Le Chambard socialiste

hebdomadaire satirique socialiste français

Le Chambard socialiste est un hebdomadaire satirique socialiste français publié entre 1893 et 1895.

Le Chambard socialiste
Image illustrative de l’article Le Chambard socialiste
« Une » du 17 mars 1894 commémorant le soulèvement du 18 mars 1871 et illustrée par « Petit Pierre » (Steinlen).

Pays France
Langue français
Périodicité Hebdomadaire
Format in-folio
Genre Presse satirique et politique
Prix au numéro 10 centimes
Diffusion 50 000 ex. (1894[1])
Date de fondation
Date du dernier numéro
Ville d’édition Paris

Rédacteur en chef Alfred Léon Gérault-Richard
ISSN 2016-6427

HistoireModifier

« Pamphlet socialiste illustré »[2] lancé le 16 décembre 1893, Le Chambard socialiste a pour rédacteur en chef et gérant le journaliste socialiste Alfred Léon Gérault-Richard, collaborateur de La Petite République[3]. L'article-programme signé par ce dernier dans le premier numéro s'oppose avec virulence à la loi restreignant la liberté de la presse votée quelques jours plus tôt en réaction à l'attentat anarchiste du 9 décembre 1893[4].

Mis à part les éditoriaux de Gérault-Richard et les poésies de Clovis Hugues, peu d'articles sont signés. Les gravures en couleurs de la première page sont dues à Steinlen, qui signe « Petit Pierre » (Steinlein signifiant « petite pierre » en allemand), puis à d'autres artistes, dont Maximilien Luce, B. Moloch, Pol Lelong et Édouard Couturier.

La violence des articles du Chambard vaut au journal d'être cité par le président du conseil Charles Dupuy à la chambre des députés en juillet 1894, peu de temps avant le vote de la troisième des « lois scélérates » visant les anarchistes[5]. Quelques jours plus tard, Steinlen ayant cessé de collaborer au journal, certains journaux prétendent que le dessinateur aurait regagné sa Suisse natale afin d'échapper à d'éventuelles poursuites. Cette rumeur s'avère finalement infondée[6].

Le 16 octobre suivant, le garde des sceaux, Eugène Guérin, annonce en conseil des ministres qu'il ordonne des poursuites contre Gérault-Richard à la suite d'un éditorial publié dans le Chambard du 29 septembre. Intitulé « À bas Casimir ! », cet article est en effet jugé offensant pour le président de la République, Jean Casimir-Perier[7]. Alexandre Millerand ne pouvant plaider en raison de problèmes de santé, c'est Jean Jaurès qui assure la défense du gérant du Chambard devant la cour d'assises le 5 novembre 1894. Jugé coupable d'offense au chef de l’État, Gérault-Richard est condamné à une peine d'un an de prison et à 3000 francs d'amende[8]. Emprisonné le 20 novembre à Sainte-Pélagie, il est remplacé par Antoine Reisser en tant que gérant du journal[9]. En réaction à l'incarcération de leur camarade, les socialistes présentent la candidature de Gérault-Richard à l'élection législative partielle provoquée par la démission d'Abel Hovelacque, député de la première circonscription du 13e arrondissement de Paris[10]. Élu au second tour de scrutin le 7 janvier 1895, le rédacteur en chef du Chambard est libéré à la suite de l'amnistie promulguée le 1er février suivant[11].

CollaborateursModifier

Notes et référencesModifier

  1. Le Chambard socialiste, 28 juillet 1894, p. 4.
  2. Le Chambard socialiste, 16 décembre 1893, p. 4.
  3. Journal des débats, 15 décembre 1893, p. 2.
  4. Le Chambard socialiste, 16 décembre 1893, p. 2.
  5. Journal des débats, 20 juillet 1894, p. 2.
  6. Eugène Destez, « Le cas de M. Steinlen », La Patrie, 30 juillet 1894, p. 2.
  7. La Mayenne, 17 octobre 1894, p. 2.
  8. Jaurès (cf. Bibliographie), p. 35.
  9. Le Chambard socialiste, 24 novembre 1894, p. 2-4.
  10. a et b Le Chambard socialiste, 22 décembre 1894, p. 2.
  11. Le Libéral, 4 février 1895, p. 1.
  12. L'Intransigeant, 21 janvier 1893, p. 3.
  13. Le Chambard socialiste, 23 mars 1895, p. 1.
  14. La Petite République, 23 décembre 1893, p. 2.
  15. Le Chambard socialiste, 16 février 1895, p. 1.
  16. a et b La Revue socialiste, supplément du 15 juin 1894, p. 769.
  17. Le Chambard socialiste, 21 avril 1894, p. 1.
  18. Le Chambard socialiste, 29 décembre 1894, p. 2.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean Jaurès, Plaidoirie de Jean Jaurès [procès du Chambard], Paris, 1894, 35 p. (consultable en ligne sur Gallica).
  • François Solo et Catherine Saint-Martin, Plus de 5000 dessinateurs de presse & 600 supports en France de Daumier à l'an 2000 (Dico Solo), Vichy, Aedis, 2004, p. 156.

Liens externesModifier

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