Philippe II de Savoie-Achaïe

seigneur de Piémont

Philippe de Savoie, pour lequel on trouve également les formes de Savoie-Achaïe, d'Achaie ou encore de Piémont, né en 1340 et mort probablement à Veillane (Avigliana), est un seigneur de Piémont (1367-1368). Il est numéroté [II] afin de ne pas le confondre avec son ancêtre, le seigneur Philippe Ier de Savoie-Achaïe.

BiographieModifier

OriginesModifier

Philippe de Savoie est né en [1]. Il est le fils de Jacques, seigneur de Piémont, et de sa seconde épouse, Sibylle des Baux, fille de Raymond, seigneur des Baux[1],[2].

Fiancé en 1361 à Marie de Genève, fille du comte Amédée III[1],[3], il épouse le Alix de Thoire-Villars, dame de Montgiffond, fille de Humbert [V], seigneur de Thoire et Villars[1]. Ils n'ont pas d'enfant[1].

Succession progressiveModifier

Son père Jacques lui lègue ses droits sur la Morée en 1346[4],[5], ce qui indique selon Bruno Galland que le seigneur de Piémont « [considérait] que ses prétentions [sur la principauté] avaient quelque valeur »[4]. En 1359, Jacques associe Philippe à la gouvernance sur le Piémont[4]. Cependant, cette préparation à la succession se fait sans en avertir le comte de Savoie, Amédée VI, pourtant son suzerain[6]. Le comte Amédée qui n'attendait qu'une occasion pour déclarer la guerre et affirmer toute son autorité sur le Piémont déclare la guerre en octobre de la même année : un mois plus tard les Savoie-Achaïe sont obligés de signer un compromis et de remettre officiellement le Piémont à la branche aînée des Savoie, au mois de [4].

Spoliation de son héritageModifier

Son père Jacques nomme, dans son testament de 1367, pour héritiers ses fils Amédée et Louis, issus de son dernier mariage avec Marguerite de Beaujeu, délestant Philippe, issu du précédent mariage et héritier légitime[7].

Spolié, Philippe se soulève contre son père, puis contre Marguerite de Beaujeu, après la mort de son père le , recevant notamment le soutien de la famille Visconti, de Milan, du marquis de Saluces, Frédéric Ier[8], ainsi que des Routiers[7]. La rébellion de Philippe est perçue comme une trahison[7] Son parent, le comte de Savoie, Amédée VI, profite de ce conflit pour intervenir et prendre le parti du jeune Amédée, qui ne représente pas de véritable menace pour à ses intérêts[4]. Philippe est forcé à se rendre en 1368[7]. Il est arrêté et emprisonné à Rivoli[7], selon un acte du [2]. Il est accusé notamment d'avoir exécuté des officiers relevant du comte de Savoie[4] et condamné peu de temps après[2].

MortModifier

Le lieu de sa mort est incertain. L'archiviste paléographe Louis de Mas Latrie (1815-1897) indique qu'il serait « mort dans sa prison peut-être de mort volontaire, au mois d'octobre de la même année. » (1368)[2]. Le site de généalogie Foundation for Medieval Genealogy donne pour lieu de sa mort le château de Veillane, dans le courant du mois d'[1].

La tradition raconte[7] qu'il aurait été noyé dans le lac d'Aveillane (Avigliana), en 1368[4],[9]. La mort par noyade était la peine encourue pour crimes contre l'État par les grands personnages du comté de Savoie jugés coupables[7].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Bruno Galland, Les papes d’Avignon et la Maison de Savoie (1309-1409), vol. 247, coll. « Publications de l'École française de Rome », (lire en ligne).

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f (en) Charles Cawley, « Philippe de Savoie », sur fmg.ac/MedLands (Foundation for Medieval Genealogy) (consulté en novembre 2020).
  2. a b c et d Louis de Mas Latrie, Les Princes de Morée ou d'Achaïe : 1203-1461, Venise, (lire en ligne), p. 13.
  3. Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p. (lire en ligne), p. 302.
  4. a b c d e f et g Galland 1998, p. 268-269.
  5. Antoine Bon, La Morée franque : Recherches historiques, topographiques et archéologiques sur la principauté d’Achaïe (1205-1430), Paris, Éditions E. de Boccard, (lire en ligne), p. 214
  6. Galland, p. 268-269.
  7. a b c d e f et g Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05-101676-3), p. 164.
  8. Galland 1998, p. 208.
  9. Joseph Henri Costa de Beauregard, Mémoires historiques sur la maison royale de Savoie et sur les pays soumis à sa domination depuis le commencement du onzième siècle jusqu'à l'année 1796 inclusivement, enrichis de notes et de tableaux généalogiques et chronologiques (Tome 1), Turin, P.-J. Pic librairie, , 370 p. (lire en ligne), p. 34.