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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint Jean et Jean V.

Jean l'Aumônier
Image illustrative de l’article Jean l'Aumônier
Saint Jean l'Aumônier, de Titien (Église San Giovanni in Bragora, Venise, Italie).
Saint
Naissance vers 550
Amathonte
Décès 619 
Monument funéraire et retable de St Jean l'Aumônier Église San Giovanni in Bragora

Jean l'Aumônier, Jean V d'Alexandrie et Jean de Chypre, né dans la seconde moitié du VIe siècle et mort en novembre 619 ou 636, est patriarche d'Alexandrie de 610 au [1].

Saint patron de la ville de Casarano, il est fêté le 23 janvier en Occident et le 11 novembre en Orient.

BiographieModifier

Jean naquit à Chypre dans la seconde moitié du VIe siècle. Marié, il devint père de famille et fonctionnaire impérial. Veuf, il entra alors dans l'Église et déménagea à Alexandrie en Égypte, où le peuple le nomma archevêque et patriarche de la ville en 608, même s'il n'avait pas reçu le sacerdoce. Il lutta contre le monophysisme. Sa première action fut de recenser tous les pauvres de son diocèse. Il en compta sept mille cinq cents. Jean les logea tous dans son palais patriarcal et la nourriture ne manqua jamais grâces aux prières et miracles de celui-ci. Lors de l'invasion de la Palestine par les Perses, de nombreux réfugiés vinrent se cacher à Alexandrie qui était alors la deuxième cité de l'Empire romain. Jean les accueillit chez lui avec une grande générosité. Il visita des hôpitaux soigna lui-même les blessés, créa de nombreux hôpitaux et fonda la première maternité pour que les femmes accouchent dignement.

Son hagiographe Léontios raconte qu'au début de son patriarcat, Jean ordonne aux économes et au chef de la police de dresser une liste des pauvres qui avaient besoin d'une aide quotidienne, notamment pour signaler à l'opinion publique le fait que l'activité caritative serait l'une des priorités du patriarcat.

Quand arrivent à Alexandrie des populations qui ont fui la Syrie occupée par les Perses, les blessés et malades sont accueillis, les autres réfugiés bénéficient des distributions en faveur des pauvres.

Jean aurait envoyé chez les Perses des hommes chargés de récupérer les prisonniers en échange d'argent. Il envoie également des moyens (or, blé, huile, vin, vêtements) en Palestine occupée par les Perses pour aider les chrétiens et les nonnes.

il était un proche de l'empereur Héraclius et il était uni avec le cousin de ce dernier, le patrice Nicétas, par un lien de "fraternité"[2].

Il dut partir d'Alexandrie, avant de mourir en 619.

D'après la Légende dorée, il donna tout ce qu'il possédait aux pauvres, qu'il appelait ses « seigneurs ». Un riche, qui vit que Jean n'avait sur son lit plus que des guenilles, lui offrit une couverture très précieuse. Mais durant la nuit qui suivit, Jean ne put dormir en songeant à tous ses « seigneurs » qui auraient pu être couverts grâce à sa valeur, aussi le lendemain la vendit-il et distribua l'argent aux pauvres. Le riche le découvrit, et lui racheta une couverture, que Jean revendit aussitôt. Le riche racheta encore une couverture, en disant à Jean : « Nous verrons qui se lassera, toi de vendre, ou moi de racheter. »

PostéritéModifier

Après sa mort, il fut appelé Jean le Miséricordieux. Il fut proclamé Saint par l'Église catholique et orthodoxe. Ses reliques furent transportées d'Alexandrie à Venise, où son corps intact et quelques vêtements sont encore vénérés dans une chapelle à droite du chœur de l'Église San Giovanni in Bragora.

La vie de Jean l'Aumônier a été écrite dans deux hagiographies[3], celle de Jean Moschus et de Sophronios qui ont fait un bref résumé de sa vie, perdu, et celle de Léontios de Néapolis qui en a fait un récit plus important en 640. Léontios n'a pas connu personnellement Jean l'Aumônier, et les passages où il peut raconter l'avoir connu sont en fait des artifices littéraires, courants à l'époque.

Notes et référencesModifier

  1. Venance Grumel, Traité d'Études Byzantines, vol. I : La Chronologie, Presses Universitaires de France, Paris, 1958, « Patriarches Melkites d'Alexandrie », p. 443.
  2. Rapp (2004)
  3. Rapp (2004): " the most detailled source for John's life are hagiographical texts. His early life was the subject of an account by John and Sophronius, to which Leontius of Neapolis later added a supplement covering the events during his patriarchate." (p. 121-122)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Léontios de Néapolis, Vie de Syméon le Fou et Vie de Jean de Chypre, éd. A.J. Festugière, L. Ryden, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1974.
  • (en) E. Dawes (dir.), Three Byzantine Saints: Contemporary Biographies of St. Daniel the Stylite, St. Theodore of Sykeon and St. John the Almsgiver, Londres, 1948.
  • (it) Leonzio di Napoli, Vita di S. Giovanni Elemosiniere, patriarca di Alessandria, Monza, 1866.
  • Jacques de Voragine, La Légende dorée, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, publication sous la direction d'Alain Boureau.
  • sous la direction de Jean Yves Empereur , Alexandrie médiévale 2, institut franças d'archéologie orientale , le Caire , 2002.
  • Ewa Wipszycka, « L’économie du patriarcat alexandrin à travers les vies de saint Jean l’Aumônier », dans Alexandrie médiévale 2, C. Décobert (éd.), Le Caire, 2002, p. 61-81.
  • Claudia Rapp, « All in the Family: John the Almsgiver, Nicetas and Heraclius », dans Néa Romè 1, Rome, 2004, p. 121-134.

Liens externesModifier