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Melezet

ancienne commune du Royaume d'Italie
(Redirigé depuis Mélezet)

Melezet
Melezet
Melezet
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de la région du Piémont Piémont
Province (s) Città metropolitana di Torino - Stemma.svg Turin
Commune (s) Bardonnèche
Code postal 10052
Index tel. 0122
Géographie
Coordonnées 45° 03′ 40″ nord, 6° 41′ 02″ est
Altitude 1 367 m

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Melezet

Melezet[1] (en italien Melezet, en occitan Melesen), aujourd’hui en Italie, est une ancienne communauté des escartons du Briançonnais, une ancienne commune de la province de Suse du royaume de Sardaigne, de l'arrondissement de Suse du département du Pô du Premier Empire, de la circonscription de Suse du royaume d'Italie.

Elle a été fusionnée le avec la commune des Arnauds, puis le avec celle de Bardonnèche[2], dont actuellement elles sont deux hameaux (en italien, frazioni).

Le village de Melezet se trouve à l'ouest de celui de Bardonnèche, au bord de la route provinciale de la cité métropolitaine de Turin (it) no 216 qui permet d'accéder au col de l'Échelle et à la vallée Étroite.

Melezet est une station de ski dont les équipements ont été modernisés pour accueillir les Jeux olympiques de Turin en 2006. Sa rampe de neige consacrée au snowboard est la plus longue du monde.

GéographieModifier

La superficie de la commune de Melezet est, en 1921, de 6 445 hectares[3]. Cette superficie a largement été amputée après la Seconde Guerre mondiale en raison du déplacement vers l'est de la frontière franco-italienne.

La chapelle du Thabor : Notre-Dame-des-Sept-DouleursModifier

 
De gauche à droite (d’ouest en est), vue du pic du Tabor (3 207 m, pointe peu enneigée), du mont Thabor (3 178 m, enneigé) et de la chapelle du Thabor sur la crête (un point noir).

Cette chapelle est située à une distance d’une centaine de mètres[4] à l'est du sommet du mont Thabor, à environ 3 164 m d’altitude[a]. On y accède en été par des chemins de randonnée au départ de Melezet, en remontant la « Vallée étroite », ce qui représente une distance de quinze kilomètres environ.

L'origine de la chapelle du mont Thabor serait directement issue du courant monastique né en Égypte au IVe siècle[5]. La Gaule et l'Italie auraient rapidement adopté ce mode contemplatif qui s'y est épanoui. Le mont Thabor lui-même évoque le lieu saint de même nom en Palestine, rapidement rendu difficilement accessible à la suite du déclin de l'Empire romain et ensuite en raison de l'extension des conquêtes arabo-musulmanes au Levant. Les croisades n'ayant pu rétablir l'accès aux lieux saints, l'Europe chrétienne voit alors de nombreux lieux de pèlerinage de « substitution » fleurir sur son territoire. Les premiers écrits sur la chapelle du Thabor datent de 1487 mais son apparition est bien antérieure au vu des fondations et du baptistère retrouvés lors de fouilles, ainsi que d’une pierre angulaire considérée comme un reste de l'autel primitif. La chapelle, pendant un temps, abrite une petite communauté monastique chargée d'accueillir les pèlerins. Le site de pèlerinage connaît un certain regain à cette époque avant de décliner puis de tomber dans l'oubli en raison des vicissitudes croissantes de part et d'autre des Alpes. Pendant l'hiver, le bâtiment sert de refuge. L'été, par condition météorologique favorable, les pèlerins peuvent choisir de gravir le sommet ultime du mont Thabor. Au XVe siècle, la paroisse de Melezet[6] est alors responsable de l’entretien du site de la chapelle, ensuite appelée « chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs ». Les conditions difficiles en hiver expliquent sans doute l'abandon de toute occupation permanente. Si la « Passion du Christ » est un exemple et une inspiration pour certaines communautés, on pense que les conditions de vie au mont Thabor étaient extrêmes : froid en hiver, altitude, difficulté d'approvisionnement. Cependant les chances de survie étaient considérées comme supérieures à celles d'un établissement au véritable mont Thabor en Palestine en raison de l'insécurité y régnant à la même époque.

Après la Seconde Guerre mondiale, en raison du déplacement de la frontière franco-italienne, la chapelle ne fait plus partie de la commune de Melezet ; cependant elle fait historiquement partie de son patrimoine.

 
La chapelle du mont Thabor ().

Pie Régamey, prêtre dominicain français, historien d'art et écrivain, frappé par les conditions rudes des religieux qui avaient occupé le site, lorsqu'il découvre son histoire, utilise cette citation pour évoquer le mystère qui entoure le service auprès du Christ : « Nous sommes ces malotrus ramassés sur les chemins et que l'on accueille à la table des rois. Nous avons bien mis la robe et nous nous sommes fait expliquer les principaux usages, mais ils nous demeurent étrangers. C'est à longueur de vie qu'il faut accorder les dispositions de nos cœurs et de nos actions à l'ordre surnaturel. »

Si, à partir de 1947, des territoires italiens passent sous souveraineté française, de nombreux désaccords ou zones d'ombre demeurent. La chapelle du Thabor, même si elle fait bien partie du territoire français, dépend encore du diocèse de Suse (en latin : dioecesis Segusiensis ; en italien : diocesi di Susa) qui est une Église particulière de l'Église catholique en Italie. Ce diocèse a été érigé en 1772, et a subi une brève disparition entre 1803 et 1817 : il couvre le val de Suse et relève de la région ecclésiastique du Piémont-Val d'Aoste. Depuis l'année 2000, c'est Mgr Alfonso Badini Confalonieri qui en est l'évêque diocésain et donc l'interlocuteur théorique concernant le culte à la chapelle du Thabor[7].

HistoireModifier

État et événements politiques et sociauxModifier

Le , la communauté de Melezet acquiert de Pierre-Antoine Jouffrey de Sainte-Cécile, et de son épouse Claire de Bardonnèche, les droits seigneuriaux dont celle-ci a hérité et ceux que son époux a achetés à d'autres familles nobles[8].

État et événements religieuxModifier

DémographieModifier

Population de la commune de Melezet - Les Arnauds du royaume d'Italie (1805-1814), du royaume de Piémont-Sardaigne (1815-1860) et du royaume d'Italie (1861-1927)
1807 1842 1862 1871 1881
581[b]592[10]607[11]617[12]645[13]
1921 - - - -
496[3],[c]----

BibliographieModifier

Monographies et ouvrages générauxModifier

  • (it) Marco Battistoni, Schede storico-territoriali dei comuni del Piemonte, Comune di Bardonecchia, Torino, Regione Piemonte, , 32 p. (lire en ligne).
  • (it) Goffredo Casalis, Dizionario geografico, storico, statistico, commerciale degli stati di S.M. il re di Sardegna, vol. X, Torino, G. Maspero, (lire en ligne).
  • (it) Pietro Massimino Valori, Il Monte Tabor (Melezet presso Bardonecchia) : Memorie della cappella e piccola guida pei forestieri, Torino, Tipografia Salesiana, , 18 p. (lire en ligne).

Publications administrativesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. À 3 164 m, la chapelle est pratiquement à la même altitude que le sommet (3 178 m).
  2. Les communes de Melezet et des Arnauds sont à cette époques distinctes[9] : Les Arnauds comptent 165 habitants, et Melezet 416.
  3. Qui se répartissent en 370 habitants de Melezet et 126 habitants des Arnauds.

RéférencesModifier

  1. « la localité de Melezet sur la carte IGN (échelle 1:34110, consulté le 15 janvier 2019) » sur Géoportail.
  2. Battistoni 2006, p. 24.
  3. a et b Istituto Centrale di Statistica 1927, p. 128.
  4. « la chapelle du mont Thabor sur la carte IGN (échelle 1:8528, consulté le 5 février 2019) » sur Géoportail.
  5. Brochure de l'exposition temporaire Hôtel de ville de Turin juin 2007, traduit de l'italien.
  6. « Le mont Thabor de Valfréjus, une montagne sacrée », sur valfrejus-tourisme, office de tourisme de Valfréjus (consulté le 13 janvier 2019).
  7. Brochure de l'exposition temporaire à l'hôtel de ville de Turin, , traduit de l'italien.
  8. Battistoni 2006, p. 21.
  9. Almanach du département du Pô, 1807, p. 156.
  10. Casalis 1842, p. 323.
  11. Ministero di Grazia e Giustizia et dei Culti 1863, p. 354.
  12. Ministero del Interno 1874, p. 81.
  13. Ministero di Agricoltura, Industria e Commercio 1882, p. 158.