Innocent V

pape de l'Église catholique romaine

Innocent V
Bienheureux catholique
Image illustrative de l’article Innocent V
Pierre de Tarentaise, pape Innocent V. Fresque de Tommaso da Modena dans l’église San Nicolò de Trévise. Vers 1350.
Biographie
Nom de naissance Pierre de Tarentaise
Naissance vers 1225
Champagny-en-Vanoise et Moûtiers
Ordre religieux Ordre des Prêcheurs
Décès
Rome
Bienheureux de l’Église catholique
Béatification en par le pape Léon XIII
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Intronisation
Fin du pontificat
Rome
(5 mois et 1 jour)

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Pierre de Tarentaise (v. 1225, Rome) a été élu pour être le 185e pape de l’Église catholique le sous le nom d'Innocent V. Il est qualifié de « Concionator Gallus » dans la prophétie de saint Malachie.

BiographieModifier

Controverse sur son lieu de naissanceModifier

Longtemps considéré comme originaire de la vallée de la Tarentaise, dans le comté de Savoie, les historiens pensent que Pierre de Tarentaise n’est pas savoyard. Il serait plutôt né à Tarentaise en Bourgogne ou alors à Tarentaise en Bas-Forez[1] (prieuré dépendant de l’abbaye de Valbenoîte).

L'abbé Besson (XVIIIe siècle) rappelait que ce Pierre de Tarentaise était aussi traditionnellement appelé Pierre de Champagnon (« Petrus de Campagniaco »), corruption du patronyme Champagny, et en déduisait donc qu'il était originaire de la paroisse de Champagny en vallée de la Tarentaise[2]. Plus précisément, on le dit né au hameau de Friburge[3]. D'autres auteurs l'ont fait naître dans le bourg de Moûtiers ou ses environs. Ces affirmations seront reprises et diffusées par les différents érudits ou historiens savoyards, notamment Jules Philippe et son ouvrage Les Gloires de la Savoie (1863) où l'article consacré au pape réaffirme cette origine savoisienne (p. 30). En 1943, lors de la canonisation, l'évêque de Maurienne, Auguste Grumel, revendique l'origine savoyarde du pape[1].

D'autres documents l'ont fait naître au village d'Écours, sur la commune de La Salle, en Vallée d'Aoste. D'ailleurs, une rue à Aoste porte le nom du Pape. Mais ces documents seront rejetés lors de la béatification du pontife[1],[4],[5].

Carrière religieuseModifier

Pierre de Tarentaise rejoint l'ordre dominicain à l'âge de 16 ans. Il étudie la théologie au collège de Sorbonne, où il devient ensuite professeur. Sa renommée est telle qu'il gagne le titre de « doctor famosissimus » (« le plus célèbre des docteurs »).

En 1272, lors du concile de Lyon, après avoir occupé le poste de provincial, Pierre de Tarentaise est consacré à Vienne, archevêque de Lyon, et donc primat des Gaules, par le pape Grégoire X[1].

En 1273, Pierre de Tarentaise est promu au rang de cardinal-évêque d'Ostie[1]. Il joue un rôle majeur au deuxième concile de Lyon et prononce l'oraison funèbre de saint Bonaventure. Il officie, en 1274, à la cérémonie de baptême des membres de l'ambassade du khan mongol (ilkhan) Abaqa[6].

PontificatModifier

Le , après la mort de Grégoire X, Pierre de Tarentaise est élu pape et il prend le nom d'Innocent V (Voir : Conclave de ). Il meurt cinq mois plus tard.

Pendant son court pontificat, il a le temps d'apaiser la querelle entre guelfes et gibelins en Italie, il parvient à pacifier Pise avec les autres villes toscanes et Gênes avec Charles d'Anjou.

Il adopte une politique de fermeté à l'égard du roi des Romains Rodolphe de Habsbourg, qui ne tient pas ses promesses faites à Grégoire X de partir en croisade et de ne pas s'approprier les possessions de l'Église romaine en Italie (en particulier en Romagne). Innocent V exige le respect de ses engagements avant tout couronnement impérial à Rome.

Mort et sépultureModifier

Innocent V meurt le , à Rome.

Il repose à Rome en la basilique Saint-Jean-de-Latran.

Après sa mort, le peuple le vénéra comme saint et Léon XIII le proclama bienheureux en 1898.

ŒuvreModifier

Il laissa plusieurs traités de théologie et de droit canonique, parmi lesquels un Commentaire sur les Sentences de Pierre Lombard (imprimé en 1652), et quatre traités philosophiques : De unitate formæ, De materia cæli, De æternitate mundi, De intellectu et voluntate.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e Jean Prieur, Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé, , 191 p. (ISBN 978-2-84206-465-5, lire en ligne), p. 87-88.
  2. Joseph-Antoine Besson, Mémoires pour l'histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Tarentaise, Aoste et Maurienne et du décanat de Savoye, S. Hénault, 1759 (copie de l'exemplaire bibliothèque cantonale et universitaire de lausanne), 506 p. (lire en ligne), p. 240.
  3. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05-101676-3), p. 112.
  4. Chanoine Pierre-Joseph Béthaz, Le Pape Innocent V est-il français ou italien ? Pièces du débat entre Moûtiers et Aoste, Aoste, Imprimerie E. Duc, 1883, et Le Pape Innocent V est-il Français ou Italien ? Réponse à M. le professeur Borrel. Mémoire lu à l'Académie Saint-Anselme. Aoste, Imprimerie Louis Mensio, 1888, in-8o, 62 p.
  5. Commune de La Salle.
  6. (en) George E. Lane, Early Mongol Rule in Thirteenth-Century Iran : A Persian Renaissance, Routledge, , 344 p. (ISBN 978-1-134-43103-8, lire en ligne), p. 50.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Antoine Herrgott, Le silence de Pierre : Pierre de Tarentaise (1226-1276) un pape forézien dévoilé, Saint-Just-Saint-Rambert, Auteur des régions et terroirs, , 149 p. (ISBN 978-2-9531861-1-6)
  • Bataillon (Louis-Jacques), « Une intervention maladroite de Pierre de Tarentaise en faveur des mendiants », in T. Prügl & M. Schlosser, eds, Kirchenbild und Spiritualität. Dominikanische Beiträge zur Ekklesiologie und zum kirchlichen Leben im Mittelalter. Festschrift für Ulrich Horst zum 75. Geburtstag, 2007, p. 143-177.
  • Laurent (Marie Hyacinthe), Le bienheureux Innocent V (Pierre de Tarentaise) et son temps, Cité du Vatican, Biblioteca apostolica vaticana (Studi e Testi, 129), 1947.

Article connexeModifier

Liens externesModifier