Ligne de Barbentane à Orgon

ligne de chemin de fer française

Ligne des primeurs
Barbentane à Orgon
Image illustrative de l’article Ligne de Barbentane à Orgon
La gare de Barbentane, en 2009
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Barbentane, Rognonas, Châteaurenard, Noves, Cabannes, Saint Andiol, Plan-d'Orgon, Orgon
Historique
Mise en service 1887
Fermeture 1950
Concessionnaires Compagnie des chemins de fer régionaux des Bouches-du-Rhône (1884 – 1906)
Compagnie des chemins de fer départementaux des Bouches-du-Rhône (1906 – 1913)
Régie départementale des Bouches-du-Rhône (1913 – 1950)
Caractéristiques techniques
Longueur 28 km
Écartement standard (1,435 m)
Électrification Non électrifiée
Nombre de voies Voie unique
Trafic
Propriétaire Régie départementale des Bouches-du-Rhône
Exploitant(s) Régie départementale des Bouches-du-Rhône
Trafic Voyageurs et fret

La ligne de Barbentane à Orgon, également appelée ligne des primeurs ou des messageries[1],[2], est une ligne ferroviaire française à écartement standard et à voie unique non électrifiée[2] traversant le nord de la Provence, longeant la Durance, aujourd'hui désaffectée. Elle desservait les gares de Barbentane-Rognonas, Châteaurenard, Noves, Cabannes, Saint-Andiol, Plan-d'Orgon et Orgon[3].

ChronologieModifier

  • Déclaration d'utilité publique : loi du 30 août 1884[4]
  • Mise en service : 17 décembre 1887[2],[3]
  • Fermeture au trafic voyageurs : 1937, puis rétabli de 1941 à 1946[2],[1]

HistoriqueModifier

Concessionnaires et constructionModifier

La Société de construction des Batignolles finance la construction de la ligne, ce qui explique pourquoi, à l'origine, la gare de Barbentane se dénomme la gare des Batignolles. En 1884, elle crée une filiale, la Compagnie des chemins de fer régionaux des Bouches-du-Rhône[4],[5], chargée de la construction et de l'exploitation d'un réseau de chemin de fer d'intérêt local dans le département des Bouches-du-Rhône.

Les actifs de cette filiale sont repris en 1906 par la Compagnie des chemins de fer départementaux des Bouches du Rhône, elle-même absorbée en 1913 par la Régie départementale des transports des Bouches-du-Rhône, dite RDT 13, qui continue d'exploiter la ligne jusqu'à sa fermeture en 1950.

Les travaux débutent en novembre 1886 et s'achèvent en janvier 1888. Une voie provisoire est posée jusqu’à la Durance d’où l’on extrait le gravier nécessaire aux remblais[2].

Exploitation commercialeModifier

La ligne est ouverte au trafic voyageur et fret le 17 décembre 1887, en même temps que la ligne de Tarascon à Orgon, avec qui elle a un tronçon commun. L'objectif de ces deux lignes réunies est de desservir les riches plaines agricoles situées entre le Rhône à l'ouest, la Durance au nord et à l'est, et le massif des Alpilles au sud. Elles favorisent ainsi l'exportation de marchandises sur le réseau PLM : la vallée du Rhône est accessible depuis Barbentane, Marseille et la côte d’Azur depuis Orgon[2].

Le trafic voyageur cesse en 1937, pour reprendre durant la Seconde Guerre Mondiale. Dès 1942, le déclassement d'une partie de la ligne de Tarascon à Orgon (tronçon Mollégès à Plan-d'Orgon) ampute la ligne de sa portion Plan-d’Orgon à Orgon-Gare ce qui amorce le déclin de cette liaison[2]. Elle ferme définitivement aux voyageurs en 1950.

Exploitation touristiqueModifier

Jusque dans les années 2000, un train touristique, le Train à Vapeur du Val de Provence, circule sur les 17 kilomètres de voie ferrée entre Plan-d'Orgon et Châteaurenard. Le matériel roulant est alors composé d'une locomotive à vapeur 030 TU 46 et d'un locotracteur diesel Y 6546[3],[6].

Suite à des aménagements routiers vers Barbentane (Liaison Est-Ouest d'Avignon), le train touristique cesse son activité et les locomotives sont transférées au Train touristique de l'Albret à Nérac. Le train est remplacé ensuite par un vélorail, toujours au départ de Plan-d'Orgon mais allant jusqu'à Saint Andiol, soit 6 kilomètres de voie. L'activité cesse au début des années 2010[6].

VestigesModifier

La ligne est aujourd'hui abandonnée. Les rails sont dans leur majorité déferrés ou recouverts.

Les gares et bâtiments voyageurs n'ont pas été démolis.

Depuis 2009, la municipalité de Châteaurenard entreprend une série de travaux pour redynamiser le quartier de l'ancienne gare. Ses 1300 mètres de voie ferrée se transforment en voie verte et veillent à mettre le patrimoine ferroviaire en avant[7]. Une étude est également en cours pour revaloriser l'ancienne rotonde en établissement culturel[8].

Description de la ligneModifier

Tracé - ParcoursModifier

Le tracé de la ligne débute en gare de Barbentane, sur une voie parallèle à la ligne Avignon-Marseille, pour rejoindre Châteaurenard, Noves, Cabannes, Saint Andiol et Plan-d'Orgon. En cette gare, elle rejoint alors la ligne de Tarascon - Saint-Rémy-de-Provence - Orgon. Elle continue jusqu'à Orgon faisant ainsi une liaison l'actuelle double voie SNCF Miramas-Avignon par Salon-de-Provence[9].

Matériel roulantModifier

Les premières locomotives sont des modèles vapeurs, fabriquées dans les ateliers des Batignolles à Paris. Issues de la série Bourbonnais, dont l’origine des plans date de 1875, ce sont des séries 030A ou 030B (sans essieu porteur, 3 essieux moteur) d’environ 32 tonnes en état de marche et d’une puissance de 300 CV. Elles assurent le trafic jusqu’en 1958 environ et ont été remplacées par des locomoteurs diesel[2],[10].

TraficModifier

VoyageursModifier

Dans les années 1900, il fallait 1 h 23 min pour aller de Barbentane à Orgon-Gare et 1 h 30 min en sens inverse.

Le 10 avril 1937, le service des voyageurs est abandonné sans que ne soit créé de service de remplacement ; des autocars privés desservent alors les localités de la ligne jusqu’à Avignon mais sans passer par Barbentane. En 1941 le service est, semble-t-il, provisoirement rétabli mais en 1946 la ligne est définitivement fermée au service voyageur[2].

FretModifier

En 1900 circulent 24 500 tonnes d’engrais, amendements et céréales en petite vitesse, ainsi que 20 000 tonnes de légumes primeurs en grande vitesse. La part des primeurs va progresser sensiblement et cette ligne va alors mériter son appellation de ligne des primeurs ou des messageries.

En 1920 la gare de Châteaurenard expédie, a elle seule, 36 000 tonnes. Les expéditions de Châteaurenard représentent alors les 5/7 du tonnage total du réseau des Bouches-du-Rhône en grande vitesse. Cette situation favorable va persister pour culminer à 127 700 tonnes en 1942, date à laquelle ferme le tronçon Plan-d’Orgon à Orgon-Gare. Dès lors, la quasi-totalité du trafic se fait en provenance ou à destination du nord et du sud via la gare de Barbentane[2].

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Barbentane-Rognonas-Orgon », sur trains-de-jardin.net (consulté le 15 avril 2020)
  2. a b c d e f g h i et j « Histoire de la ligne du BdR de Barbentane à Orgon-Gare » (consulté le 20 avril 2020)
  3. a b et c W. Barthelemy, « Barbentane-Orgon », sur voiesdesaffectees.free.fr (consulté le 15 avril 2020)
  4. a et b Rang-Ri Park-Barjot, La société de construction des Batignolles, , 542 p. (ISBN 978-2-84050-389-7, lire en ligne), p. 159
  5. « Tarascon - Saint-Rémy-de-Provence », sur trains.fandom.com (consulté le 14 avril 2020)
  6. a et b Marc-André Dubout, « Vélorail de Provence », sur marc-andre-dubout.org (consulté le 15 avril 2020)
  7. Mairie de Châteaurenard, « La voie verte », sur www.chateaurenard.com (consulté le 3 juin 2020)
  8. Mairie de Châteaurenard, « La rotonde », sur www.chateaurenard.com (consulté le 3 juin 2020)
  9. W. Barthelemy, « Tarascon-Orgon », sur voiesdesaffectees.free.fr (consulté le 14 avril 2020)
  10. « Le Réseau BdR (13) » (consulté le 25 avril 2020)
  11. http://forum.e-train.fr/trains/download/file.php?id=301879