Jean-Nicolas Stofflet

général français

Jean-Nicolas Stofflet
Jean-Nicolas Stofflet
Jean-Nicolas Stofflet, huile sur toile de Thomas Drake, XIXe siècle.

Surnom Mistouflet
Naissance
Bathelémont (Lorraine)
Décès (à 43 ans)
Angers
Fusillé
Origine Français, Lorrain
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Grade Lieutenant-général
Commandement Armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou
Conflits Guerre de Vendée
Faits d'armes Bataille de Thouars
Bataille de Nantes
Bataille de Cholet
Virée de Galerne
Bataille d'Entrammes
Bataille de Fougères
Siège de Granville
Bataille de Dol
Siège d'Angers
Bataille du Mans
Distinctions Grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis

Jean-Nicolas Stofflet, né le à Bathelémont en Lorraine et mort fusillé le à Angers, est un militaire français et un général royaliste de la guerre de Vendée.

BiographieModifier

Longtemps simple soldat dans un régiment suisse en France et ensuite garde-chasse au service du comte de Colbert-Maulévrier, il rejoignit les Vendéens quand ils se révoltèrent contre la Révolution pour défendre leur religion et leurs principes royalistes. Pendant la guerre de Vendée, il servit d'abord sous le commandement de Maurice d'Elbée, se battit à Fontenay, Cholet et Saumur et se distingua dans les batailles de Beaupréau, Laval et Antrain.

Il fut nommé major-général de l'armée royaliste et en 1794 succèda à Henri de La Rochejaquelein comme général en chef. Il établit son quartier général dans la forêt de Vezins. Il s'y installa en mai 1793 après la destruction de l'hôpital de charité du monastère des Frères de Saint Jean-de-Dieu[1]. Ses querelles avec un autre chef vendéen, Charette, et les revers subis par les armées vendéennes le conduisirent à faire sa soumission et à accepter les termes du traité de Saint-Florent-le-Vieil ().

Cependant, il viola bientôt ce traité et, en décembre 1795, reprit les armes à l'instigation d'agents royalistes pour le compte du comte de Provence (le futur Louis XVIII) de qui il avait reçu le rang de maréchal de camp. Cette dernière tentative de Stofflet échoua complètement.

Il fut surpris par un détachement républicain du régiment de Bassigny, la nuit du 23 au dans une métairie, la ferme de la Saugrenière, près de La Poitevinière. Au moment où il se vit pris, Stofflet saisit aux cheveux le grenadier Audions, et il allait l'étrangler si son camarade Chartier ne fût venu à son secours. Conduit à Angers, Stofflet fut condamné à mort par une commission militaire et fusillé le lendemain.

La maigre troupe qu'il commandait encore fut reprise par Charles d'Autichamp.

Ses hommes le craignaient plus qu'ils ne l'aimaient. Il était intelligent, bon militaire, mais était aussi dur, froid et ambitieux. Après la mort des chefs, il chercha à devenir le nouveau généralissime. Mais la division des chefs ajoutée à son manque de qualités humaines ne lui permirent pas d'obtenir le poste tant convoité.

Regards contemporainsModifier

« Stofflet était à la tête des paroisses du côté de Maulévrier. Il était Alsacien (sic), et avait été soldat. Lors de la révolte, il était garde-chasse au château de Maulévrier : il avait alors quarante ans; il était grand et robuste. Les soldats ne l'aimaient pas, parce qu'il était dur et brutal; mais ils lui obéissaient mieux qu'à personne, et cela le rendait fort utile. Les généraux avait grande confiance en lui ; il était actif, intelligent et brave. À la fin, de mauvais conseillers se sont emparés de son esprit, l'ont gouverné et lui ont inspiré un orgueil, une vanité qui ne lui étaient pas naturels, et qui lui ont fait commettre de grandes fautes et causé beaucoup de tort au parti. Alors qu'il était, comme tout le monde, dévoué à faire le mieux possible, sans songer à lui[2]. »

— Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires.

Des « bons Stofflet » aussi appelés « bons de Maulévrier » ont étés imprimés dans la forêt de Maulévrier dès octobre 1794 par Pierre Clambard, imprimeur de l’Armée catholique et royale[3].

Voir aussiModifier

  • Mémoires du général d'Andigné, 2 tomes : 1765-1857, 3e édition, Plon éditeur 1900-1901, 2 vol. in-8, 461 & 434 pages, portrait, index. Réédition en 2001 par Adamant Média Corporation (ISBN 0543775828)
  • C. Loyer, Cholet sous la domination de Stofflet, dans L'Anjou historique, vol. III (1902-1903)

Notes et référencesModifier

  1. Gaston Blandin, « L'hospitalisation pendant la guerre de Vendée », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, vol. 97, no 4,‎ , p. 497 (DOI 10.3406/abpo.1990.3372, lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019)
  2. Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires de Madame la marquise de la Rochejaquelein, sixième édition, 1848. p.150.
  3. « La Tourlandry. Sous la pierre du presbytère se cachait un beau trésor », sur ouest-france.fr, Le Courrier de L'Ouest, (consulté le 31 juillet 2020)

Liens externesModifier