Les Galettes de Pont-Aven

film sorti en 1975

Les Galettes de Pont-Aven
Réalisation Joël Séria
Scénario Joël Séria
Acteurs principaux
Sociétés de production Coquelicot films
Orphée arts
Trinacra films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 101 minutes
Sortie 1975


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Galettes de Pont-Aven est un film français réalisé par le cinéaste et romancier Joël Séria et sorti en 1975.

RésuméModifier

Henri Serin (Jean-Pierre Marielle), un représentant en parapluies de Saumur, partage sa vie entre son travail, sa famille et sa passion : la peinture. Toutefois, Henri s'octroie, durant ses nombreux déplacements professionnels, quelques frasques amoureuses qui le changent du quotidien lassant dans lequel sa femme puritaine (Gisèle Grimm) l'enferme, tandis que son fils et sa fille mènent leurs vies sans lui.

Henri est un V.R.P. vendeur itinérant en voiture d'une firme de parapluies et d'ombrelles. Ce travail quotidien l'éloigne de sa famille et il rêve de vivre de sa peinture qu'il pratique par plaisir. En Bretagne, il a ainsi une aventure avec Madame Licquois (Andréa Ferréol), la femme d'un client qu'il visite en lui offrant d'abord son portrait devant son comptoir. Toute heureuse, elle l'invite à dîner en lui disant qu'elle va mettre son beau portrait dans la salle à manger. Il apprend d'elle que son mari est absent, parti voir sa sœur. Alors il lui caresse brièvement les fesses et elle s'exclame Monsieur Henri en souriant. Ensuite, flattée par lui, elle minaude et se déshabille progressivement en lui disant qu'elle aurait aimé devenir mannequin. Lorsqu'elle est devant lui en culotte et soutien-gorge, il s'approche d'elle et la prend dans ses bras en la complimentant sur son corps. Séduite, elle l'invite et lui ouvre ensuite son lit. Il lui raconte ses déboires conjugaux tout en lui disant combien c'est différent avec elle qui est si belle et tout en lui caressant les seins.

Il rencontre par la suite sur la route un pèlerin (Claude Piéplu) qui le traite de fils du seigneur ce dont il se défend. Il l'héberge ensuite une nuit dans la maison qu'il habite avec sa sœur, qui est une bigote sèche et autoritaire et qui veille à ce qu'il marche sur des patins. Une fois dans sa chambre, Serin fait sa toilette en slip. Curieuse, la sœur du pèlerin vient l'observer en douce par la lucarne qui donne sur un cagibis à côté. Henri la voit en se retournant et occulte la vitre rapidement.

Un soir, de nuit dans une forêt, Henri heurte un sanglier sur la route et il part à pied chercher de l'aide dans une maison proche d'où il est éjecté immédiatement. Sa voiture au matin se retrouve inutilisable pour quelques jours et mise sur le marbre d'un garage, le temps d'effectuer les réparations d'une semaine. Dans un bar du coin, Henri fait la connaissance d'Émile (Bernard Fresson), un peintre local fort en gueule et pervers, et de la belle Angela (Dolorès Mac Donough), sa compagne et égérie plus ou moins volontaire, ainsi que l'objet de ses perversions. Angela se montre à poil et l'appelle au premier pour la sauter puis propose à Henri de ne pas se gêner et qu'il en fasse autant lorsqu'il sera sorti.

Henri décide de tout laisser tomber pour l'amour passionné et voluptueux qui s'ensuit avec Angela, ce qui lui permet aussi de s'épanouir totalement dans sa peinture où il la peint toute nue en s'extasiant sur son corps magnifique. Ils échouent à Pont-Aven et où, pour sa grande peine et son grand malheur, Angela le quitte sans crier gare, en disparaissant du jour au lendemain. Cette immense peine de cœur le plonge dans une profonde dépression et il se met à boire, et les villageois se font une joie de se moquer de lui quotidiennement au café du coin. Il tente de peindre à nouveau une marine, une bretonnerie, près de la mer, mais obsédé par le cul d'Angela qui vient paraître dans son tableau, il lacère sa toile érotique et casse le châssis de son tableau sur sa tête. Mais c'est en vain et rien ne le console de son amour charnel perdu qui l'obsède.

Après ces errements dépressifs et alcoolisés, il retrouvera l'inspiration, et un vrai bel amour, grâce à la jolie et toute douce « petite Marie » (Jeanne Goupil) qu'il peint d'abord en pied et en coiffe bretonne avec son bel habit local. Puis il finit par la séduire mais avec la promesse qu'il ne boira plus. Ils sont ensuite applaudis tous deux dans la première scène du théâtre de Pont-Aven où ils chantent en costumes bretons la triste chanson Kenavo (Au revoir) de Théodore Botrel[1]. Ils sont vivement applaudis après par le parterre en costumes locaux de ses amis et de toute la gente féminine pont-aveniste en coiffes et habits traditionnels du village des peintres.

Dans la dernière séquence du film, Henri est sur la plage et porte sur un plateau, en dansant dans le sable, les boissons, glaces et consommations des galettes de Pont-Aven aux baigneurs ses clients, que la petite Marie prépare dans sa gargote de plage et derrière son comptoir. Henri rajeuni est enfin heureux et il a changé de vie.

Fiche techniqueModifier

  • Titre : Les Galettes de Pont-Aven
  • Réalisation, scénario et dialogues : Joël Séria
  • Directeur de la photographie : Marcel Combes
  • Musique : Philippe Sarde
  • Coproduction : Coquelicot films / Orphée arts / Trinacra films
  • Distribution : UGC - Compagnie française de distribution cinématographique
  • Genre : Comédie dramatique
  • Pays : France
  • Durée : 101 minutes
  • Date de sortie :
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans (DVD) – Interdit aux moins de 16 ans lors de sa diffusion.

DistributionModifier

CommentaireModifier

Peu remarqué à sa sortie, le film a depuis acquis un statut de « film culte » dans le genre de la comédie érotico-burlesque des années 1970, notamment par certaines de ses scènes au caractère érotique — le personnage principal, Henri Serin, étant fasciné par les formes féminines, qu'il cherche à reproduire sur ses toiles. Un langage réaliste très cru et parfois vulgaire et truculent, ainsi qu'un certain esprit libertaire et anticonformiste propre aux années 1970 flotte sur Les Galettes de Pont-Aven, un peu à l'image de l'ambiance qui règne dans Les Valseuses (1974) de Bertrand Blier, ou Calmos (1976) du même réalisateur, également avec Jean-Pierre Marielle dans le rôle principal.

Le film contient en outre quelques scènes surprenantes, comme celle où Jean-Pierre Marielle chante Kénavo, un air de Théodore Botrel, ou celle où Dominique Lavanant joue le rôle d'une prostituée bretonnante en costume traditionnel. Claude Piéplu en illuminé mystique et Romain Bouteille en curé à soutane offrent également de comiques moments.

Autour du filmModifier

Les peintures visibles dans le film ont été réalisées par Jeanne Krier, pseudonyme de Jeanne Goupil, l'actrice qui interprète Marie et qui avait fait l'École des arts décoratifs de Paris.

ReconnaissanceModifier

Notes et référencesModifier

  1. Il vécut à Pont-Aven dès 1905 et y est enterré.
  2. Fiche sur uda.ca.

Liens externesModifier