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Kurt Furgler

personnalité politique suisse

Kurt Furgler
Illustration.
Kurt Furgler
Fonctions
83e conseiller fédéral

(15 ans)
Élection
Réélection

Prédécesseur Ludwig von Moos
Successeur Arnold Koller
Chef du Département fédéral de l'économie publique

(4 ans)
Prédécesseur Fritz Honegger
Successeur Jean-Pascal Delamuraz
Président de la Confédération suisse

(1 an)
Réélection
Vice-président Alphons Egli
Chancelier Walter Buser
Prédécesseur Leon Schlumpf
Successeur Alphons Egli

(1 an)
Réélection
Vice-président Fritz Honegger
Chancelier Karl Huber
Walter Buser
Prédécesseur Georges-André Chevallaz
Successeur Fritz Honegger

(1 an)
Élection
Vice-président Willi Ritschard
Chancelier Karl Huber
Prédécesseur Rudolf Gnägi
Successeur Willi Ritschard
Chef du Département de justice et police

(11 ans)
Prédécesseur Ludwig von Moos
Successeur Rudolf Friedrich
Conseiller national

(18 ans, 9 mois et 17 jours)
Législature 34e (1951-1955)
35e (1955-1959)
36e (1959-1963)
37e (1963-1967)
38e (1967-1971)
Député au Grand Conseil du canton de Saint-Gall

(3 ans)
Législature 1956-1960
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Gall (Suisse)
Origine Canton de Saint-Gall
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Saint-Gall (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique Parti démocrate-chrétien (PDC)
Diplômé de Université de Fribourg
Université de Zurich
Profession Avocat

Kurt Furgler
Conseillers fédéraux de Suisse
Présidents de la Confédération suisse

Kurt Furgler, né le à Saint-Gall[1] et mort le à Saint-Gall[2], est un homme politique suisse membre du Parti démocrate-chrétien (PDC). Il a été membre du Conseil fédéral pendant quinze ans et a occupé à trois reprises la fonction de président de la Confédération suisse, détenant ainsi la deuxième place de la longévité gouvernementale de l'après-guerre après celle de Max Petitpierre (1945-1961)[3].

JeunesseModifier

Deuxième d'une famille de cinq enfants, il est le fils d'un père patron d'une manufacture de broderie qu'il doit fermer pour fonder ensuite l'assurance-vie des syndicats chrétiens-sociaux suisses[1]. À 18 ans, il fonde le club de handball du TSV St. Otmar Saint-Gall Handball dont il devient entraîneur et capitaine et qui obtient plusieurs fois la victoire en championnat et en coupe de Suisse[2]. Au niveau scolaire, il obtient sa maturité au gymnase cantonal de sa ville natale puis étudie à l'université de Fribourg où il obtient son doctorat en droit en 1948 après quelques semestres passés à l'université de Zurich et à l'Institut de hautes études internationales de Genève où il rédige une grande partie de sa thèse intitulée Problèmes fondamentaux de la responsabilité des États en matière de droit des gens[1].

Une année plus tard, il obtient sa patente d'avocat et de notaire puis ouvre sa propre étude et pratique le barreau à Saint-Gall à partir de 1950[1]. Il devient secrétaire du Parti chrétien-social saint-gallois, l'aile progressiste du PDC[2],[1].

ParlementaireModifier

Élu au Conseil national après l'élection de son collègue Thomas Holenstein au Conseil fédéral en 1954, il sera réélu cinq fois à son poste tout en siégeant également au Grand Conseil saint-gallois de 1957 à 1960[1]. Au parlement fédéral, il s'intéresse notamment à la jurisprudence et à la politique extérieure. Président du groupe parlementaire conservateur chrétien-social (actuel PDC) de 1963 à 1971, il s'illustre en présidant la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire des Mirages à l'été 1964[4] qui aboutit à la réorganisation du Département militaire ainsi qu'au renforcement du contrôle parlementaire.

À la suite de certaines de ses propositions, le droit fédéral est réuni en un recueil systématique et le Corps suisse d'aide en cas de catastrophe créé[4]. Sentant l'importance de la construction européenne pour la Suisse, il prêche pour une politique de rapprochement dans un discours prononcé le , où il critique sévèrement l'absence de vision du Conseil fédéral, tout en faisant partie de la délégation suisse à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe entre 1967 et 1971[4].

Conseiller fédéralModifier

Justice et PoliceModifier

À l'occasion de la démission du conseiller fédéral Ludwig von Moos, Kurt Furgler est désigné par le groupe parlementaire du PDC comme son candidat le [4]. Il est élu conseiller fédéral le 8 décembre, par 125 voix reçues dès le premier tour, et prend la tête du département de Justice et Police le , devenant le cinquième Saint-Gallois à entrer au gouvernement[4].

Rapidement, il assouplit l'interdiction de prendre la parole pour des étrangers et fait appliquer avec moins de rigueur la saisie des écrits politiques et érotiques aux frontières[5]. Durant son mandat de onze ans, son activité législative vise à adapter le système fédéral aux exigences de rationalisation et de transparence, en redéfinissant les tâches de la Confédération et des cantons, mais se heurte à l'opposition des libéraux fédéralistes. Ainsi, son projet de loi sur l'aménagement du territoire est repoussé par le peuple en 1976 tout comme un projet de police fédérale de sécurité combattu également par la gauche en 1978. Président d'une commission d'experts, celle-ci propose une révision totale de la constitution à la fin 1977[5] mais se heurte à nouveau aux fédéralistes. Au nombre de ses succès figurent la révision du droit de la famille, l'article constitutionnel sur l'égalité entre hommes et femmes approuvée par le peuple le ainsi que le nouveau droit matrimonial, le , faisant des deux époux des partenaires égaux[5].

Profondément catholique[3], il refuse de défendre devant le parlement un projet de libéralisation du droit pénal en matière d'avortement, en 1974, en invoquant la clause de conscience. Il combat avec succès les troisième et quatrième initiatives « contre l'emprise étrangère » en 1974 et 1977 mais fait toutefois voter en 1973 par le parlement la Lex Furgler visant à limiter voire empêcher la vente de biens immobiliers suisses à des étrangers[6],[3]. Dans le même cadre, il se fait l'artisan de réformes visant à stabiliser le nombre de travailleurs étrangers, à contrôler l'asile[3] tout en facilitant l'acquisition de la nationalité suisse[5].

Il s'investit dans le même temps, en particulier en Suisse alémanique[7], en faveur de la ratification par le peuple suisse de la création du canton du Jura (votation populaire du ). En septembre 1982, il contribue à dénouer la prise d'otages à l'ambassade de Pologne en prenant la tête de l'état-major de crise et en se montrant intransigeant à l'égard des ravisseurs[8].

Économie publiqueModifier

A la tête du département de l'Économie publique du à sa démission du gouvernement survenue le , il y préconise en vain une garantie des risques à l'innovation destinée à encourager la compétitivité de l'économie suisse et relance la Surveillance des prix. Au niveau international, il signe la Déclaration de Luxembourg, dans laquelle l'AELE et la CEE expriment leur volonté d'une collaboration dépassant le simple cadre du libre-échange, et participe aux travaux de l'OCDE, de la CNUCED et du GATT.

Président de la Confédération suisse en 1977, 1981 et 1985, il accueille durant sa dernière présidence Mikhaïl Gorbatchev[9] et Ronald Reagan à Genève lors d'un sommet américano-soviétique sur le désarmement nucléaire tenu en novembre 1985.

RetraiteModifier

Après sa démission du Conseil fédéral effective le , Kurt Furgler est membre de plusieurs conseils d'administration, président de la Fondation pour l'aide sportive suisse[5] et vice-président du Club de Rome[2] dont il restera membre honoraire jusqu'à sa mort[10]. Docteur honoris causa de l'Université de Boston et de l'École des hautes études de sciences économiques et sociales de Saint-Gall, il reçoit le Prix Robert Schuman en 1989 pour son action en faveur de l'unification de l'Europe[11]. Nommé membre d'honneur du Comité international olympique en 2000, il devient membre de ses commissions d'éthique et des candidatures[12]. Passant pour être doué « d'une vive intelligence, d'une énergie peu commune et d'une éloquence exceptionnelle »[2], il milite en 2002 pour une présence accrue de la Suisse sur la scène internationale. En compagnie de quatre anciens conseillers fédéraux, il assume la coprésidence d'un comité de seniors en faveur de l'adhésion de la Suisse à l'ONU[2].

Marié en 1950 à Ursula Stauffenegger, il aura quatre filles et deux garçons[2],[1]. Décédé le 23 juillet 2008 dans sa ville natale, ses funérailles ont lieu le 29 juillet en la cathédrale de Saint-Gall en présence de nombreux anciens conseillers fédéraux[13].

BibliographieModifier

  • José Ribeaud, Kurt Furgler à cœur ouvert, éd. L'Aire, Lausanne, 1986

RéférencesModifier

Liens externesModifier