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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Biladi.

Biladi
بلادي
Image illustrative de l’article Liberté (ferry)
Le Biladi au port de Tanger Med
Autres noms Liberté (1980-2003)
Type Ferry
Histoire
Chantier naval Dubigeon S.A., Nantes, Drapeau de la France France (#161)
Commandé
Quille posée
Lancement
Mise en service
Statut Démoli à Aliağa en 2013
Équipage
Équipage 15 officiers et 112 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 141 m (1980-1991)
164,40 m (1991-2005)
169,40 m (2005-2013)
Maître-bau 21,90 m
Tirant d'eau 5,50 m
Port en lourd 1 700 tpl (1980-1991)
2 986 tpl (1991-2013)
Tonnage 13 511 UMS (1980-1991)
19 182 UMS (1991-2013)
Propulsion 2 moteurs Pielstick 18PC2/5V
Puissance 23 400 ch ou 17 222 kW
Vitesse 21,5 nœuds
Caractéristiques commerciales
Pont 11
Capacité 1980-1991 :
1 088 passagers
440 véhicules
1991-2013 :
1 604 passagers
500 véhicules
Carrière
Armateur SNCM (1980-2003)
Comarit (2003-2012)
Armateur inconnu (2013)
Pavillon Drapeau de la France France (1980-2003)
Drapeau du Maroc Maroc (2003-2013)
Port d'attache Marseille (1980-2003)
Tanger (2003-2013)
Indicatif FNOQ (1980-2003)
CNA2346 (2003-2013)
IMO 7824912
Coût 153 millions de francs

Le Liberté est un ferry construit en 1979 par les Chantiers Dubigeon-Normandie de Nantes pour la SNCM. Il est vendu en décembre 2002 à la compagnie maritime Comarit et rebaptisé Biladi. Il est désarmé à Sète en janvier 2012 et y reste immobilisé jusqu'à sa vente aux enchères le 6 mai 2013 à un armateur grec qui le revend à la casse. Il est démoli aux chantiers turcs d'Aliağa la même année.

Sommaire

HistoireModifier

OriginesModifier

À sa création, la Société nationale maritime Corse-Méditerranée (SNCM) hérite d’une exploitation déclinante sur les lignes vers l'Algérie et la Tunisie, pour plusieurs raisons. En 1972, le gouvernement français prend des mesures de contrôle de l'immigration de ces deux pays. À cela s’ajoute un an plus tard la décision du gouvernement algérien de suspendre l'émigration qui coïncide avec la mise en service des premiers car-ferries de la Compagnie nationale algérienne de navigation (CNAN) : l'El Djazair le 1er juillet 1973 et le Tassili le 1er octobre suivant. Ceci témoigne de la volonté, affirmée depuis quelques années, des autorités algériennes de participer au trafic passagers et véhicules. En 1975, la Tunisie emboîte le pas en affrétant un navire de la CNAN sur la ligne Marseille - Tunis. Cet accord entre les deux pays voisins préfigure l'implantation de la Compagnie tunisienne de navigation (CTN) avec la mise en service en 1978 de son premier car-ferry, le Habib rencontrant un succès immédiat. Sans compter l'essor de la concurrence aérienne qui applique une politique de promotion tarifaire dynamique en faveur des travailleurs maghrébins.

Par voie de conséquence, entre 1972 et 1979, le nombre de passagers transportés sous pavillon français diminue très sensiblement, passant de 369 000 à 93 000 passagers. Le nombre de traversées diminue également face à la CNAN qui aligne jusqu'à sept car-ferries en service (dont quatre en propriété avec les nouveaux Hoggar et Tipasa). De plus, le matériel naval de la SNCM est vieillissant, inadapté et offre un nombre de places insuffisant. Le car-ferry Avenir est vendu en 1976, le Provence n’est présent que partiellement jusqu’en 1977 avant d’être définitivement transféré sur la Corse. Seul le Roussillon assure sans discontinuité le service du réseau libre, mais malgré sa capacité garage augmentée en 1975, il est inadapté et son exploitation est inéluctablement déficitaire.

Face à cette dégradation et en vue de redresser la situation, plusieurs scénarios sont envisagés. Il en est conclu que ce fonds de commerce est à défendre. C’est en ce sens que la direction entreprend une action soutenue auprès des autorités de tutelle, afin de remplacer le Roussillon par un navire neuf spécifiquement conçu pour les lignes du Maghreb. L'État, sensible à ce que le pavillon français soit représenté sur ces lignes-là, consentira à l’aide financière sollicitée pour la construction du navire. Le pari est osé, car la commande du futur Liberté représente un poids financier supplémentaire.

ConstructionModifier

Le contrat de construction entre la SNCM et les chantiers Dubigeon-Normandie est signé le 30 novembre 1978. Deuxième commande de car-ferry de la SNCM, le Liberté est spécialement conçu pour les lignes du Maghreb, contrairement à ses prédécesseurs de la CGTM affectés sur les deux réseaux. La mise sur cale a lieu à Nantes le 5 juin 1979 et le navire est lancé le 5 décembre 1979. Les essais à la mer, dans le secteur de Belle Île, sont réalisés du 7 au 10 mai 1980 ainsi que le 3 juin. La vitesse atteinte est de 22,34 nœuds. Le Liberté est livré à la SNCM le 10 juin 1980.

ServiceModifier

SNCM (1980-2003)Modifier

 
Le Liberté à Marseille dans les années 1980.

Le 30 mai 1980, le Liberté quitte Nantes à 3h30, pour les Chantiers de l’Atlantique où il entre en forme N°1. Des travaux sont alors effectués au niveau des hélices et du gouvernail. C’est le 2 juin à 22h30 que le Liberté, sous les ordres du commandant Manifacier, quitte Saint-Nazaire pour Marseille, où il arrive le 6 juin suivant, salué par les rouliers Ardèche et Isère ainsi que les car-ferries Provence et Napoléon, présents dans le bassin de la Joliette. Le voyage s'effectue à la vitesse de 22,12 nœuds. Une fois à Marseille, le navire entre directement en forme 7, pour sablage de sa carène. Le 19 juin 1980, le Liberté est baptisé au môle J1, poste 82, en présence de nombreuses personnalités. Le père Igor Vassilieff, délégué diocésain à la pastorale des réalités du tourisme et des loisirs, bénit le navire et prononce une homélie, puis c’est au son de la Marseillaise, jouée par la musique de l'Armée de l’air, que la marraine du navire, Mme Jacqueline François-Poncet, épouse du ministre des affaires étrangères, Jean François-Poncet, baptise le navire à 11h00. À l’issue de cette cérémonie, un cocktail est donné à bord puis s’ensuit un déjeuner officiel dans un grand hôtel de la ville.

Le Liberté effectue son premier touché à Tunis le 20 juin 1980 à 17h30. Il en sera de même à Alger le 24 juin.

Le 29 novembre, le navire appareille de Marseille pour Tunis à 12h00 avec à son bord 267 passagers, des véhicules de tourisme et du fret. Alors que le vent souffle sur rade force 9 nord-ouest, le cap est mis sur la Sardaigne. Dès le début de l’après midi, le vent souffle déjà en tempête (force 10-11), la mer est grosse. Le Liberté, dont c’est le premier gros coup de tabac, réduit sa vitesse à 19 nœuds et malgré les stabilisateurs en service, accuse un certain roulis. À 16h55, une lame particulièrement puissante heurte le côté tribord, faisant loffer le navire et déclenchant ainsi un coup de roulis d’environ 40°. Lorsque le commandant arrive sur la passerelle, l'ordre est donné de virer à gauche toute, pour corriger une embardée de 30° sur tribord. Ce fort coup de roulis a causé des dégâts assez conséquents dans le garage du car-ferry : un camion et sa remorque se sont désarrimés et renversés, écrasant plusieurs voitures ; tous les véhicules de tourismes ont ripé sur bâbord, s’enchevêtrant les uns aux autres, en particulier vers la poupe. Des passagers ont également chuté et sont légèrement commotionnés. La suite du voyage se déroule sans autres incidents, malgré la présence d’un roulis toujours accentué. Le navire s’amarre au port de Tunis à 12h50, le lendemain.

Du 26 au 29 décembre 1988, le navire est affrété pour le convoyage du Rallye Paris-Dakar. Il quitte Marseille le 27 décembre pour Barcelone, où il embarque la caravane du rallye, puis fait route vers Tunis.

À l’instar du Napoléon, le Liberté n’étant équipé que de deux moteurs principaux, n’a pas la préférence de la Marine nationale pour convoyer les militaires dans le cadre de l’opération Daguet. C’est ainsi qu’à la suite de la réquisition de l’Estérel et du Corse, le navire est affecté aux lignes de la Corse entre le 23 septembre et le 8 octobre 1990.

À l’orée des années 1990, l’exploitation des lignes du Maghreb et ses activités annexes (consignation et transit) représentent un axe stratégique majeur pour la SNCM qui occupe une place prépondérante dans ce secteur du transport maritime. Le secteur du réseau de l'Afrique du Nord, rentable, est en parfaite complémentarité avec l’exploitation des lignes de la Corse. Ains cela permet, en saison, de transférer des navires en surplus, initialement dédiés à la continuité territoriale. Enfin, ce secteur d’activité permet à la SNCM de se diversifier et de ne pas être ainsi dépendante d’un retournement de conjoncture. Or, en 1990, la tendance à la hausse du trafic se confirme en raison du dynamisme démographique et l’expansion économique de l’Algérie et de la Tunisie, mais également de la croissance du nombre de touristes européens, désireux de qualité de prestation accrue. La SNCM se doit donc de faire face à l’évolution et à la croissance du trafic en adaptant sa flotte, tout comme ses partenaires algériens et tunisiens. Une partie de cette hausse du trafic a pu être résorbée grâce à la mise en service du Danielle Casanova et de la transformation de l’Île de Beauté. Cela a permis en effet de transférer sur le Maghreb en saison le Napoléon ainsi que l’Estérel ou le Corse. Mais les prévisions de hausse du trafic pour 1991 sont telles que la SNCM est dans l'impossibilité de transférer un plus grand nombre de voyages supplémentaires. Or, la compagnie se doit de garder sa position, de faire face à cette évolution afin de prévenir l’arrivée d’un concurrent sous peine d’être exclue à terme de ce secteur.

Il apparaît donc nécessaire d’accroître les capacités de transport de la flotte affectée aux lignes du Maghreb, et ce, dans les délais les plus brefs. Pour cela, plusieurs solutions sont envisagées. Le recours à l’achat d’un navire d’occasion est rapidement écarté en raison des prix prohibitifs du marché et des coûts supplémentaires dus aux nécessaires transformations du navire pour l’adapter aux lignes. Soit le Liberté est remplacé par un navire neuf, soit il est allongé afin d’augmenter sa capacité et accroître la qualité de ses prestations. Pour la commande d’un navire neuf, le choix s’est porté sur un navire d'une capacité de 2 120 passagers et pouvant transporter 620 véhicules, voisin du Normandie de la compagnie bretonne Brittany Ferries, construit par les chantiers finlandais Masa Yards. Il serait livré en 1992. Le choix se portera finalement sur l’allongement du Liberté, moins coûteux et offrant un délai de disponibilité plus court.

Un appel d’offres est donc lancé en mai 1990 auquel répondent les chantiers allemands Lloyd Werft et ceux marseillais de la CMR. Ce sont ces derniers qui l’emporteront, après de longues négociations. Le 17 août 1990, le contrat est signé. À la demande des élus locaux, afin que la transformation s’effectue à Marseille, une partie des travaux est financée par le ministère de l’Industrie. Ce chantier représente 730 000 heures de travail pour la réparation navale marseillaise : la CMR, mais également Sud-Marine, qui cette fois intervient en qualité de sous-traitant, pour la construction du tronçon à ajouter, ou la Phocéenne de Travaux, pour les aménagements et décoration, en bénéficient. Le car-ferry est mis à disposition des chantiers le 4 novembre 1990.

En préambule aux travaux de son allongement, le Liberté entre dans la forme 10 de Mourepiane le 29 janvier 1991 avec le nouveau bloc. Celui-ci avait été mis sur barge deux jours auparavant et mis à flot la veille. La découpe du navire s’effectue entre le 29 janvier et le 10 février 1991. Le lendemain, le module est présenté avec la partie avant du navire ; l’assemblage débute le 13 février. Le 1er mars débute l’opération d’assemblage entre la partie avant raccordée au module et la partie arrière. Le 19 mars, le Liberté, allongé de 21,90 mètres, sort de la forme 10. Les travaux des aménagements intérieurs peuvent alors débuter. Les essais à la mer se déroulent les 27 et 28 mai, ainsi que le 3 juin. Le navire est livré ce même jour; il entreprend son premier voyage commercial sous sa nouvelle apparence le 7 juin 1991 à destination de Tunis sous les ordres du commandant Godini.

À l’issue des premiers temps d’exploitation, il se dégage que le retour du Liberté sur les lignes habituelles était attendu. Le navire est apprécié ; les nouveaux espaces, la décoration, le confort sont estimés. Après l'allongement, la stabilité du navire est améliorée. La perte de vitesse est peu importante, mais les difficultés de manœuvre sont accrues.

Le 23 décembre 1991, les 820 participants du Rallye Dakar 1992 embarquent à Sète à bord du Liberté et du Corse à destination de la Libye. Le convoi appareille à 2h45, le 24 décembre, et l’arrivée, à Misrata, a lieu le lendemain à 23h38, après une traversée marquée par de très mauvaises conditions météorologiques.

Le 8 janvier 1992, est célébré le 50e anniversaire du naufrage du paquebot Lamoricière de la Compagnie générale transatlantique, au large des îles Baléares, sur les lieux mêmes de la disparition pour une cérémonie du souvenir avec le jet d'une gerbe de fleurs. À bord du Liberté ont embarqué des familles de disparus, ainsi que quelques rescapés.

Le 8 avril 1993, le car-ferry est affrété pour le convoyage du rallye de Tunisie. Une conférence de presse est donnée à bord, suivie d’un apéritif réunissant une centaine de personnes. Le lendemain, le Liberté appareille pour Tunis avec 605 passagers. Lors de la traversée a lieu la remise des prix du prologue de l’épreuve.

En octobre, le Liberté est affrété par l’Armée pour le convoyage de 712 militaires et 100 véhicules vers Civitavecchia le navire est détourné depuis Tunis sur Toulon, où il arrive le 24 octobre à 6h00. Il appareille le même jour à 15h30, arrive le lendemain à Civitavecchia à 7h00 et regagne par la suite Marseille.

À la suite de la prise d'otages du vol 8969 Air France du 24 au 26 décembre 1994, le voyage Marseille - Alger - Marseille du 26 décembre est annulé. Cet événement va influer sur la vie du Liberté durant les mois qui suivent.

En mars 1995, l’exploitation des lignes de l'Algérie est interrompue pour raison de sécurité. Ainsi, le Liberté effectue durant la saison estivale cinq voyages sur la Corse, tous à destination de L'Île-Rousse. En septembre, de nouveaux dispositifs de sécurité pour l’embarquement de passagers sur l’Algérie sont installés, ils consistent en des portiques de détection. Il est communiqué à l’équipage que le navire est susceptible de reprendre les traversées sur Alger. Le 11 octobre, la liaison sur Alger reprend. Le navire, sous surveillance militaire, quitte Marseille à 12h30, avec un retard important dû a des contrôles rigoureux, et arrive à Alger le lendemain à 11 h 0. Le car-ferry retourne à Marseille le 13 octobre. Le voyage dit de validation, en présence policière à bord, a été effectué avec un équipage volontaire. Il s’ensuit de nombreuses rotations d’essai, au départ de Marseille les 11, 17 et 24 octobre ; puis les 7, 21 et 28 novembre. La réouverture définitive de la ligne s’opère à la suite d’une réunion en date du 12 janvier 1996 avec les représentants du Ministère de l'Intérieur. Les escales toutefois n’ont lieu que de jour dans un premier temps.

Durant l’année 1995, le Liberté a été le lieu de tournage d’émissions de télévision : une pour France 5, « Le Liberté le bateau de la Tunisie », et une autre pour France 2, dans le cadre de l’émission « Geopolis » ayant pour thème la Phenicie d'hier à travers la Tunisie d’aujourd’hui. À cette occasion, une démonstration de l’utilisation d'un astrolabe et la présentation de cartes marines anciennes sont effectuées par le second capitaine Lionel Gouesigoux[1].

Le 24 avril 1996, dans le port d’Alger, à la suite de l’apparition et la disparition de deux objets flottants non identifiés le long de la coque, il est rapidement procédé à l’explosion de deux grenades anti-plongeurs et à une inspection de la coque. Ceci témoigne de la rapidité de réaction des responsables de la sûreté de l’ambassade de France et des autorités algériennes. Lors de son retour sur Marseille, le Liberté est survolé à trois reprises par un Breguet Atlantic de la Marine nationale.

Le 3 octobre à 5h10, entre Alger et Marseille, par mer forte et un vent nord nord-ouest de force 8 à 9, le Liberté reçoit un appel du CrossMed demandant de porter assistance au voilier Britannique Swan About, avec deux personnes à bord. Le car-ferry fait immédiatement route vers le voilier en détresse, aperçu grâce à une fusée à 6h50. En raison des mauvaises conditions météo, le vent souffle à 45 nœuds, l’approche du voilier est difficile et c’est au bout d’une deuxième manœuvre que l'embarcation est le long du bord. Ses deux occupants peuvent être alors récupérés par la portière. L’un des deux est pris en charge par le médecin, alors qu’il est signalé au CrossMed la fin de l’opération et la position de l’épave.

Les 20 et 21 octobre, le Liberté est affrété par la Marine nationale pour une sortie en mer dans le cadre de l’exercice « Estérel 96 ». Cet exercice consiste en une prise d’otage d'un navire à passagers par un groupe important de terroristes. Après des négociations menées par une cellule de crise basée à terre représentant les autorités gouvernementales, l'assaut final par des éléments militaires à partir d’embarcations rapides et hélicoptères est donné, les terroristes étant finalement neutralisés.

En mars 1998, lors de son arrêt technique, la partie arrière du Liberté est transformée. Le self-service devient un bar dans la perspective de la classe unique. Le navire reprend son service le 25 avril.

Au début des années 2000, la direction de la SNCM fait le constat que la flotte en service sur le Maghreb doit être renouvelée. Ainsi, la compagnie prévoit d'y affecter le Danielle Casanova en remplacement du Liberté à partir de la saison 2002, dès lors que le futur Méditerranée, en construction à Ancône, aura pris le relais sur les lignes de la Corse.

Une petite cérémonie est organisée à Tunis le 22 juin 2002, pour la dernière escale du Liberté, à laquelle sont conviés les partenaires tunisiens et l'Ambassadeur de France.

Sa dernière visite en Corse a lieu le 3 juillet à l'occasion d'une traversée exceptionnelle entre Marseille et Bastia en remplacement du récent Danielle Casanova dont la mise en service a été repoussée de quelques jours[2].

Pour sa dernière saison, le Liberté assure la desserte de l'Algérie. C’est le 1er septembre, qu’a lieu la dernière arrivée du car-ferry à Marseille, à 14h00, en provenance d'Alger. De septembre à décembre, le navire est désarmé à La Seyne-sur-Mer en attendant d’être vendu.

Le Liberté est finalement vendu en décembre 2002 à la compagnie marocaine Comarit qui avait fait l'acquisition, un an plus tôt, du Napoléon.

Comarit (2003-2013)Modifier

 
Le Biladi (avec la cheminée jaune) immobilisé à Sète

Le Liberté est livré le 27 janvier 2003 à son nouvel armateur. Il passe par la suite en cale sèche afin de subir divers travaux, effectués par la C.M.R durant le mois de février. Renommé Biladi, il entre en service sous ses nouvelles couleurs le 7 avril 2003 sur la ligne Sète - Tanger[3].

En 2012, la compagnie Comarit a de graves problèmes financiers, qui se concluent par la saisie à la suite d'une procédure judiciaire de toute sa flotte le 6 janvier. Le Biladi est alors immobilisé à Sète. En juin 2013, il est vendu aux enchères[4] et acquis par un armateur grec pour 1 million d'euros alors que la mise à prix était de 1.6 million d’euros[5]. Ce dernier le revend finalement au chantier de démolition turc d’Aliağa où il est échoué le 24 juillet 2013 et démoli durant l'été[6].

AménagementsModifier

Locaux communsModifier

Les passagers du Liberté étaient, à sa mise en service, séparés en deux classes, la classe "Cabine", réservée aux touristes et aux passagers de classe moyenne, et la classe "Économique", empruntée principalement par les algériens et les tunisiens venant en France pour travailler et disposant de peu d'argent. Les installations de la classe cabine étaient majoritairement situées sur le pont D (qui deviendra plus tard le pont 6) et étaient comparables à celles du Napoléon, alors fleuron de la compagnie. Les passagers de la classe cabine avaient à leur disposition : un vaste bar-salon doté d'une piste de danse situé à la proue du navire et pouvant accueillir 276 personnes, un grand restaurant gastronomique de 225 couverts situé au milieu du navire du côté bâbord, une salle de téléconférence de 150 places, avec possibilité de conversion en cinéma, située vers la proue du navire du côté bâbord. Le navire proposait également aux passagers de la classe cabine une boutique située non loin du bar-salon et un grand solarium abrité du vent situé au pont le plus haut du navire dénommé T (qui sera rebaptisé plus tard pont Solarium). Lors des travaux de jumboïsation du navire, de 1990 à 1991, certaines installations de la classe cabine subissent d'importants changements : le restaurant du navire est agrandi après la suppression de cabines sur le pont 6, portant sa capacité de 225 à 290 personnes, le bar-salon gagne du terrain sur la salle de conférence du navire dont la partie restante de l'installation est transformée en une installation inédite nommée salon bridge, la salle de conférence est quant à elle réaménagée dans un nouvel espace faisant partie du bloc ajouté où a également été aménagé une galerie marchande qui remplace la simple boutique qui est remplacée par une extension du bar-salon.

Les passagers de la classe économique n'avaient pas accès aux installations de la classe cabine mais avaient à leur disposition une vaste brasserie-self-service, faisant également office de salon, située au pont D (pont 6), 275 passagers pouvaient y prendre place, une petite boutique était située dans la brasserie. Lors des travaux de jumboïsation, une salle de cinéma est ajoutée à la place des cabines du pont 6. Plus tard, en 1998, la brasserie est transformée en bar lorsque la séparation entre les classes est abandonnée.

Lors de son exploitation par la Comarit sous le nom de Biladi, la décoration intérieure du navire est en partie modifiée mais les locaux conservent leurs disposition originale, la seule modification apportée par la Comarit au niveau des installations est l'ajout d'un bar extérieur en 2005 sur le pont 8.

CabinesModifier

Les passagers de la classe cabine avaient à leur disposition des cabines privatives, avec ou sans salle de bains, situées aux ponts C, D et E. la plupart de ces cabines offraient une vue mer et d'autres ne possédaient pas de hublot. Après la jumboïsation du navire, certaines cabines servant initialement à loger les membres de l'équipage sont reconverties afin d'y loger des passagers.

Les passagers de la classe économique étaient logés dans des compartiments disposant de places assises sur le pont E et possédant des couchettes sur le pont H (futur pont 2 situé sous les garages). Quelque temps après la mise en service du navire, un petit salon de 86 fauteuils est ajouté au pont E à la place de certains compartiments. Lors de la jumboïsation du navire, deux vastes salons fauteuils, faisant tous deux partie de l'extension, sont ajoutés au pont H, qui devient au même moment le pont 2. Des sanitaires complets étaient situés à proximité des compartiments.

CaractéristiquesModifier

À sa mise en service, le Liberté mesurait 141 mètres de longueur pour 21,90 mètres de largeur, son tonnage était de 13 511 UMS. Le navire avait une capacité de 1 088 passagers répartis en deux classes et était pourvu d'un garage pouvant contenir 453 véhicules répartis sur deux ponts, le garage était accessible par deux portes rampes, une à la proue et une à la poupe. La propulsion du Liberté était assurée par 2 moteurs Pielstick développant une capacité de 17 222 kW faisant filer le navire à une vitesse de 21,5 nœuds. Le navire disposait de 10 embarcations de sauvetage ouvertes, huit de taille moyenne et deux de petites taille. En 1991, le Liberté est jumboïsé, ses caractéristiques se voient alors modifiées, ainsi, sa longueur passe de 141,5 à 164,4 mètres et son tonnage de 13 511 à 19 182 UMS, sa largeur n'est en revanche pas modifiée. Sa capacité passagers passe de 1 088 à 1 604 personnes et la capacité du garage passe de 440 à 500 véhicules. La jumboïsation du navire entraine l'ajout d'une embarcation de secours semi-rigide ainsi que de radeaux de survie. En 2005, le Biladi se voit ajouter des stabilisateurs à la poupe appelés familièrement "Queue de canard".

Lignes desserviesModifier

  • Pour la SNCM de 1980 à 2002

Lors de sa carrière sous les couleurs de la SNCM, le Liberté était positionné toute l'année sur la desserte de l'Afrique du Nord sur les lignes Marseille - Alger et Marseille - Tunis, le navire effectuait quelquefois des traversées à destination de la Corse en haute saison.

Lors de son service sous pavillon marocain, le navire, renommé Biladi, effectuait la desserte du Maroc sur les lignes Sète - Tanger et Sète - Nador.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier