Histoires extraordinaires (film, 1968)

film franco-italien sorti en 1968
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Histoires extraordinaires
Description de cette image, également commentée ci-après
Terence Stamp dans une scène du 3e sketch, Toby Dammit.

Titre original Histoires extraordinaires
Réalisation Roger Vadim (Metzengerstein)
Louis Malle (William Wilson)
Federico Fellini (Il ne faut jamais parier sa tête avec le diable)
Scénario Roger Vadim, Pascal Cousin (Metzengerstein)
Louis Malle, Daniel Boulanger (William Wilson)
Federico Fellini, Bernardino Zapponi (Toby Dammit ou Il ne faut jamais parier sa tête avec le diable)
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Marceau
PEA
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Fantastique
Durée 121 minutes
Sortie 1968

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Histoires extraordinaires est un film fantastique franco-italien inspiré de trois nouvelles d'Edgar Allan Poe et sorti en 1968 au cinéma.

Il est coréalisé par :

SynopsisModifier

1er sketch : MetzengersteinModifier

 
La comtesse Frederica (Jane Fonda).

Les étranges rapports d'amour que la comtesse Frederica, débauchée notoire, mais cavalière émérite, entretient avec un superbe étalon noir en qui elle voit la réincarnation de son vertueux cousin Wilhelm qui l'a dédaignée et dont elle se culpabilise de la disparition dans l'incendie de son écurie qu'elle a commandité par vengeance…

2e sketch : William WilsonModifier

William Wilson, un officier autrichien despotique, hanté par son double qui vient s'interposer chaque fois qu'il s'apprête à passer aux extrêmes, entame une partie de cartes avec la belle Giuseppina, partie qui dévoile aux yeux de tous son sadisme et sa malhonnêteté…

3e sketch : Toby Dammit ou Il ne faut jamais parier sa tête avec le diableModifier

 
Le diable tel que Toby Dammit le voit « sympathique et joyeux » sous les traits d'une fillette qui joue à la balle...

L'acteur britannique Toby Dammit vient à Rome pour un projet de film, le « premier western catholique ». Une soirée médiatique est organisée pour fêter cet évènement. L'attention de Toby, déjà passablement altérée par la drogue et l'alcool, plus que par la bizarre cérémonie romaine où défilent prêtre, acteurs et journalistes, est surtout attirée par la belle Ferrari qu'on lui fait miroiter pour le séduire et aussi par une étrange fillette qui joue avec une sorte de balle blanche, incarnation, selon ses déclarations à la télévision, du Diable en lequel il croit et qu'il décrit comme « sympathique, joyeux » et prenant les traits d'« une petite fille ». Hallucination ou réalité ?

Fiche techniqueModifier

Caractéristiques techniques communes à tous les sketchesModifier

1er sketch : MetzengersteinModifier

2e sketch : William WilsonModifier

3e sketch : Toby Dammit ou Il ne faut jamais parier sa tête avec le diableModifier

DistributionModifier

1er sketch : MetzengersteinModifier

2e sketch : William WilsonModifier

3e sketch : Toby Dammit ou Il ne faut jamais parier sa tête avec le diableModifier

  • Terence Stamp : Toby Dammit
  • Salvo Randone : le prêtre
  • Milena Vukotic : l'intervieweuse TV
  • Polidor : le vieil acteur
  • Marina Yaru : la fillette/le diable
  • Anne Tonietti : la chroniqueuse TV
  • Antonia Pietrosi : l'actrice
  • Fabrizio Angeli : le premier directeur
  • Federico Boido : un invité
  • Ernesto Colli : le deuxième directeur
  • Paul Cooper : le deuxième interviewer
  • Irina Maleeva : la gitane
  • Mimmo Poli : un invité
  • Marisa Traversi : une invitée
  • Aleardo Ward : le premier interviewer

Bande originale de Toby DammitModifier

AccueilModifier

  • AllMovie [2] : « Le sketch d'ouverture est marqué par sa représentation franche de la sexualité, ainsi que par la photographie luxuriante de Claude Renoir (remarquez l'incroyable photo de Jane chevauchant les falaises au-dessus d'un océan tumultueux) et la fantastique conception des costumes de Jacques Fonteray — qui ont fait tous deux le même impressionnant travail pour Barbarella. Jane Fonda dit elle-même son texte en français dans ce sketch.
    Le sketch central, William Wilson, est réalisé par Louis Malle. L'histoire tourne autour d'un mauvais jeune homme (Alain Delon) qui se retrouve continuellement pris en flagrant délit de sadisme par son double rédempteur du même nom. Ce sketch est le plus imagé des trois (la quasi-dissection en direct par Delon d'une femme nue étant le point culminant) et est rempli d'un constant sentiment d'effroi. Delon joue parfaitement et trouve un excellent adversaire en Brigitte Bardot dont la faiblesse pour les jeux de cartes se traduit en une séquence d'atroce flagellation.
    Toby Dammit, la dernière histoire, nous est contée par Federico Fellini avec son style surréaliste habituel à la fois amusant et dérangeant, et allant souvent de pair. Terence Stamp est excellent en star de cinéma alcoolique dont la vie débauchée est hantée par le diable — qui lui apparaît sous la forme d'une petite fille. Son interprétation frénétique est un sommet dans ce conte étrange et magnifiquement réalisé, rempli d'images fantastiques et surréalistes qui ont marqué le travail de Fellini. »
  • Il cineocchio.it[3] : « Le premier sketch, intitulé Metzengerstein, peut être assez facilement oublié : c'est une mélancolie gothique déclinée luxueusement où Jane Fonda et une jument noire font bonne figure.
    Il y a plus de substance dans le sketch suivant, William Wilson, avec Alain Delon et une brune Brigitte Bardot, où, évitant gratuité et ennui, l'élégance du cadre historique, celle d'une ville padouane pendant les guerres du Risorgimento, n'enlève rien à l'histoire de cet officier autrichien, personnification du Mal, aux prises avec son double rédempteur.
    Reste donc l'offrande finale qu'est Toby Dammit, et elle est vraiment généreuse. Ne pariez pas votre tête avec le diable (titre officieux) n'ajoute pas beaucoup de feuilles de laurier à la brillante couronne du réalisateur de Rimini à l'époque de Juliette des esprits (1965), mais appartient à son meilleur cinéma avec lequel il renoue dans un élan enthousiaste et imaginatif, aiguisant sa satire du cinéma romain (un thème habituel de Federico Fellini) : le portrait tragique d'une star étrangère (Terence Stamp) chevelue, abattue et toxicomane. […] Toby est attiré par les apparitions intermittentes d'une fillette aux mouvements candides (Marina Yaru), mais aux apparences vicieuses et démoniaques (moments inoubliables avec le ballon blanc) qui le mène à sa perte. […] Du texte littéraire d'origine il n'y a ici que le point de départ. Mais c'est presque un recueil des obsessions personnelles de Federico Fellini qui rend ainsi à Edgar Allan Poe un hommage moins servile et beaucoup plus authentique. […] Ce qui se déroule n'est cependant pas tant la peur métaphysique du diable, mais la peur concrète, lancinante et pressante de la mort. Des images, des symboles[Note 1], des allégories de putréfaction, de délabrement, d'absurdité remplissent l'écran. Le regard du réalisateur n'avait jamais été aussi angoissé auparavant, même si une sorte d'ironie sombre soutient la fermeté du style. D'un point de vue figuratif, les séquences sont splendides, avec cette teinte dominante de rouge « alla Scipione[4] » (orchestrée par le directeur de la photographie Giuseppe Rotunno, désormais collaborateur fixe de Federico Fellini), qui marque les visions du crépuscule de Rome, anticipant l'épilogue sanglant du sketch. »

Autour du filmModifier

1er sketch : MetzengersteinModifier

2e sketch : William WilsonModifier

3e sketch : Toby Dammit ou Il ne faut jamais parier sa tête avec le diableModifier

  • La fillette fantôme hante William Malone : on voit apparaître un clone de la fillette à la balle blanche dans le film du réalisateur américain William Malone, Terreur.point.com (2002).
    Malone, spécialiste du film horrifique (La Maison de l'horreur, 1999) et touche-à-tout de génie, a perdu la tête comme Toby Dammit avec son film qui se perd également dans ce patchwork d'histoires de fantômes sévissant sur Internet et ailleurs. Sans doute fasciné par l'œuvre fellinienne, il va même jusqu'à donner à l'un de ses personnages incarné par Udo Kier, le nom de « Polidori », en italianisant celui de l'acteur Polidor qui jouait chez Fellini.

VidéographieModifier

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Sur la scène du gala, personne ne semble voir les divinités mythologiques immobiles de la destinée humaine, les trois Parques (les Moires chez les Grecs), telles que les artistes de l'antiquité les représentaient : « des jeunes filles à l'aspect austère » (Dictionnaire encyclopédique Quillet, édition 1962). Elles portent des regards sévères sur Toby Dammit. Voir ces illustrations : 1 et 2.

RéférencesModifier

Voir aussiModifier

Liens externesModifier