Jean Alardeau

prélat catholique

Jean Alardeau
Image illustrative de l’article Jean Alardeau
Armes de Jean Alardeau (hôtel de ville de Paris)
Biographie
Naissance Angers
Décès
Aubagne
Évêque de l’Église catholique
Évêque de Marseille

Ornements extérieurs Evêques.svg
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Jean Alardeau, originaire d’Angers, homme de confiance et administrateur général des finances[1] du roi René, fut également évêque de Marseille de 1466 à 1496. Il décède à Aubagne en 1496.

BiographieModifier

Natif d’Angers, Jean Alardeau était le fils d’un secrétaire des comptes du roi René Ier de Naples. En 1440 il entre au service de ce prince et devient son homme de confiance. Il sera secrétaire du roi qu’il suivit en Italie, maître rational à la cour des comptes d’Aix-en-Provence le et deviendra général des finances du roi en 1446.

Parallèlement il mena une carrière ecclésiastique. Il fut archidiacre d’Aix-en-Provence et chanoine de Marseille en 1460. À la mort de Nicola de Brancas, il fut élu évêque de Marseille le par les chanoines qui suivirent les recommandations du roi René en faveur de son protégé. Cette élection fut confirmée par les bulles du pape Paul II du .

Pour le récompenser des services rendus, le roi René lui donna la riche baronnie d’Aubagne en échange des châteaux d’Alleins, Valbonnette et Saint-Cannat. Cet échange, fort avantageux pour l’église, fut passé à Aix-en-Provence le dans le couvent des Carmes en présence notamment du grand sénéchal Jean Cossa[2].Cette baronnie était composée d’Aubagne, Cassis, Roquefort, Saint-Marcel, Cuges et Le Castellet. Cet échange entraîna deux procès :

  • Le premier fut intenté par les chanoines de la Major qui soutenaient que l’évêque devenu seigneur de la baronnie d’Aubagne devait recevoir l’investiture du Chapitre, lui faire hommage et payer un cens annuel. Le procès fut porté devant l’archevêque métropolitain d’Arles, Philippe de Lévis. Le roi René et Jean Aladeau saisirent le pape Sixte IV qui approuva l’échange et dispensa l’évêque de prêter hommage au Chapitre car « il n’était point convenable que le chef d’une église restât sous la dépendance de ses inférieurs » [3].
  • Le second procès fut entrepris après la mort du roi René par René de Castillon qui estimait que l’indemnité de trois mille écus versée à son père ne représentait pas la valeur réelle de ses droits sur la baronnie. Jean Alardeau et René de Castillon finirent, après un procès qui dura près de dix ans, par adopter un compromis. René de Castillon recevait la seigneurie du Castellet qui était détachée de celle d’Aubagne et renonçait à tous ses droits sur cette dernière. Ce compromis fut adopté par Ogier d'Anglure, abbé de Saint-Victor, qui avait été délégué par le pape Alexandre VI.

En 1480 il fut envoyé par le roi René comme ambassadeur auprès de Louis XI[4] et, à ce titre, suivit de près les évènements qui aboutirent au rattachement de la Provence à la France. Après la mort du roi René et le règne éphémère de son neveu Charles III de Provence, il passa au service de Louis XI qui le fit gouverneur de Paris et de l’Île de France.

À partir de 1490 il est malade et se retire à Aubagne où il rédige son testament les et . Il se démit de ses fonctions d’évêque de Marseille le et mourut peu après. Il fut enseveli à Marseille dans l’église de l’Observance.

BibliographieModifier

  • Abbé Joseph Hyacinthe Albanés, Armorial & sigillographie des Évêques de Marseille avec des notices historiques sur chacun de ces Prélats, Marius Olive, Marseille, 1884, pages 118-120.
  • Jean-Rémy Palanque, Le diocèse de Marseille, Letouzey & Ané, Paris 1967, page 66
  • Mgr De Belsunce, L’antiquité de l’église de Marseille et la succession de ses évêques, chez la veuve Brébion, Marseille, 1751, 3 volumes, Tome 3 pages 43 à 75. .

Références et liensModifier

  1. A. Lecoy de La Marche, Le roi René, Librairie Firmin-Didot, Paris, 1875, 2 volumes, tome 1 page 495
  2. L. Barthélemy, Histoire d’Aubagne, chef lieu de baronnie depuis son origine jusqu’en 1789, Barlatier et Barthelet, 1889, 2 volumes, tome1 page 187
  3. L. Barthélemy, Histoire d’Aubagne, chef lieu de baronnie depuis son origine jusqu’en 1789, Barlatier et Barthelet, 1889, 2 volumes, tome1 page 191
  4. Abbé Gustave Arnaud d'Agnel, Politique des rois de France en Provence, Louis XI et Charles VIII, A. Picard et A. Jouvène, Paris et Marseille, 1914, 2 volumes, tome 1 page 164