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Judit Reigl
Judit Reigl.jpg
Judit Reigl dans son atelier de Marcoussis. Février 2012.
Naissance
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KapuvárVoir et modifier les données sur Wikidata
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Judit Reigl, née le à Kapuvár[1] (Hongrie), est une artiste peintre française d'origine hongroise.

Sommaire

BiographieModifier

Judit Reigl suit les cours de l'Académie des beaux-arts de Budapest de 1941 à 1946. Bénéficiant d'une bourse d'études, elle quitte Budapest au mois de décembre 1946 pour Rome où elle réside jusqu'en octobre 1948.

Après huit tentatives, elle réussit à quitter la Hongrie le . Arrêtée en Autriche, dans la zone occupée par les Britanniques, elle est emprisonnée deux semaines dans un camp d'où elle s'enfuit. Après un voyage le plus souvent effectué à pied, en passant par Munich, Bruxelles et Lille, elle arrive à Paris le , où elle est accueillie par son compatriote Simon Hantaï, qui lui présente André Breton.

Elle rencontre ainsi le groupe surréaliste parisien en 1950. En 1954, sa première exposition est organisée à la galerie L'Étoile scellée. La préface du catalogue est écrite par André Breton, qui la reprendra dans l'édition de 1965 de son ouvrage Le Surréalisme et la peinture. En 1956, elle fait partie, avec Jean Degottex, Simon Hantaï et Claude Viseux, de l'exposition Tensions à la galerie René Drouin.

De 1958 à 1965, elle développe la série des Guano, toiles ratées posées sur le parquet et sur lesquelles Judit Reigl a « travaillé, marché, déversé de la matière picturale qui coulait, imbibait, s'écrasait sous [mes] pieds », faisant ainsi intervenir le « hasard objectif » cher à Breton. En 1966, elle commence une série de torses humains. Puis à partir de 1973, dans la série intitulée Déroulements, elle aligne des tâches de couleur sur différents fonds en marchant le long d'une toile non tendue. Dans cette série, comme dans la série suivante Entrée-Sortie (1986-1988), le procédé original entraîne une diffusion des couleurs à travers les fibres de la toile qui produit un effet moiré par transparence.

Elle réalise également des séries de dessins en 1958-1959, 1965-1966 et 2009-2010. Pour la première série qui porte le titre Présence, elle souffre de tendinite et se consacre pendant un an à des petits formats 21x27cm sur papier à l'encre de Chine. Elle s'inspire des musiciens tels Bach, Verio, Mozart. Dans la troisième série, elle dessine des grands formats où le noir et le blanc ont une valeur égale. Elle réalise tel un musicien une partition rythmée de vide et de plein. Elle déploie à même le sol de son atelier de longs rouleaux de papier de 70 cm de large, sur une longueur de 7 à 10m. Elle engage un combat avec tout son corps, une grande liberté de gestes. Son œuvre terminée, elle découpe la bande de papier pour cadrer les dessins réalisés[2].

En 1983, elle participe à l'exposition itinérante « Vingt ans d'art en France » qui, outre la France, parcourt l'Allemagne et l'Italie.

En 2004, le musée de Soissons dans l'Aisne lui consacre une rétrospective et, en 2010, le musée des beaux-arts de Nantes[3].

En septembre 2018, elle expose à l’espace Art Absolument.

Du 27 juin 2019 au 5 janvier 2020, Judit Reigl sera au musée des Beaux-arts de Brest dans l'exposition, « La vraie vie est ailleurs – Artistes femmes autour de Marta Pan : Simone Boisecq, Charlotte Calmis, Juana Muller, Vera Pagava, Judit Reigl."

ŒuvresModifier

Ses œuvres sont conservées au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (Paris)[4],[5], au Museum of Modern Art (New York)[6], au Metropolitan Museum of Art (New York), à la Tate Modern (Londres), au musée d'art moderne de la ville de Paris[7], au musée des beaux-arts de Budapest.

Quelques œuvresModifier

  • Flambeau des noces chimiques, 1954[8]
  • Ils ont soif insatiable de l'infini[9], 1954, d'après une phrase de Lautréamont[10]
  • Lueurs de fièvre, 1954[11]
  • Centre de dominance, 1958, huile sur toile, 148 × 180 cm[12]
  • Guano, 1958-1965, série
  • Déroulements, 1973, série
    • Strette, de la série Déroulements, 1978, huile sur toile, signé et daté au dos, 195 × 300 cm, musée d'Évreux
  • Entrée-Sortie, 1986-88, série[13]
  • Déroulement, 1978, acrylique et huile sur toile, 195,5 x 200,5 cm, Musée national des beaux-arts du Québec[14]
  • Espace entre deux mouvements, 1980, huile et glycérophtalique sur toile, 195,8 x 300,7 cm, Musée national des beaux-arts du Québec[15]
  • Porta dolente, 1988, technique mixte sur toile, 220 × 195 cm[16]
  • Face à…, série, 1989, technique mixte sur toiles[16]

VidéosModifier

DistinctionsModifier

PrixModifier

DécorationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Cf. Brochure du musée des beaux-arts de Nantes pour l'exposition « Depuis 1950, le déroulement de la peinture », du 9 octobre 2010 au 2 janvier 2011.
  2. Michel Bohbot, « L'écriture peinture de Judith Reigl », (Art absolument), no 38,‎
  3. Voir sur le site du musée de Nantes.
  4. Voir sur le site du Centre Pompidou.
  5. Œuvres de Judit Reigl dans la collection du MNAM, site du Centre Pompidou.
  6. Voir sur le site du MoMA.
  7. Œuvres de Judit Reigl dans la collection du MAMVP
  8. Cité dans Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du Livre, Fribourg, Suisse et Presses universitaires de France, Paris, 1982, p. 354.
  9. Voir sur andrebreton.fr.
  10. Cité dans Beaux arts magazine no 74, décembre 1989, p. 117.
  11. A. Biro et R. Passeron, op. cit., p. 354.
  12. Kalman Maklary fine arts, Budapest. Reproduction dans Connaissance des arts, no 707, p. 90.
  13. Cité dans Beaux arts magazine, no 74, décembre 1989, p. 116.
  14. « Déroulement | Collection Musée national des beaux-arts du Québec », sur collections.mnbaq.org (consulté le 3 mai 2019)
  15. « Espace entre deux mouvements | Collection Musée national des beaux-arts du Québec », sur collections.mnbaq.org (consulté le 3 mai 2019)
  16. a et b Reproduction dans Beaux arts magazine, no 74, décembre 1989, p. 116.
  17. (hu) « Reigl Judit festőművész átvette a Kossuth-díjat » sur kultura.hu.
  18. « La revue Art Absolument - Les expositions : Prix AWARE 2018 », sur www.artabsolument.com (consulté le 21 juillet 2018)
  19. Arrêté du 10 février 2016 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres.
  20. Décret du 15 novembre 2018 portant promotion et nomination

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier