Ménandre Ier

Ménandre Ier
MenandrosCoin.jpg
Biographie
Naissance
Alexandrie du Caucase (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Époque
Conjoint
Enfant
Strato I (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ménandre Ier, aussi nommé Minedra ou Menadra (en sanskrit Milinda)[1], est un roi indo-grec qui succède à la dynastie gréco-bactrienne en Afghanistan, au Pakistan et en Inde du Nord. Il règne d'environ 160 à . Il établit sa capitale à Sagala (actuelle Sialkot, au Pakistan) et se convertit probablement au bouddhisme. Le récit de ses entretiens avec le moine Nagasena, le Milindapañha, est un des livres canoniques du bouddhisme.

Le règne de Ménandre donne une première impulsion à l’art gréco-bouddhique, lequel connaît son apogée sous la dynastie kouchane qui succède aux rois indo-grecs et dont le représentant le plus remarquable est Kanishka Ier.

Biographie et règneModifier

 
Le royaume de Ménandre en violet

Ménandre, issu d'une famille grecque, serait probablement né au village de Kalasi qui est adjacent à Alexandrie du Caucase, actuel Bagrâm en Afghanistan[1],[2]. Mais d'autres sources (Magill et Plutarque) indiquerait qu'il serait né près de Sagala (nommé aujourd'hui Sialkot dans la région du Punjab au Pakistan)[2] mais Plutarque le nomme « roi de Bactriane »[1],[3] et le géographe et historien grec Strabon l'inclut parmi les Grecs de Bactriane « qui ont conquis plus de tribus que Alexandre [le Grand] »[1]. De même, Ménandre serait probablement né quelque part dans une région fertile au sud des Paropamisades, actuellement les montagnes de l'Hindou Kouch en Afghanistan[2]. Il est possible qu'il ait régné dans la région de la Bactriane et qu'il ait apporté son aide au souverain des Séleucides Démétrios II Nicator dans sa guerre contre les Parthes[1]. Strabon nous montre le règne de Ménandre ainsi que celui des autres souverains de la Bactriane[3] :

« Les Grecs qui provoquèrent la révolte de Bactriane devinrent si puissants à cause de la fertilité du pays qu'ils devinrent maîtres, non seulement de l'Ariana, mais aussi de l'Inde, comme dit Apollodore d'Artemita : et plus de tribus furent soumises par eux que par Alexandre, par Ménandre en particulier (du moins s'il a effectivement traversé la rivière Beas vers l'est et s'est avancé jusqu'à l'Imaüs, car certains ont été subjugués par lui personnellement et d'autres par Démétrius de Bactriane, le fils de Euthydemus I|, le roi des Bactriens) ; et ils prirent possession, non seulement de Patalene, mais aussi, sur le reste de la côte, de ce qu'on appelle le royaume de Saraostus et Sigerdis. Bref, Apollodore dit que la Bactriane est l'ornement de l'Ariana dans son ensemble ; et, plus que cela, ils ont étendu leur empire jusqu'à Seres et Phryni. »

Ménandre et le bouddhismeModifier

 
Drachme bilingue du royaume de Bactriane à l'effigie de Ménandre Ier, vers 160-155 av. J.-C. Description revers : Athéna Alkidémos combattant à gauche, casquée et drapée, tenant de la main gauche un bouclier orné de l'égide et brandissant de la main droite un foudre ; derrière, un monogramme écrit en kharosthi.

Le Milinda PanhaModifier

Selon le Milinda panha, Milinda/Ménandre, identifié comme étant Ménandre 1er[4], s'est converti au bouddhisme après un entretien avec le moine Nagasena qui a ensuite été transcrit dans le Milinda panha[5]. Le style a pu être influencé par les Dialogues de Platon[1].

Art gréco-bouddhisteModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f (en) « Menander | Indo-Greek king », sur Encyclopedia Britannica (consulté le ).
  2. a b et c (en) Frank Northen Magill, Dictionary of World Biography, vol. I, Taylor & Francis, , 717 p. (ISBN 9781579580407)
  3. a et b Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XI, 11.
  4. Halkias 2014, p. 90-91.
  5. Alfred Foucher, « À propos de la conversion au bouddhisme du roi indo-grec Ménandre », Mémoires de l'Institut de France, vol. 43, no 2,‎ , p. 259–295 (DOI 10.3406/minf.1951.1013, lire en ligne, consulté le )

BibliographieModifier

  • (en) Georgios T. Halkias, When the Greeks Converted the Buddha: Asymmetrical Transfers of Knowledge in Indo-Greek Cultures, Brill Publishers, (ISBN 978-90-04-25528-9), pp.90 - 91.
  • (en) Thomas Rhys Davids, The questions of King Milinda, t. II, The Clarendon press, .

Articles connexesModifier