Bretonnant

Un bretonnant est un locuteur du breton, langue celtique de Bretagne. L'adjectif et le nom sont dérivés du verbe bretonner qui, en ancien français signifiait parler breton.

On parle ainsi de :

  • Bretagne bretonnante, la partie de la Bretagne où l'on parle breton, généralement équivalent de Basse-Bretagne,
  • Breton bretonnant, personne parlant breton, et cela depuis au moins le XIIIe siècle[1]. C'est ainsi qu'il est régulièrement utilisé dans diverses publications[2] et dans la presse locale, Ouest-France[3],[4] par exemple.

Le terme bretonnant ne s'est donc pas construit comme les termes « anglicisants » et « francisants », d'usage scolaire récent (XXe siècle), et qui, eux, ne dérivent pas de verbes. On utilise aujourd'hui plus couramment le terme brittophones, généré vers 2000 sur le modèle des termes anglophones et francophones.

Bretonnant et brittophoneModifier

Les deux termes sont communément différenciés de la sorte : bretonnant-e a été historiquement employé pour désigner les locuteurs/trices de naissance jusqu'à la création du néologisme brittophone (créé sur le modèle de « francophone », « anglophone », « hispanophone », etc.) qui désigne à la fois les locuteurs/trices de naissance et néolocuteurs/trices.

Sens politiqueModifier

En 1861, Yan' Dargent exposait en compagnie de plusieurs Bretons, et Maxime Du Camp, comme beaucoup d'autres critiques d'art, fait remarquer ironiquement : « Il y a à l'exposition une armée de Bretons qui bretonnent à qui mieux mieux[5] ».

Pierre Larousse, dans son Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, donnait de bretonnant la définition suivante :

« Se dit de la partie de la Bretagne et des Bretons qui ont conservé leur ancien langage, leurs mœurs primitives : Kéronan est un vieux Breton bretonnant. (Frédéric Soulié). Je suis de la Bretagne bretonnante et, par conséquent, entêté comme un vrai Breton. (Alexandre Dumas). On peut ranger M. Poussin parmi les Bretons bretonnants les plus fidèles à la vieille Armorique ; il aime, autant que le poëte Brizeux, la terre de granit recouverte de chênes. (Théophile Gautier). »

OuvragesModifier

VoirModifier

Notes et référencesModifier

  1. Avec eux avoit un chevalier bretonnant, fortement vaillant. Chroniques (Froissart), XVe siècle.
  2. #* Cette différence semble indiquer en faveur des Bretons bretonnants une supériorité marquée sur les Bretons gallois. Ludovic Naudeau, La France se regarde. Le problème de la natalité -1931
  3. 200 000 bretonnants
  4. Ouest-France mentionne un herboriste bretonnant.
  5. Le salon de 1861, Maxime Du Camp, A. Bourdilliat et Cie éditeurs, Paris, 1861
  6. « Baragouin », sur cnrtl.fr (consulté le 23 juin 2015)