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La vie est belle (film, 1946)

film sorti en 1946
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La vie est belle.
La vie est belle
Description de cette image, également commentée ci-après
Donna Reed, James Stewart et Karolyn Grimes.

Titre original It's a Wonderful Life
Réalisation Frank Capra
Scénario Frances Goodrich
Albert Hackett
Frank Capra
Jo Swerling
Acteurs principaux
Sociétés de production Liberty Films
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique
Durée 130 minutes
Sortie 1946

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La vie est belle (It's a Wonderful Life) est un film américain de Frank Capra sorti en 1946. Ce film est considéré comme un classique du cinéma américain. Il est à ce titre régulièrement rediffusé à la période de Noël par les chaînes de télévision américaine.

SynopsisModifier

Bande-annonce
 
James Stewart et son ange gardien Clarence (Henry Travers)

Dans la petite ville de Bedford Falls dans l'État de New York, la veille de Noël 1945, de nombreux habitants prient pour la sauvegarde d'un certain George Bailey. Au Paradis, Clarence, un apprenti ange, est appointé au secours de George afin de gagner ses ailes. Un long flashback lui déroule, ainsi qu'aux spectateurs, la vie de George Bailey.

Enfant, George sauva la vie de son jeune frère, Harry, dans un lac gelé et perdit l'usage d'une oreille. Plus tard, employé comme garçon de courses par un pharmacien, M. Gower, il l'empêcha de commettre une grave erreur qui aurait coûté la vie d'un patient. Devenu adulte, George se sacrifie pour les autres encore et encore, laissant son frère aller à l'université à sa place et renonçant à ses rêves de voyager et de devenir architecte pour reprendre la société de crédit mutuel immobilier de son père, décédé, qui permet aux personnes aux revenus modestes de devenir propriétaires. Après avoir épousé une amie d'enfance, George ne peut même pas partir en lune de miel à cause du krach de 1929 : il doit utiliser sa cagnotte pour prévenir la banqueroute de la société. Le couple s'installe dans une vieille maison délabrée et a quatre enfants. Au fil des années, George repousse les avances d'un homme d'affaires sans scrupules, M. Potter, qui préférerait que les habitants de Bedford Falls restent locataires dans ses taudis.

La veille de Noël 1945, alors que l'on attend le retour de Harry de la guerre, l'oncle Billy égare 8 000 dollars qu'il portait à la banque. M. Potter trouve l'argent et l'empoche malhonnêtement, allant jusqu'à téléphoner à la police et accuser les Bailey de vol. Menacé de banqueroute et de prison, George sombre dans le désespoir et alarme tous ses proches. Il envisage de se jeter dans une rivière, ce qui conclut le flashback.

Apparaissant soudain, Clarence se jette lui-même dans la rivière pour distraire momentanément George de ses soucis en forçant celui-ci à le sauver. George confie alors à Clarence qu'il aurait mieux valu pour tous qu'il n'ait jamais existé. Clarence a alors l'idée de lui démontrer le contraire au moyen d'un « miracle » de choc : George se retrouve dans un réalité alternative dans laquelle il n'y a pas de George Bailey. Bedford Falls, livrée à la cupidité de Potter s'appelle Pottersville et ses habitants sont tous locataires. La ville est pleine de bars et de cabarets. Le pharmacien Gower est sans domicile après avoir fait de la prison pour avoir tué son client. Harry est mort noyé et l'équipage d'un navire, qu'il a sauvé d'une attaque de kamikazes, est également mort. La mère de George serait une veuve acariâtre tenant une pension de famille douteuse et ses amis sont maussades et agressifs. La femme de George n'est pas mariée et leurs enfants n'existent pas. Quant à l'oncle Billy, il est devenu fou après avoir fait faillite. George ne comprend pas la situation et cause un scandale avant de s'enfuir en priant pour retrouver sa réalité. Exaucé, il découvre que toute la ville s'est cotisée pour remplacer l'argent manquant, à la stupeur de l'inspecteur de banque. Son frère revient en ville en héros décoré et un autre ami d'enfance télégraphie, offrant 25 000 dollars pour renflouer la société.

Consolé et comblé par toutes ces attentions, George trouve, au milieu de la pile de billets, un livre de Clarence contenant cette dédicace : « Cher George, rappelle-toi qu'un homme qui a des amis n'est pas un raté. Merci pour les ailes ! Amitiés, Clarence. »

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

 
Donna Reed dans La vie est belle.
Acteurs non crédités 

ProductionModifier

Genèse du projetModifier

À l'origine se trouvait une nouvelle nommée The Greatest Gift écrite en novembre 1939 par Philip Van Doren Stern. N'ayant pas réussi à la publier, il la transforma en une lettre de vœux et l'envoya en décembre 1943 à quelque 200 membres de son entourage[2]. L'histoire attira l'attention d'un producteur de la RKO, David Hempstead qui estima que cela pourrait donner les bases d'un bon film pour y faire jouer Cary Grant et en avril 1944 RKO Pictures en acheta les droits pour plus de 10 000 dollars[3]. Toutefois le premier script ne plut pas à Cary Grant qui préféra se tourner vers un autre film de Noël, Honni soit qui mal y pense.

En 1945, Frank Capra voit le potentiel de la nouvelle et en rachète les droits pour sa propre compagnie, Liberty Films. Capra en produit trois scripts et s’appuiera de l'aide de nombreux scénaristes pour l'écriture, comme Frances Goodrich, Albert Hackett, Jo Swerling, Michael Wilson et Dorothy Parker[2]. Les trois scripts finissent par fusionner en un scénario que Capra renommera de son titre définitif It's a Wonderful Life[2].

Le village de Seneca Falls dans le comté de New York affirme que c'est en visitant leur ville en 1945 que Frank Capra s'appuiera pour créer la ville de Bedford Falls. Toutefois, James Stewart et Donna Reed viennent tous deux de petites villes des États-Unis.

CastingModifier

Frank Capra affirme avoir toujours voulu James Stewart pour le rôle même si l'historien du cinéma Stephen Cox indique que Henry Fonda était aussi dans les rangs[4]. Pour le rôle de Mary, Jean Arthur, Ann Dvorak et Ginger Rogers furent à un moment envisagées.

H. B. Warner qui tient le rôle du pharmacien Mr Gower, avait réellement étudié la médecine avant d'embrasser une carrière d'acteur.

RéalisationModifier

Le film est réalisé au studio de Culver City, California de la RKO et au movie ranch de la RKO à Encino (Los Angeles), où fut construite les décors de la ville de Bedford Falls. Une partie des décors avait déjà servi pour le film de 1931 La Ruée vers l'Ouest. Le décor conçu pour le film est un des plus grands jamais construits en studio. La ville imaginaire de Bedford Falls comprenant immeubles, maisons, boutiques et usines, fut en effet entièrement édifiée à Encino (Los Angeles)) occupant une surface de 16 000 m2[5]. Des pigeons, des chats et des chiens sont amenés dans le studio afin de lui rendre vie. Le studio fit détruire le ranch en 1954[6]. Toutefois, le gymnase dans lequel a lieu la compétition de danse existe toujours, il se situe au Beverly Hills High School de Beverly Hills et le système permettant d'ouvrir le plancher pour le transformer en piscine existe toujours en 2013.

Le tournage démarre le 15 avril 1946, pour se terminer après 90 jours de tournage, le 27 juillet 1946. Frank Capra s'entendra peu avec Victor Milner et le fera remplacer par Joseph Walker. Certains de ses plans seront même retourné après le renvoi de Milner. Durant la scène où Gower doit frapper le jeune George, H. B. Warner qui était réellement alcoolisé, blessa superficiellement Robert J. Anderson. La scène où George sauve Clarence fut tournée en plein été et l'on peut voir James Stewart suer.

À l'occasion du film, la RKO testa une nouvelle neige chimique pour le film basée sur un mélange de neige carbonique et de corn-flakes écrasés[7]. Durant le tournage, Donna Reed gagnera un pari contre Lionel Barrymore en prouvant qu'elle est capable de traire une vache sur le plateau[5]. De plus, c'est vraiment elle qui brise la vitre de la demeure en lançant un caillou, alors que Frank Capra pensait engager un assistant qui effectuerait le tir à sa place.

À l'origine, la scène où Harry tombe dans l'eau glacée devait être différente : alors qu'ils jouaient au hockey, les enfants devaient s'aventurer sur la propriété de M. Potter et celui-ci finissait par lâcher ses chiens, provoquant la fuite d'Harry et sa chute. Elle fut finalement changée au cours du tournage. D'autres scènes furent tournées par Frank Capra sans jamais être mises dans le montage final. On devait y voir George Bailey s'agenouiller et prier. Capra supprima la scène trouvant que cela plomberait le film en lui sur-ajoutant sur son côté religieux[8],[9]. Clarence devait aussi apparaître face à Potter, le faisant mourir d'une crise cardiaque, toutefois Capra trouvait que c'était trop et la scène fut retirée du montage final.

Diffusion et réception critiqueModifier

Un an après sa sortie, le film a fait l'objet d'une novélisation : It's a Wonderful Life, par M.C. Bolin, publié chez Harper (1947).

La vie est belle est, avec Le Magicien d'Oz, un des films de Noël les plus diffusés de la télévision américaine[10]. À la suite d'une erreur, le copyright sur le film ne fut pas renouvelé en 1971, le faisant entrer dans le domaine public entre 1974 et 1994, permettant à beaucoup de chaines locales américaines de le rediffuser durant la période des fêtes de fin d'année[11],[5]. Néanmoins, le studio Republic Pictures a fait valoir ses droits sur l'histoire à l'origine du film, et une décision du Congrès Américain redonne en 1993 les droits de diffusion à Republic, faisant sortir le film du domaine public[12].

Le film fut l'objet d'un mémo du FBI qui voyait du communisme dans l'attitude de George[5].

HommagesModifier

Le film figure à la 20e place du Top 100 de l'American Film Institute et fait partie de la Liste du BFI des 50 films à voir avant d'avoir 14 ans établie en 2005 par le British Film Institute et connut un remake destiné à la télévision en 1977, sous le titre de It Happened One Christmas (en).

James Stewart a toujours déclaré que de tous les films dans lesquels il a joué, La vie est belle était son préféré[5], c'est aussi le cas pour Donna Reed ainsi que pour Frank Capra qui estime que c'est le meilleur film qu'il ait réalisé[5]. Toutefois, en 1948, il affirmera que L'Enjeu est son meilleur film[réf. nécessaire].

La ville de Seneca Falls a créé depuis décembre 2009, un It's a Wonderful Life festival[13],[14] et possède un musée consacré au film.

Références dans d'autres œuvresModifier

Selon le site TV Tropes, La vie est belle inspirera de nombreux scénarios de série télévisée dans laquelle un des personnages principaux, durant le temps d'un épisode, découvre le monde tel qu'il serait s'il n'était pas né.

  • L'épisode L'ange gardien de la série Clair de lune est un remake du film, mais modelé dans le contexte de la série : à l'approche de Noël, Maddie Hayes, déprimée, souhaite n'avoir jamais sauvé l'agence de détectives de la faillite. Son ange gardien survient et lui montre comment le monde aurait été si elle avait pris cette fatale décision.
  • Le double épisode final de Dallas reprend la trame scénaristique du film. Ainsi, le personnage de J.R. voit ce qu'aurait été la vie de ses proches s'il n'avait jamais existé.
  • Un épisode de NCIS : Enquêtes spéciales situé à Noël, permet à Tony DiNozzo de présenter le film à ses collègues, comme dans sa famille jadis. Il le qualifie de plus grand film de Noël jamais fait...
  • Le film Gremlins de Joe Dante fait au moins deux références à celui de Capra. La première est un extrait de La vie est belle que l'on peut voir alors que la mère de Billy regarde la télévision dans sa cuisine. La seconde est le personnage de Mrs Deagle dont le statut dans la ville et la méchanceté rappellent fortement le M. Potter du film de Capra.
  • Dans le film Maman, j'ai raté l'avion !, la scène où George rejette l'offre d'emploi de Henry Potter apparaît à la télévision de l'hôtel dans lequel la famille de Kevin séjourne. Dans la version originale du film, cette scène est également en français.
  • Dans l'épisode 15 de la saison 5 de Friends, Phoebe fait des cadeaux similaires au film pour la crémaillère de Ross. De plus, dans la saison 2, Phoebe et Monica parlent du film.
  • Dans l’épisode 10 de la saison 4 de la série Les Frères Scott, alors que Lucas Scott est entre la vie et la mort, son oncle Keith mort lui apparaît en rêve pour lui montrer ce qu'aurait été la vie s'il n'avait pas existé. Durant l'épisode entier, de nombreux passages du film La vie est belle apparaissent sur les écrans de l'hôpital où les personnages se trouvent en attendant que leur ami se réveille du coma.
  • Dans l'épisode 3 de la saison 9 de Supernatural, Sam Winchester parle de Clarence lorsqu'il est fait référence au nom pris par Castiel. Ce dernier était d'ailleurs surnommé ainsi par Meg Masters, la démone qui, à plusieurs reprises, aide les deux frères et l'ange et qui meurt dans l'épisode 17 de la saison 8.
  • Dans l'épisode 4 de la saison 5 de Les Razmoket, Labinocle décide de fuguer, mais son ange gardien va tenter de le ramener en lui montrant la vie de ses amis s'il n'était jamais né.
  • Dans le film National Lampoon Christmas Vacation, Rusty écoute le film pendant un moment, et on peut y entendre la célèbre phrase everytime a bell rings, an angel gets its wings!.
  • Dans le film Bruce tout-puissant, on y voit une scène du film qui passe à la télévision, lorsque Grace est seule chez elle. De plus, Bruce attrape la lune au lasso comme le personnage principal le dit dans la scène culte du film. Enfin, la scène où Bruce rencontre Dieu évoque la scène où George rencontre son ange gardien[15].

Notes et référencesModifier

  1. Karolyn Grimes a laissé un livre, Zuzu Bailey's It's a Wonderful Life Cookbook (avec Franklin Dohanyes), Carol Publishing, 1996, ainsi qu'une biographie, Everytime a Bell Rings: The Wonderful Life of Karolyn Grimes (avec Clay Eals), Pastime Press, 1997. (voir son site officiel, en anglais).
  2. a b et c (en) A. Ervin « Some Kind of Wonderful, Frank Capra examines failure » (version du 7 février 2009 sur l'Internet Archive).
  3. (en) « Tempest in Hollywood », The New York Times,‎ , p. X3.
  4. (en) Liz Greene, « One of America's Favorite Christmas Movies Has a Wonderful Life of Its Own: 72 Percent of Viewers are Younger Than the Movie » (version du 7 décembre 2008 sur l'Internet Archive).
  5. a b c d e et f (en) Jennifer M Wood, « 25 Wonderful Facts About It’s a Wonderful Life », sur mentalfloss.com, .
  6. (en) « The RKO Encino Ranch – Residential Sets », sur retroweb.com.
  7. (en) Gary Wayne, « Hollywood on Location: the '40s » (version du 24 janvier 2016 sur l'Internet Archive).
  8. (en) Tim Dirks, « Review », sur filmsite.org, AMC Filmsite.
  9. (en) Robert L. Jones, « It Was A Wonderful Life » (version du 18 février 2013 sur l'Internet Archive).
  10. Denis Rossano, « Quoi de neuf dans le chapeau ? », L'Express, 23 décembre 2009.
  11. "Renewal Registrations, p. 1614". Catalog of Copyright Entries, January–June 1971, U.S. Copyright Office. Retrieved: November 8, 2010.
  12. La vie était plus belle avant, Romaine lubrique 2013
  13. (en) « It's a Wonderful Life festival », sur therealbedfordfalls.com.
  14. (en) Joan Barone McDonald, « Seneca Falls: It's a ‘Wonderful' town » (version du 17 mars 2009 sur l'Internet Archive).
  15. (en) Bruce tout-puissant sur l’Internet Movie Database

Liens externesModifier

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