Islam en Algérie

Islam en Algérie
Description de cette image, également commentée ci-après
Grande Mosquée d'Alger, construite en 1660.[1]
Religion Islam
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie

Voir aussi

Islam par pays

L'Islam est, en Algérie la religion d'État[2], et y serait pratiquée par 98 % ou 99 % de la population algérienne selon une étude de Pew[3], et le Factbook Almanach de la CIA[4].

Elle est le neuvième pays en nombre de musulmans et se classe dans les plus grands pays à majorité musulmane. Elle est le troisième sur le continent africain (après le Nigeria et l'Égypte). 2,2 % de la population musulmane mondiale vit en Algérie[5].

HistoireModifier

Histoire des religions en AlgérieModifier

Histoire de l'islam en AlgérieModifier

L'islam a été introduit en Algérie pour la première fois en 670 par les armées du général Arabe Oqba Ibn Nafaa, sous les ordres des Omeyyades. La première mosquée fondée en Algérie est la mosquée Sidi Ghanem de Mila en 678. En 776, les Rostémides furent la première dynastie locale musulmane d'Algérie. De nombreux Berbères se convertirent à l'islam, se réclamer d'une autre religion étant lourdement taxé, puis y formèrent leurs propres dynasties islamiques.

BranchesModifier

Les Algériens musulmans sont majoritairement de rite malékite, mais on trouve également des communautés ibadites comme dans le Mzab.

Tous se revendiquent d'une identité religieuse nationale comprise dans les clauses de la référence religieuse algérienne.

Il existe aussi plusieurs confréries soufies ou autres, les zaouïas. Ces derniers ont un grand rôle dans la société algérienne structurée autour de ces zaouïas soufies algériennes.

Le salafisme a émergé en Algérie pendant les années 1980. Il se réclame à la fois de Ben Badis mais surtout du wahhabisme saoudien[6]. Ces dernières années, le madkhalisme a émergé en Algérie par le biais de Mohammed Ali Ferkous, professeur à la faculté de sciences islamiques d'Alger. Il fait notamment le takfir du sunnisme des autres courants de l'islam autre que le sien (acharisme, soufisme, Frères musulmans, ibadisme), de même que ceux qui manifestent et font grève au nom de la démocratie et des droits des femmes. Il a été notamment reconnu comme une des références madkhalistes avec Abdelmadjid Djemaâ et Lazhar Snigra par Rabi al-Madkhali. Le fief du madkhalisme est Kouba. L'imam y tient des réunions sans autorisation des autorités dans sa bibliothèque. L'Association des oulémas algériens a qualifié sa fatwa de « grave dérive ». Tandis que le ministre des Affaires religieuses Mohamed Aïssa prône un « islam de Cordoue » maghrébin et modéré, le régime algérien a laissé le courant oeuvrer à une contre-propagande violente et extrémiste[7]. Celui-ci ajoute au sujet de Ferkous : « C’est cette pensée qui a produit la tragédie des années 1990. L'État va faire face aux idées sectaires qui tentent de diviser la société et à ces pensées déviantes. Ces pratiques ne seront pas ignorées, comme cela se passait auparavant, elles seront combattues avant que ces idées ne s'enracinent dans la tête de nos enfants, dans les écoles, les mosquées et les universités. Et pour qu'elles ne soient pas la cause qui fera couler le sang des Algériens »[8]. Interdit d'exercer comme imam en 2017, sa bibliothèque est fermée en novembre 2019 par les autorités[9].

Islam moderne en AlgérieModifier

Organisation politiqueModifier

Le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs gère tout ce qui est relié à la religion (calendrier musulman, les horaires de prières, les jours de fête religieuse, l'annonce du ramadan, le pèlerinage à La Mecque, l'entretien des mosquées)[10]. Le Haut conseil islamique est formé de quinze membres, dont un président, nommés par le président de la République. Son rôle, défini par l'article 206 de la Constitution algérienne, consiste à « encourager et promouvoir l'Ijtihad » et à « émettre son avis au regard des prescriptions religieuses sur ce qui lui est soumis »[11].

La constitution garantit à tous les citoyens une liberté du culte, et l'État en assure la protection. Les imams, les prêtres et les rabbins dépendent du ministère des Cultes et sont rémunérés par l’État. Le gouvernement contribue au financement des mosquées, des imams et de l'étude de l'islam dans les établissements scolaires. L’enseignement de la charia (les lois de la religion islamique) est devenu depuis obligatoire dans toutes les filières du secondaire. En outre, le gouvernement a intensifié le contrôle de l'enseignement religieux scolaire, des prêches dans les établissements religieux et l'interdiction de la distribution d'ouvrages religieux faisant la promotion de la violence.

Islam et politique en AlgérieModifier

La guerre civile des années 1990 entre islamistes et autorités politiques, qui a causé au moins 200 000 morts, conduit à créer la fonction de mourchidate (femme imam mais qui ne prêche pas), relevant du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, afin de lutter contre la radicalisation religieuse[12],[13].

Islam et droitModifier

De la sociologieModifier

Le jour du mawlid est le jour où l'on commémore la naissance du dernier prophète de l'islam Mahomet depuis des siècles.

Les récitants du Coran et les enfants circoncis reçoivent des cadeaux de la part des différents ministères et associations comme Ihssan lors des fêtes religieuses.

En 2019, une étude de la BBC suggère une baisse de la pratique religieuse en Algérie, en particulier chez les moins de 30 ans[14].

Notes et référencesModifier

  1. La ville mouvementée: espace public, centralité, mémoire urbaine à Alger. Par Nassima Dris, Sylvia Ostrowetsky. L'Harmattan, 2001. (ISBN 2-7475-1812-4). PAGE 317 book Google.
  2. (fr) - Article 2 de la constitution algérienne.
  3. (en)Table: Religious Composition by Country, in Percentages, Pew Forum on Religion & Public Life
  4. (en)« Statistiques de l'Agence centrale de renseignement (CIA) des États-Unis » (consulté le 5 mars 2011)
  5. (en) « Mapping the Global Muslim Population », sur Pew Research Center's Religion & Public Life Project, (consulté le 7 août 2020).
  6. (en) Dalia Ghanem, « The Shifting Foundations of Political Islam in Algeria », sur Carnegie Middle East Center (consulté le 6 août 2020).
  7. « Algérie : un imam wahhabite déclenche la polémique », sur Middle East Eye (consulté le 3 mars 2020).
  8. « « Que Dieu te maudisse ! » : le cheikh Chemssou attaque le chef des wahhabites algériens », sur Middle East Eye édition française (consulté le 3 mars 2020).
  9. « La librairie du chef des salafistes, Mohamed Ali Ferkous, fermée », sur REFLEXION (consulté le 3 mars 2020).
  10. ministère des Affaires religieuses et des Wakfs
  11. Constitution algérienne, site joradp.dz, 30 décembre 2020.
  12. Amal Belalloufi, « En Algérie, des femmes imams luttent contre la radicalisation », sur Le Point, (consulté le 14 janvier 2021).
  13. Nicolas Basse, « Des femmes imams luttent contre l'extrémisme en Algérie », sur Le Figaro, (consulté le 14 janvier 2021).
  14. « La religiosité serait en recul dans le monde arabe, en particulier au Maghreb », sur Middle East Eye édition française,

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier