instrumentation est très variable :

  1. Choral sur le thème B-A-C-H
  2. Canons sur le nom de B-A-C-H
  3. Fugue sur le nom de B-A-C-H
  4. Passacaille
  5. Fugue sur le nom de B-A-C-H
  6. Polyphonie en imitations accompagnant le thème B-A-C-H
  7. Feuillet d'album
  8. Deux leçons d'harmonie sur le nom de BACH
    1. « Chant donné »
    2. « Basse donnée »
  9. Divers contrepoints d'école sur des chants donnés avec BACH
    1. « Fleuri » (rigoureux) à deux parties,
    1bis. Variante sur le même chant donné,
    2. « Fleuri » (rigoureux) à trois parties
    3. « Fleuri » (rigoureux) à quatre parties
  10. Contrepoints plus libres à 4, 5 et 6 parties avec chants donnés commençant par B-A-C-H
    1. « Fleuri » (libre) à quatre parties
    2. « Fleuri » (libre) à cinq parties
    3. « Fleuri » (libre) à six parties
  11. Fugue symétrique sur le nom de BACH
  12. Final


Le tableau suivant montre les instruments mis en jeu dans chaque pièce :


Mouvement I II III IV V VI VII VIII.1 VIII.2 IX.1 & 2 IX.3 X.1 X.2 X.3 XI XII
Petite flûte 2 2 2 2 2 2
Flûte 2 2 2 1 3 2 2 2
Hautbois 3 3 2 1 2 3
Hautbois d'amour 1
Cor anglais 1 1 1 1 1 1
Petite clarinette 1 1 1 1 1
Clarinette 2 2 2 2 2 2
Clarinette basse 1 1 1 1 1 1
Basson 3 3 2 2 3 3
Contrebasson 1 1 1 1 1
Saxophone Soprano,
ténor
Soprano
alto,
ténor
Alto Alto Soprano,
alto
Soprano,
alto
Cor 5 5 5 4 1 2 1 4 5
Trompette 4 4 4 2 1 2 1 4 5
Trombone 4 3 3 2 1 2 1 3 4
Tuba 1 1 1 1 1 1
Timbales X X X X X X
Orgue X X X X X ad lib. X
Ondes Martenot X X X X X X X
Piano X X seul X
Harpe 2
Percussions Xylophone,
Jeu de timbres,
Célesta
Cymbales Grosse caisse Cymbales,
grosse caisse,
triangle
Cordes toutes toutes seules toutes toutes 2 altos
violoncelle
Quatuor à cordes divisées divisées toutes toutes


Dans la seconde pièce en Contrepoint libre à cinq parties, les cordes sont divisées de manière précise :

et dans la troisième, à six parties :

TechniqueModifier

OrchestrationModifier

PostéritéModifier

CréationModifier

CritiquesModifier

L'analyse ou la simple écoute de L'Offrande musicale sur le nom de Bach offre un démenti au jugement sévère d'Antoine Goléa, qui date pourtant de 1977, quatre ans après la création de l'œuvre en Allemagne. Selon ce musicologue, Koechlin « a composé une énorme quantité d'œuvres, dont les initiés bienveillants affirment qu'elles sont étonnantes, mais les rares fois qu'on a l'occasion d'en entendre une, on est inévitablement déçu par la mollesse des accents, les incertitudes de la forme et cette façon lassante de ne pas savoir finir ce qu'on a commencé[4] ». Si le critique a ainsi pris connaissance des partitions, il témoigne, au mieux, d'une coupable méconnaissance envers la liberté d'écriture du compositeur[5] qui, à ses yeux, « restait à un niveau d'amateurisme, ce qui est d'autant plus étonnant que ce compositeur décevant a été un professeur passionné, très libéral et très ouvert d'esprit, une qualité qui desservait de toute évidence le créateur[4] ».

Trente ans plus tard, selon Otfrid Nies, « le caractère mystérieux de la musique de Koechlin, associé à son extrême complexité, est peut-être une raison qui pourrait expliquer pourquoi elle a été si peu diffusée jusqu'ici. Elle échappe à une réception superficielle et ne se révèle qu'à l'auditeur ouvert et attentif, qui est récompensé par les riches découvertes qu'il fait alors[6] ».

RedécouverteModifier

Un des plus ardents défenseurs de la musique de Koechlin est le compositeur, hautboïste et chef d'orchestre Heinz Holliger[7], qui collabore avec Otfrid Nies pour enregistrer des œuvres parmi les plus importantes de son catalogue depuis 2002 pour SWR et le label Hänssler Classic. Dès 1989, présentant l'œuvre de Koechlin au festival de Berlin, il déclare :

« Ce qui me fascine tout d'abord dans cette musique, c'est qu'elle ne nous fait aucune avance. Je crois que c'est une musique absolument ouverte, dans laquelle on peut tomber, où l'on peut pénétrer par tous les pores des sons. Mais elle ne vient pas me chercher, ce n'est pas une musique qui cherche à me flatter. Elle possède une certaine transparence cristalline ainsi qu'un penchant pour le mouvement infiniment lent. Et cette manière de traiter le son et le mouvement était probablement complètement étrangère en France et, à l'époque, elle aurait été encore plus étrangère en Allemagne. Et aujourd'hui, peut-être sommes-nous prêts à mieux apprécier cela. Nous ne pouvons guère nous permettre d'ignorer ces œuvres[6]. »

DiscographieModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages de Charles KoechlinModifier

Ouvrages générauxModifier

  • Antoine Goléa, La musique, de la nuit des temps aux aurores nouvelles, Paris, Alphonse Leduc et Cie, , 954 p. (ISBN 2-85689-001-6)
  • Paul Pittion, La Musique et son histoire : tome II — de Beethoven à nos jours, Paris, Éditions Ouvrières,

MonographiesModifier

  • Aude Caillet, Charles Koechlin : L'Art de la liberté, Anglet, Séguier, coll. « Carré Musique », (ISBN 2-84049-255-5).  

Notes discographiquesModifier

  • (de + en + fr) Otfrid Nies, « L'Offrande musicale de Koechlin, un hommage à Bach », p. 23-26, Stuttgart, Hänssler Classic 93.221, 2007.

RéférencesModifier