John L. Heilbron

historien américain

John Lewis Heilbron (né le à San Francisco ) est un historien des sciences américain, reconnu pour ses travaux en histoire de la physique et en astronomie.

Formation et carrièreModifier

Heilbron a fréquenté la Lowell High School (en) à San Francisco, en Californie, et était un membre de la Lowell Forensic Society (en). Il a obtenu ses diplômes de physique, d'abord son bachelor of Arts en 1955, puis son Master en 1958, et son doctorat en 1964 en histoire de l'université de Californie à Berkeley. Il était étudiant de troisième cycle de Thomas Kuhn dans les années 1960 lorsque Kuhn écrivait La Structure des révolutions scientifiques. Il fait partie du projet Sources for the History of Quantum Physics. En 1964 il est professeur assistant d'histoire à l'université de Pennsylvanie et en 1967 il retourne à Berkeley, où il devient professeur et en 1973 Directeur du département d'histoire des sciences et techniques. De 1990 à 1994 il est vice-chancelier,puis en 1994 vice-chancelier émérite. Il est entre autres professeur invité à l'Université Cornell de 1985 à 1991, à California Institute of Technology en 1997, et de 2002 à 2004 à l'université Yale. Depuis 1996 il est chercheur au Oxford Museum for History of Science de l'Université d'Oxford.

Il est professeur d'histoire à l'université de Californie à Berkeley, chercheur principal au Worcester College d'Oxford. Il a dirigé pendant vingt-cinq ans la revue universitaire Historical Studies in the Physical and Biological Sciences (en). Il a également dirigé, avec, Jérôme Bourdieu et Yves Winkin, la collection « Liber », fondée par Pierre Bourdieu aux éditions du Seuil.

Il a supervisé l'encyclopédie The Oxford Companion to the History of Modern Science (en) consacrée à l'histoire des sciences du milieu du XVIe siècle (début de la période moderne) jusqu'au début du XXIe siècle, avec la participation notamment de Jim Bennett, James R. Bartholomew, Frederic L. Holmes, Rachel Laudan et Giuliano Pancaldi.

TravauxModifier

 
Gnomon de l'église Saint-Sulpice, à Paris.

Dans The Sun in the Church: Cathedrals as Solar Observatories (1999), il s'intéresse notamment aux méridiennes et aux gnomons. « Il examine les observatoires solaires qui étaient installés dans plusieurs cathédrales européennes au début de la période moderne. Il a trouvé que, nonobstant l'affaire Galilée, les astronomes catholiques les ont utilisés pour apporter d'importantes contributions aux débuts de l'astronomie moderne, certaines d'entre elles ayant aidé à confirmer la thèse de Copernic »[1]. Les méridiennes jouent un rôle important dans la mesure de la durée de l'année solaire, permettant de fixer la date de Pâques[2]. Une des figures centrales du livre est Giovanni Domenico Cassini (1625-1712), astronome et ingénieur savoisien, naturalisé français : chargé de reconstruire la méridienne dans la basilique San Petronio de Bologne, après une première tentative par Egnatio Danti, ce qui lui permet de vérifier la « bisection de l'excentricité » de Kepler et d'obtenir les meilleures tables solaires de son époque[3].

Prix et distinctionsModifier

Il reçoit en 2001 le prix Pfizer décerné par la History of Science Society pour un livre exceptionnel sur l'histoire des sciences, pour son ouvrage The Sun in the Church: Cathedrals as Solar Observatories (Harvard University Press, 1999)[4],[5],[1],[2],[3].

En 1993, il est lauréat de la médaille George Sarton également décerné par l’History of Science Society. En 1988, il reçoit le prix Watson Davis and Helen Miles Davis. En 1999 il est lauréat de la médaille Alexandre Koyré et en 2004 il reçoit le prix Pictet de l'Association for the History of Science et de la Société de physique et d’histoire naturelle. En 2006 il reçoit le prix Abraham-Pais (en) d'histoire de la physique, prix conjoint de la Société américaine de physique et de l'American Institute of Physics[6].

En 2000 il reçoit un diplôme honorifique de l'Université de Pavie, après en avoir déjà reçu un de l'Université de Bologne en 1988, et un autre encore de l'université d'Uppsala. Il a bénéficié d'une Bourse Guggenheim.

Heilbron est membre de l'Académie royale des sciences de Suède depuis 1987[7]. Il est également membre de l'Académie américaine des arts et des sciences (1988), de la Société américaine de philosophie (1990) et de l'Académie Internationale d’Histoire des Sciences, dont il a également été le président.

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

(en)/(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « John L. Heilbron » (voir la liste des auteurs) et en allemand « John Heilbron » (voir la liste des auteurs).
  1. a et b Sheila J. Rabin, « Review of The Sun in the Church: Cathedrals as Solar Observatories », The Sixteenth Century Journal, vol. 32, no 1,‎ , p. 189–191 (DOI 10.2307/2671428, lire en ligne, consulté le )
  2. a et b (en) David Himrod, « Review of The Sun in the Church: Cathedrals as Solar Observatories », Church History, vol. 70, no 1,‎ , p. 170–172 (DOI 10.2307/3654431, lire en ligne, consulté le )
  3. a et b Curtis Wilson, « Feature Reviews », Isis, vol. 91, no 4,‎ , p. 758–760 (lire en ligne, consulté le )
  4. (en) J. L. Heilbron, The Sun in the Church : Cathedrals as Solar Observatories, Harvard University Press, , 384 p. (ISBN 978-0-674-03848-6, lire en ligne)
  5. Brendan Dooley, « Review of The Sun in the Church. Cathedrals as Solar Observatories », International Journal of the Classical Tradition, vol. 8, no 3,‎ , p. 481–483 (lire en ligne, consulté le )
  6. (en) « John Heilbron Recipient of Pais Prize », AIP Center for History of Physics Newsletter, vol. XXXVIII, no 1,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. « The Royal Swedish Academy of Sciences: John L. Heilbron » (consulté le )

Liens externesModifier

Citation de la critique de Burnett :

How ironic it would be if the church's seemingly backward attitude toward heliocentrism actually nurtured a powerful and emergent scientific method.

—  D. Graham Burnett (en) , What Time Is It in the Transept? (Quelle heure est-il dans le transept ?)

« Quelle ironie ce serait si l'attitude apparemment rétrograde de l'Église à l'égard de l'héliocentrisme nourrissait en fait une méthode scientifique puissante et émergente. »

—  What Time Is It in the Transept? (Quelle heure est-il dans le transept ?)