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Louis Jean-Marie Daubenton

naturaliste, médecin et encyclopédiste français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Daubenton.
Louis Jean-Marie Daubenton
Louis Jean-Marie Daubenton - Alexander Roslin.jpg
Portrait de Daubenton attribué à Roslin (1791).
Fonctions
Membre du Sénat conservateur
25 -
Directeur du Muséum national d'histoire naturelle
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Nestor des naturalistesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Conjoint
Marguerite Daubenton (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Membre de
signature de Louis Jean-Marie Daubenton
Signature de Daubenton dans une lettre à Bernardin de Saint-Pierre, le 9 mai 1793.
Daubenton.JPG
Tombe de Daubenton dans le labyrinthe du Jardin des plantes à Paris.

Louis Jean-Marie D’Aubenton, dit Daubenton, né le à Montbard et mort le à Paris, est un naturaliste et médecin français, premier directeur du Muséum national d'histoire naturelle.

BiographieModifier

Il fait ses premières études au collège de Dijon. Son père, Jean Daubenton, notaire, le destinant à la prêtrise, l’envoie étudier la théologie en Sorbonne[1], mais il préfère suivre en secret les cours de médecine et d’anatomie de Winslow, Hunauld et Antoine de Jussieu[2]. La mort de son père en 1736 et l'héritage lui permettent de choisir lui-même sa carrière. En 1739, il se rend à Reims. Il devient docteur en médecine en 1741 et retourne dans sa ville natale pour exercer[2].

À la même époque, Buffon, également natif de Montbard et proche de la famille Daubenton, le fait appeler auprès de lui, au Jardin du roi en 1742. Buffon a peu de talent pour la dissection et l’étude anatomique, et il a besoin d’être secondé dans cette matière[3]. En 1745, Buffon le fait nommer garde-démonstrateur au Cabinet du roi, dépendant du Jardin du roi :

« Buffon trouve en Daubenton tout ce qui lui manque : une main et des yeux, et la main la plus adroite, les yeux les plus sûrs. Tout ce qu'il y a d'anatomie, dans les quinze premiers volumes de Buffon, est de Daubenton ; et dans ce travail si essentiel, mais si long, si fatigant, si minutieux, tout a été si bien vu, que presque tout ce qu'il avait vu a été retrouvé et trouvé exact par ses successeurs[3]. »

Malgré des caractères très différents, les deux hommes travaillent ensemble pendant dix ans à la mise à jour de l’Histoire naturelle des animaux dont les trois premiers volumes paraissent en 1749[4]. Daubenton y décrit près de deux cents espèces de quadrupèdes. Ces descriptions extrêmement précises peuvent être considérées comme le point de départ de l’anatomie comparée. Il fournit aux quinze premiers volumes des articles de description anatomique, qui sont des chefs-d'œuvre d'exactitude et qui formeront, jusqu’au XIXe siècle, une des bases de l'anatomie comparée.

Buffon supprime, lors d’une réédition en format réduit de l’Histoire naturelle, les parties consacrées à l’anatomie et les deux hommes se fâchent[1]:106. Daubenton est remplacé alors par Philippe Guéneau de Montbeillard, puis par un de ses cousins, Edme-Louis Daubenton.

Daubenton est aussi à l’origine de l’essor du Cabinet de curiosités du roi, et le transforme en un véritable embryon de Muséum national d’histoire naturelle. Membre de l'Académie royale de Berlin, il est élu membre de la Royal Society, le [5].

Il est l’un des premiers à appliquer l’anatomie comparée aux espèces fossiles, et peut réfuter ainsi la croyance en l’existence des géants. Daubenton réfute également, grâce à l’observation des articulations de membres inférieurs, le fait que l’orang-outang puisse être un homme sauvage[6].

En 1778, il occupe la première chaire de médecine convertie, à sa sollicitation, en chaire d’histoire naturelle au Collège de France. En 1783, il est professeur d’économie rurale à l’école d'Alfort, et assure, en 1795, quelques leçons aux écoles normales[7]. La même année, il est nommé membre résidant de la section d’anatomie et zoologie de l’Académie des sciences, où il est entré en 1744 comme adjoint botaniste, et à laquelle il fournit un grand nombre de mémoires. Il est par ailleurs l’un des contributeurs majeurs à l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772), pour laquelle il écrit plus de neuf cents articles sur l’histoire naturelle[8].

Il signe les trois dictionnaires sur les Quadrupèdes et les Cétacés (1782), sur les Quadrupèdes ovipares et les Serpents (1784) et sur les Poissons (1787) pour la partie de l’Encyclopédie méthodique (1782-1832) consacrée à l’Histoire naturelle des Animaux[9].

Daubenton s’est également intéressé à l’élevage et notamment à l’amélioration de la production de laine[10]. En 1779, il a lu, à l’Académie royale des sciences, un Mémoire sur les laines de France comparées aux laines étrangères. En 1782, il publie, une Instruction pour les bergers et les propriétaires de troupeaux. Cet ouvrage épuisé, n’ayant pas assez de ressources pour le faire réimprimer, il eut l’idée, en l’an II, d’en publier un extrait, en petit in-12, à moindre prix, dont il a fait hommage, en floréal, au Comité d’instruction publique[11]. Quelques années plus tôt, il a introduit en France une race de moutons espagnols : les mérinos, et publié plusieurs ouvrages sur la manière d’élever ces animaux[12]. Ceci lui permettra de solliciter, comme « berger », un certificat de civisme, plus facile à obtenir que comme « directeur du Muséum national », pendant la Terreur[2].

Lorsque la Convention transforme, sur l’initiative de Lakanal[13], le Cabinet du roi et le Jardin royal des Plantes en Muséum national d'histoire naturelle, il en devient le premier directeur[1], et y a été nommé professeur de minéralogie, poste qu’il a occupé jusqu’à sa mort[7].

Élu membre du Sénat conservateur, le 5 nivôse an VII, il meurt, six jours plus tard, dans la nuit, des suites d’une crise d’apoplexie, après avoir fait un repas un peu plus copieux que d’habitude[14]. Il est enterré dans le labyrinthe du Muséum national d’histoire naturelle, près de la gloriette de Buffon, dont les métaux viennent de la région de Montbard et dont la devise Horas non numero nisi serenas (« je ne compte que les heures heureuses ») lui était chère.

Comme médecin, il recommandait les pastilles d’ipécacuanha, qu’on appelait « pastilles de Daubenton »[15]. Il avait épousé, en 1749, sa cousine, Marguerite Daubenton (1720-1818), également native de Montbard et auteure du roman intitulé Zélie dans le désert (1787)[16].

Honneurs et distinctionsModifier

 
Gravure de Daubenton par Adrien Féart.
 
Statue de Daubenton au Parc Buffon de Montbard.
 
Statue au jardin d'acclimatation.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Hendrik C. D. de Wit (trad. A. Baudière), Histoire du développement de la biologie [« Ontwikkelingsgeschiedenis van de biologie »], t. 2, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, , 460 p. (ISBN 978-2-88074-252-2, lire en ligne), p. 107.
  2. a b et c Dictionaire des sciences médicales : Biographie médicale, t. 3, Paris, C. L. F. Pancoucke, , 571 p. (lire en ligne), p. 393.
  3. a et b Pierre Flourens (dir.), Des manuscrits de Buffon, Paris, Garnier, , 298 p. (lire en ligne), p. 182.
  4. (en) John L. Heilbron, The Oxford Companion to the History of Modern Science, Oxford, Oxford University Press, , 994 p. (ISBN 978-0-19974-376-6, lire en ligne), p. 26.
  5. (en) Sir David Brewster, The Edinburgh Encyclopaedia, t. 7, Londres, W. Blackwood, , 4e éd., 532 p. (lire en ligne), p. 589.
  6. (en) The Naturalist’s Library, t. 10, Londres, Henry G. Bohn, , 219 p. (lire en ligne), p. 208.
  7. a et b Jean-Eugène Dezeimeris, Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, t. 2, Paris, Béchet Jeune, , 377 p. (lire en ligne), p. 23.
  8. « Louis-Jean-Marie Daubenton and the Encyclopédie », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, no 12,‎ , p. 173-219 (lire en ligne, consulté le 5 août 2019)
  9. Claude Blanckaert, Michel Porret et Fabrice Brandli, L’Encyclopédie méthodique (1782-1832) : des Lumières au positivisme, Genève, Droz, , 830 p. (ISBN 978-2-60000-805-1, lire en ligne), p. 579.
  10. Roland Jussiau, Louis Montméas et Jean-Claude Parot, L’Élevage en France : 10 000 ans d’histoire, Paris, Educagri Éditions, educagri Éditions, 1999, 539 p. (ISBN 978-2-84444-066-2, lire en ligne), p. 239.
  11. Collection de documents inédits sur l’histoire de France, t. 68, Paris, Imprimerie nationale, , 1027 p. (lire en ligne), chap. 4, p. 316.
  12. À Montbard, il est statufié, dans le jardin de Buffon, avec des moutons à ses pieds.
  13. Paul-Antoine Cap, Le Muséum d’histoire naturelle, Paris, (lire en ligne), p. 93.
  14. Alphonse Martin, De l’apoplexie, Paris, Didot jeune, (lire en ligne), p. 5.
  15. Jacques Raige-Delorme, A. Dechambre, Léon Lereboullet et L. Hahn, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Paris, G. Masson et P. Asselin, , 768 p. (lire en ligne), p. 41.
  16. Joseph Thomas, The Universal Dictionary of Biography and Mythology, t. Clu-Hys, Cosimo, Inc., cosimo, inc., 2010, 614 p. (ISBN 978-1-61640-071-2, lire en ligne), p. 48.

BibliographieModifier

François Nédellec, Daubenton, Montbard, Ville de Montbard, , 8 p., 42 cm (OCLC 47169660).

Liens externesModifier