Philippe de Bathyra

Philippe de Bathyra ou Philippe fils de Joachim est un chef des « Babyloniens » de Batanée et un ami d'Agrippa (II), le roi d'une partie de la Galilée, avec la Gaulanitide, la Batanée, la Trachonitide et l'Hauranitide. La région de Batanée correspond au territoire biblique de Bashan. Philippe est aussi l'instructeur de l'armée de ce roi et un de ses généraux ou souvent son commandant en chef. Lors du déclenchement de la « Grande révolte juive » au printemps 66, Agrippa envoie Philippe avec 2000 cavaliers pour tenter d'enrayer le soulèvement. Toutefois, il échoue dans sa mission et se rend avec ses troupes à Menahem, un fils de Judas de Gamala, fondateur du mouvement que Flavius Josèphe appelle la Quatrième philosophie et dirigeant de la révolte au sujet du recensement de Quirinius ayant eu lieu lors du rattachement direct de la Judée à l'Empire romain (6 apr. J.-C.).

Son action durant la « Grande révolte juive » de 66 - 70 est difficile à évaluer tant les informations que Flavius Josèphe donne à son sujet sont différentes, voire contradictoires, entre ce qu'il écrit dans la Guerre des Juifs et ce qu'il écrit dans sa Vita. Ainsi dans la Guerre des Juifs, Philippe est envoyé en Achaïe (Grèce) par Cestius Gallus pour qu'il fasse un rapport à Néron fin octobre 66. Alors que dans la Vita qui répond à ce qu'a écrit Justus de Tibériade, il est envoyé à Rome quelques mois avant le suicide de Néron (), par le roi Agrippa sur la recommandation de Vespasien pour répondre à des accusations de trahison des Romains.

Ces contradictions, tant à son sujet que sur plusieurs autres points, entre ces deux écrits et le fait que la Vita fait preuve d'un bien plus grand intérêt pour Philippe, Gamala et la Batanée que ce qu'aurait nécessité une simple réfutation de Justus de Tibériade en font un sujet d'étude pour tenter de savoir ce que disait Justus dans son Histoire de la guerre juive.

BathyraModifier

Bathyra, auquel Philippe est lié, est avec Ecbatane (ou έν Βατάναια[1]) une des deux villes fortifiées qui ont été fondées par ceux que Flavius Josèphe appellent des « Babyloniens ». Des Juifs qui se sont enfuis avec leurs familles de Mésopotamie pour des raisons inconnues, dont 500 hommes entraînés pour tirer à l'arc à cheval, que le roi Hérode le Grand a installés en Batanée pour qu'ils instaurent une sorte de « bouclier militaire »[2] en opposition aux raids des brigands nomades du Trachon[3],[Note 1] qui venaient régulièrement piller les territoires de son royaume[2],[4],[5],[1]. Ces « Babyloniens » venaient des rives de l'Euphrate et du Tigre[6]. Ils pourraient être en lien avec la Mygdonie et Nisibe où l'on trouve aux Ier et IIe siècle plusieurs éminents rabbis qui s'appellent Judah ben Bathyra. Le chef de ces colons est Zamaris, le grand-père de Philippe. Au moment où Hérode le Grand leur a proposé de s'installer en Batanée, il est décrit par Flavius Josèphe, comme un « Juif de Babylone, avec cinq cents cavaliers tous instruits à tirer de l’arc à cheval et une parenté comprenant environ cent hommes, [il] avait traversé l’Euphrate et se trouvait alors installé à Antioche près de Daphné en Syrie, car Saturninus, qui gouvernait alors la province lui avait concédé pour y séjourner une localité nommée Oulatha[6] ». Tirer à l'arc tout en chevauchant était une technique de combat typiquement Parthe[7] dont l'Empire s'étendait sur la plus grande partie du nord de la Mésopotamie d'où venaient probablement ces « Babyloniens »[Note 2].

Certains critiques estiment que la localisation de Bathyra n'est pas connue avec précision[6]. C'est néanmoins une des deux villes principales de la Batanée qui correspond à peu près au territoire biblique de Bashan[7]. Une région située au-delà du Jourdain, à l'est de la Galilée et dont vraisemblablement la plus grande partie se trouvait à l'est du Golan, bien que sa position précise ne soit pas connue, même approximativement. Pour Étienne Nodet, la Batanée correspond au Golan actuel[8]. Outre la ville de ce non, Bathyra est parfois utilisé pour désigner la Batanée elle-même. C'est peut-être dans ce sens que Philippe était de Bathyra. La deuxième ville importante de Batanée est la ville juive d'Ecbatane, Έχβατάνα aussi orthographiée έν Βατάναια ou έν Βατάνοις[1]. Elle était peut-être située sur le site de Al-Ahmadiyah[1], à 6 km à l'est du Jourdain. Les restes de deux antiques synagogues y ont été découverts[1].

Dans la littérature rabbinique apparaissent les Anciens de Bathyra notamment lors de deux débats portant tous les deux sur une question de calendrier des fêtes juives, c'est cette assemblée qui aurait élevé Hillel au rang des Patriarches dans la dernière partie du Ier siècle av. J.-C.[9]. Pour Étienne Nodet et Justin Taylor, « Josèphe se trahit : il dit que beaucoup étaient venus s'établir dans la [colonie fondée en Batanée par ces "Babyloniens"], car ils se sentaient en sécurité[10]. » Pour ces auteurs, « Hérode a persécuté les pharisiens, mais n'a pas touché au statut de cette colonie, pour des raisons très claires de politique à l'égard des Babyloniens et des Parthes. C'était donc un refuge [...] précieux pour tous ceux qui ne pouvaient pas espérer de protection des milieux sacerdotaux, forcément inféodés à Hérode[10]. »

 
Ruines de la cité fortifiée de Gamala, enjeu de la guerre entre Arétas IV et Hérode Antipas. On entrevoit, au fond, le lac de Tibériade.

Après la mort d'Hérode le Grand (4 av. J.-C.) la Batanée est devenue un des territoires de la tétrarchie de Philippe. Il semble que dès ce moment elle fournissait une « aile » de cavalerie à Philippe le Tétrarque, mort en 33-34[11],[12],[13],[14],[15],[16],[Note 3], puis aux rois Agrippa Ier et Agrippa II[2],[Note 4]. En 36[17],[18],[19],[20],[21],[22], c'est près de Gamala, qui est située juste au-dessus de la Batanée, qu'a lieu la bataille entre les forces du roi arabe Arétas IV et celles du tétrarque Hérode Antipas au cours de laquelle l'armée d'Antipas a été anéantie[Note 5]. Pour Flavius Josèphe, si l'armée d'Antipas a été « taillée en pièces, [c'est] à cause de la trahison de transfuges qui, tout en appartenant à la tétrarchie de Philippe, étaient au service d'Hérode[23]. » Il est possible que ces transfuges aient été les forces de la Batanée. Selon Flavius Josèphe, cette déroute d'Antipas est ainsi considérée au sein de la population juive comme une vengeance divine contre Antipas pour le punir d'avoir mis à mort Jean le Baptiste[24] et dont Arétas IV n'aurait été que l'instrument[24],[23],[Note 6].

En 66, lorsque se déclenche la révolte, Hérode Agrippa (II) envoie 2000 cavaliers venant de Batanée, de Trachonitide et d'Hauranitide pour soutenir la cohorte romaine mise à mal par les révoltés de Jérusalem. Ces forces sont commandées par Darius et par Philippe fils de Joachim. C'est ainsi que ce dernier entre dans l'Histoire.

IdentitéModifier

Philippe est présenté dans la Guerre des Juifs (2.421; 4.81), « comme un homme distingué (ἐπίσημος), général (στρατηγός) ou commandant en chef (στραταρχέω) des armées d'Agrippa (II)[25]. » Selon Flavius Josèphe, la valeur guerrière et les autres mérites de Philippe le « rendaient aussi estimable qu’homme du monde. Aussi une amitié fidèle et un dévouement solide l’unissaient-ils au roi Agrippa ; de toute l’armée que le roi entretenait, c’était toujours lui l’instructeur et, lorsqu’il y avait une expédition à faire, le commandant[26]. » Il est fils d'un homme appelé Joachim[6] qui n'est connu que par ses liens familiaux. Outre le fait qu'il est fils de Zamaris, le chef qui a installé son clan[Note 7] et sa grande famille[Note 8] pour constituer une colonie juive en Batanée[6], on ne sait rien de plus à propos de ce Joachim que Flavius Josèphe ne met jamais en scène alors qu'il évoque de façon assez détaillée son père Zamaris et l'un de ses fils: Philippe, sujet de cet article. La sœur de ce dernier a deux filles, qui sont en bon terme avec les rebelles de Gamala[27], et avec qui, selon certains traducteurs, il se trouve lors de la prise de la ville fortifiée par les Romains, le [28]. Philippe est aussi un parent de Chares qui, au moins en son absence, est le chef des habitants de Batanée qui sont allés se réfugier dans la forteresse de Gamala. En 66-67, Chares est un des chefs de cette ville fortifiée conjointement avec un Joseph, fils de la femme médecin[27],[Note 9]. Il y a aussi un parent de Philippe et de Chares appelé Jésus qui aurait été malmené et/ou tué par les révoltés de Gamala[27],[29]. Toutefois pour le moment, il est impossible d'en dire plus sur Chares et Jésus tant les versions de Flavius Josèphe sont embrouillées et contradictoires entre la version donnée dans la Guerre des Juifs et celle donnée dans son Autobiographie[30]. Les critiques sont d'accord pour dire que celle-ci est publiée par Josèphe pour contrer les assertions que venait de publier Justus de Tibériade dans son livre sur l'Histoire de la guerre juive[31],[32],[33]. Les problèmes soulevés au sujet de ces deux personnages seront abordés après le récit du rôle de Philippe au début de la révolte suivi d'un exposé des deux versions complètement contradictoires que donne Josèphe de son action et notamment des raisons et du moment de son envoi à l'empereur Néron[34].

Alors qu'un autre livre de Justus de Tibériade, la Chronique des rois juifs, « a eu quelque influence, « l'Histoire de la guerre » a disparu sans laisser de trace. [...] Il n'y a pas de signes que le moindre auteur polythéiste n'ait jamais lu l'Histoire de Justus[35] » de même qu'aucun auteur chrétien n'en cite le moindre extrait[35]. Est-il possible par l'analyse des contradictions entre la Vita et la Guerre des Juifs, de savoir ce que disait Justus ?

Philippe pendant la révolte à JérusalemModifier

Philippe entre dans l'Histoire alors que les provocations du procurateur Gessius Florus et les ripostes de la population de Judée s'enchaînant, la Palestine toute entière est sur le point de basculer dans la révolte ouverte contre les Romains.

Échec de l'intercession d'Agrippa IIModifier

Le roi de Batanée Agrippa (II) est absent et se trouve à Alexandrie[36] lors de la répression qui va être le déclencheur de la révolte (juin 66[Note 10]). Gessius Florus envoie des hommes prélever dix-sept talents dans le trésor du Temple[36] « prétextant le service de l'empereur »[36] se contente de dire Flavius Josèphe[37]. Toutefois, il écrit par la suite que Jérusalem et les contrées environnantes étaient en retard de paiement du tribut pour un montant de quarante talents[38],[39]. Les Juifs protestent devant cette profanation de leur lieu saint et insultent le procurateur qui réagit en faisant arrêter trois-mille six cents manifestants selon Josèphe, qui exagère peut-être[36]. Nombre d'entre eux sont flagellés puis crucifiés. Parmi eux des femmes et surtout des citoyens romains appartenant à l'ordre équestre[36], ce qui viole l'usage romain qui veut que les citoyens romains relèvent de la justice impériale. Présente à Jérusalem, Bérénice, la sœur d'Agrippa « intervient au péril de sa vie auprès du procurateur de Judée, Gessius Florus[40]. » Elle vient elle-même devant le tribunal du procurateur, pieds nus comme une suppliante, alors que les soldats romains ne ralentissent en rien leur action du fait de sa présence, mais rien n'y fait[36],[41]. Le quartier général de Florus est installé dans le palais royal et des renforts romains arrivent à Jérusalem, venant de Césarée[41]. À partir de ces deux positions Florus et ses nouvelles troupes mènent une action coordonnée pour se forcer un chemin jusqu'à la forteresse Antonia, mais les deux attaques échouent[41]. Un clair signe d'une résistance populaire massive[41]. Finalement Florus quitte Jérusalem, en laissant seulement une cohorte en garnison[41]. Lorsqu'il arrive à Jérusalem Agrippa a une toute autre attitude que sa sœur. Dans un premier temps il parvient à convaincre certaines autorités de l'aider à collecter dans la région de Jérusalem les impôts qui n'étaient pas payés. Flavius Josèphe « compose à cette occasion une longue harangue qu'il attribue au roi[42] », mais qui semble « refléter les positions de Josèphe lui-même[42]. » Puis dans un second discours, Agrippa invite la population de Jérusalem à obéir à Gessius Florus, en faisant confiance à l'arbitrage de l'empereur[43]. Il est immédiatement conspué par la foule, qui se rappelle les morts et les exactions commises, des pierres volent même dans sa direction[43]. « La lapidation était la manifestation d'un déni de légitimité[44]. » Il est contraint de quitter précipitamment Jérusalem et sa sœur l'accompagne[43]. « La cohorte romaine laissée par Florus se retrouve assiégée à l'intérieur des tours des murailles de la ville[43]. »

Agrippa envoie 2000 cavaliers commandés par PhilippeModifier

 
Massada dont Menahem et ses partisans s'emparent dès juin 66, donnant ainsi le signal du début de la révolte ouverte contre les Romains.

Menahem rassemble alors de nombreux hors-la-loi sous ses ordres et envahit par surprise la forteresse de Massada, exterminant la garnison romaine qui l'occupe[45]. Il donne ainsi le signal du déclenchement de la révolte. Menahem est un fils de Judas de Gamala[46], fondateur du mouvement que Flavius Josèphe appelle la Quatrième philosophie et dirigeant de la révolte au sujet du recensement de Quirinius ayant eu lieu lors du rattachement direct de la Judée à l'Empire romain[47],[48] (6 apr. J.-C.). À Jérusalem, Éléazar, commandant du Temple et fils de l'ancien grand-prêtre Ananias de Nébédaios[46] parvient à convaincre le peuple et le puissant groupe des jeunes prêtres « à n'accepter désormais ni offrandes ni sacrifices offerts par un étranger[49] »[50]. Selon Josèphe, « c'était là déclarer véritablement la guerre aux Romains[49] » puisque cela interdisait en même temps le sacrifice qui était fait tous les jours en l'honneur de l'Empereur[49],[50]. Pour obtenir de l'aide le « parti de la paix » envoie alors Simon ben Ananias au procurateur Gessius Florus et envoie au roi Agrippa, Antipas et les frères Costobar et Saul[51]. Certains critiques ont proposé d'identifier ce dernier avec l'apôtre Paul de Tarse, dont le nom juif est aussi Saul[52],[53],[54]. Après avoir passé deux ans en résidence surveillée à Rome en 61-63 et avoir été libéré, il serait revenu à Jérusalem pour reprendre son activité initiale de chef d'un service de la police du Temple[52],[53],[54]. C'est en effet ainsi que l'action de Saul, le frère de Costobar est décrite par Flavius Josèphe vers 64, sous la grande prêtrise de Jésus de Gamala[52],[55] (Antiquités judaïques XX, IX, 4). Florus, qui d'après Josèphe désirait la guerre, ne donne aucune suite a la demande d'aide portée par Simon ben Ananias, mais « Agrippa envoie une force de 2000 cavaliers[Note 11] dirigés par « l'hipparque » Darius et Philippe[Note 12] fils de Joachim[51] », sujet de cet article. Ces cavaliers sont originaires de Batanée, de Trachonitide et d'Hauranitide. Saul et ses compagnons sont apparemment retournés à Jérusalem avec cette unité[51]. « Confiants dans ces forces, les notables, les grands prêtres et tous les citoyens épris de la paix occupent la ville haute ; car les séditieux étaient maîtres de la ville basse et du Temple[56]. » Les combats s'engagent, mais le huitième jour « la fête dite de la Xylophorie » emmène de nombreux pèlerins parmi lesquels se glissent de nombreux sicaires[56]. « Inférieurs en nombre et en audace[57] », Philippe et ses troupes sont obligés d'abandonner la ville-haute et se replient dans le Palais d'Hérode[51]. Les « notables et grands prêtres[57] » se sauvent pour certains en passant dans les égouts, alors que d'autres gagnent le palais royal avec les soldats de Philippe[57]. Parmi eux, le grand prêtre Ananias, son frère Ezéchias, ainsi que Saul, Costobar et Antipater[57]. Le lendemain, les insurgés attaquent la forteresse Antonia, s'en empare en deux jours et égorgent les soldats romains qui s'y trouvaient[58].

Les forces de Philippe se rendent à MenahemModifier

Venant de Massada, Menahem vient alors renforcer les insurgés de Jérusalem[46]. Allié à Éléazar fils d'Ananias, commandant du Temple, un des chefs zélote et fils du grand-prêtre Ananias de Nébédée[46], ils assiègent la garnison romaine et les forces de Philippe qui se défendent depuis le palais d'Hérode. Menahem se réclame dirigeant de tous les Zélotes. Il se présente à Jérusalem « paré comme un roi » selon l'expression de Flavius Josèphe et prend pendant une brève période la direction de tous les insurgés[46]. Alors que les assiégeants ont réussi à détruire un premier mur d'enceinte, les soldats dirigés par Philippe envoient des députés à Menahem « demandant à sortir par capitulation. Les insurgés n’accordèrent cette permission qu’aux soldats du roi et aux indigènes, qui sortirent en conséquence[59]. » Ivre de succès[44], Menahem et ses partisans, aidés par certains Zélotes en profitent pour éliminer beaucoup de modérés, partisans d'un compromis avec les Romains[46]. Il fait ainsi tuer plusieurs personnalités de Jérusalem dont l'ancien grand-prêtre Ananias, père de son allié[60] et son frère Ézéchias[46] (août 66[61]) (Guerre des Juifs, II, § 441). Ces deux notables n'ont pas eu le temps de se replier dans les tours qu'occupent désormais les restes de la cohorte romaine laissés seuls pour faire face aux insurgés[Note 13].

Mais très vite Éléazar fils d'Ananias fomente une conspiration pour se débarrasser de son ennemi et rival. Ses anciens alliés du parti zélote le soupçonnent « d'avoir des prétentions à la royauté d'un type plus ou moins messianique[46] » et veulent aussi probablement venger la mort du père et de l'oncle de leur chef[46] (Ezéchias). Ils attaquent par surprise Menahem et ses partisans à coup de pierres alors que celui-ci se rend en grande pompe au Temple[44]. « La lapidation était la manifestation d'un déni de légitimité[44]. » Il parvient toutefois à s'échapper et se cache sur le versant de l'Ophel où il est capturé. Il est torturé et exécuté en même temps que ses gardes[44],[62]. Cet assassinat provoque l'émiettement de la révolte en plusieurs bandes rivales, ouvrant ainsi une guerre civile sans pitié entre les différentes sectes juives[46]. Les partisans de Menahem se replient alors dans la forteresse de Massada sous les ordres d'un petit-fils de Judas de Gamala, Eleazar Ben Yair (Éléazar fils de Jaïr) qui devient le chef des Sicaires[46].

À bout de résistance, les soldats romains dirigés par le préfet Metilius[Note 14] envoient des députés auprès d'Eléazar, « lui demandant seulement d'obtenir par capitulation, la vie sauve, et offrant de livrer leurs armes et tout leur matériel[63] »[Note 15]. Les révoltés, saisissent au vol cette requête, mais dès que les soldats romains désarmés commencent à se diriger vers Césarée maritime « les gens d'Eléazar se jettent sur eux, les entourent et les massacrent[63]. » Seul le préfet Metilius conserve sa vie sauve car il accepte « de se faire Juif, voire de se laisser circoncire[63]. »

Les deux récits de Flavius JosèpheModifier

 
Tête colossale de Titus, provenant d'une statue haute de 3,20 mètres, Glyptothèque de Munich (Inv. 338)

Les écrits qui parlent de Philippe l'ont tous été par Flavius Josèphe. Les deux principaux sont la Guerre des Juifs et spécifiquement ses livres II et IV, l'autre est l'Autobiographie de ce même Josèphe, aussi appelée Vita[64]. Avant de poursuivre au sujet de Philippe, comme nous allons comparer ce que dit Josèphe dans chacune de ces deux sources, il vaut mieux les présenter. La Guerre des Juifs est un récit en sept livres du soulèvement de la Judée (66) et de la prise de Jérusalem par Titus (en 70). Elle est écrite par Josèphe probablement avec l'aide d'assistants pour la rédaction grecque, à partir d'une version araméenne, qui a été reprise et élargie[65]. À l'exception de son septième livre, la Guerre des Juifs a été écrite sous les empereurs Vespasien et Titus[66],[67],[68]. La plupart des critiques estiment que le livre IV a été écrit sous le règne de Titus (79 - 81)[69] et les trois livres précédents ont probablement été écrits sous Vespasien[67]. Ces empereurs et spécifiquement Titus apparaissent comme les commanditaires de cette œuvre. Épaphrodite à qui Josèphe dédie la plupart de ses livres a probablement aussi joué un rôle important dans ces écrits, même si la Guerre des Juifs est la seule œuvre qui ne lui est pas dédiée[70]. Il existe aussi une brève mention de Philippe dans le livre XVII des Antiquités judaïques[25],[71] publié sous le règne de Domitien[72],[73], où Josèphe annonce d'ailleurs un développement ultérieur au sujet des « Babyloniens » de Batanée, qui ne se trouve pas dans les versions qui sont parvenues jusqu'à nous[74].

L'Autobiographie de Josèphe est vraisemblablement publiée 20 ans après le livre II de la Guerre des Juifs[75],[76], sinon plus. Il est probable qu'elle était initialement annexée au XXe et dernier livre des Antiquités judaïques[76]. On détecte d'ailleurs deux fins à ce livre XX des Antiquités. Il y a donc eu une première publication des Antiquités en 93/94[72] sans cette Vita, puis une seconde publication, peu d'années après[72],[Note 16]. Une partie importante de la critique historique identifie l'Épaphrodite à qui Flavius Josèphe dédie ses Antiquités judaïques à l'ancien secrétaire de Néron, qui a ensuite été secrétaire des trois empereurs flaviens[77],[78]. Il est exécuté sur ordre de Domitien fin 95/début 96[79], pendant ce qu'il est convenu d'appeler la « persécution de Domitien »[55]. Toutefois pour les historiens il ne s'agit pas d'une persécution religieuse, mais plutôt d'une répression à caractère politique[80]. Comme Josèphe rend hommage à cet Épaphrodite dans son Autobiographie, selon cette hypothèse celle-ci aurait été publiée avant 96[55] et naturellement après la première édition des Antiquités.

Les historiens et exégètes sont d'accord pour dire que ce qui provoque l'écriture de sa biographie par Flavius Josèphe est la publication par Justus de Tibériade de son Histoire de la Guerre juive[31],[32],[33]. Josèphe lui reproche d'avoir attendu la mort de Vespasien, de Titus et d'Agrippa (II) pour publier son "Histoire". Pour une partie de la critique qui se fonde sur des inscriptions épigraphiques et la disparition des monnaies d'Agrippa, sa mort intervient pendant le règne de Domitien[81],[72],[75]. En analysant les textes de Flavius Josèphe, ils estiment qu'Agrippa était probablement déjà mort lors de la publication de la première édition des Antiquités judaïques[81],[72],[75]. Si cette thèse est parfaitement compatible avec l'identification de l'ancien secrétaire de Néron appelé Épaphrodite comme étant le parrain littéraire de Josèphe[78], d'autres critiques se fondent sur une indication de Photios de Constantinople pour situer la mort d'Agrippa en 100. La publication de son Autobiographie par Flavius Josèphe aurait dans ce cas eu lieu dans une période moins troublée.

Pour un exposé détaillé à ce sujet, voir le § Date de la mort d'Agrippa dans l'article Agrippa II.

Une suite très contradictoireModifier

Les événements qui suivent la capitulation des Romains à Jérusalem (v. août/septembre 66) ne peuvent pas être relatés sous la forme d'un récit, à la fois parce qu'ils ne se déroulent pas à Jérusalem où selon la Guerre des Juifs, se trouve toujours Philippe[51], mais aussi à cause des importantes contradictions sur l'action de Philippe entre la version de Flavius Josèphe dans la Guerre des Juifs et celle qu'il expose dans son Autobiographie, publiée pour contrer les assertions de Justus de Tibériade et qu'il est peut-être possible de mieux cerner par l'analyse des différences entre les deux versions.

Dans la Guerre des JuifsModifier

Le massacre de la population juive par la population grecque à Césarée maritime a lieu selon Josèphe le même jour que la reddition des Romains à Jérusalem que le Megillath Ta'anith situe le 17 Elul qui correspond au mois macédonien de Gorpiaios[82] (été 66). À partir de ce massacre, les villes juives mènent des attaques contre les cités grecques voisines en Palestine et des expéditions de forces juives attaquent des villes de la Décapole et de la province romaine de Syrie[83],[Note 17]. « Pour prévenir le péril qui les menaçait eux-mêmes » les païens des cités syriennes se mettent à massacrer les Juifs de leur ville[84],[Note 18]. Dans la Guerre des Juifs, Philippe est toujours à Jérusalem quand, au cours de ce même mouvement, Noarus, à qui Agrippa a confié l'administration de son royaume en son absence, commence à créer des troubles dans ce royaume en faisant massacrer une délégation de 70 députés Juifs de Batanée en route pour Césarée de Philippe, la capitale du royaume d'Agrippa[51],[85].

Alors que dans l'Autobiographie, Philippe s'échappe de Jérusalem cinq jours après sa reddition, ce qui correspond au 11 Gorpiaios (fin août - début septembre[86]), dans la Guerre des Juifs il y est toujours présent lorsque Cestius Gallus, le légat de Syrie mène une attaque d'ampleur contre la ville[51]. C'est seulement après que cette attaque ait été repoussée, après le 8 Dios[87],[Note 19] (fin octobre[86]) et que l'armée romaine en retraite ait subi une lourde défaite dans la passe de Beït-Horon[88], que « les frères Costobar et Saul, accompagnés de Philippe, fils de Joachim, préfet de l'armée du roi Agrippa, s'enfuirent de Jérusalem et se rendirent auprès de Cestius[89] »[51]. Ce dernier envoie alors « Saul[Note 20] et ses compagnons » — et donc Philippe avec lui[86] — en Achaïe où se trouve alors Néron « pour exposer au prince l'extrémité où ils étaient réduits et rejeter sur Florus la responsabilité de la guerre[89]. »

Toutefois, dans son Autobiographie, Flavius Josèphe donne une toute autre version[51].

Dans la VitaModifier

Dans l'Autobiographie de Flavius Josèphe, après la capitulation des troupes royales qui s'étaient repliées dans le palais d'Hérode (le 6 Gorpiaios) Philippe a failli être exécuté par Menahem (V 46), mais il a eu assez de chance pour s'échapper[51]. Pendant quatre jours, il a été protégé par un contingent de juifs « babyloniens ». Le cinquième jour, environ le 11 Gorpiaios (fin août - début septembre[86]) il a pris un déguisement et s'est enfui « dans un village qui était à lui[90] » proche de Gamala[51] (V 47). C'est-à-dire que dans cette nouvelle version, il a quitté Jérusalem deux mois plus tôt que dans la version de la Guerre des Juifs[86],[Note 21].

Dans ce village, il est tombé malade et a écrit à Agrippa et Bérénice[51]. Il a fait remettre ces lettres à Varus qui était alors le représentant d'Agrippa dans son royaume (V 48-61), alors que dans la Guerre des Juifs celui qui remplissait une fonction similaire était Noarus[51]. Dans la Vita, c'est Varus, dont il est précisé qu'il est descendant de Sohaemus tétrarque libanais, qui a fait massacrer les 70 députés venu d'Ecbatane, une des deux principales villes de Batanée avec Bathyra[91]. Alors que dans la Guerre des Juifs il s'agit de Noarus présenté comme parent du roi Sohaemus d'Émèse[92]. Est-ce néanmoins le même ? Dans la Vita, après ce massacre Varus s'est tourné contre Ecbatane, mais les « Babyloniens » avertis par le seul survivant du massacre, ont pris leurs armes et se sont enfuis à Gamala[93]. Un épisode totalement absent de la Guerre des Juifs. Varus qui ne voulait pas de concurrent a confisqué les lettres envoyées par Philippe et a tué deux messagers successifs de sorte que l'endroit où se trouvait Philippe est demeuré inconnu et il a fait courir une rumeur disant que Philippe avait rejoint les révolutionnaires[51]. Puisque Philippe est resté caché et malade dans un petit village près de Gamala et que ses lettres ont été interceptées par Varus, il ne serait pas étonnant que personne n'ait entendu parler de lui pendant quelques mois[94]. Ce n'est qu'après que Varus ait été démis (V 61 et 180) que Philippe a pu contacter Agrippa[95] (V 180-181). Le roi a été heureux de découvrir la fausseté des rumeurs à son sujet[86] (V 182). Agrippa a exhibé Philippe devant le gouverneur romain — apparemment Cestius Gallus — pour prouver sa loyauté, malgré les rumeurs[86] (V 183). Le roi a alors renvoyé Philippe à Gamala avec pour instruction de la pacifier[86] (V 183-184). Plus tard, quand Philippe a été accusé devant Vespasien par les habitants de Tyr d'avoir, sur l'ordre d'Agrippa, trahi la garnison romaine à Jérusalem, Agrippa a été disculpé de toute faute, mais Vespasien a recommandé que Philippe soit envoyé à Néron[86] (407-408). Mais il arrive à Rome quand la guerre civile romaine empêche tout contact avec Néron[25] et il revient immédiatement[86] (V 409).

Questions : Qui a envoyé Philippe à Néron ? Est-ce Cestius Gallus, ou Agrippa sur la recommandation de Vespasien[86] ? Philippe a-t-il été envoyé à Néron pour faire un rapport sur la situation, ou parce qu'il était accusé d'actes anti-Romains ? Son départ a-t-il eu lieu juste après la défaite de Cestius (fin octobre 66) ou quelques mois avant le suicide de Néron () ?

Où était Philippe pendant quelques mois ?Modifier

On peut aussi se demander à quelle date Philippe est parti de Jérusalem[86] ? Dans la Vita, il quitte la ville deux mois plus tôt que dans la version de la Guerre des Juifs[86]. Pour Shaye J. D. Cohen, puisque les deux récits semblent être des apologies de Philippe, peut-être que la Vita anticipe son départ de Jérusalem pour minimiser la durée de son séjour dans la ville contrôlée par les révolutionnaires, peut-être que le récit de la Guerre des Juifs retarde la date de son départ de Jérusalem pour le protéger des allégations soulevées par sa conduite suspecte à Gamala (allégations qui peuvent être reconstruites à partir du récit tendancieux de la Vita)[86]. « Philippe ne peut pas être à Jérusalem pour combattre les Romains car il était ailleurs. Où ? Pas à Gamala elle-même — cette ville était sur le point de s'opposer au légat d'Agrippa. Pas non-plus dans une autre ville. Pourquoi alors Philippe n'a pas contacté Agrippa plus tôt qu'il ne l'a fait ? La Vita immobilise donc Philippe par une maladie et le cache dans un petit village anonyme près de Gamala[94]. » Ce qu'essaye d'induire le récit de la Vita c'est que « puisque ses lettres ont été interceptées par Varus, il n'est pas étonnant que personne n'ait entendu parler de Philippe pendant quelques mois[94]. »

Pendant le conflit entre les habitants Juifs et Grecs dans les cités de la province de Syrie, Varus ou Noarus tente de s'attirer les faveurs des Grecs de Césarée de Philippe en se retournant contre les Juifs[96] (V 53) et notamment ceux que Flavius Josèphe appelle les « Babyloniens »[96]. Dans la Guerre des Juifs, 70 nobles Juifs de Batanée avancent vers Césarée de Philippe pour rencontrer Noarus afin de demander qu'un contingent vienne stationner chez eux pour prévenir tout débordement anti-Romain[96]. « Poussé par sa cupidité sans bornes[85] », Noarus les tue tous[97]. L'explication par la « cupidité sans bornes[85] » de Noarus fournie par Josèphe n'éclaire nullement ses but et motif[93]. La Vita est plus précise et plus hostile à celui qu'elle appelle Varus[93]. Ce légat, utilise les services de douze éminents membres de la communauté juive de Césarée de Philippe pour persuader les Juifs d'Ecbatane de lui envoyer une délégation de 70 députés pour attester qu'il n'existe aucun plan de révolte de leur part[93]. Comme dans la Guerre des Juifs, alors qu'ils sont en chemin il les massacre (V 54-57). Dans la Vita, Varus se tourne alors contre Ecbatane, mais les « Babyloniens », alertés par le seul qui a échappé au massacre, prennent les armes et fuient jusqu'à Gamala[93]. La Vita indique que Philippe se rend alors dans la ville fortifiée et empêche les habitants de faire la guerre à Varus et aux Syriens de Césarée de Philippe[93] (V 58-60). Finalement, Agrippa démet Varus et le remplace par Aequus Modius[93] (V 61).

Shaye J. D. Cohen ne voit aucun moyen de déterminer ce qu'il s'est effectivement passé à Gamala et Ecbatane[93]. Tout ce qui peut être dit c'est que si Philippe a été impliqué dans ces événement en Batanée et à Gamala, il est impossible qu'il soit resté à Jérusalem jusqu'à la défaite de Cestius, comme cela est écrit dans la Guerre des Juifs, car Modius devient légat d'Agrippa avant l'arrivée de Josèphe en Galilée[93] (V 74). Le seul point qui lui semble sûr est que « Gamala et ses immigrants « babyloniens » manifestaient des sentiments hostiles envers le lieutenant d'Agrippa qui a été remplacé[93]. »

Philippe et GamalaModifier

 
Ruines des murailles de la cité fortifiée de Gamala prise et détruite par les Romains en novembre 67.

Finalement après la nomination d'Aequus Modius, Philippe parvient à contacter Agrippa[98] (V 180-183). Le roi « l'envoya quérir avec une escorte de gens de cheval[99] » afin qu'il le rencontre à Beyrouth[98]. Il a été heureux de découvrir la fausseté des rumeurs à son sujet et a exhibé Philippe devant le gouverneur romain et son conseil pour prouver sa loyauté[86] (V 183). Puis il l'a renvoyé à Gamala avec pour mission de ramener les « Babyloniens » à Ecbatane et de préserver la paix[98] (V 183b - 184).

Shaye J. D. Cohen estime qu'il est impossible de déterminer si, ne serait-ce qu'une partie, de ce récit est vrai[98]. Schlatter note que rien ni dans la Vita, ni dans la Guerre des Juifs n'explique ce que sont devenus « l'hipparque » Darius et les 2000 cavaliers qu'il commandait avec Philippe à Jérusalem[100]. Peut-être ont-ils rejoint les forces révolutionnaires à Jérusalem ou peut-être sont-ils venus à Gamala avec Philippe et l'ont aidé à prendre la ville[100].

Vita 114 indique que Aequus Modius est venu assiéger Gamala[98]. Shaye J. D. Cohen estime que la chronologie de cet événement est très vague. Philippe était-il à Gamala quand Modius l'a attaquée[98] ? Puisque selon la Vita (§ 177) « après le départ de Philippe, les gens de Gamala, dans une insurrection contre les Babyloniens », ont tué Chares et Jésus, des parents de Philippe, cela suggère que Philippe n'a pas exécuté les instructions du roi de ramener les Babyloniens de Gamala en Batanée[98]. Ni au § 177 ni au § 184, la Vita ne dit quand ou pourquoi Philippe est parti de Gamala[98]. Pour Shaye J. D. Cohen, l'assertion selon laquelle c'est après le départ de Philippe que ces événements se sont passés et que cela a eu lieu quand Gamala s'est révolté contre le roi (V 185-187) semble destinée à indiquer que tant que Philippe, ses hommes et ses alliés étaient sur place, Gamala a été maintenue dans la fidélité au roi, mais une fois qu'elles ont été retirées la révolté a éclaté[98]. Cela peut être vrai tout comme cela peut être faux[98].

Problèmes sur les identités de certains de ses parentsModifier

Philippe est aussi un parent de Chares qui, au moins en son absence, est le chef des habitants de Batanée qui sont allés se réfugier dans la forteresse de Gamala[93]. En 66-67, Chares est un des chefs de la ville fortifiée conjointement avec un Joseph qualifié de fils de la femme médecin[27],[Note 9]. Dans la Guerre des Juifs, Chares dirige avec Joseph la résistance aux Romains[27] jusqu'au dernier moment et meurt lors de la prise de la ville, en novembre 67[28], le même jour que son alter-ego : lui malade dans son lit et Joseph en tentant de sortir des remparts[101],[Note 22]. Alors que dans la Vita, il est tué par les habitants révolutionnaires de Gamala, dirigés par ce même Joseph, en même temps que son parent Jésus, avant que Flavius Josèphe n'arrive en Galilée[27] peu après la défaite de Cestius Gallus le 8 Dios[102] (fin octobre 66[86]). Des informations que Shaye J. D. Cohen estime quelque peu difficiles à concilier[27]. Ce qui conduit Steve Mason à penser qu'il s'agit de deux Chares différents[103] malgré plusieurs points communs. Toutefois Shaye J. D. Cohen fait remarquer que Niese, Feldman et Schalit semblent d'accord sur le fait qu'il n'y avait qu'un seul Chares à Gamala[104]. Dans l'épitomé de la Guerre des Juifs connue seulement dans une version en vieux-slave, il existe une troisième version de la mort de Joseph et de Chares. Ils meurent simultanément d'effroi lorsque la tour sapée par les Romains s'effondre quelques jours avant la prise de la ville[105].

Un parent de Philippe et de Chares appelé Jésus a aussi été tué par les Gamalitains si on en croit Josèphe. Toutefois, il est impossible de décrire ses liens de parenté précis, car selon Shaye J. D. Cohen les § 177-178 et 185-186, dont le deuxième passage renvoie au premier, sont impossibles à réconcilier[27]. C'est pourquoi certains traducteurs disent qu'il s'agit d'un frère de Chares[106], alors que d'autres y voient un frère de Justus de Tibériade[107] et que Steve Mason fait remarquer qu'au § 178 l'expression « frère de cet homme » semble en faire un frère de Philippe bien qu'au § 186 il soit présenté comme un frère de Justus[108]. Selon Cohen, au § 186 de la Vita « les révolutionnaires de Gamala tuent Chares, Jésus son parent, et un frère (ou une soeur) de Justus de Tibériade[27] », tout en indiquant « comme je l'ai dit plus haut. » Toutefois en 177-178 le récit de la Vita dit que « les Galiléens (et pas les Gamalitains) ont mutilé (et pas tué) un frère de Justus avant que Josèphe arrive en Galilée[27] » et « après le départ de Philippe[109] » les Gamalitains ont tué Chares (comme en Vita § 186), « identifié ici comme un parent de Philippe, et son frère Jésus (pas seulement "un de ses parents" comme en § 186), identifié ici comme le beau-frère de Justus[27]. » Toutefois selon Steve Mason, cette interprétation se fonde sur quelques manuscrits qui comportent « sœur » de Justus au lieu de « frère » (ἀδελφήν plutôt que ἀδελφόν une différence d'une lettre)[110]. Ce qui « signifierait que la foule des Gamalitains avait tué la sœur de Justus aussi bien que son mari Jésus et Chares le parent de Philippe, ce qui donnerait un sens aux deux passages[110]. » Mais pour Steve Mason, « la commodité même de cette solution donne l'impression d'une correction faite par un scribe, car elle laisse de côté la lecture des premiers manuscrits P[110]. » Alors que pour André Pelletier, un frère de Chares appelé Jésus qui est marié avec une sœur de Justus de Tibériade, est châtié — et pas tué — par les Gamalitains en Vita § 177[29] et au § 186, le Jésus tué par les Gamalitains est un frère de Justus[111].

La révolte à GamalaModifier

Selon la Vita, à Gamala le chef des révolutionnaires était Joseph appelé « ὁ τἢς ἰατρἱνης[Note 9] » ("Joseph fils de la femme médecin" ou "Joseph fils de la sage-femme" ?). Il attaque l'aristocratie (πρὢτοι), persuade certains d'abandonner le roi et contraint ou tue les autres[98] (V 185). L'identité des victimes citées a été analysée dans le § ci-dessus. Flavius Josèphe a alors envoyé de l'aide aux révolutionnaires de Gamala, un contingent de soldats pour la défense de la ville et des travailleurs pour la fortifier[98] (V 186). Outre Gamala, c'est « toute la Gaulanitide aussi loin que Solyme (dont la localisation est inconnue) qui s'est révoltée contre le roi[98] » (V 187). Ce n'est pas seulement à propos de l'identité de Chares et de Jésus que les § 177-178 de la Vita sont irréconciliable avec les § 185-186[98]. La Vita 177 mentionne une crise (stasis) « entre les Gamalitains et les « Babyloniens », mais au § 185 le combat est entre les révolutionnaires et les aristocrates de la cité[112]. »

À Gamala les révoltés se sont opposés aux Romains jusqu'au bout dans une résistance de grande ampleur. Dans la Guerre des Juifs Chares et Joseph (probablement celui qui est qualifié de fils de la femme médecin dans la Vita) organisent la lutte contre les Romains durant le siège final[27]. Une information là aussi difficile à concilier avec Vita 177 et 186 où Chares est tué par les Gamalitains avant même l'arrivée de Josèphe en Galilée[27]. Des critiques comme Steve Mason estiment qu'il y a eu deux dirigeants appelés Chares à Gamala. Mais pourquoi Josèphe qui cherche à répondre à ce qu'a écrit Justus de Tibériade, qui visiblement avait contesté sa version, a-t-il laissé une telle ambiguïté sans apporter la moindre précision ? La Guerre des Juifs (IV, 81) « mentionne une sœur de Philippe et ses deux filles qui étaient à Gamala pendant le siège final par les Romains et qui étaient évidemment en bons termes avec les rebelles[27]. »

Aequus Modius chargé d'attaquer la ville fortifiée a dû se contenter d'en faire le siège pendant sept mois[27]. Les forces d'Agrippa ont tenté d'empêcher les approvisionnements de parvenir jusqu'à la ville jusqu'à l'arrivée de l'armée de Vespasien[27]. Les révoltés ont encore résisté pendant deux mois aux Romains en leur faisant subir la seule défaite de l'armée de Vespasien et Titus pendant la campagne de Galilée[27]. Seulement Jotapata, Jérusalem et Massada peuvent revendiquer des exploits équivalents[27].

Siège de Gamala par les RomainsModifier

 
Vue du site de Gamala depuis le sud-est. Le lac de Tibériade est visible sur la gauche (photo prise entre 1934 et 1939).

Selon Flavius Josèphe, à Gamala « une crête escarpée, prolongement d'une montagne élevée, dresse une hauteur centrale[113] ». « Sur les côtés et de face, le sol est sillonné de vallons infranchissables : mais, en arrière, il se dégage un peu de ces obstacles, vers l'endroit où il se rattache à la montagne : les habitants l'avaient d'ailleurs coupé par un fossé transversal et rendu cette région difficile d'accès, Sur le flanc de l’escarpement où elles étaient construites, les maisons se pressaient étroitement les unes contre les autres ; la ville semblait ainsi suspendue en l'air et s'effondrer sur elle-même du point culminant des rochers. Tournée vers le midi, elle avait de ce côté pour acropole une montagne très élevée ; au-dessous un précipice, qu'on n'avait point enclos d'une muraille, plongeait en une vallée d'une extrême profondeur : il y avait une source à l'intérieur du rempart et c'était là que se terminait la ville[113]. » Comme Vespasien « ne pouvait cerner de troupes toute la ville, à cause de sa situation, il plaça des postes aux endroits où cela était possible et occupa la montagne qui la dominait[114]. » Il « fit commencer les terrassements à l'arrière. La partie tournée vers l'Orient, où se trouvait une tour, dressée dans le lieu le plus élevé de la ville, fut comblée par la quinzième légion : la cinquième dirigea ses travaux vers le centre de la ville : la dixième remplit de terre les fossés et les ravins[114]. » Agrippa tente de s'adresser aux défenseurs, mais est blessé par les frondeurs.

Première bataille de GamalaModifier

 
Monnaie émise sous Domitien, montrant le sanglier et le dauphin, deux des emblèmes de la 10e légion (Fretensis).

« Les terrassements s'achevèrent avec rapidité, grâce au grand nombre de bras et à l'habitude qu'avaient les Romains de ces travaux. On mit en place les machines. Alors Charès et Joseph, qui étaient les citoyens les plus considérables de la ville, rangèrent leurs soldats ; ceux-ci étaient effrayés, car ils doutaient de pouvoir résister longtemps au siège, médiocrement approvisionnés qu'ils étaient d'eau et des autres subsistances[115]. » « Les Romains mirent en position en trois endroits les béliers et ébranlèrent le mur : puis, se précipitant par la brèche avec un grand bruit de trompettes, un grand cliquetis d'armes et des cris de guerre, ils se jetèrent contre les défenseurs de la ville[115]. » « Forcés de tous côtés par le nombre », les défenseurs « battent en retraite vers les quartiers élevés de la ville, et, comme les ennemis les suivent de près, ils se retournent, les repoussent sur la pente et les égorgent, entassés dans des passages étroits et difficiles, Ceux-ci, ne pouvant refouler les Juifs qui occupaient la crête, ni se frayer un chemin à travers leurs propres compagnons qui s'efforçaient de monter, cherchèrent un refuge sur les maisons des ennemis, peu élevées au-dessus du sol. Mais bientôt, couvertes de soldats et ne pouvant supporter leur poids, elles s'écroulèrent. En tombant, il suffisait que l'une d'elles renversât celles qui étaient placées au-dessous pour qu'à leur tour celles-ci entraînassent les autres placées plus bas. Cet accident causa la mort d'un grand nombre de Romains, car, dans leur détresse, ils sautaient sur les toits, bien qu'ils les vissent s'affaisser. Beaucoup furent ainsi ensevelis sous les débris ; beaucoup fuyaient, estropiés, atteints sur quelque partie du corps ; un très grand nombre périssaient, étouffés par la poussière. Les habitants de Gamala virent dans cette catastrophe une intervention divine[115]. » « Ils redoublaient leurs attaques, repoussaient les ennemis vers les toits des maisons. Les Romains glissaient dans les passages escarpés : chaque fois qu'ils tombaient, les Juifs placés au-dessus d'eux les massacraient[115]. » « Trouvant à grand peine des issues, une partie des Romains sortirent de la ville. Vespasien ne cessa de rester auprès des troupes qui soutenaient cette lutte pénible : pénétré de douleur à la vue de cette ville qui s'écroulait sur son armée[116]. »

« Vespasien voyait l'armée découragée. Ignorant la défaite, n'ayant nulle part jusqu'à ce jour subi un tel désastre elle avait aussi honte d'avoir laissé seul son général au milieu des dangers[117]. »

Prise de la villeModifier

Les habitants de Gamala « furent quelque temps pleins de confiance par suite du succès inattendu et considérable qu'ils avaient obtenu[118]. » « Comme les Romains renforçaient les terrassements et tentaient un nouvel assaut, la plupart des Juifs s'enfuirent de la ville par les ravins escarpés, où ne se trouvaient pas de postes ennemis, et par les galeries de mines. Tous ceux qui restèrent, craignant d'être pris, mouraient de faim, car les vivres avaient été requis de toutes parts pour nourrir les hommes capables de combattre[118]. » « Les plus aventureux fuyaient en secret tandis que les faibles mouraient de faim. Mais les combattants soutinrent le siège »[101] jusqu'au [Note 23]. Ce jour là « trois soldats de la quinzième légion atteignirent en rampant[101] » « la tour qui faisait saillie de leur côté et la sapèrent en silence. Les gardes qui étaient placés au sommet ne s'aperçurent ni de l'arrivée (car il faisait nuit), ni de la présence des ennemis[101]. » « La tour s'écroula avec un fracas effroyable, entraînant les gardes[101]. » « Frappés de terreur, les hommes des autres postes s'enfuirent ; les Romains en firent périr beaucoup [...] et parmi eux Joseph qu'un soldat atteignit d'un trait et tua au moment où il franchissait en courant la partie de la muraille qui avait été détruite[101]. » Au même moment « Charès, alité et malade, rendit le dernier soupir, par l'effet de la terreur intense qui vint s'ajouter à sa maladie et causa sa mort. Mais les Romains, se souvenant de leur précédent échec, ne firent pas irruption dans la ville avant[101] » le lendemain.

ConclusionsModifier

Selon la nouvelle version donnée par Flavius Josèphe dans sa Vita qui semble plus fiable que celle de la Guerre des Juifs[86], Philippe envoyé pour qu'il s'explique devant Néron arrive au printemps 68, alors que les affrontements civils qui vont conduire à la destitution de l'empereur lui donnent l'opportunité d'en repartir sans être jugé[86]. Puisque la navigation était fermée en hiver, cela veut dire qu'il a été envoyé vers Néron pendant l'hiver 67/68 et au plus tard au début du printemps 68. Selon Josèphe, il était accusé d'avoir trahi la garnison romaine de Jérusalem au printemps 66[86]. Est-on bien sûr que son attitude ultérieure n'était pas aussi en cause ?

Après ce retour de Rome, Philippe disparaît de l'Histoire.

Philippe, Gamala et la BatanéeModifier

La question de savoir « pourquoi les histoires de Gamala et de Philippe sont si importantes dans la Vita[27] » reste posée. S'agit-il de réponses à ce qu'avait écrit Justus de Tibériade[27] ? Certains critiques se sont demandé si Josèphe ne cherchait pas à se défendre d'accusations de complicité dans la mort de parents de Justus[27]. Mais pourquoi tous ces détails au sujet de Philippe ? « Si Justus accusait aussi Philippe pour la mort de ses parents, pourquoi Josèphe le défend-il si longuement[119] ? » D'autres critiques ont émis l'hypothèse que pour défendre Agrippa, Josèphe devait défendre Philippe[119]. « Mais pourquoi la Vita aurait-elle été à ce point préoccupée de la défense d'Agrippa désormais mort[119] ? » Dans son XXe livre des Antiquités judaïques, Josèphe n'hésite pourtant pas à rapporter les rumeurs sur la liaison incestueuse entre Agrippa et sa sœur Bérénice, sujet beaucoup plus sensible que la défense de la politique d'un ancien roi client. Pour Shaye J. D. Cohen, il est évident que nous ne pouvons pas retrouver exactement ce que disait Justus ou ce qui s'est ébruité sur ce qui s'est passé à Gamala en 66-67[119]. La seule exigence d'informations de mise en contexte de l'histoire de Gamala ne peut expliquer l'extraordinaire quantité de détails fournis sur Philippe et Gamala[119]. Pour Shaye J. D. Cohen, « en tout cas, les Antiquités judaïques et la Vita font preuve d'un grand intérêt pour Gamala, la Batanée et Philippe, bien plus grande que ce qu'une simple réfutation de Justus aurait nécessité[119]. »

Philippe et l'aristocratieModifier

Un des importants problèmes est que la Guerre des Juifs n'admet jamais que les acteurs des bouleversements tumultueux qu'ils sont en train de vivre puissent changer leur point de vue au cours des événements[120]. « Le peuple veut toujours la paix, les révolutionnaires veulent toujours la guerre. Annanus et les "modérés" veulent toujours le rapprochement avec Rome[120]. » Il en est de même de l'attitude de l'aristocratie[121]. La Guerre des Juifs se réfère fréquemment à son opposition résolue à la guerre[121]. Pour Shaye J. D. Cohen, « il n'est pas douteux qu'un grand nombre de riches ne voulaient rien d'autre que la préservation du statu quo, mais Josèphe est à nouveau coupable d'exagération quand il suggère que c'était leur point de vue unanime[121]. » Par exemple Eléazar fils d'Ananias, alors que son père est l'ancien grand-prêtre et membre du « parti de la paix ». Les émissaires que le parti de la paix envoie à Agrippa vont tous rester pendant deux mois à Jérusalem dont pourtant Josèphe dit qu'elle est dominée par les extrémistes. C'est seulement après l'échec de l'expédition de Cestius que Saul, Costobar, prétendument accompagnés de Philippe, quittent Jérusalem. L'un de ceux qui les avait précédemment accompagnés, Antipas choisi de rester dans la ville où il interviendra encore pendant un an pour finalement être exécuté par les Zélotes. Pour sa part Philippe fils de Joachim a probablement été impliqué dans des activités révolutionnaires avec ses 2000 cavaliers que ce soit à Jérusalem ou à Gamala. Puisque ses 2000 cavaliers ne sont plus mentionnés après leur dispersion initiale, ils ont probablement aidé les révolutionnaires. Philippe est un chef des Babyloniens et lors du premier combat contre Cestius on retrouve "Silas le Babylonien" qui avait déserté de l'armée d'Agrippa, jouant un rôle important dans la bataille aux côtés des parents du roi Monobaze d'Adiabène.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Ces colons juifs servirent « effectivement de bouclier à la fois aux gens de ce pays contre les Trachonites et aux Juifs qui venaient de Babylone sacrifier à Jérusalem, qu’il empêchait d’être molestés par les brigandages des Trachonites. [Ils virent venir, à eux] de partout nombre de gens fidèles aux coutumes juives. Le pays devint très peuplé à cause de la sécurité que lui conférait l’exemption complète d’impôts. » cf. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVII, II, 2.
  2. Selon Simon Claude Mimouni, « cette histoire de Zamaris et des siens serait par ailleurs à rapprocher de celle d'Onias IV et de sa famille en Égypte. » cf. Mimouni 2012, p. 808 ; voir aussi J. Neusner, A History of Jews in Babylonia, I, Leyde, 1965, p. 38-41.
  3. Des pièces de monnaies à l'effigie de Philippe comportant la mention « (Monnaie) de Philippe » et datant de 33 (la 37e année de son règne) ont été retrouvées, ce qui confirme la donnée de Flavius Josèphe ; cf. Schwentzel 2011, p. 212 « Plus tard, sur des monnaies datées de l'an 31 et de l'an 37, soit respectivement 27 et 33 apr. J.-C., le buste [...], « (Monnaie) de Philippe » sans mention du titre de tétrarque. »
  4. En mourant, Zamaris le Babylonien, qui s’était soumis à Hérode pour obtenir cette région, laissa après une vie vertueuse des fils excellents, entre autres Joachim, illustre par son courage, qui organisa en troupe de cavalerie ses Babyloniens ; un de leurs escadrons servait de garde aux rois que je viens de nommer (Agrippa Ier, Agrippa II). Joachim, mort à un âge avancé, laissa un fils, Philippe, que sa valeur guerrière et ses autres mérites rendaient aussi estimable qu’homme du monde. Aussi une amitié fidèle et un dévouement solide l’unissaient-ils au roi Agrippa ; de toute l’armée que le roi entretenait, c’était toujours lui l’instructeur et, lorsqu’il y avait une expédition à faire, le commandant. cf. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVII, II, 3 (29-31).
  5. « Arétas chercha un prétexte d'hostilités dans une contestation au sujet des frontières du territoire de Gamala. Tous deux réunirent leur armée en vue de la guerre et y envoyèrent à leur place des généraux. Une bataille eut lieu et toute l'armée d'Hérode fut taillée en pièces à cause de la trahison de transfuges qui, tout en appartenant à la tétrarchie de Philippe, étaient au service d'Hérode (Antipas) ; (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, V, 1 [lire en ligne]). »
  6. « Hérode (Antipas) craignait qu'une telle faculté de persuader ne suscitât une révolte, la foule semblant prête à suivre en tous les conseils de cet homme. Il aima donc mieux s'emparer de lui avant que quelque trouble se fût produit à son sujet, que d'avoir à se repentir plus tard, si un mouvement avait lieu, de s'être exposé à des périls. À cause de ces soupçons d'Hérode, Jean (le Baptiste) fut envoyé à Machaero [...], et y fut tué. » (cf. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, V, 1 [lire en ligne].
  7. Selon Flavius Josèphe, il était accompagnés de 500 cavaliers entraînés à tirer à l'arc à cheval.
  8. Selon Flavius Josèphe, sa famille est constituée d'environ cent personnes.
  9. a b et c Les manuscrits ont « ὁ τἢς ἰατρἱνης » ou d'autres formes féminines de "médecin" (donc: "femme médecin"), de la racine ἰατήρ que certains interprètent comme "mi-femme" (cf. Steve Mason, note no 800). J. A. C. Buchon rend le caractère péjoratif ("mi-femme") qu'il pense détecter dans l'appellation par la périphrase: « Joseph qui se disait médecin mais n'était qu'un charlatan ». André Pelletier l'appelle Joseph « le fils de la sage femme ». Steve Mason préfère « suivre la conjecture de A. Schlatter et lire le nom hébreu " fils de Ia`ir », que les copistes médiévaux auraient facilement pu mal interpréter. » Schalit a une démarche équivalente (NWB s.v Ἰὠσηπος note no 7) et suppose que le texte grec comportait « τις Ἰαἰρον παἲς ». Ia`ir (Jaïr) est le nom d'un des fils de Judas le Galiléen, appelé aussi Judas de Gamala, dont l'un des fils, Eleazar, dirige les révoltés de la forteresse de Massada jusqu'à sa chute en 73 ou 74. C'est aussi un des personnages des évangiles synoptiques, chef d'une synagogue, qui rencontre Jésus à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Gamala. Shaye J. D. Cohen préfère laisser le texte en grec « Joseph appelé ὁ τἢς ἰατρἱνης » pour ne pas risquer une surinterprétation.
  10. À propos des événements où Bérénice intervient personnellement en venant devant le tribunal du procurateur, pieds nus comme une suppliante, Flavius Josèphe écrit : « Tels furent les événements qui se passèrent le 16 du mois Artémisios. » Dans une note, Julien Weill précise que cela correspond au en faisant référence à Niese. cf. Guerre des Juifs, II, XV, 2, note no 184.
  11. Agrippa envoie une force de 2000 cavaliers d'après les manuscrits PAL, 3.000 d'après d'autres manuscrits.
  12. Philippe est qualifié ailleurs (Vita, § 11) de ἕπαρχος (lieutenant) du roi. Voir aussi Guerre des Juifs, IV, 81.
  13. Menahem pourrait s'être déclaré Messie et semble avoir suscité — et déçu — des espoirs dans la population (cf. Talmud, sanhédrin 98b: « le consolateur [Menahem] qui soulagera est parti au loin », en référence à Lamentations 1:17 (cf. K. Kohler & H. G. Friedmann, Pseudo-Messiahs, Menahem ben Juda in Jewish Encycopledia, éd. Funk & Wagnalls, New York 1901-1906). Toutefois pour certains critiques le Mnahem dont il est question ici est le chef Essénien, dont Flavius Josèphe dit qu'il était l'ami d'enfance d'Hérode le Grand.
  14. ἕπαρχος est traduit par préfet. Le commandant d'une cohorte auxiliaire est en principe un préfet (Tacite, Hist., II, 59; Digeste, III, 2, 2, pr.).
  15. La capitulation de la garnison romaine paraît avoir eu lieu le 17 Eloul (Gorpiaios) : c'est à ce jour que la Megillath Taanith (§ 14) place « l'évacuation » de Juda par les Romains.
  16. André Pelletier repousse cette date de première publication en 94/95. cf. Josèphe et Pelletier 1959, p. XIII.
  17. « À la nouvelle du désastre de Césarée, toute la nation entra en fureur : partagés en plusieurs bandes, les Juifs saccagèrent les villages des Syriens et le territoire des cités voisines, Philadelphie, Hesbon, Gérasa, Poila et Scythopolis. Ils se ruèrent ensuite contre Gadara Hippos et la Gaulanitide » et « Kedasa, bourgade tyrienne, Ptolémaïs, Gaba et Césarée. » Ainsi que Sébaste, Ascalon « puis rasèrent Anthédon et Gaza. »
  18. « Pour prévenir le péril qui les menaçait eux-mêmes », les païens des cités syriennes massacre les Juifs de Scythopolis, puis « les autres cités se soulevèrent chacune contre les Juifs de leur territoire. Les habitants d’Ascalon en tuèrent 2500, ceux de Ptolémaïs 2000, sans compter ceux qu'ils mirent aux fers. Les Tyriens en égorgèrent bon nombre, mais enchaînèrent et mirent en prison la plupart ; de même Hippos et Gadara se débarrassèrent des fortes têtes, et mirent sous bonne garde les plus craintifs. Les autres villes de Syrie agirent suivant la haine ou la crainte qu'elles ressentaient à l'égard des Juifs. Seules, Antioche, Sidon et Apamée épargnèrent leurs métèques juifs. »
  19. Après le 8 Dios (Mareshvan) ; cf. Cohen 2002, p. 161.
  20. Cestius Gallus envoie « Saul et ses compagnons » en Achaïe pour qu'ils rendent compte à Néron, car celui-ci est à ce moment en tournée artistique en Grèce, tout en surveillant le creusement du canal de Corinthe. Si le frère de Costobar appelé Saul est l'apôtre Paul de Tarse comme le propose certains critiques, cela expliquerait pourquoi l'apôtre passe l'hiver 66/67 à Nicopolis d'Épire, comme indiqué dans l'Épître à Tite. Jusqu'à présent cette présence dans cette ville où il ne semble pas y avoir de communauté « chrétienne » était inexpliquée par les historiens. Après être parvenu à rencontrer Néron et à avoir facilité les décisions qui vont aboutir à la nomination de Vespasien pour mener la campagne romaine en Galilée et en Judée, Saul, parti au plus tôt à la fin octobre, s'est retrouvé en Achaïe à une époque de l'année trop avancée pour naviguer — la navigation était interrompue en hiver. C'est ce qui ressort de l'Épître à Tite pour l'apôtre Saul/Paul. C'est aussi probablement à ce moment que Saul/Paul a connu Épaphrodite. Celui-ci est secrétaire de Néron et il est tout à fait vraisemblable qu'il soit passé par lui pour accéder à Néron et que ce soit à lui qu'il ait fait un rapport détaillé dont l'exposé et la rédaction a probablement pris plusieurs jours. Puisque pour un grand nombre de critiques, le secrétaire de Néron est le patron littéraire de Flavius Josèphe très intéressé par l'histoire juive et exécuté avec plusieurs autres membres du mouvement créé par Jésus pendant ce qu'il est convenu d'appeler la persécution de Domitien, il est donc probable que celui-ci ait lui aussi été membre de ce mouvement, comme Titus Flavius Clemens, Flavia Domitilla, l'apôtre Jean de Zébédée ou l'évêque Clément de Rome exécutés ou réprimés à partir de juin 95 pour athéisme et pratiques juives. Dans ces conditions, le secrétaire de Néron peut très bien être l'Épaphrodite que Paul appelle « mon frère Épaphrodite, mon compagnon d'œuvre et de combat, par qui vous m'avez fait parvenir de quoi pourvoir à mes besoins (Épître aux Philippiens, 2, 25.) » dans l'Épître aux Philippiens et qui semble appartenir à « la maison de César (Épître aux Philippiens, 4, 18.) ». Un personnage suffisamment puissant et influent à Rome pour qu'il puisse accéder à Paul prisonnier impérial passible de la peine de mort et emprisonné dans la terrible prison Mamertine (le Tullianum) en 67/68, dans une période très soupçonneuse à l'égard des juifs comme l'était Paul, puisque 3 ans auparavant des dizaines de chrétiens avaient été exécutés pour avoir incendié Rome, sans parler de la révolte qui à ce moment là s'est étendue à toute la Palestine en provoquant aussi des mouvements insurrectionnels dans la province de Syrie et en Égypte. Si Paul et Épaphrodite se sont rencontrés et ont sympathisé lors de cet envoi en Achaïe, il est tout à fait possible qu'Épaphrodite ait proposé à Paul de passer l'hiver dans la résidence qu'il possédait en Grèce. Or Épaphrodite avait comme esclave Épictète qui lorsqu'il a été expulsé par Domitien avec d'autres philosophes est venu s'installer dans une demeure à Nicopolis d'Épire, où il a fondé une célèbre école. Comme Épictète était esclave, cette demeure appartenait donc à son maître qui ne lui a probablement laissé qu'une petite dépendance de la grande propriété qu'il devait y posséder. Il est donc possible que Paul ait passé l'hiver dans la demeure que possédait Épaphrodite à Nicopolis. Jusqu'à présent, cette présence à Nicopolis d'Épire était inexpliquée et semblait tellement étrange aux historiens que Marie-Françoise Baslez a proposé que Paul était resté dans une autre Nicopolis située en Cilicie.
  21. Selon la version de la Vita, il quitte Jérusalem environ le 11 Gorpiaios (cf. Cohen 2002, p. 161), selon la Guerre des Juifs il part de Jérusalem en compagnie de Saul et Costobar après la défaite de Cestius Gallus qui a eu lieu le 8 Dios (Cohen 2002, p. 5 et 161), ce qui correspond à la fin octobre (Cohen 2002, p. 162). Le mois macédonien de Gorpiaios dure 29 jours (Cohen 2002, p. 3), il est suivi par le mois d'hyperbérétæos qui dure 30 jours, puis par le mois de Dios.
  22. « Joseph (aussi appelé José dans certains manuscrits), qu'un soldat atteignit d'un trait et tua au moment où il franchissait en courant la partie de la muraille qui avait été détruite. Mais ceux qui étaient à l'intérieur de la ville, épouvantés par le bruit, couraient de toutes parts, en proie à une extrême agitation, comme si tous les ennemis s'étaient précipités sur eux. Alors Charès, alité et malade, rendit le dernier soupir, par l'effet de la terreur intense qui vint s'ajouter à sa maladie et causa sa mort. » cf. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, IV, I, 9.
  23. Le vingt-deux du mois d'Hyperberetaios correspond au d'après Julien Weill.

RéférencesModifier

  1. a b c d et e Shimon Applebaum, Judaea in Hellenistic and Roman Times: Historical and Archaeological Essays, The troopers of Zamaris, 1989, éd. Brill, Leiden, p. 53.
  2. a b et c Mimouni 2012, p. 808.
  3. Nodet et Taylor 1998, p. 130.
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  5. Nodet 2016, p. 194-197.
  6. a b c d et e Mimouni 2012, p. 396.
  7. a et b Hadas-Lebel 2013, p. 9.
  8. Nodet 1997, p. 296.
  9. Nodet et Taylor 1998, p. 135.
  10. a et b Nodet et Taylor 1998, p. 138.
  11. Mimouni 2012, p. 408 « À sa mort, en 33/34, sans héritier de son mariage avec sa nièce Salomé, la fille d'Hérode Philippe et d'Hérodiade,... »
  12. Schwentzel 2011, p. 215 « Philippe meut à Julias en 34 apr. J.-C. »
  13. Kokkinos 1989, p. 146 lire la page 146 en ligne
  14. (en) E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 182 lire la p. 182 en ligne
  15. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 408.
  16. Durant l'hiver 33-34 selon (en) Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, Minneapolis, 1992, p. 426.
  17. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 407).
  18. Schwentzel 2011, p. 223.
  19. Nikkos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 135.
  20. (en) Gerd Theissen, The Gospels in Context : Social and Political History in the Synoptic Tradition, éd. T&T Clark, 2004, p. 137.
  21. E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rules, p. 185-186.
  22. (en) Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, Minneapolis, 1992, p. 427.
  23. a et b Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, V, 1 [lire en ligne].
  24. a et b Schwentzel 2011, p. 217.
  25. a b et c Josèphe et Mason 2001, note no 274.
  26. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVII, II, 3 (29-31).
  27. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t et u Cohen 2002, p. 167.
  28. a et b Le 23 du mois d'Hyperberetaios, selon Flavius Josèphe ce qui correspond au selon Pierre Savinel (cf. Josèphe et Savinel 1977, p. 359, note *). Le lendemain du 22 du mois d'Hyperberetaios qui correspond selon Julien Weill (cf. Guerre des Juifs IV, I, 10, note no 19).
  29. a et b Josèphe et Pelletier 1959, p. 29.
  30. À ce sujet, voir notamment Cohen 2002, p. 160-169.
  31. a et b Frankfort 1961, p. 52-58.
  32. a et b Josèphe et Pelletier 1959, p. XI - XX.
  33. a et b Cohen 2002, p. 17.
  34. Sur ces versions contradictoires, voir Cohen 2002, p. 160-163.
  35. a et b Cohen 2002, p. 143.
  36. a b c d e et f Schwentzel 2011, p. 261.
  37. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre II, XIV, 6.
  38. (en) Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, Minneapolis, 1992, p. 447.
  39. Voir aussi Cohen 2002, p. 189-190.
  40. Schwentzel 2011, p. 271.
  41. a b c d et e Cohen 2002, p. 190.
  42. a et b Schwentzel 2013, p. 164.
  43. a b c et d Schwentzel 2011, p. 262.
  44. a b c d et e Schwentzel 2013, p. 174.
  45. Pour voir le débat à ce sujet, voir Cohen 2002, p. 193.
  46. a b c d e f g h i j et k Mimouni 2012, p. 448.
  47. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 446.
  48. Christian-Georges Schwentzel, Juifs et nabatéens: Les monarchies ethniques du Proche-Orient hellénistique et romain, Presses Universitaires de Rennes, 2013, Rennes (France), p. 172.
  49. a b et c Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XVII, 2.
  50. a et b Cohen 2002, p. 160-161.
  51. a b c d e f g h i j k l m et n Cohen 2002, p. 161.
  52. a b et c Robert Eisenman, James the Brother of Jesus and the Dead Sea Scrolls , p. 92.
  53. a et b Eisenman 2016, p. 399.
  54. a et b Eisenman 2012 vol. II, p. 27 et passim.
  55. a b et c Eisenman 2012 vol. II, p. 27.
  56. a et b Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XVII, 5.
  57. a b c et d Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XVII, 6.
  58. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XVII, 7.
  59. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XVII, 8.
  60. Jona Lendering, Messianic claimants : Menahem, consulté le 23/01/2010
  61. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 463.
  62. Flavius Josèphe, La guerre des Juifs, II. chapitre 17, §§ 8-10.
  63. a b et c Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XVII, 10.
  64. Cohen 2002, p. 160-169.
  65. Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, Paris, P.U.F., coll. « Nouvelle Clio », 2012, p. 136.
  66. André Pelletier, La Guerre des Juifs contre les Romains, Les Belles Lettres, 1975, 3 t., rééd. 2003. Traduction Pierre Savinel, Éditions de Minuit, 1977, en un volume.
  67. a et b Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, Paris, P.U.F., coll. « Nouvelle Clio », 2012, p. 135.
  68. Cohen 2002, p. 86-87.
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  74. >Frankfort 1961, p. 55.
  75. a b et c Cohen 2002, p. 178.
  76. a et b Cohen 2002, p. 1.
  77. Steve Mason, Life of Josephus, note no 1780.
  78. a et b Parmi ceux qui défendent que le "patron littéraire" de Josèphe est le secrétaire de différents empereurs exécuté en 95/96 sur ordre de Domitien, il y a Mason (2003), Haaland (2005), Berber (1997) (cf. Pastor, Stern et Mor 2011, p. 68, note no 11), Robert Eisenman (cf. Eisenman 2012 vol. II, p. 27 et passim) ; Théodore Reinach.).
  79. Brian Jones, The Emperor Domitian, 1993, Routledge, Londres, p. 47.
  80. Pergola 1978, p. 408.
  81. a et b Cohen 2002, p. 180.
  82. Cohen 2002, p. 3.
  83. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XVIII, 1.
  84. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XVIII, 2-5.
  85. a b et c Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XVIII, 6.
  86. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s Cohen 2002, p. 162.
  87. Cohen 2002, p. 5.
  88. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XIX, 8.
  89. a et b Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, XX, 1.
  90. « Il se déguisa quelques jours après et s'enfuit dans un village qui était à lui, proche de la forteresse de Gamala » ; cf. Flavius Josèphe, Autobiographie, 47, traduction de J. A. C. Buchon.
  91. Cohen 2002, p. 7.
  92. Cohen 2002, p. 8.
  93. a b c d e f g h i j et k Cohen 2002, p. 165.
  94. a b et c Cohen 2002, p. 163.
  95. Cohen 2002, p. 161-162.
  96. a b et c Cohen 2002, p. 164.
  97. Cohen 2002, p. 164-165.
  98. a b c d e f g h i j k l m et n Cohen 2002, p. 166.
  99. Flavius Josèphe, Autobiographie, § 182.
  100. a et b Cohen 2002, p. 165, note no 200.
  101. a b c d e f et g Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, IV, I, 9.
  102. Cohen 2002, p. 5 et 161.
  103. Josèphe et Mason 2001, note no 780.
  104. Cohen 2002, p. 167, note no 205.
  105. Flavius Josephus, Vasilīĭ Mikhaĭlovich Istrin, La prise de Jérusalem de Josèphe le Juif : texte vieux-russe publié intégralement, Institut d'études slaves, 1934,p. 5 et 9.
  106. Par exemple Shaye J. D. Cohen (Cohen 2002, p. 167).
  107. Par exemple André Pelletier, cf. Josèphe et Pelletier 1959, p. 34 et à la même page la note no 1.
  108. Steve Mason cf. Josèphe et Mason 2001, note no 778. Quoiqu'il lui semble néanmoins impossible que Jésus soit à la fois frère de Justus et marié à l'une de ses sœurs (cf. Josèphe et Mason 2001, note no 778). Bien que Flavius Josèphe utilise parfois le mot frère pour parler d'un demi-frère, si tel était le cas, il serait étrange qu'il ait laissé une telle ambiguïté s'ajoutant à d'autres ambiguïtés au sujet de l'identité de ces personnages.
  109. Flavius Josèphe, Autobiographie, § 177.
  110. a b et c Josèphe et Mason 2001, note no 807.
  111. Josèphe et Pelletier 1959, p. 34 et à la même page la note no 1.
  112. Cohen 2002, p. 166-167.
  113. a et b Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, IV, I, 1.
  114. a et b Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, IV, I, 3.
  115. a b c et d Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, IV, I, 4.
  116. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, IV, I, 5.
  117. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, IV, I, 6.
  118. a et b Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, IV, I, 7.
  119. a b c d e et f Cohen 2002, p. 168.
  120. a et b Cohen 2002, p. 182.
  121. a b et c Cohen 2002, p. 184.