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La Chute (film, 2004)

film sorti en 2004
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chute.
La Chute
Titre original Der Untergang
Réalisation Oliver Hirschbiegel
Scénario Bernd Eichinger
Acteurs principaux
Sociétés de production Constantin Film
Norddeutscher Rundfunk (NDR)
Westdeutscher Rundfunk (WDR)
Degeto Film (de)
Österreichischer Rundfunk (ORF)
EOS Entertainment
Rai Cinema
Pays d’origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de l'Autriche Autriche
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Drame
Historique
Guerre
Durée 148 minutes
Sortie 2004

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Chute (titre original : Der Untergang) est un film allemand réalisé par Oliver Hirschbiegel et sorti en 2004. Le film évoque les événements et circonstances liés à la mort d'Adolf Hitler et à ses derniers jours, durant la bataille de Berlin en avril 1945.

Sommaire

SynopsisModifier

Berlin, . Le IIIe Reich est à l'agonie. Tandis que les Soviétiques préparent l'offensive finale contre les troupes allemandes défendant Berlin, Adolf Hitler se réfugie dans son bunker en compagnie de ses proches et de son état-major. Malgré l'imminence de l'inévitable défaite, le Führer s'obstine à continuer la lutte, et ce malgré le manque toujours plus criant d'effectifs et de munitions.

Le film présente ainsi les douze derniers jours de la vie d'Adolf Hitler passés dans son bunker, lors de la bataille de Berlin et les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre européen. L'action suit les points de vue des témoins de cette période, notamment celui de Traudl Junge, la dernière secrétaire de Hitler.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Sources et légende : Version française (VF) sur Voxofilm[2]

DistinctionsModifier

  • 48e meilleur film non-anglophone selon le magazine Empire, en 2010[3].

RécompensesModifier

NominationsModifier

Autour du filmModifier

ControversesModifier

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Le producteur Bernd Eichinger, scénariste du film, s'est inspiré du livre de l'historien Joachim Fest Les Derniers Jours de Hitler et des mémoires de la secrétaire du dictateur Jusqu'à la dernière heure : la dernière secrétaire d'Hitler. Il présente son film comme « un film allemand, réalisé avec des moyens allemands, des techniciens allemands, des acteurs allemands, pour un public allemand » (il est à noter que l'acteur principal, Bruno Ganz, est suisse).

En Allemagne, et marginalement en France, le film a suscité des débats :

  • Certains[Qui ?] reprochent au film de n’évoquer que rapidement les actes relevant du crime de guerre ou du crime contre l'humanité commis par l'Allemagne Nazie envers les pays envahis et leurs populations (avec trois répliques d'Adolf Hitler, un carton en fin de film et un témoignage de Traudl Junge). C'est ainsi que de nombreux fidèles d'Adolf Hitler, qui jouent un rôle important dans le film, et qui peuvent parfois apparaître comme sympathiques au spectateur, ne sont jamais présentés pour ce qu'ils sont.
  • D'autres[Qui ?] estiment que l'on ne peut pas reprocher à un film de ne pas être exhaustif. Le réalisateur bénéficie de la liberté artistique, et un film ne doit pas être soumis à une orientation diplomatique ou à un discours qui relèverait des relations publiques. Ainsi, on reproche à Oliver Hirschbiegel ce que l'on ne reproche pas à Steven Spielberg ou d'autres. Si par exemple un film comme Il faut sauver le soldat Ryan ne traite en effet pas d'Hiroshima, ce n'est pas dû à une volonté d'occulter, mais l'effet d'une focalisation arbitraire sur une séquence historique particulière avec un point de vue particulier. Il en est de même pour La Chute, qui n'a pas pour prétention de faire l'inventaire d'une époque. Toutefois, il est vrai que le propos de La Chute est de dépeindre les derniers jours d'un régime, et qu'à ce titre, ledit régime n'est évoqué que d'une manière très partielle, évitant d'aborder des points pourtant fondamentaux, voire fondateurs, de son histoire.
  • Certains[Qui ?] critiquent une humanisation d'Adolf Hitler par la représentation de scènes de vie quotidienne, avec sa chienne Blondi, son épouse Eva Braun, la famille Goebbels, etc. D'autres, comme Marc Ferro[réf. nécessaire], approuvent cette humanisation d'Adolf Hitler : le fait de rappeler qu'il n'était pas un diable ou un extra-terrestre, mais qu'il appartient bien à l'espèce humaine, nous empêche de nous exonérer de tels crimes (en les attribuant à sa nature « inhumaine »). Adolf Hitler est bien humain.
  • Ce film présente les douze derniers jours d'Adolf Hitler dans son bunker, en évoquant à peine le contexte de la guerre en dehors de l'Allemagne (les causes et le déroulement de la guerre jusqu'à la bataille de Berlin, les souffrances des peuples envahis, le génocide juif et tzigane).
  • Rochus Misch, un SS qui a été garde du corps d'Adolf Hitler de 1940 jusqu'au dernier jour, a déclaré au sujet de ce film dans J'étais garde du corps d'Hitler (p. 225, Livre de Poche 30777, 2006) que « […] ce film est un drame d'opérette. Tout y est exagéré. Il n'y avait pas de fêtes, de beuveries au champagne… » et qu'aucun membre de l'équipe du film n'est venu le voir pour recueillir son témoignage.

De manière générale, le film présente le peuple allemand comme victime d'Adolf Hitler, prisonnier d'un fou, comme hypnotisé, vivant un mauvais rêve. Ceci doit cependant être contrebalancé par la représentation du fanatisme nazi : on voit un groupuscule chercher des traîtres et les exécuter sommairement, et de nombreux suicides, par exemple ceux de Jeunes Hitlériens.

Un autre reproche est que le film, en représentant les officiers comme victimes de la folie d'Adolf Hitler, ou tentant de protéger la population, rend sympathiques des individus qui ont commis des crimes atroces :

  • Hermann Fegelein, l'aide de camp de Heinrich Himmler, dont le film élude le rôle qu'il eut dans la SS SS, est arrêté quand Adolf Hitler découvre que Heinrich Himmler a fait des propositions de paix aux Alliés à Lübeck. L'arrestation se déroule au cours d'une fête, alors qu'il a abandonné le Führerbunker ; Hermann Fegelein est dans une chambre, avec une femme. Ils viennent de faire l'amour, et ont consommé de la cocaïne. Hermann Fegelein est ainsi présenté comme un jouisseur, arrêté alors qu'il est sous l'empire de la drogue (presque sans défense, par conséquent). Tout concourt à en faire une personne sympathique, proche du spectateur, puisque lui aussi victime de la cruauté nazie. Or, en tant qu'aide de camp de Himmler (chef de la SS), il était au courant des crimes du nazisme, dont la solution finale. En réalité, au moment de son arrestation, il rassemblait des bijoux et des objets de valeur avant de s'enfuir. Contrairement à l'image qui est donnée de lui dans La Chute, il s'est comporté comme un parvenu, et a largement profité du régime. Fegelein avait d'ailleurs épousé Gretl, la sœur d'Eva Braun, ce qui en faisait un personnage de premier plan du régime nazi. Étant par ailleurs Gruppenführer SS, il commandait la division Florian Geyer qui a massacré des milliers de Russes et de juifs dans la région des marais du Pripet. Il apparaît aux côtés de Hitler lorsque celui-ci sort une dernière fois du bunker pour remettre la croix de fer à des membres des Jeunesses Hitlériennes ; peu de temps après, il est fusillé pour trahison.
  • Le principal témoin du film, Traudl Junge, est présentée comme une oie blanche, venue de la province, sans convictions politiques particulières, choisie par Adolf Hitler pour être sa secrétaire presque au hasard parmi d'autres candidates. En fait, elle avait été chaudement recommandée par le parti nazi de Bavière. Elle affirme également qu'elle n'était pas non plus au courant (au moins dans les grandes lignes) de la solution finale, ni des exactions nazies. Cela paraît extrêmement peu probable à de nombreux historiens, étant donné sa proximité avec le Führer[réf. nécessaire].
  • Plusieurs fois, Adolf Hitler prononce des paroles qui absolvent les Allemands des crimes nazis, en prenant leur responsabilité. C'est ainsi le cas lorsqu'il dit : « La seule chose qu'on puisse porter à mon crédit, c'est d'avoir nettoyé l'espace vital allemand du venin juif. » Il déclare également au médecin SS Ernst-Robert Grawitz, qui a pratiqué des expériences sur des sujets vivants, et qui craint pour sa vie : « Vous n'avez pas à vous reprocher quoi que ce soit. Vos expériences médicales serviront aux générations futures ; elles ne vous remercieront jamais assez. Je me porte garant de tout ce que vous avez fait. » Il déclare aussi une phrase au sujet du peuple allemand : « Je ne verserai aucune larme sur le sort du peuple allemand. S'il se révélait incapable de survivre à cette épreuve, il n'aurait que ce qu'il mérite. » La phrase n'est cependant étayée par aucune source, aucune référence (le livre de Joachim Fest Les derniers jours d'Hitler ne la cite même pas, aussi bien dans la version française que dans la version allemande originale). Cette facette d'Hitler est à mettre en relation avec son rapport au peuple allemand, véritablement fusionnel pour lui (s'il mourait, cela revenait à faire mourir le peuple allemand), d'où sa propension à envisager le sacrifice du peuple allemand.

Dans l'ouvrage de référence Le Troisième Reich des origines à la Chute de William Shirer, il est dit que les enfants Goebbels ont été tués par un médecin et non pas (comme dans le film) par leur mère qui, elle-même, a été abattue avec son mari et à leur demande par un SS (dans le film, c'est Goebbels qui tue sa femme).Il y a ici une contradiction avec l'article traitant de Magda Goebbels. L'ouvrage de référence ne semble pas avoir été scrupuleusement suivi, cet argument perd son sens.

Parodies sur InternetModifier

À partir de 2006, des parodies à but humoristique détournant des scènes du film, notamment celle où le Fürhrer crie sur ses généraux à la fin du film, apparaissent sur Internet, particulièrement sur YouTube. Les dialogues originaux en allemand sont conservés, mais des sous-titres dans une autre langue concernant des événements totalement anachroniques sont ajoutés, avec pour but de ridiculiser ou de faire passer un message de l'auteur à propos de ces événements[6]. Le premier détournement remonte à août 2006[7]. En 2009, une telle vidéo à propos de problèmes de stationnement à Tel Aviv fait l'objet d'une demande de retrait par une association israélienne représentant les survivants de la Shoah[8].

Le réalisateur Oliver Hirschbiegel affirme considérer ces détournements comme le « meilleur compliment » que puisse recevoir un réalisateur. Cependant, en avril 2010, le producteur Constantin Film décide de faire retirer toutes les vidéos pour infraction au droit d'auteur[9]. Après avoir retiré les vidéos dans un premier temps, Youtube revient sur sa décision, invoquant la notion de fair use[10]. La réaction de Constantin Film a, elle-même, fait l'objet de nouveaux détournements[réf. nécessaire].

Notes et référencesModifier

  1. Voir sur cnc.fr.
  2. « Fiche du doublage français du film » sur Voxofilm, consulté le 29 novembre 2014
  3. (en) « The 100 Best Films Of World Cinema », Empire,‎ (lire en ligne)
  4. (fr) La Chute de Oliver Hirschbiegel - fiche pédagogique
  5. « 20 mars 1945 : Alfred Czech, onze ans reçoit la croix de fer – Les guerres d'hier au jour le jour » (consulté le 12 mai 2019)
  6. (en) Virginia Heffernan, « The Hitler Meme », The New York Times,‎ , MM20 (lire en ligne).
  7. (en) Know Your Meme, « video: Sim Heil: Der Untersim »
  8. (en) Etgar Lefkovits, « Holocaust survivor groups protest YouTube Hitler parody », sur JPost.com, 17 février 2009.
  9. « Les parodies de « La Chute » bientôt retirées du web », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  10. « Parodies d'Hitler : YouTube plaide le fair use », Génération NT,‎ (lire en ligne)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (de) Willi Bischof (dir.), Filmri : SS : Studien über den Film Der Untergang, Münster, Unrast Verlag, , 148 p. (ISBN 978-3-89771-435-9).
  • Guillaume Robin, « Le film La Chute ou les dessous d'une polémique », Allemagne d'aujourd'hui, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, no 176 « Cinéma allemand : les jalons d'un renouveau »,‎ (ISBN 978-2-859-39956-6).
  • (en) Roel Vande Winkel, « Hitler's Downfall, a film from Germany (Der Untergang, 2004) », dans Leen Engelen et Roel Vande Winkel (dir.), Perspectives on European Film and History, Gand, Academia Press, coll. « Film & Tv Studies », , VI-294 p. (ISBN 978-90-382-1082-7), p. 183-219.

Sources primaires et secondaires sur le contexte historiqueModifier

  • Joachim C. Fest, Les derniers jours de Hitler, Paris, Perrin, , 205 p. (ISBN 978-2-262-02329-4).
  • Traudl Junge avec la collab. de Melissa Müller (trad. Janine Bourlois), Dans la tanière du loup : les confessions de la secrétaire de Hitler [« Bis zur letzten Stunde : Hitlers Sekretärin erzählt ihr Leben »], Paris, Jean-Claude Lattès, , 307 p. (ISBN 2-7096-2643-8).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier