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Louis Charles du Plessis d'Argentré

personnalité politique française

Louis Charles du Plessis d'Argentré
Image illustrative de l’article Louis Charles du Plessis d'Argentré
Louis-Charles du Plessis d'Argentré, député de l'Assemblée constituante
Biographie
Naissance
Argentré-du-Plessis
Décès
Münster
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par Jean-Gilles du Coëtlosquet évêque émérite de Limoges
Évêque de Limoges
Autres fonctions
Fonction laïque
Député aux états généraux de 1789

Ornements extérieurs Evêques.svg
Blason famille fr Plessis d'Argentré.svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Famille du Plessis d'Argentré.

Louis-Charles du Plessis d'Argentré, né en 1723 et mort en 1808, est un ecclésiastique français qui fut évêque de Limoges.

OrigineModifier

Les du Plessis d'Argentré sont une famille d'ancienne noblesse bretonne, admise aux honneurs du Louvre en 1774, qui tire son origine et son nom de la terre du Plessis à Argentré-du-Plessis. Il naît au château du Plessis en Bretagne, septième d'une famille de sept fils et six filles. Son père, Pierre du Plessis, est un ancien page de Louis XIV et sa mère est née Marie-Louise Hindret de Ravenne.

Formation et début de carrièreModifier

À l'adolescence, son frère Jean-Baptiste et lui sont envoyés se former auprès de leur parent, Mgr du Coëtlosquet, évêque de Limoges. Il poursuit ensuite ses études de théologie à la Sorbonne. Encore jeune, Louis-Charles du Plessis d'Argentré est nommé grand vicaire de Poitiers. Le 3 septembre 1758, il est nommé évêque de Limoges, sacré par son prédécesseur[1] le 14 janvier 1759. Il prend possession de son siège le 14 mars 1759. Il est plutôt replet et présente un visage ingrat. Son diocèse est fort étendu (868 paroisses), mais l'évêque n'a autorité que sur 363 paroisses, les autres relevant d'ordres réguliers ou du roi. L'évêché dispose de 20 000 livres de revenus annuels[2], et à titre personnel Mgr du Plessis d'Argentré dispose depuis 1756 de 4 000 livres en tant que prieur commendataire du prieuré grandmontain de Bois d'Allonne[3]. Il bénéficie également de la commende de l'abbaye des Vaux de Cernay.

Œuvre épiscopaleModifier

Une gestion « particulière »Modifier

 
Palais épiscopal de Limoges

En 1761, Turgot, son ancien condisciple à la Sorbonne, fut nommé intendant de la province de Limoges et l'appuya auprès des grands du royaume, tandis que l'évêque facilita son influence auprès de la noblesse du Limousin. Louis-Charles du Plessis d'Argentré avait des goûts de luxe. Sa table était des plus raffinées et il se faisait servir par des laquais en grande livrée et il entretenait carosses et chevaux ; mais surtout l'évêque, par ailleurs intelligent et cultivé, se mit en tête de reconstruire somptueusement, selon les plans de Charles-Jean Barbier[4] et de Joseph Brousseau, le palais épiscopal de Limoges à la place du palais du XVIe siècle, construit par Jean de Langeac. Il participa donc au démantèlement en 1772 de l'abbaye de Grandmont, dont il visait les bénéfices afin de rembourser ses dettes somptuaires et la construction de son nouveau et luxueux palais épiscopal ; cela s'effectua dans le contexte des travaux de la Commission des Réguliers (1772) qui avait pour fonction de supprimer les communautés religieuses considérées comme peu rentables.

Louis-Charles du Plessis d'Argentré effectue une visite pastorale à Châlus, à l'église du bas, le . Mécontent de l'état de l'église, il ordonne des travaux, dont l'édification d'un clocher, et le remplacement des objets du culte, à effectuer dans un délai d'un an, l'église tombant à défaut dans l'interdit. Les habitants n'étant pas en mesure de financer les 6 000 livres nécessaires, l'interdit fut effectif en 1780, ce qui entraînait, outre la défense de célébrer, l'interdiction de se réunir pour délibérer des affaires de la paroisse, l'église étant le seul lieu permis de réunion. Le comte de Bourbon, seigneur de Châlus, intervint auprès de l'évêque, qui suspendit l'effet de l'interdit, le , jusqu'au . Les habitants ne retrouvèrent ensuite l'usage de l'église qu'en 1784, après qu'une partie des dépenses eut été réalisée, l'absence de capacité contributive, exposée à l'intendant par eux-mêmes et leur seigneur, ayant nécessité un compromis.

La Révolution françaiseModifier

L'évêque fut nommé député aux états généraux de 1789, où il joua un rôle important, et y siégea constamment avec le parti qui s'opposait à la Révolution française. Les temps de la persécution étant arrivés, il se réunit à Paris avec l'évêque de Clermont, pour ordonner les ecclésiastiques qui restaient fidèles à leur vocation. Les circonstances le forcèrent à quitter la France ; il se réfugia d'abord en Angleterre pendant deux ans avec son frère Jean-Baptiste, évêque de Sées, puis en 1794 à Münster en Westphalie, d'où il correspondait avec les grands vicaires auxquels il avait confié l'administration de son diocèse. Certains de ces vicaires remplirent leur devoir jusqu'au martyre, comme Raymond Petiniaud de Jourgnac.

Le ConcordatModifier

Le concordat de 1801 lui fit prendre une autre disposition. Il signa d'abord, avec trente-sept autres évêques français, les remontrances qui furent adressées à Pie VII ; mais, craignant un schisme qui serait devenu fatal à l'Église, il fit passer, le , aux fidèles de son diocèse, un avertissement, avec des instructions pour les vicaires généraux et pour le clergé, où il disait que le nouvel évêque étant entré en fonctions avec l'autorisation du pape, il retirait ses pouvoirs aux vicaires généraux que lui-même avait institués. Par suite de cette décision de l'évêque de Limoges, il n'y eut presque point d'ecclésiastiques dissidents dans ce diocèse, et l'ancien évêque fut constamment en relation avec son successeur l'évêque concordataire Jean-Marie-Philippe Dubourg. Ce prélat mourut en exil à Münster (où son frère Jean-Baptiste l'avait rejoint et y mourut en 1805), le 28 mars 1808. Ses ossements ont été rapportés dans sa cathédrale de Limoges en 1876.

HéraldiqueModifier

Armes des du Plessis d'Argentré : de gueules à dix billettes d'or posées 4, 3, 2, 1

Notes et référencesModifier

  1. Chargé désormais de l'éducation des enfants de France, c'est-à-dire les petits enfants du roi, à Versailles.
  2. Gilles Bresson, La Malédiction des Grandmontains, 2002, éd. d'Orbestier, pp. 18-19
  3. Près de Parthenay dans les actuelles Deux-Sèvres.
  4. Ingénieur en chef de la généralité de Limoges.

SourcesModifier