Pierrette Bloch

artiste suisse

Pierrette Bloch est une artiste plasticienne suisse née le [1] à Paris et morte dans cette même ville le [2]. Elle s'est illustrée par une œuvre marquée par le minimalisme et l'économie de moyens, utilisant au fil des années aussi bien la peinture, le collage, le tissage et la sculpture.

Pierrette Bloch
Portrait de l'artiste P. Bloch.jpg
Pierrette Bloch, Bages 2012.
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Prix Maratier 2005 de la Fondation Pro-MAHJ

BiographieModifier

 
Sculpture de crin N°GB.21, 1991

Après des études de droit puis de lettres dans l'immédiate après-guerre, Pierrette Bloch étudie le dessin et la peinture chez Jean Souverbie (1947), André Lhote (1948) et Henri Goetz (1949) [3]. C'est ce dernier qui la présente cette année-là à Pierre Soulages avec lequel elle se lie d'une longue amitié. Ses débuts en peinture sont incertains : si, dès 1951, elle expose aussi bien à Paris qu’aux États-Unis [4] (où elle séjournera à plusieurs reprises), les années 50 et 60 seront surtout pour elle une longue période de recherches et d'expérimentations. C'est probablement un séjour dans le New York de la fin des années 60 qui déclenche sa première série d’œuvres vraiment originale, de grands collages sur isorel faits de papiers unis et déchirés.

Peu après, au tournant des années 70, elle entame son travail d'encre sur papier - où les taches et points qu'elle jette sur le blanc du papier s'organisent entre ordre et désordre, avec un mélange de gravité et d'humour qui n'appartient qu'à elle. Si ce travail l'accompagnera pour le reste de sa vie, sa recherche demeurera constante, l'amenant par exemple à réaliser d'impressionnants monochromes noir sur noir dès 1973, puis à élargir le registre des matériaux qu'elle emploie, ajoutant à l'encre de Chine le pastel gras ou sec, la mine de plomb, le fusain et la craie.

1973 marque une autre rupture notable dans son travail, puisqu'elle se lance alors dans l'assemblage et le feutrage de vastes ensembles de cordes et fils qui s'affineront petit à petit en mailles de chanvre (parfois teinté d'encre de Chine) puis de crins de cheval (1978 à 1981). Tout au long des années 80, ces œuvres s'amenuiseront pour prendre finalement la forme de sculptures presque unidimensionnelles : le crin dessine alors des boucles plus ou moins serrées sur un fil de nylon horizontal tendu entre deux pointes fichées dans le mur, et pouvant avoir jusqu'à plusieurs mètres de long [5].

Le travail de Pierrette Bloch avec les fibres aura au moins deux conséquences sur son travail de peintre. D'abord, les formes d'écriture abstraite que font le chanvre ou le crin noué ou feutré trouveront leur équivalent sur le papier, les boucles d'encre s'y succédant comme autant de lignes sur une page. Elle consacrera par exemple en 1986 une remarquable série de dessins de boucles écrites sur papier à lettres. Puis son travail sur l'horizontale aura une forme d'aboutissement dans les lignes de papier qu'elle réalise à partir de 1994 et pendant une dizaine d'années. Sur des formats très allongés (plusieurs mètres, le plus souvent, et jusqu'à plus de dix mètres), elle inscrit à l'infini ses points à l'encre de Chine, créant ainsi sur ces lignes de papier un rythme et un territoire qu'elle nomme « lieu d’incertitude » [6]. La dernière décennie de sa vie la verra se lancer dans des projets de plus en plus libres, où le travail de la répétition s'intensifiera, à la fois dans une pauvreté de moyens toujours accrue, mais aussi dans la réalisation de polyptyques de grand format qu'elle montrera à la Galerie Karsten Greve à l'occasion de la FIAC 2015 puis de son exposition rétrospective en 2017 [6]. Sa dernière œuvre, une suite de colliers réalisés en plomb de pêche sertis sur un fil d'argent, témoigne de la constance, tant en termes de moyens que d'expression, de son travail.

Décédée en juillet 2017 dans son appartement parisien, elle repose au Cimetière du Père-Lachaise.

PrixModifier

  • 2005 : Prix Maratier 2005 de la fondation Pro-MAHJ pour l’ensemble de son œuvre.

Sélection d'expositionsModifier

  • 1949 : Salon des surindépendants, Paris.
  • 1951 : Hacker Gallery, New York, USA.
  • 1951 : Galerie Mai, Paris[6]
  • 1963 : Peintures récentes, Galeries Georges Bongers, Paris.
  • 1971 : Collages, Galerie La Roue, Paris.
  • 1976 : Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d'Olonne.
  • 1978 : Encres et mailles, Galerie de France, Paris.
  • 1986 : Lignes, mailles et fils de crin, Galerie Faust, Genève, Suisse.
  • 1987 : Musée d'Art Moderne, Troyes.
  • 1993 : Lignes et dessins de crin, Galerie Rosa Turetsky, Genève, Suisse.
  • 1998 : Maison des Arts Georges-Pompidou, Cajarc.
  • 1999 : Rétrospective, Musée de Grenoble.
  • 1999 : Musée des Beaux-Arts, La-Chaux-de-Fonds, Suisse.
  • 2002 : Cabinet d’art graphique du Centre Pompidou, Paris.
  • 2003 : Lignes et crins, Musée Picasso, Antibes.
  • 2004 : Œuvres récentes, Galerie Frank Elbaz, Paris.
  • 2005 : Galerie Stadtpark, Krems, Autriche.
  • 2007 : Collages 1953-1977, Galerie Lucie Weill & Seligmann, Paris.
  • 2009 : Musée Fabre, Montpellier[7].
  • 2010 : Participation à l'exposition « On line », MOMA, New York, USA.
  • 2011 : Galerie Karsten Greve, Cologne, Allemagne.
  • 2011 : Œuvres de 1975 à 2011, Galerie Rosa Turetsky, Genève, Suisse.
  • 2013 : Pierrette Bloch, l'intervalle,, Musée Jenisch, Vevey, Suisse[8].
  • 2014 : Punkt, Linie, Poesie, Museum Pfalzgalerie, Kaiserslautern, Allemagne[6].
  • 2014 : Decorum, Tapis et tapisseries d'artistes, Musée de la ville de Paris, 2014[9]
  • 2015 : Œuvres récentes, Galerie Karsten Greve, Paris
  • 2017 : Un certain nombre d’œuvres. 1971-2016, Galerie Karsten Greve, Paris[6].
  • 2018 : Quelques traits, Galerie Karsten Greve, Paris.
  • 2020 : The dotted line, Galerie Karsten Greve, St. Moritz, Suisse.

Collections publiquesModifier

RéférencesModifier

  1. Notice BnF.
  2. « Mort de Pierrette Bloch, l'artiste du “presque rien” », Télérama, 7 juillet 2017.
  3. (en) « Pierrette Bloch », extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Art Online, (ISBN 9780199773787)
  4. Temps réels le Nouvel Obs Culture, Pierrette Bloch ou l'abstraction poétique
  5. Madelaine Saliceti, « Pierrette Bloch, « reine de la nuit » », Beaux Arts,‎ (lire en ligne, consulté le 26 avril 2018)
  6. a b c d e et f Œuvres récentes de Pierrette Bloch - galerie Karsten Greve sur artistikrezo.
  7. « Pierrette Bloch / EXPOSITIONS / Musée Fabre », sur museefabre.montpellier3m.fr (consulté le 12 juillet 2020)
  8. « Musée Jenisch Vevey - Pierrette Bloch », sur www.museejenisch.ch (consulté le 12 juillet 2020)
  9. GAYA-La nouvelle agence, « Decorum - Tapis et tapisseries d'artistes », sur www.mam.paris.fr (consulté le 12 juillet 2020)
  10. « Pierrette Bloch | MoMA », sur The Museum of Modern Art (consulté le 12 juillet 2020)
  11. « Pierrette Bloch | Centre Pompidou », sur www.centrepompidou.fr (consulté le 12 juillet 2020)
  12. « Online collections | City of Paris Museum of Modern Art », sur www.mam.paris.fr (consulté le 12 juillet 2020)
  13. « Biographie de Pierrette Bloch – Pierrette Bloch sur artnet », sur www.artnet.fr (consulté le 12 juillet 2020)
  14. « slider_bloch_1 / 2009 bloch / EXPOSITIONS / Images / Media », sur museefabre.montpellier3m.fr (consulté le 12 juillet 2020)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Pamela Lee, Julie Enckell-Julliard, Catherine de Zegher, Nicolas Muller, Laurence Schmidlin, Pierrette Bloch, Éditions Ringier, 2013.
  • Pierrette Bloch, Discours & Circonstances, Éditions Méridianes, 2013.
  • Marie-Jo Bonnet, Les Femmes artistes dans les avant-gardes, Éditions Odile Jacob, 2006.
  • Alfred Pacquement, Olivier Kaeppelin, Yves le Fur, Lignes d'encre, lignes de crin, Centre Pompidou, 2002.
  • Pierre Encrevé, L'ombre de l'écriture, Entretien avec Pierrette Bloch, Maison des Arts Georges Pompidou, Cajarc, 1998.
  • Françoise Cachin-Nora in Cimaise, n°127-128, 1976.
  • Dictionnaire Bénézit.

Liens externesModifier