Ouvrir le menu principal

Jean-Marie Mokoko

homme politique congolais
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mokoko.
Jean-Marie Mokoko
Description de cette image, également commentée ci-après
Jean-Marie Mokoko en 2018
Nom de naissance Jean-Marie Michel Mokoko
Naissance (72 ans)
Mossaka (Cuvette)
Nationalité Drapeau de la république du Congo Congolais
Profession
Activité principale
Formation
Distinctions

Jean-Marie Michel Mokoko est un général et homme politique congolais né le 19 mars 1947 à Mossaka (Cuvette). Il a notamment exercé les fonctions de Chef d'État-major Général des Forces armées du Congo-Brazzaville et fut conseiller du président Denis Sassou-Nguesso.

Candidat à l'élection présidentielle de mars 2016, il recueille 13,74 % des voix et arrive 3e sur neuf candidats. Il ne reconnaît cependant pas la réélection de Denis Sassou-Nguesso (au pouvoir depuis plus de 35 ans) et appelle à la désobéissance civile. Arrêté en juin 2016, il est condamné le 11 mai 2018 à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ».

Sommaire

BiographieModifier

FormationModifier

Il fréquente l'École Militaire Préparatoire Général Leclerc à Brazzaville.

Il prépare ensuite le concours d'entrée à l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, à la Corniche Bournazel du Lycée Dumont d'Urville de Toulon et intègre en 1970 l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Pendant cette période l'école est dirigée par le Général de brigade Jean Richard.

De 1970 à 1972, il est élève-officier appartenant à la promotion no 157 « Général de Gaulle »[1] tout comme les anciens CEMA (Chef d'État-major des armées) ivoirien et sénégalais, le Général Mathias Doué et le Général Babacar Gaye, le feu Général Ilunga Shamanga, Chef d'État-major particulier du Maréchal Mobutu Sese Seko et les officiers français suivants: le Général Bernard Périco, ancien Commandant de la Brigade des sapeurs pompiers de Paris[2], le Général de Corps d'armée Jean-Loup Moreau [3] et le Général Elrick Irastorza ancien Chef d'État-major de l'armée de terre[4] française.

Les deux congolais de cette promotion sont: Emmanuel Eta Onka et Jean-Marie Michel Mokoko. Ils retrouvent comme ancien Sébastien Goma. Jean-Marie Michel Mokoko est aussi de la même promotion que les militaires sénégalais suivants: Colonel Mbaye Faye (ancien sous-CEM), le Colonel de Gendarmerie Alioune Badara Niang (ancien DG du Port autonome de Dakar de même que Pathé Ndiaye)[5] Général Abdoulaye Dieng (ancien Ambassadeur du Sénégal en Guinée-Bissau[6]) et l'Intendant Colonel Oumar Niang (ancien Attaché militaire au Maroc)

Jean-Marie Michel Mokoko poursuit ses études à l'École d'Application du génie d'Angers. Il est ensuite diplômé de l'École d'État-major de Compiègne.

CarrièreModifier

  • 1977 à 1983 : Directeur Central du Génie. À l'époque, le Colonel Victor Ntsikakabala était Chef d’État-major Général.
  • 1983 à 1987 : Commandant de la Zone Autonome de Brazzaville et du 3e Régiment d’infanterie motorisée.
  • 1984-1987 : Commandant des Forces terrestres cumulativement avec les fonctions antérieures. Sous le commandement du Colonel Emmanuel Elenga, Chef d’État-major Général.
  • 1987-1993 : Chef d’État-major Général des Forces armées Congolaises.

Le 1er janvier 1990, il est élevé au grade de général de brigade avec Louis Sylvain-Goma, Raymond Damase Ngollo, Emmanuel Ngouélondélé Mongo et Norbert Dabira.

Lors de l’avènement de la démocratie, Jean-Marie Michel Mokoko tente de dépolitiser les Forces armées pour réduire l'influence des militaires dans la vie politique congolaise.

Expérience au plan nationalModifier

- Conférences des Chefs d'État-major de l’UDEAC, Yaoundé, Cameroun (1990).

- Sécurisation des Assises de la Conférence Nationale, Congo (1991).

- Participation à la définition des modalités de l’organisation des scrutins électoraux en qualité de Président de la Commission Sécurité, Congo (1992).

- Négociateur entre l’opposition et la majorité présidentielle à la suite de la crise née du refus des autorités d’alors de prendre acte de la motion de censure renversant le Gouvernement Stéphane Maurice Bongho-Nouarra (premier gouvernement du Président Pascal Lissouba), Congo Brazzaville, 1992.

- Négociateur de la formation du Gouvernement de transition (60/40) dirigé par le Premier Ministre Claude Antoine Dacosta (décembre 1992 - juin 1993) Pour préparer les élections législatives anticipées.

- Jean-Marie Michel Mokoko est Président du Comité de Suivi des Accords du 2 décembre 1992 entre les partis de l’opposition et la Mouvance Présidentielle, à la suite de la concertation proposée et conduite par les Forces armées.

Le 18 juillet 1993 Jean-Marie Michel Mokoko démissionne de ses fonctions de Chef d'État-major Général et s'exile en France.

Expérience au plan internationalModifier

- Consultant à la Commission internationale de juristes (CIJ), Genève (Suisse), en collaboration avec l’ONG Synergie Africa dans le domaine de la prévention et règlement des conflits sous l’autorité du Secrétaire Général de la CIJ, Monsieur Adama Dieng (1994-1996).

- Participation à la définition des termes de références de l’Initiative Président Julius Nyerere sur la crise du Burundi en association avec Synergie Africa et l’Initiative Carter, Genève (Suisse), 1995.

- Participation à la Session Extraordinaire du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine sur la situation en Côte d'Ivoire, Addis-Abeba, Éthiopie (novembre 2004).

- Participation à la 1re Conférence Internationale sur la Région des Grands lacs (CIRGL), Dar es Salam, Tanzanie (novembre 2004).

- Participation à la réunion des Ministres du Comité des six Chefs d’État sur le Pacte de Non-agression et de Défense Commune, Accra, Ghana (janvier 2005).

- Participation régulière aux sommets des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine et Conseil de Paix et sécurité de l’U.A.

- Co-président du groupe des experts du Groupe de contact mis en place par l’Union Africaine (à la suite des Accords de Tripoli du 8 février 2006 et de Dakar du 13 mars 2008) - Chargé de la planification d’une Force de paix et de sécurité à la frontière du Tchad et du Soudan.

- Participation aux réunions des Cinq Chefs d’État sur la crise libyenne (2011).

- Participation à la montée en puissance de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (janvier au 1er juillet 2013).

Fonctions occupéesModifier

Du 15 octobre 2014 au 21 février 2016 (date à laquelle il a été remplacé par le Professeur Hacen El Lebatt, ancien Ministre mauritanien des affaires étrangères).

- Représentant Spécial de la Présidente de la Commission de l'Union africaine, et Chef de la Mission de l’Union Africaine en Centrafrique et en Afrique Centrale (MISAC)[7].

 - Président du G8 (le groupe de 8 composé de : l’Union Africaine, les Nations unies, l’Union européenne, la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), la France, les États-Unis d'Amérique, le Congo Brazzaville, la Banque mondiale).

• Les missions assignées du G8 étaient de mettre en œuvre les résolutions du Conseil de Sécurité sur la Centrafrique :

- la restauration de la paix et de la démocratie,

- la restauration de l’autorité de l’État,

- la sécurisation du territoire,

- l’installation des autorités de transition à Bangui et à l’intérieur du pays,

- l’organisation du premier tour des élections présidentielle et législatives avant le 31 décembre 2015.  

Du 28 novembre 2013 au 15 octobre 2014 (un mois après le transfert d’autorité de la MISCA à la MINUSCA)

- Représentant Spécial de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, et Chef de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA)

- D’août à décembre 2013 (avant sa prise de fonction à Bangui, le 14 décembre 2013) Jean-Marie Michel Mokoko, Général de Division (2e section) était :

• Adjoint de Pierre Buyoya, Haut Représentant de la Présidente de la Commission de l'Union Africaine pour le Mali et Sahel, Chef de la MISAHEL (du 22 février 2013 au 1er août 2013)

• Conseiller Spécial du Haut Représentant de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, Chef de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) du 22 février 2013 au 1er août 2013.

• Chef de Bureau de liaison de l’Union Africaine à Bamako, Conseiller Politique Principal du Haut Représentant de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, Chef de la Mission internationale de soutien au Mali et au Sahel (du 27 décembre 2012 au 06 mars 2013). 

2006-2007 : Représentant Spécial du Président en exercice de l’Union Africaine pour la Côte d’Ivoire et Président du Groupe de Médiation dans la crise ivoirienne (il était basé à Abidjan).

2005-2013 : Conseiller Spécial du Chef de l’État Congolais, chef du Département Paix et sécurité collective en Afrique.

À la fin du mois de juillet 2015 le général Mokoko, alors en poste à Bangui pour le compte de l'Union africaine et parallèlement toujours conseiller du Président Sassou-Nguesso en matière de sécurité, se prononce contre le changement de la constitution qui devait permettre au Président de la République en poste de briguer un troisième mandat. Dans la foulée, sa popularité devient grandissante[réf. souhaitée]. Originaire de la même région que le Président sortant, officier général comme lui, il apparait alors comme son adversaire le plus redoutable[réf. souhaitée]. Ses déclarations sont photocopiées et revendu dans la rue[réf. souhaitée].

Élection présidentielle de 2016Modifier

Le 9 février 2016, alors qu'il quitte la République Centrafricaine, pour venir officialiser sa candidature à l'élection présidentielle anticipée du 20 mars, Jean-Marie Michel Mokoko est reçu à l'aéroport international de Brazzaville par des jets de pierres et de gaz lacrymogènes lancés par une milice proche du pouvoir de Brazzaville[réf. souhaitée].

Le 13 février, Jean-Marie Michel Mokoko officialise sa candidature à travers un discours prononcé au palais des congrès de Brazzaville en présence de plusieurs leaders de l'opposition congolaise.

Le 15 février à l'aéroport de Maya-Maya, Jean-Marie Michel Mokoko est interdit de prendre l'avion pour se rendre à Pointe-Noire. Le jour même, une vidéo est diffusée par la chaîne de télévision nationale congolaise montrant le Général en train de planifier un coup d'État[réf. souhaitée]. Cette information circule sur internet et les réseaux sociaux[réf. souhaitée].

Une réunion est tenue le jour même au domicile d'Aimé Emmanuel Yoka, ministre de la justice et oncle maternel du président Sassou-Nguesso, à l'issue de laquelle le procureur de la République, André Oko Ngakala, fait une déclaration à la télévision nationale. Il dit avoir prescrit ce 17 février 2016 l'arrestation immédiate de Jean-Marie Michel Mokoko, et de procéder sans délais à son interrogatoire. Le procureur de la République fait référence aux articles 12 et 29 du code de procédure pénal. Jean-Michel Mokoko se rendra à ces convocations à la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST)  

Le 7 mars 2016 à Brazzaville, au cours d'une conférence de presse, Jean-Marie Michel Mokoko présente son programme présidentiel. Abordant la question sur ses démêlés judiciaires, Jean-Marie Michel Mokoko a signifié[réf. souhaitée] « qu'il n'a jamais voulu se soustraire de l'action de la justice de son pays, tout en regrettant cet acharnement contre sa personne. Dans un État qui se respecte, lorsqu'on est en période électorale, et qu'un des candidats a eu sa candidature validée, sans que l'action de justice ne soit écartée, la bien séance commanderait qu'on suspende ces interpellations pour pouvoir laisser le candidat battre campagne ».

Jean-Marie Mokoko finit par recueillir 13,74 % des voix et arrive 3e sur neuf candidats.

EmprisonnementModifier

Après la victoire contestée de Denis Sassou-Nguesso à l'élection présidentielle de 2016, Jean-Marie Mokoko lance le 24 mars un appel au peuple congolais, l'encourageant à se révolter[8] et à faire acte de désobéissance civile[9].

Suite à cet appel, il est convoqué le 14 juin par la DGST et est incarcéré. Le 16 juin, il est présenté au procureur de la République, André Oko Ngakala, ainsi qu'au doyen des juges. Accusé d'« atteinte à la sûreté intérieure de l'État », ainsi que de « détention illégale d'armes et de munitions de guerre », il est placé sous mandat de dépôt (détenu à la maison d'arrêt de Brazzaville). Le chef d'inculpation d'« incitation aux troubles à l'ordre public » est ensuite rajouté[7],[10]. Sa famille, se disant menacée par des « nervis du régime », n'est alors pas autorisée à lui rendre visite[11].

Il reste 2 ans en prison avant d'être jugé en 2018. Pendant son procès, Jean-Marie Mokoko invoque son immunité, puis son droit au silence. Un expert en armement, convoqué par la Cour, refuse de témoigner concernant les armes retrouvées à son domicile. En outre, le principal témoin, censé soutenir l'accusation selon laquelle il aurait voulu organiser un coup d'État, ne se présente pas au procès. Étienne Arnaud, l'un des trois avocats français de l'accusé, dénonce un procès « exubérant et grossièrement politique, avec des décisions délirantes, tordant le cou au droit congolais »[11]. Une lettre manuscrite de 2 pages, rédigée par Jean-Marie Mokoko durant sa détention, est en outre rendue publique par le journal français Le Monde, dans laquelle il dit s'être « heurté à la machine totalitaire », qu'il estime aidée par des « complices étrangers ». Il encourage également ses compatriotes à « rechercher la vérité »[11].

Le 11 mai 2018, Jean-Marie Mokoko est condamné à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ». Il qualifie alors son procès de « règlement de comptes politique »[9].

En mai 2019, ses avocats, n'étant plus autorisés à lui rendre visite, dénoncent le durcissement de ses conditions de détention[12]. L'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH), une ONG congolaise, dénonce également ce durcissement, touchant non seulement Jean-Marie Mokoko, mais également d'autres opposants emprisonnés, qui n'ont plus droit à aucune visite[13].

DécorationsModifier

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Site Internet de l'Association promotion  no 157 Général de Gaulle - Liste des 197 officiers de la promotion GDG 70-72
  2. JORF no 175 du 31 juillet 2003 page 13097, texte no 67 - Décret du 21 juillet 2003 - Nomination commandant de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris
  3. JORF no 0149 du 27 juin 2008 - Décret du 26 juin 2008 portant affectation d'officiers généraux
  4. Site Internet du Ministère de la Défense - Mesures d'ordre individuel du mercredi 2 juillet 2008
  5. Communiqué du Conseil des ministres du 18-05-2000 - Nomination du directeur général du Port autonome de Dakar
  6. « J.O. no 6040 du samedi 6 avril 2002 - Decret no 2002-14 du 15 janvier 2002 portant nomination du général de brigade Abdoulaye Dieng en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal en Guinée-Bissau »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  7. a et b « Congo : Jean-Marie Michel Mokoko reste en prison », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 4 août 2017)
  8. Le Monde Afrique, « Congo : un opposant à Denis Sassou-Nguesso appelle à la révolte populaire », sur lemonde.fr,
  9. a et b « Congo-Brazzaville : le général Mokoko condamné à vingt ans de prison », sur lemonde.fr,
  10. Viviane Forson, « Le général Mokoko mis aux arrêts à Brazzaville », sur lepoint.fr,
  11. a b et c Joan Tilouine, « « Il ne me reste que mon honneur », écrit le général Mokoko depuis sa prison de Brazzaville », sur lemonde.fr,
  12. Michel Arseneault, « Congo-B: les conditions de détention d'un opposant dénoncées par ses avocats », sur rfi.fr,
  13. Arsène Séverin, « L'OCDH préoccupé par de mauvaises conditions de détention dans les prisons congolaises », sur voaafrique.com,

Liens externesModifier