Administration de la République des Deux Nations

organisation administrative et politique de la Rzeczpospolita (République polono-lituanienne)

La République des Deux Nations, appelée aussi la République Nobiliaire, était une monarchie élective et parlementaire réunissant le Royaume de Pologne, le Grand-duché de Lituanie. Elle est naît de l'union signée le 1er juillet 1569 à Lublin et se termine en 1795 avec le troisième partage de ses territoires par les puissances voisines (la Russie, la Prusse et l'Autriche-Hongrie) et la disparition de la souveraineté de l'État polono-lituanien.

La République des Deux Nations se caractérisait par un pouvoir monarchique très limité et encadré par une législation et un parlement (Sejm) contrôlé par la noblesse (szlachta).

Le Parlement rassemble le roi, des hauts fonctionnaires de l'État nommés par le roi et l'ensemble des membres de la noblesse, représenté soit en personne soit par une diète locale. Les roturiers (bourgeois et paysans) ne sont quasiment pas représentés dans le système politique de la République.

SénatModifier

Le Sénat de la République des Deux Nations joue à la fois le rôle de conseil permanent auprès du monarque et de la chambre haute du parlement (Sejm). La liste des dignitaires éligibles pour siéger au Sénat est finalisée en 1569, lors de l'Union de Lublin qui transforme le Royaume de Pologne (appelé désormais la Couronne) et le Grand-duché de Lituanie, en République des Deux Nations.

Ainsi le Sénat réunit des ministres, voïvodes, châtelains et évêques.

ÉvêquesModifier

Le personnage le plus important du Sénat est l'archevêque de Gniezno qui est aussi primat de Pologne. En cas de décès du roi, c'est lui qui devient chef de l'État par intérim, jusqu'à ce qu'un nouveau roi soit élu. C'est aussi lui qui est chargé d'organiser les élections. En outre, s'il juge opportun de le faire et ce même en l'absence du roi, l'archevêque de Gniezno a le pouvoir de convoquer une nouvelle session du Sénat. Il peut également invoquer l'article de non praestanda obedientia qui permet de déposer légalement le roi. Il choisit parmi d'autres sénateurs son propre maréchal de cour (souvent un castellan). Au cours des réunions du Sénat, celui-ci agit en tant que messager de l'archevêque, transmettant par signes (en déplaçant par exemple une croix) les consignes de vote aux alliés de l'archevêque. L'archevêque de Gniezno a deux députés : l'évêque de Wrocław et l'évêque de Poznań.

Après 1668, bien qu'aucune loi ne l'interdise explicitement, il n'y avait pas de non-catholiques occupant des postes sénatoriaux. Il est intéressant de noter que même les lois de 1717 n'interdisaient pas aux calvinistes ou aux orthodoxes appelés dissidents de siéger au Sénat.

VoïvodesModifier

Les Voïvodes (palatins) sont des gouverneurs de voïvodies. Depuis le XIIe siècle où cet office fut introduit, la puissance des voïvodes ne cesse de diminuer. Les voïvodes demeurent cependant les plus hauts dignitaires régionaux et ils sont les plus hauts représentants de leurs voïvodies au Sénat. C'est eux qui ont la charge de rassembler les troupes de la noblesse locale en cas de levée en masse. Chacun d'eux se choisit un vice-voïvode, responsable de fixer les taxes et les mesures locales. Les voïvodes sont choisis par le roi, à l'exception de ceux des voïvodies de Polotsk et de Vilnius, qui sont élus par (et de) la noblesse locale (mais qui doivent cependant être confirmés par le roi). À son apogée, la République des Deux Nations comptait 37 voïvodies.

CastellansModifier

Les Castellans (châtelains) sont des seigneurs à la tête d'une partie de la voïvodie, appelée châtellenie. À l'exception du Castellan de Cracovie (le plus élevé dans la hiérarchie), le Castellan de Vilnius et le Castellan de Trakai qui siègent parmi les voïvodes, les Castellans sont considérés comme étant de rang inférieur aux Voïvodes. À partir du XVe siècle, le nom châtellenie est réservé aux unités territoriales plus importantes, alors que les plus petites se nomment désormais powiats. Ainsi on distingue des castellans majeurs (31), Castellans mineurs (49) et Castellans écuyers (3).

À partir de 1565, le principe d'incompatibilitas (incompatibilité) interdit aux Voïvodes et Castellans de remplir une deuxième fonction (par exemple celle de ministre). Une exception est pourtant faite pour le poste d'hetman (commandant d'armée).

MinistresModifier

La fonction de ministre est comparable à celui d'un fonctionnaire d'un gouvernement moderne. Les ministres sont au nombre de dix ː cinq pour la Couronne et cinq pour la Lituanie. Il s'agit de ː

  • Grand maréchal de la Couronne (Marszałek Wielki Koronny),
  • Grand maréchal de Lituanie (Marszałek Wielki Litewski),
  • Grand chancelier de la Couronne (Kanclerz Wielki Koronny),
  • Grand chancelier de Lituanie (Kanclerz Wielki Litewski),
  • Vice-chancelier de la Couronne (Podkanclerzy Koronny),
  • Vice-chancelier de Lituanie (Podkanclerzy Litewski),
  • Maréchal de la Cour de la Couronne (Marszałek Nadworny Koronny),
  • Maréchal de la Cour de Lituanie (Marszałek Nadworny Litewski),
  • Grand trésorier de la Couronne (Podskarbi Wielki Koronny),
  • Grand trésorier de Lituanie (Podskarbi Wielki Litewski),

Les compétences des grands maréchaux s'approchent de celles d'un ministre de l'Interieur d'aujourd'hui. Ils assurent la sécurité du roi et maintiennent l'ordre. Ils commandent chacun un régiment d'infanterie, un régiment de milice et une cour de justice doté d'un juge (sędzia marszałkowski), d'un clerc (pisarz marszałkowski) et des assesseurs. Ces tribunaux administrent les sentences, sans possibilité de recours. Pour les crimes tels que le port d'une arme en présence du roi, la peine est la mort. Le tribunal du grand maréchal a juridiction sur tous les crimes commis contre la cour royale ou ses membres.

Pendant les déplacements du roi, les maréchaux supervisent la voïvodie locale. Ils décident qui sera admis en audience royale. Ils sont les organisateurs et les maîtres des cérémonies royales et judiciaires (y compris les mariages, les funérailles, etc.). Ils sont les maîtres de la cour. Ils encadrent des courtisans et (le cas échéant) fixent leurs salaires. Chaque maréchal est doté d'un bureau, nommé par le grand chancelier (kanclerz). En échange, toutes les nominations des chanceliers sont prononcées par les maréchaux. Si le maréchal est absent, ses fonctions sont transmises au grand trésorier ou au grand chancelier laïque. Dans les occasions formelles et au cours des déplacements du roi, un maréchal avec son personnel de bureau précède le monarque. Dans la hiérarchie, les chanceliers viennent après les maréchaux.

Les maréchaux de la Cour sont subordonnés aux Grands maréchaux. Les ministres de Lituanie, pourtant investis des mêmes pouvoirs que les ministres de la Couronne, sont considérés comme en-dessous d'eux.

Les hetmans sont également considérés comme des ministres mais n'ont pas de siège au Sénat.

À partir de 1507, l'office de Grand chancelier de la Couronne est alterné entre les chanceliers laïques et ecclésiastiques. Le chancelier et son vice-chancelier (qui n'est pas un subordonné direct du chancelier) sont responsables du travail de leur chancellerie. La chancellerie de la Couronne (dite majeure) et la chancellerie de Lituanie (dite mineure) sont censées être en contact constant et développer des politiques communes. Leurs responsabilités comprennent les affaires étrangères et internes.

Les chancelleries sont dotées d'un régisseur, secrétaires, écrivains et greffiers. Les régisseurs repartissent le travail entre les employés. Deux secrétaires (un particulier, l'autre responsable de la correspondance) présentent des lettres prêtes à la signature du roi. Le écrivains rédigent des lettres, les greffiers en font des copies. Les documents sont également copiés dans les livres de registres, qui sont tenus par deux greffiers de registres un en Pologne et un en Lituanie.

Le chancelier est amené à prononcer des discours exprimant la volonté royale. Le symbole de sa chancellerie est le sceau, qu'il utilise pour valider tous les documents. Le chancelier appose son sceau également sur les documents émanant du monarque et il a le droit de refuser de signer un document qu'il considère comme illégal ou dommageable pour l'état. Dans les années 1630, une expedition contre l'empire Ottoman, envisagée par Władysław IV Vasa, ayant été jugée par les chanceliers contraire aux intérêts de l'État, a ainsi été empêchée. Quand le roi meurt, le sceau est détruit. Un nouveau sceau est fourni lorsqu'un nouveau roi est élu. Les chanceliers sont considérés comme les représentants du roi et de l'État.

Le chancelier a aussi des pouvoirs judiciaires, exercés par les tribunaux des assesseurs, qui sont des cours d'appel pour les personnes non soumises aux tribunaux ecclésiastiques ou des cours des magnats. Chaque cour est administrée par un secrétaire, un référendaire et un greffier. Au XVIIe siècle, les tribunaux sont élargis pour accueillir quatre assesseurs et, en 1775, un greffier de registres et un regens.

Les pouvoirs des chanceliers accroissent au fil du temps du fait que les guerres nécessitent des fonds, et ceux-ci doivent être octroyés par le Sénat. Les nobles les plus riches qui contrôlent le Sénat sont généralement réticents à augmenter et prélever des impôts sur eux-mêmes. Du fait, le financement de l'armée est insuffisante et elle est sous-équipée. Toute suggestion d'augmenter le budget de la défense, tant qu'un ennemi n'est pas sur le seuil de la République, est qualifiée de bellicisme. Par conséquent, les terres de Pologne-Lituanie sont constamment ravagées par de nouvelles incursions et invasions des voisins qui paralysèrent l'économie.

Les grands-trésoriers gèrent les finances de l'État, les flux de trésorerie et le Trésor, et contrôlent la frappe de la Monnaie. Comme les chanceliers, ils ne reçoivent aucun salaire, la corruption est endémique et une partie importante des finances de l'État se retrouve dans leurs poches. Si un trésorier est déplacé à un autre poste, il est obligé de rendre compte de ses décaissements, et s'il meurt, c'est à sa famille de produire ces comptes. Les grands-trésoriers supervisent les petits fonctionnaires comme le directeur de la Monnaie (mincerz), collecteurs d'impôts, les super-intendants des douanes, les agents de douane. Il convient de rappeler qu'à cette époque, les biens et les personnes étaient imposés non seulement aux frontières mais aussi au passage des ponts, des carrefours et des portes de la ville.

Fonctionnaires de l'ÉtatModifier

Ils ne participent pas aux votes du Sénat.

Les plus importants parmi ces fonctionnaires sont le Secrétaire de la Couronne et le Secrétaire de Lituanie. Avec le Maréchal de la Cour, ils sont considérés les fonctionnaires les plus importants de l'administration et de la justice. Ils peuvent agir comme chanceliers quand aucun chancelier n'est présent. Ils transportent les courriers les plus secrets. Au Sénat, ce sont eux qui lisent les lettres du roi et les résolutions de la Diète. Les Secrétaires agissent souvent comme assesseurs et sont appelés innate assessors. En général, ils sont issus du clergé.

Viennent ensuite quatre Référendaires, deux laïques et deux ecclésiastiques, un chacun pour la Couronne et pour la Lituanie. Ils quittent rarement la cour royale. Leurs fonctions consistent à examiner les plaintes et les requêtes et en réfèrent (d'où leur nom) au roi. Ils agissent également comme juges dans les affaires impliquant les paysans des terres du roi et comme assesseurs pour les autres tribunaux.

Deux Procureurs, un pour la Couronne et un pour la Lituanie, sont chargés d'instruire des enquêtes concernant les crimes contre l'État et la personne du Roi. Ils sont autorisés à poursuivre en justice tous les dignitaires à l'exception du roi.

Deux Écrivains, un pour la Couronne, trois pour la Lituanie, ont la tâche de clarifier les décrets royaux et de les transmettre à leurs destinataires. Ils agissent souvent comme ambassadeurs et assesseurs.

Le Gardien de la Couronne est responsable de la sauvegarde du Trésor Royal. Pour accéder au trésor, il faut réunir les sept clés réparties entre le grand trésorier et six voïvodes. Traditionnellement, le Gardien de la Couronne est choisi parmi les prêtres de la cathédrale de Cracovie.

À partir de 1647, ces fonctionnaires sont rejoints par un Maître des postes, qui supervise la poste royale, fondée en 1547.

En principe, les fonctionnaires sont nommés à vie, mais quelques postes échappent à cette règle. C'est le cas du poste du Président du Sénat (Maréchal du Sénat) qui préside les réunions de l'assemblée. Traditionnellement, le poste de Président du Sénat est réservé aux sénateurs des trois provinces de la République : la Grande-Pologne, la Petite-Pologne et le Grand-duché de Lituanie.

Le poste de Président de la Diète (Maréchal de la Diète) est pourvu seulement durant les sessions de la Diète. Le Président désigne le secrétaire de la Diète chargé de rédiger les comptes rendus des réunions.

La haute assemblée des nobles est appelée le Tribunal de la Couronne. Elle est créée en 1579 et est dirigée par un président et un maréchal. Le maréchal est choisi parmi et par les juges, tandis que le président, porté sur les questions ecclésiastiques, est un prêtre de haut rang.

En 1613, sont également créés ː le Tribunal de Lituanie, le Tribunal du trésor de Lituanie et le Tribunal du Trésor de la Couronne. Les salaires des juges sont fixés lors des réunions de la Diète.

Les mines de sel (żupy) qui appartiennent à la Couronne sont supervisées par un żupnik.

D'autres dignitaires moins importants peuvent être nommés par le roi ou la Diète pour traiter des questions spécifiques et à court terme.

Dignitaires de la CourModifier

Les postes officiels de la Cour sont très difficiles à décrire. Les fonctions évoluent beaucoup au cours des siècles. Vers la fin du XVIIe siècle, la plupart des offices sont devenus purement honorifiques et le roi doit alors créer un nouvel ensemble de fonctionnaires pour faire face aux responsabilités.

Il faut faire la distinction entre les fonctionnaires de la Cour qui servent le roi, et ceux qui en assurent le bon fonctionnement. Au XVIe siècle, la Cour comprend entre 1 000 et 1 500 individus. Les membres du premier groupe ne sont pas soumis au principe de non cumul de fonctions. Ils possèdent souvent un autre poste, généralement dans l'administration locale (par exemple Staroste)

Parmi ceux qui servent le roi, le plus important est le Maître de cuisine (Kuchmistrz), qui supervise le personnel de la cuisine, l'équipement proprement dit, et la préparation des aliments. Pendant les fêtes, c'est lui qui annonce les plats successifs. Deuxième en importance est le Panetier du roi (Stolnik), qui commence le dressage la table du roi. Pendant les fêtes, il dirige la création des plats, aidé par l'intendant. Le Maître-d'hôtel du roi (Krajczy) finit le dressage de la table avec les assiettes et les ustensiles. Pendant les fêtes, il découpe les viandes et tous les plats nécessitant l'usage d'un couteau. Après la découpe, il goûte les plats. Au XVIIe siècle cette fonction ne représente plus qu'une tradition, remontant à l'époque où ce fonctionnaire était chargé de détecter les poisons. Les boissons sont servies par l'Échanson (Cześnik) et l'Échanson royal (Podczaszy). Le premier goûte les boissons, les verse et les ordonne. Le second les sert au roi. Giorgio Paolo Mucante, secrétaire du nonce apostolique, raconte que lors d'un banquet donné en 1596, sous le règne de Zygmunt III Vasa, chaque plat était servi en suivant un protocole très précis. Passant par les mains du Maître-d'hôtel (Krajczy), qui le transmettait au Panetier (Stolnik). Ce dernier plongeait dans le plat un morceau de pain préparé à cet effet, le touchait avec sa langue, avant de le jeter dans une poubelle d'argent. Il fallait ensuite attendre un certain temps, avant que le roi et le cardinal puissent commencer à manger...

Les grands offices de la Couronne et de LituanieModifier

  • Grand chancelier de la Couronne et Grand chancelier de Lituanie (Sekretarz wielki koronny i litewski)
  • Grand référendaire de la Couronne et Grand référendaire de Lituanie (Referendarz koronny i litewski)
  • Trésorier de la Couronne et Trésorier de Lituanie (Podskarbi Nadworny koronny i Litewski),
  • Grand Chambellan de la Couronne et Grand Chambellan de Lituanie (Podkomorzy Nadworny koronny i Litewski)
  • Porte-étendard de la Couronne et Porte-étendard de Lituanie (Chorąży wielki koronny i litewski)
  • Porte-glaive de la Couronne et Porte-glaive de Lituanie (Miecznik koronny i litewski)
  • Maître des cuisines de la Couronne et Maître des cuisines de Lituanie (Kuchmistrz koronny i litewski)
  • Grand Écuyer de la Couronne et Grand Écuyer de Lituanie (Koniuszy koronny i Litewski)
  • Grand Échanson royal de la Couronne et Grand Échanson de Lituanie (Podczaszy koronny i Litewski)
  • Grand maître-d'hôtel de la Couronne et Grand maître-d'hôtel de Lituanie (Krajczy koronny i Litewski)
  • Grand Panetier de la Couronne et Grand Panetier de Lituanie (Stolnik koronny i litewski)
  • Grand Intendant du Panetier de la Couronne et Grand Intendant du Panetier de Lituanie (Postoli koronny i Litewski)
  • Échanson de la Couronne (Cześnik korony)
  • Grand veneur de la Couronne et Grand veneur de Lituanie (Łowczy koronny i Litewski)
  • Grand veneur de la Cour (Łowczy nadworny)
  • Régisseur de la chancellerie de la Couronne et Régisseur de la chancellerie de Lituanie (Regent kancelarii koronny i litewski)
  • Secrétaire des registres de la Couronne et Secrétaire des registres de Lituanie (Koronny Metrykant i Litewski)
  • Greffier judiciaire de la Couronne et Greffier judiciaire de Lituanie (Pisarz koronny Sądowy i Litewski)
  • Greffier de la Couronne et Greffier de Lituanie (Pisarz wielki koronny i litewski)
  • Greffier du Trésor de la Couronne et Greffier du Trésor de Lituanie (Pisarz skarbowy koronny i litewski)
  • Gardien de la Couronne (Kusztosz koronny)
  • Trésorier de Lituanie (Litewski skarbny)
  • Procureur de la Couronne et Procureur de Lituanie (Instygator koronny i Litewski)
  • Géomètre de Lituanie (Geometra litewski)
  • wojski (en) de Lituanie (Wojski litewski)
  • Maître de chai de Lituanie (Piwniczy litewski )

Les Charges à la cour du roiModifier

Le Maréchal de la Cour du roi dirige les officiers du roi suivants :

  • Grand Chambellan - est chargé de la cour du roi et de l'économie nationale ;
  • Porte-étendard - porte la bannière du roi ou du pays ;
  • Porte-glaive - porte l'épée devant le passage du roi ;
  • Grand écuyer - chargé des écuries et des haras du roi ;
  • Grand veneur - organisateur des chasses, gardien des forêts royales ;
  • Trésorier de la Cour - gère les finances personnelles du roi et supervise les trésors de la Cour ;
  • Secrétaire royal - secrétaire personnel du roi ;
  • Grand aumônier - supervise les trésors liturgiques et les musiciens de la cour ;

et de nombreux autres dignitaires, de moins en moins d'importance, traitant de questions comme l'approvisionnement en nourriture, le transport, etc.

La reine a sa propre cour occupée par des femmes. Son influence est moindre dans le pays.

Dignitaires militairesModifier

Les responsables militaires les plus élevés sont les hetmans. Comme pour la plupart des offices de Pologne-Lituanie, le titre d'hetman est attribué à vie et son titulaire ne peut, en principe, être révoqué même s'il n'est qu'un piètre commandant. Jusqu'au début du XVIIIe siècle, les hetmans ne sont pas rémunérés pour leurs services.

Les hetmans sont très indépendants. Ils peuvent maintenir leurs propres contacts avec l'étranger comme avec l'Empire ottoman, la Russie et les Tatars. Ils consomment leurs budgets militaires comme ils l'entendent. En tant que commandants militaires et administrateurs les plus élevés, la parole des hetmans fait loi en ce qui concerne les affaires militaires. À partir de 1590, cette loi a la même valeur que les lois de la Diète.

La buława (sceptre) est le symbole du titre de Hetman. Elle figure sur son blason. Il y a deux types de Hetman (en plus de la division entre la Couronne et de Lituanie) : le grand hetman et l'hetman de champ. Le deuxième étant subordonné au premier. L'hetman de champ est parfois appelé hetman de frontière (hetmani kresowi), car il évolue sur les frontières du sud-est de la Pologne, secteurs constamment soumis aux attaques des Turcs ottomans et des Tatars.

Les hetmans choisissent, pour une période de deux ans, un ataman qui commande les troupes cosaques de la République. Ils ont aussi un adjoint, appelé regimentarz, qui commande la levée en masse sur la voïvodie. Hetman et regimentarz sont accompagnés par une équipe d'officiers : grand garde, garde de champ, greffier de champ, grand intendant, et intendant de champ. Ces officiers reçoivent un salaire (les gardes de champ lituaniens, greffiers de champ et intendants reçoivent 15 000 złotych polonais par an, le greffier de champ de la Couronne, 30 000).

Après 1635, plusieurs nouveaux grades sont créés :

  • 1637 : général d'artillerie, responsable des forces d'artillerie et de leur logistique,
  • 1670 : général de logistique, médecin général, général des finances

L'entraînement des troupes au combat est supervisé par les inspecteurs généraux (toutefois, on ne sait pas exactement quand ce grade a été créé, au XVIIe siècle).

Les grands offices militairesModifier

  • Hetman wielki KoronnyGrand hetman de la Couronne,
  • Hetman wielki Litewski – Grand hetman de Lituanie,
  • Hetman polny Koronny – hetman de la Couronne,
  • Hetman polny Litewski – hetman de Lituanie,
  • Strażnik wielki Koronny – grand garde de la Couronne,
  • Strażnik wielki Litewski – grand garde de Lituanie,
  • Strażnik polny Koronny – garde (de champ) de la Couronne,
  • Strażnik polny Litewski – garde (de champ) de Lituanie,
  • Pisarz polny Koronny – greffier de la Couronne,
  • Pisarz polny Litewski – greffier de Lituanie,
  • Oboźny wielki Koronny – grand intendant de la Couronne,
  • Oboźny wielki Litewski – grand intendant de Lituanie,
  • Oboźny polny Koronny – intendant de la Couronne,
  • Oboźny polny Litewski – intendant de Lituanie,
  • Sędzia wojskowy Koronny – juge militaire de la Couronne,
  • Sędzia wojskowy Litewski – juge militaire de Lituanie,
  • Generał artylerii Koronny i litewski – général d'artillerie de la Couronne et de Lituanie,
  • Regent wojski litewski – régent wojski de Lituanie,
  • Regimentarzhetman adjoint (en),
  • Rotmistrzcommandant de régiment d'infanterie ou de cavalerie,
  • Towarzysz – (littéralement Compagnon) officier de cavalerie (en),
  • Towarzysz husarski – officier de Hussard,
  • Towarzysz pancerny – officier de cavalerie légère,
  • Pocztowy – soldat de cavalerie.

Administration localeModifier

La Constitution de 1611 (amendée en 1633 et 1635) prescrit de nombreux postes de fonctionnaires, mais il ne s'agit que de simples suggestions. Ainsi la Voïvodie de Bełz (en) n'a que 4 des 15 fonctionnaires prescrits. La plupart des voïvodies du Nord en comptent environ 5. Chaque province a son propre ensemble de fonctionnaires.

À quelques exceptions près, les fonctionnaires de l’administration locale sont nommés par le roi. Les parlements locaux (Diètes locales) peuvent choisir leur chambellan, juge, adjoint du juge, greffier, ils désignent aussi un porte-drapeaux et les maréchaux. Si ce n'est le nom, les chambellans n'ont rien en commun avec les fonctionnaires du même nom à la Cour. Ils administrent une cour de justice locale qui a juridiction sur les litiges de propriété. Le juge, à la tête du tribunal local a juridiction sur les affaires civiles et criminelles impliquant la noblesse locale.

Le Staroste général est responsable d'un territoire spécifique. Le Staroste de ville est chargé des villes, tandis que le Staroste rural est responsable de l'administration des terres de la Couronne. Celles-ci doivent être tenues en bon état financier et militaire. Alors qu'avec le temps, ses responsabilités administratives sont de plus en plus réduites, le Staroste conserve la charge des tribunaux municipaux, qui traitent la plupart des affaires criminelles et ont compétence sur la noblesse locale et de passage. Les cas les plus graves (assassinats, viols, vols) sont traités très sévèrement (le brigandage est punissable de mort). Le Staroste détient également le pouvoir de l'épée, ce qui signifie qu'il applique les verdicts de toutes les autres juridictions. Le Staroste rural n'a pas de pouvoirs juridiques.

Le porte-étendard porte la bannière locale lors des cérémonies royales et dans les batailles, lorsque les troupes locales servent dans l'armée. Pendant la guerre, le Wojski (en) maintient l'ordre et la sécurité sur le territoire. En Lituanie, les responsabilités des Baillis (Ciwuns) sont similaires à celles des Starostes. Le maréchal préside les diètes locales. Dans la Couronne, les maréchaux sont choisis pour la durée de la session de la Diète et sont donc beaucoup moins puissants que ceux de la Lituanie, qui sont désignés à vie.

Fonctionnaires de l’administration locale de la CouronneModifier

  • Chambellan (Podkomorzy)
  • Staroste (Starosta grodowy)
  • Porte-étendard (Chorąży)
  • Juge (Sędzia ziemski)
  • Adjoint du juge (Podsędek)
  • Panetier (Stolnik)
  • Intendant du panetier (Podstoli)
  • Échanson royal (Podczaszy)
  • Échanson (Cześnik)
  • Maître de chasse (Łowczy)
  • Wojski major (Wojski większy)
  • Wojski (Wojski mniejszy)
  • Greffier (Pisarz ziemski)
  • Porte-épée (Miecznik)
  • Trésorier (Skarbnik)

Fonctionnaires de l’administration locale de la LituanieModifier

  • Maréchal (Marszałek ziemski)
  • Bailli (Ciwun)
  • Chambellan (Podkomorzy)
  • Staroste (Starosta grodzki)
  • Porte-étendard (Chorąży)
  • Juge (Sędzia ziemski)
  • Wojski większy (Wojski major)
  • Panetier (Stolnik)
  • Intendant du panetier (Podstoli)
  • Greffier (Pisarz ziemski)
  • Voïvode adjoint (Podwojewódzki)
  • Staroste adjoint (Podstarosta)
  • Juge (Sędzia grodzki)
  • Greffier (Pisarz grodzki)
  • Échanson royal (Podczaszy)
  • Échanson (Cześnik)
  • Castellan (Horodniczy)
  • Trésorier (Skarbnik)
  • Maître de chasse (Łowczy)
  • Porte-épée (Miecznik)
  • Écuyer (Koniuszy)
  • Aide de camp (Oboźny)
  • Garde (Strażnik)
  • Maître d'hôtel (Krajczy)
  • Forestier (Leśniczy)
  • Architecte de ponts (Mostowniczy)
  • Architecte (Budowniczy)

Fonctionnaires en PrusseModifier

  • Chambellan (Podkomorzy)
  • Porte-étendard (Chorąży)
  • Jude (Sędzia)
  • Echevain (Ławnik)
  • Greffier (Pisarz)
  • Adjoint de voïvode (Podwojewoda)

SourcesModifier