Orfevre
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Orfevre après le Arima Kinen 2011

Père Stay Gold
Mère Oriental Art
Père de mère Mejiro McQueen
Sexe Mâle
Naissance 2008
Pays de naissance Drapeau du Japon Japon
Pays d'entraînement Drapeau du Japon Japon
Éleveur Shadai Farm
Propriétaire Sunday Racing
Entraîneur Yasuotoshi Ikee
Jockey Kenichi Ikezoe
Christophe Soumillon
Rating FIAH 129
Nombre de courses 21
Nombre de victoires 12 (7 places)
Gains en courses 12 059 000 
Distinction Cheval de l'année au Japon et meilleur 3 ans (2011)
Cheval d'âge de l'année au Japon (2012, 2013)
Hall of Fame des courses japonaises
Principales victoires Tokyo Yushun
Satsuki Sho
Kikuka Sho
Takarazuka Kinen
Arima Kinen

Orfevre () est un cheval de course japonais. L'un des huit lauréats de la triple couronne japonaise, favori et le grand malheureux du Prix de l'Arc de Triomphe en 2012, il est membre du Hall of Fame des courses japonaises.

Carrière de coursesModifier

 
Orfevre remporte le Satsuki Sho en 2011

Natif d'un printemps tardif, au mois de mai, dans le grand élevage de Shadai, Orfevre débute pourtant à 2 ans, mais sans vraiment se faire remarquer : une victoire dans un maiden (une course pour débutants), une deuxième place dans une course à conditions et une anonyme dixième place dans un groupe 2, ce qui témoigne cependant de l'estime dans laquelle le tient son entourage. La carrière d'Orfevre prend donc son envol en 2011, l'année de ses 3 ans. Cette nouvelle saison commence par deux accessits dans des groupe 3 préparatoires aux classiques, puis le poulain s'abonne à la victoire. D'abord dans un groupe 2, en prélude à son premier groupe 1 un mois plus tard : Orfevre remporte sans coup férir le Satsuki Sho, l'équivalent des 2000 Guinées, puis fin mai le Tokyo Yushun, le Derby, soit les deux premières manches de la Triple Couronne japonaise. Mis au repos durant l'été, il effectue sa rentrée en gagnant un groupe 2 devant son dauphin du Derby, Win Variation, avant de s'attaquer victorieusement au dernier volet de la triple couronne, le Kikuka Sho, l'équivalent du St. Leger, où il s'impose encore une fois devant Win Variation. Voilà donc Orfevre lauréat de la Triple Couronne, un triptyque qui n'a été accompli que par six chevaux avant lui, le premier (St Lite) en 1941, le dernier (Deep Impact, entraîné comme lui par Yasuo Ikee) en 2005. Et il ne s'arrête pas là : tout au bout de la longue saison japonaise, le 25 décembre, le 3 ans appartenant à Sunday Racing défait les meilleurs chevaux d'âge du Japon dans l'Arima Kinen (pour lequel il avait été plébiscité par le public, dans cette course où les partants sont désignés par des votes). Parmi les battus du jour, Buena Vista, auréolée de sa récente victoire dans la Japan Cup ou Victoire Pisa, le tenant du titre et lauréat de la Dubaï World Cup. C'est donc tout naturellement qu'il est élu, à l'unanimité, cheval de l'année au Japon, et meilleur 3 ans[1].

En 2012, le bel alezan fait son retour avec un objectif affirmé : remporter le Prix de l'Arc de Triomphe en octobre. Il est en effet de tradition depuis plusieurs années que le Japon délègue à Paris son ou ses meilleurs représentants, dans l'espoir de conquérir le prestigieux trophée. La deuxième place d'El Condor Pasa derrière Montjeu, en 1999, a montré qu'un pareil exploit était à portée de main. Deep Impact, le précédent vainqueur de la Triple Couronne et qui passe pour l'un sinon le meilleur cheval de l'histoire des courses japonaises, s'y était certes cassé les dents (troisième, avant d'être disqualifié pour contrôle positif[2]), mais Orfevre semble autant que lui taillé pour l'aventure. Sauf que la première partie de saison du champion laisse perplexe. Battu de peu pour sa rentrée dans un groupe 2, malgré une formidable accélération, il sombre corps et âme dans le Tenno Sho (Gr.1). Mais il réussit son appel en triomphant dans l'important Takarazuka Kinen en juin. Suffisant pour valider son billet pour Paris.

 
Arrivée du Prix de l'Arc de Triomphe 2012 : Orfevre en tête, à 100 mètres du but.

À la fin de l'été, Orfevre débarque donc à Chantilly, où il sera confié aux bons soins du pilote belge Christophe Soumillon, star des courses françaises, double vainqueur de l'Arc avec les cracks Dalakhani et Zarkava, et l'une des plus fines cravaches d'Europe. Sa première apparition à l'étranger laisse présager du meilleur : il remporte le Prix Foy aux dépens de Méandre, qui restait sur deux victoires de groupe 1, et le voilà installé favori de l'Arc, avec l'Irlandais Camelot, qui a bien failli être le premier vainqeur de la Triple Couronne britannique depuis Nijinsky en 1970. Des milliers de supporters japonais ont fait le déplacement, et au pays natal, on retient son souffle, mais la star japonaise va faire vivre à ses admirateurs la plus cruelle des désillusions : dans une course disputée en terrain lourd, il déborde tout le peloton par l'extérieur, prend l'avantage en quelques foulées, semble parti pour la gloire mais soudain verse sur sa droite, s'appuie sur la lice et, comme déconcentré, perd brièvement l'équilibre et peine à se relancer. Au même moment l'outsider Solemia, une presque sans-grade qui n'avait jamais remporté un groupe 1 quand lui au même âge en compte déjà quatre dans la musette, trouve son action, l'attaque et lui prend une encolure sur le poteau. Réputé fantasque, Orfevre a sorti sa plus insolite facétie au pire des moments. Au Japon, la douche froide est mémorable et les images des fans climatisés font le tour d'internet[3]. Quand à Christophe Soumillon, s'il ne tarit pas d'éloges sur son partenaire, il confesse que « c'est un coup de tonnerre qui m'est tombé sur la tête » [4].

Pour ne pas rester sur pareille désillusion, Orfevre rentre à la maison pour s'offrir la Japan Cup, mais il va se trouver confronté à un autre problème : non pas ses discutables talents de funambule, mais un phénomène made in Japan nommé Gentildonna, lauréate quant à elle de la Triple Couronne des Pouliches. À l'issue d'une lutte épique et d'une enquête pour gêne (qui vaudra au jockey de Gentildonna deux jours de suspension), il doit s'incliner d'un bout du nez face à la nouvelle vedette. Quant à Solemia, qui participait aussi à la fête, elle finit dans le lointain. Orfevre, fatigué par une longue saison, ne défend pas son titre dans l'Arima Kinen, bien qu'il ait, une nouvelle fois, recueilli le plus de votes du public. Il est sacré cheval d'âge de l'année, quand Gentildonna se voit sacrée du titre suprême, cheval de l'année.

 
Orfevre après le Osaka Hai en 2013

2013. Orfevre a cinq ans, et compte bien réparé sa bévue de l'an dernier à Longchamp. Sa nouvelle saison, axée sur la grande course parisienne, débute directement par une victoire dans le Ōsaka Hai, un groupe 2 disputé fin mars. Mais alors qu'il prépare une nouvelle tentative dans le Takarazuka Kinen, il se blesse à l'entraînement. On ne le reverra donc plus avant septembre, et une nouvelle campagne française qui prend les allures d'un bis repetita : retrouvant Christophe Soumillon, il se montre très à son aise pour s'adjuger un nouveau Prix Foy et se présente en favori au départ de l'Arc. 6 000 supporters japonais sont venus savourer leur revanche[3], 150 journalistes couvrent l'événement sur place. Sauf que, une fois encore, une pouliche hors du commun, se dresse sur sa route : la Française Trêve, qui s'offrira l'année suivante un rarissime doublé, s'impose brillamment en reléguant Orfevre et les autres à cinq longueurs. Cette deuxième place, cette fois, ne souffre d'aucune excuse, Orfevre s'étant montré sage comme une image.

Ce sera la dernière tentative française d'Orfevre, qui fait l'impasse sur la Japan Cup pour faire ses adieux dans l'Arima Kinen fin décembre, devant une foule de 125 000 personnes. Grand favori de l'épreuve, il s'offre une sortie royale, pulvérisant de huit longueurs une opposition menée par son vieux rival Win Variation. À l'issue de la réunion, une cérémonie d'adieux officielle se tient devant 60 000 personnes venues le saluer[5]. Lors des JRA Awards, il est élu à nouveau meilleur cheval d'âge, mais doit s'incliner pour le titre de cheval de l'année face au sprinter Lord Kanaloa. Les ratings de fin d'année le placent sur la troisième marche du podium des meilleurs chevaux du monde, derrière Trêve et la championne australienne Black Caviar, à égalité avec le miler américain Wise Dan, avec un score de 129[6]. En 2015, Orfevre se voit consacré dans le Panthéon des courses japonaises, le JRA Hall of Fame[7].

PalmarèsModifier

  Japon

  • Satsuki Sho (Gr.1, 2011)
  • Tokyo Yushun (Gr.1, 2011)
  • Kikuka Sho (Gr.1, 2011)
  • Arima Kinen (Gr.1, 2011, 2013)
  • Takarazuka Kinen (Gr.1, 2011)
  • Spring Stakes (Gr.2, 2011)
  • Kobe Shimbun Hai Stakes (Gr.2, 2011)
  • Ōsaka Hai (Gr.2, 2013)
  • 2e Japan Cup (Gr.1, 2012)
  • 2e Hanshin Daishoten (Gr.2, 2012)
  • 2e Shinzan Kinen (Gr.3, 2011)
  • 3e Kisaragi Sho (Gr.3, 2011)

  France

Au harasModifier

Désormais étalon, Orfevre prend ses quartiers au haras qui l'a vu naître, Shadai, le plus prestigieux élevage du Japon, situé sur l'île d'Hokkaidō. Son prix de saillie initial s'élève à ¥ 6 000 000 (soit environ 45 000 euros)[8], puis tourne autour de ¥ 4 000 000[9]. Il est notamment l'auteur du classique Epoca d'Oro, lauréat du Satsuki Sho et deuxième du Derby, et de la championne Lucky Lilac (Osaka Hai, Queen Elizabeth II Cup, Hanshin Juvenile Fillies, 2e Oka Sho (1000 Guinées japonaises), Hong Kong Vase, 3e Yushun Himba (Oaks), 4e Arima Kinen...)

OriginesModifier

Orfevre est un fils de Stay Gold, lui-même issu du chef de race Sunday Silence. Stay Gold fut jusqu'à ses 7 ans un véritable stakhanoviste des hippodromes, courant la bagatelle de 50 fois, pour 7 victoires seulement, dont deux de prestige : le Hong Kong Vase et le Dubaï Sheema Classic. Il s'est avéré un remarquable étalon, donnant plusieurs champions tels Gold Ship (Satsuki Sho, Kikuka Sho, Arima Kinen, Takarazuka Kinen, Tenno Sho), Win Bright (Queen Elizabeth II Cup, Hong Kong Cup), ou encore Dream Journey (Asahi Hai Futurity Stakes, Takarazuka Kinen, Arima Kinen), qui n'est autre que le propre frère d'Orfevre. Leur mère, Oriental Art, ne brilla guère en compétition, mais avec ces deux champions, elle se rattrapa largement au haras.

Origines de Orfevre (JPN), mâle alezan, 2008[10]
Père
Stay Gold
1994
Sunday Silence
1986
Halo Hail To Reason
Cosmah
Wishing Well Understanding
Mountain Flower
Golden Sash
1988
Dictus Sanctus
Doronic
Dyna Sash Northern Taste
Royal Sash
Mère
Oriental Art
1997
Mejiro McQueen
1987 
Mejiro Titan Mejiro Asama
Cheryl
Mejiro Aurora Remand
Mejiro Iris
Electro Art
1986
Northern Taste Northern Dancer
Lady Victoria
Grandma Stevens Lt. Stevens
Dhow (Famille:8-c)


Notes et référencesModifier

  1. « Triple Crown Orfevre named Horse of the Year », sur Japanracing.jp,
  2. « Deep Impact dopé, le Japon choqué », sur LExpress.fr, (consulté le 5 mai 2021)
  3. a et b « Prix de l’Arc de Triomphe : le Japon suspendu aux sabots d’Orfèvre », sur L'Obs (consulté le 5 mai 2021)
  4. « Prix de l'Arc de Triomphe : Le Japon est maudit ! - Plat », sur ZoneTurf.fr (consulté le 5 mai 2021)
  5. « Picture huge crowd says goodbye to Orfevre | Racing Post », sur web.archive.org, (consulté le 5 mai 2021)
  6. « Longines World's Best Racehorse Rankings 2013 », sur web.archive.org (consulté le 5 mai 2021)
  7. « Orfèvre, élu au Hall of Fame de la JRA », sur Eurosport, (consulté le 5 mai 2021)
  8. « The biggest betting race in the world », sur Thoroughbred Racing Commentary (consulté le 8 mai 2021)
  9. (en-US) « ORFEVRE-種牡馬・産駒 », sur Shadai Stallion Station (consulté le 5 mai 2021)
  10. « Orfevre pedigree », sur Equineline, (consulté le 21 décembre 2013)