Ouvrir le menu principal
Philippe Robrieux
Biographie
Naissance
à Paris
Décès (à 74 ans)
à Souraïde (Pyrénées-Atlantiques)
Nationalité Drapeau : France Français
Thématique
Formation Lycée BuffonVoir et modifier les données sur Wikidata
Titres CNRS
Profession Historien, universitaire (d), écrivain et personnalité politiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux
  • Maurice Thorez : vie secrète et vie publique (1975)
  • Notre génération communiste (1953-1968) (1977)
  • Histoire intérieure du Parti communiste, 4 tomes (1980-1984)
Approche histoire du Parti communiste français

Philippe Robrieux, né le à Paris et mort le [1],[2], est un historien français, spécialiste du Parti communiste français. Il a aussi été secrétaire général de l'Union des étudiants communistes (UEC) en 1959-1961.

BiographieModifier

Famille et engagement politiqueModifier

Fils d'un couple que la réussite sociale et professionnelle permet de situer dans « la classe moyenne »[3], Philippe Robrieux, lycéen à Paris, adhère en classe de quatrième à l'Union des jeunesses républicaines de France, proches du PCF, puis en classe de seconde à la cellule communiste du lycée Buffon, où il côtoie Gabriel Cohn-Bendit et Laurent Terzieff. Après la refondation de l'Union des étudiants communistes en 1956, il ne déroge pas de la ligne politique « orthodoxe » de la direction du PCF et est promu secrétaire général de l'organisation étudiante en 1959[4].

Carrière politiqueModifier

Secrétaire national de l'UEC, il intervient à la tribune du XVe congrès du Parti communiste, tenu à Ivry en juin 1959[5]. Il participe durant plus d'un an, à des réunions du comité central du PCF, dont il n'est pas officiellement membre[6]. Philippe Robrieux, qui n'est pas réélu au secrétariat général de l'UEC, lors du IVe Congrès de cette organisation (décembre 1960)[7], a été l'une des victimes de l'« affaire Servin-Casanova » en 1961. Il est ensuite l'un des animateurs du « courant italien » de l'UEC. Il quitte définitivement le parti en 1968. Cette partie de sa vie, fondatrice de sa personnalité, puis de son activité d'historien, est racontée dans l'ouvrage autobiographique Notre Génération communiste, qu'il publie en 1977.

Historien du communismeModifier

Ayant acquis tôt le goût de l'histoire, sous l'influence de ses professeurs de lycée, en particulier Jean Dautry, historien social et militant, son métier lui permet de plonger dans ce dont il ne s'est jamais dépris, l'Histoire contemporaine et singulièrement celle du communisme français.

Sa mise à l'écart politique lui fait poursuivre ses études qu'il achève par l'agrégation d'histoire. Il fait ensuite « carrière » d'historien au CNRS.

Par ailleurs, il était passionné de football et écrivit un ouvrage sur les Grands Goals de l'histoire.

Apport à l'histoire du Parti communiste françaisModifier

La publication de son premier ouvrage, consacré à Maurice Thorez, en 1975 suscite une polémique[4] puisqu'il montre combien la direction du PCF et son secrétaire général firent tout pour « désamorcer » la publication du « rapport Khrouchtchev » (février 1956) au XXe congrès du PCUS[8]. Le processus de remise en question du stalinisme mettait en cause directement les personnalités les plus importantes du PCF dont Thorez et Duclos. L'ouvrage suggérait un possible rapprochement entre direction du PCF et Parti communiste chinois au début des années 1960. Plus généralement, il offrait pour la première fois au grand public une analyse historique du mode de fonctionnement interne du PCF et de l'Internationale communiste, fort éloignée de l'imagerie officielle.

De même, L'Histoire intérieure du parti communiste constitue à sa publication (étalée de 1980 à 1984) un ouvrage de grande importance, qui permet au plus grand nombre d'accéder à un travail historique n'étant pas, soit l'œuvre d'historiens officiels du PCF, soit d'adversaires politiques résolus. Peut-être le seul auparavant rédigé dans le même esprit, l'ouvrage d'Annie Kriegel paru en 1964 (Aux origines du communisme français 1914-1920) concernait une période plus restreinte et qui, par son éloignement temporel, était moins sujet à la « passion »[9].

Robrieux, voulant comprendre les « zones d'ombres » qui existent dans les mémoires, notamment ceux de Jean Jérôme[10] (de son vrai nom Mikhaël ou Michel Feintuch) et notamment de la période qui va de mai 1943 à août 1944, émet l'hypothèse que ce dernier, à la suite de son arrestation, ait été « retourné » par les Allemands et qu'il aurait été responsable de l'arrestation du groupe Manouchian, voire qu'il aurait facilité celle-ci pour le compte des Soviétiques, ces derniers suspectant Manouchian et certains de ces camarades de sympathies « trotskistes ». Cette hypothèse est critiquée par plusieurs historiens comme Annie Kriegel et Stéphane Courtois dans des articles de presse ou divers ouvrages tels que Le Sang de l'étranger (1989) coécrit par Stéphane Courtois, Adam Rayski (ancien responsable de la section juive de la MOI, resté fidèle au PCF) et Denis Peschanski, historien spécialiste de Vichy, membre de l'Institut de l'Histoire du Temps Présent, et dont la participation à l'ouvrage lui vaut d'être partiellement désavoué par ses collègues historiens. La polémique est également « violente » avec l'historienne Lilly Marcou.

À la fin des années 1980 et au long des années 1990, Philippe Robrieux est régulièrement en conflit avec son employeur, le CNRS, où la commission d'histoire et le conseil scientifique comprenaient des représentants du PCF, à cause de son "intérêt" obstiné sur le sujet.[réf. nécessaire]

BibliographieModifier

  • Maurice Thorez : vie secrète et vie publique, Paris, Fayard, 1975
  • Notre génération communiste (1953-1968), Robert Laffont, 1977
  • Histoire intérieure du Parti communiste, 4 tomes, Paris, Fayard, 1980-1984
  • La Secte, Stock, 1985
  • L'Affaire Manouchian, Fayard, 1986

SourceModifier

Notes et référencesModifier

  1. Voir sur humanite.fr.
  2. Dépêche du Figaro.
  3. Renseignements autobiographiques donnés dans Notre génération communiste, page 17 : père « cadre supérieur », mère « exportation des articles de haute-couture ».
  4. a et b Thomas Wieder, L'historien Philippe Robrieux est mort, Le Monde, 7 octobre 2010
  5. Compte-rendu du XVe congrès du Parti communiste français, nº spécial des Cahiers du communisme, juillet-août 1959, pages 379-384.
  6. Ibid. Liste des membres du comité central élu par le XVe Congrès, pages 558-559.
  7. Philippe Robrieux, Notre génération communiste 1953-1968, pages 245-254. La non-réélection du secrétaire général de l'UEC, ne tient pas à des divergences politiques, mais à la rotation des activités au sein de la fédération de Paris du PCF. Lors de l'affaire Servin-Casanova, Robrieux est membre du bureau national de l'UEC et permanent appointé de la Fédération de Paris. Cf. page 252 de ses Mémoires.
  8. Pierre Souyri, Philippe Robrieux, Maurice Thorez. Vie secrète et vie publique (compte-rendu), Annales, Année 1978, 33-4, pp. 852-854
  9. Marc Lazar, Le Communisme une passion française, Perrin, Paris, 2002.
  10. La Part des hommes, tome 1, 1983.

Liens externesModifier