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John Magufuli

homme politique tanzanien

John Magufuli
Illustration.
Fonctions
Président de la République unie de Tanzanie
En fonction depuis le
(4 ans et 12 jours)
Élection
Vice-président Samia Suluhu
Premier ministre Mizengo Pinda
Majaliwa K. Majaliwa
Prédécesseur Jakaya Kikwete
Biographie
Nom de naissance John Pombe Joseph Magufuli
Date de naissance (60 ans)
Nationalité Tanzanienne
Parti politique Chama cha Mapinduzi
Père Mzee Joseph Magufuli
Conjoint Janet Magufuli
Diplômé de Université de Dar es Salaam
Religion Christianisme

John Magufuli
Présidents de la République unie de Tanzanie

John Pombe Joseph Magufuli, né le , est un homme d'État tanzanien. Nommé à la tête de plusieurs ministères au cours de sa carrière, il est élu président de la République le .

BiographieModifier

FormationModifier

Magufuli est titulaire d'un doctorat en chimie de l’Université de Dar Es Salaam.

Entrée en politiqueModifier

Partisan du Chama cha Mapinduzi (CCM), premier parti de Tanzanie[1], il dirige successivement différents ministères, à savoir celui de l'Élevage et la Pêche, les Terres, le Logement et les Travaux publics entre 2010 et 2015. Il tire de cette période son surnom de Tingatinga, le « Bulldozer » en swahili, pour son engagement dans la construction de nouvelles routes[2].

Président de la République de TanzanieModifier

À 56 ans, il est désigné candidat à la présidentielle à la suite de primaires réunissant 38 candidats[1]. Le , il est élu cinquième président de la République[3], succédant ainsi à Jakaya Kikwete.

Il est élu sur un programme de « reconquête de la souveraineté économique face aux institutions financières internationales », selon l'universitaire et politologue Rwekaza Mukandala[4].

Politique économique et lutte contre la corruptionModifier

Dès le lendemain de son investiture, John Magufuli entame un vaste plan de réduction des dépenses publiques, en réduisant notamment de 100 000 dollars à 7 000 dollars (92 000 euros à 6 460 euros) les frais de la cérémonie d’inauguration du nouveau Parlement[1]. Il est également à l'origine d'une action pour réduire le budget des événements et des déplacements officiels en limitant le nombre de membres composant les délégations[1], ou encore de la suppression des indemnités de séance des députés et de l'annulation de la fête nationale[5].

Afin de montrer l’exemple, il réduit également son salaire de 15 000 à 4 000 dollars par mois, devenant de ce fait l'un des chefs d’État africains à la rémunération la moins élevée[6].

Son mandat se caractérise essentiellement par une lutte énergique contre la corruption. D'importantes sommes qui s'évaporaient auparavant dans la fraude fiscale sont désormais investies dans l'éducation et la lutte contre la pauvreté[7].

La pays a amendé les lois régissant l’attribution des contrats d'exploitation minière, se donnant le droit de les renégocier ou de les rompre en cas de fraude avérée. La nouvelle législation supprime par ailleurs le droit des sociétés minières à recourir à un arbitrage international. Le contentieux fiscal avec l'Acacia Mining, accusée d'avoir sensiblement sous-évalué durant des années sa production d'or, s'est finalement soldé par un accord : la Tanzanie obtient 16 % des parts dans les mines détenues par la multinationale. En revanche, cette politique de lutte anti-corruption a aussi « effrayé les investisseurs, qui craignent désormais d'avoir affaire à la justice tanzanienne, et affaibli la croissance », selon Zitto Kabwe, l'un des responsables du parti d'opposition Chadema[4].

Porté par l'une des plus fortes croissances économiques du continent (5,8 % en 2018 et 6 % estimés pour 2019 selon le FMI), le gouvernement tanzanien s'engage dans un vaste programme de développement des infrastructures, en particulier ferroviaires. Le petit port de pêche de Bagamoyo, auquel 10 milliards de dollars d'investissement ont été attribués, devrait devenir le plus grand port d'Afrique en 2030. La Tanzanie tend à se rapprocher de la Chine, qui promet de soutenir des projets économiques. En réaction à cette nouvelle orientation diplomatique et au manquement à la démocratie, les États-Unis suspendent leur participation au Millennium Challenge Account, un fonds de développement bilatéral[4].

À partir de 2016, les autorités intensifient leurs efforts en matière de protection des espèces menacées. Les populations d’éléphants et de rhinocéros sont depuis en augmentation[8].

Tournant autoritaireModifier

En 2015, le gouvernement adopte une nouvelle loi anti-cybercriminalité pour encadrer les nouvelles formes de criminalité pour le web. Néanmoins l'application de la loi menace la liberté d'expression des citoyens, arrêtés et jugés pour "insulte au président" sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie instantanée[5].

Depuis 2016, le pouvoir en place met en place une forte régulation de l'information : 6 chaînes de télévision, 21 stations de radios et plusieurs journaux auraient ainsi été suspendus pour avoir critiqué la nouvelle administration[2].

Le 26 mars 2018, six membres du Chama cha Demokrasia na Maendeleo (Chadema), le principal parti d’opposition, dont le président du parti Freeman Mboweont sont arrêtés et inculpés pour « appel à la haine » à la suite d'une manifestation le 16 février[2].

En septembre 2018, John Magufuli déclare que ceux qui utilisent de la contraception sont trop lâches pour alimenter une grande famille. Il encourage ainsi la population à ignorer les conseils sur la contraception, estimant qu'ils viennent souvent des étrangers avec des motifs jugés malfaisants[9],[10],[11] La déclaration a fait l'objet de critiques, entre autres d'Amnesty International[12].

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Tanzanie : le grand coup de balai de John Magufuli, Le Monde Afrique, 18 décembre 2015
  2. a b et c Tanzanie : le virage autoritaire de John Magufuli, Jeune Afrique, 18 avril 2018
  3. Présidentielle - Tanzanie : Magufuli déclaré vainqueur, l'opposition conteste, Le Point, 30 octobre 2015.
  4. a b et c Jean-Christophe Servant, « La Tanzanie mise sur la Chine », (consulté le 25 mars 2019)
  5. a et b Tanzanie : des internautes condamnés pour insulte au président sur les réseaux sociaux, Jeune Afrique, 23 septembre 2016
  6. « Tanzanie : touchant 4 fois moins que son prédécesseur, le président Magufuli dévoile son salaire », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le 19 février 2018)
  7. Loic Ramirez, « Tanzanie : la forêt qui pousse », Le Soir,‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2017)
  8. « En Tanzanie, la lutte contre le braconnage des éléphants et des rhinocéros porte ses fruits », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. « Tanzania's president says women using birth control are too 'lazy' to feed a family », Independent (consulté le 29 septembre 2018)
  10. « 'Don't use birth control,' Tanzania's President tells women in the country », CNN (consulté le 29 septembre 2018)
  11. « Magufuli advises against birth control », CNN (consulté le 29 septembre 2018)
  12. « Amnesty International condemns Tanzania's 'attack' on family planning », CNN (consulté le 29 septembre 2018)

Article connexeModifier