Anny Duperey

actrice et romancière française
Anny Duperey
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Anny Duperey en à la foire du livre de Bruxelles.
Nom de naissance Anny Legras
Naissance (76 ans)
Rouen, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Actrice
Photographe
Romancière
Films notables Stavisky
Le Malin Plaisir
Un éléphant ça trompe énormément
Bobby Deerfield
Les Compères
Séries notables Une famille formidable
Signature de la personnalité

Anny Duperey est une actrice, photographe et romancière française, née le à Rouen.

Elle a joué notamment dans Un éléphant ça trompe énormément en 1976, et Catherine Beaumont dans la série télévisée Une famille formidable de 1992 à 2018. Également écrivaine, elle a écrit entre autres L'Admiroir (1977) et Le Voile noir (1992).

Biographie modifier

Famille et débuts modifier

De son vrai nom Anny Legras, née en 1947[1], elle est originaire de La Neuville-Chant-d'Oisel en Normandie. Ses parents, Lucien et Ginette Legras, sont photographes. Anny a huit ans et demi lorsque ses parents meurent accidentellement le à Sotteville-lès-Rouen, empoisonnés par du monoxyde de carbone[2] dans leur salle de bains à cause d’un chauffe-eau au gaz défectueux et d’une ventilation de la pièce insuffisante. À la suite de leur disparition, elle est recueillie par sa grand-mère paternelle et sa tante, tandis que sa sœur cadette Patricia (décédée le ), qui était âgée de cinq mois[3], est élevée par ses grands-parents maternels[4].

Elle a utilisé, à deux lettres près, le nom du mari de sa grand-mère paternelle, Duperray, pour en faire son nom d'artiste. Elle l'explique notamment dans son livre Le Voile noir.

Elle suit les cours de Jean Chevrin au conservatoire de Rouen, avant d'être reçue au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris (promotion 1967)[5]. Engagée par Jean Meyer pour jouer dans la pièce Les Trois mariages de Mélanie de Charlotte Frances, elle est ensuite remarquée dans La Guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux.

Carrière de comédienne modifier

 
Anny Duperey au Festival d'Avignon en 1971 (portrait par Fernand Michaud).

Elle obtient ses premiers rôles au cinéma à la fin des années 1960, de petits rôles comme dans Deux ou trois choses que je sais d'elle de Jean-Luc Godard[1], dans Les Femmes de Jean Aurel. Elle joue son premier grand rôle, en 1968, dans Sous le signe de Monte-Cristo avec Claude Jade et Paul Barge.

Au cours d'une soirée, elle fait la connaissance de Jean-Louis Barrault et de Madeleine Renaud qui l'engagent dans leur compagnie au Théâtre d'Orsay à Paris. Elle joue ainsi dans de nombreuses pièces pendant une dizaine d'années, entre autres Jarry sur la butte d'Alfred Jarry et Isabella Morra d'André Pieyre de Mandiargues.

En 1971, dans l'émission Italiques elle lit un extrait de L'Apollon de Bellac de Jean Giraudoux en compagnie de José-Maria Flotats[6].

 
Anny Duperey au festival de Cannes 2012.

Elle joue le rôle de la jeune veuve d'un écrivain assassiné dans Le Malin Plaisir en 1975, avec Claude Jade encore, et, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, dans Stavisky d'Alain Resnais. En 1977, elle est nommée au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa prestation dans Un éléphant ça trompe énormément d'Yves Robert[1].

À la télévision Anny Duperey est, depuis 1992, également connue du grand public pour son rôle de Catherine Beaumont, l'un des personnages principaux de la série Une famille formidable.

Carrière littéraire modifier

Anny Duperey écrit depuis son plus jeune âge, d'abord sous forme de lettres ou de journal intime – « Au départ, c'était un geste consolateur » – puis sous forme de livres. Son premier roman L'Admiroir[7] est couronné par l'Académie française en 1977 (prix Alice Louis-Barthou)[8]. En 1992, son autobiographie, Le Voile noir, rencontre un grand succès[1]. Des lettres reçues à la suite de cette publication sont réunies dans Je vous écris. Des romans ont suivi, notamment Les Chats de hasard[9], Allons voir plus loin, veux tu ? et Une soirée.

Anny Duperey est membre de l'Académie Alphonse Allais depuis .

Photographie modifier

Comme ses parents, Anny Duperey fait de la photographie depuis sa jeunesse, principalement en noir et blanc : des portraits d'amis comédiens et des photographies de reportage comme ses « portraits de condamnés », faits lors des grandes démolitions à Paris dans les années 1970.

En 2019, elle présente à Vendôme, dans son exposition « Filiation », 110 photos issues de sa propre production qu'elle confronte, pour la première fois, aux clichés de son père, Lucien Legras, et de sa sœur, Patricia Legras (décédée en 2009)[10].

Télévision modifier

En 2023, elle participe à l'émission Mask Singer diffusée sur TF1, où elle est découverte dans le costume du phénix le [11].

Engagements modifier

 
Anny Duperey lors d'une séance de dédicaces à la librairie de Gibert Joseph (Paris 6e).

Marraine jusqu'en 2006 de SOS Papa, une « association d'aide aux pères évincés », Anny Duperey est toujours la marraine de l'association Le Rire médecin[12]. Elle a grandi séparée de sa sœur en raison de la mort de ses parents[13]. Pour elle, « la complicité qu'elles n'ont pas eue étant petites reste irrattrapable », d'où son engagement en tant que marraine auprès de l'association SOS Villages d'enfants entre 1993 et 2024[14],[15].

Lors des élections européennes de 2019, elle apporte son soutien au Parti animaliste[16].

Lors de l'élection présidentielle française de 2022, elle annonce son soutien à Jean-Luc Mélenchon, comme 2 000 autres personnalités[17].

Dans une interview sur C8 en , elle s'indigne de la non réintégration des soignants suspendus[18].

Le 10 février 2024, elle déclenche une polémique en déclarant au micro de la radio RTL: « je vais me faire taper dessus mais je pense que tout cela est extrêmement exagéré. Six ans avec un réalisateur, sous emprise je veux bien, mais quand même consentante non ? »[19] en réagissant au témoignage de Judith Godrèche dénonçant l'emprise dont elle aurait été victime pendant son adolescence[20]. Ses propos vont faire réagir les personnes engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes comme l'actrice Alexandra Lamy qui avait publiquement critiqué le sur X les déclarations d'Anny Duperey[21]. Devant l'ampleur des réactions, Anny Duperey présente ses excuses le  : « Je tiens à exprimer mes excuses à Judith Godrèche et à toutes les victimes que mes propos maladroits ont heurtées. Je regrette que ma première réaction n'ait pas été de condamner l'inexcusable[22] ». SOS Village d'enfants, par le biais de sa directrice générale Isabelle Moret, indique dans un communiqué le mettre fin « d'un commun accord » au partenariat avec Anny Duperey[23].

Vie personnelle modifier

De sa liaison avec l’acteur Bernard Giraudeau pendant quinze ans, sont nés deux enfants, Gaël en 1982 et Sara en 1985. Dans les années 1970, Bernard Giraudeau achète, avec son premier cachet de cinéma, une vieille ferme qu'il rénove lui-même dans la Creuse à Châtelus-Malvaleix[24]. Après leur séparation en 1991, Anny Duperey la lui rachète. Elle continue de venir régulièrement en Creuse[25].

En 1993, sur le tournage du téléfilm Charlemagne, le prince à cheval, où elle tient le rôle de Berthe au grand pied, elle rencontre l'acteur Cris Campion, qui joue le rôle de son petit-fils Pépin le Bossu, il est son compagnon pendant douze ans.

Publications modifier

 
Anny Duperey en dédicace en 2006.
Prix Alice-Louis-Barthou de l’Académie française 1977.
  • Le Nez de Mazarin (roman), éditions du Seuil, Paris, 1986 (première édition), 267 p. (ISBN 2-02-009027-9, BNF 34911841)
  • Le Voile noir (autobiographie, avec des photographies de Lucien Legras, son père), éditions du Seuil, Paris, 1992, 254 p. (ISBN 2-02-014746-7, BNF 35505613)
  • Je vous écris (autobiographie et témoignages), éditions du Seuil, Paris, 1993, 234 p. (ISBN 2-02-020693-5, BNF 35603065)
  • Lucien Legras, photographe inconnu (photographies de Lucien Legras, présentation d'Anny Duperey et Patricia Legras), éditions du Seuil, Paris, 1993, 115 p. (ISBN 2-02-019357-4, BNF 35603656)
  • Les Chats de hasard (récit), éditions du Seuil, Paris, 1999, 221 p. (ISBN 2-02-035419-5, BNF 36978180)
  • Allons voir plus loin, veux-tu ? (roman), éditions du seuil, Paris, 2002 (première édition), 430 p. (ISBN 2-02-055847-5, BNF 38893876)
  • Les Chats mots (textes choisis par Anny Duperey, avec des illustrations de Sonja Knapp), éditions Ramsay, Paris, 2003, 205 p. (ISBN 2-84114-679-0)
  • Essences et Parfums (textes choisis par Anny Duperey), éditions Ramsay, Paris, 2004, 196 p. (ISBN 2-84114-714-2, BNF 39279929)
  • Les Chats mots et Essences et parfums (textes choisis et lus par Anny Duperey ; réédition en coffret des deux livres parus séparément, accompagnés d'un disque compact), éditions Ramsay, Paris, 2005, 2 volumes (205 p. + 196 p. + 1 CD (ISBN 2-84114-754-1, BNF 40129664)
  • Une soirée (roman), éditions du Seuil, Paris, 2005, 263 p. (ISBN 2-02-062853-8, BNF 39922394)
  • De la vie dans son art, de l'art dans sa vie (correspondance entre Anny Duperey et Nina Vidrovitch), éditions du Seuil, Paris, 2008, 307 p. (ISBN 978-2-02-087387-1, BNF 41356127)
  • Le Poil et la Plume, éditions du Seuil, Paris,
  • Le Rêve de ma mère, éditions du Seuil, Paris, , 216 p. (ISBN 978-2021371505)
  • Les photos d'Anny, éditions du Seuil, Paris, , 183 p. (ISBN 978-2021407105)
  • Le Tour des arènes (roman), éditions du Seuil, Paris, , 336 p. (ISBN 978-2-02-149539-3)

Théâtre modifier

 
Virginie Lemoine et Anny Duperey à la cérémonie des Molières 2018.
 
Anny Duperey sur la scène du théâtre de Passy en .

Filmographie modifier

Cinéma modifier

Télévision modifier

Doublage modifier

Cinéma modifier

Films modifier

Documentaire modifier

Musique modifier

Radio modifier

Elle tient en 2015 une chronique sur Radio Classique.[Passage à actualiser]

Distinctions modifier

Décoration modifier

Le , elle est nommée au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de « actrice, écrivain ; trente-deux ans d'activités professionnelles »[29]. Elle reçoit sa décoration le  ; elle est promue au grade d'officier dans l'ordre le au titre de « comédienne, écrivaine »[30].

Cinéma modifier

Théâtre modifier

Nominations aux Molières :

Télévision modifier

Littérature modifier

Notes et références modifier

  1. a b c et d Bruno Villien, « Duperey, Anny (Annie Legras), dite) [Rouen 1947] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, Éditions Des femmes, , p. 1347
  2. « Anny Duperey », sur Evene / Le Figaro
  3. Anny Duperey dans l'émission Le Divan, diffusé le mardi sur France 3.
  4. « Anny Duperey », VSD,‎ (lire en ligne).
  5. Régis Evennou, « Utilisateur » (consulté le ).
  6. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, .
  7. Christine Rousseau, « Anny Duperey, des démons dans les mots », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. « Prix Alice-Louis Barthou », sur le site de l’Académie française
  9. Pierre Marcelle, « Face aux piles. Duperey en terrain minet.Anny Duperey, Les Chats de hasard », Libération,‎ (lire en ligne)
  10. Xavier Renard, correspondant régional, à Vendôme (Loir-et-Cher), « Anny Duperey photographe, regards croisés en famille », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « « Mask Singer » sur TF1 : Anny Duperey « aurait préféré ne pas croiser » Mel B des Spice Girls », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  12. Voir sur leriremedecin.asso.fr.
  13. Anny Duperey fut élevée auprès de sa grand-mère et sa tante paternelle, et sa sœur Patricia chez ses grands parents maternels. Celle-ci est décédée en 2009 d'un problème cardiaque.
  14. « Anny Duperey : Ce qu'il faisait avec une autre femme ne me regardait pas », sur purepeople.com, (consulté le ).
  15. « Après ses propos polémiques, Anny Duperey n'est plus marraine de SOS Village d'Enfants », sur www.rtl.fr, (consulté le )
  16. « Européennes : Balasko, Baffie, Duperey… ces rares personnalités qui affichent leur soutien », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  17. Marceau Taburet, « Présidentielle: 2 000 personnalités appellent à voter pour Jean-Luc Mélenchon », Libération,‎ (lire en ligne).
  18. « "Une énorme colère" : coup de gueule d'Anny Duperey et fake news sur les soignants non-vaccinés », sur midilibre.fr, (consulté le ).
  19. Par Le Parisien Le 10 février 2024 à 15h54, « Accusations contre Doillon et Jacquot : « Je n’aime pas trop les chasses aux sorcières tardives », réagit Anny Duperey », sur leparisien.fr, (consulté le )
  20. « Violences sexuelles : le témoignage de Judith Godrèche éclaire sur les mécanismes d'emprise », sur Franceinfo, (consulté le )
  21. « L'affaire Godrèche, une "chasse aux sorcières" ? Non, s'indigne Alexandra Lamy », sur www.terrafemina.com (consulté le )
  22. « Anny Duperey présente ses excuses à Judith Godrèche après ses accusations de viols contre Benoît Jacquot : "J’aurais dû lui témoigner ma solidarité" », sur Femme Actuelle, (consulté le )
  23. « Après ses propos polémiques, Anny Duperey n'est plus marraine de SOS Village d'Enfants », sur actualites/communique/, (consulté le )
  24. Marion Justinien, « Anny Duperey : « Mon été en Creuse, j’y tiens beaucoup » », La Montagne,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. Olivier Estran, « Tous confinés: Anny Duperey "J'aurai voulu être en Creuse" », sur France Bleu Creuse, (consulté le ).
  26. Cette pièce constitue la première occasion de voir jouer ensemble Anny Duperey et sa fille, Sara Giraudeau. Cf. entretien d'Alain Spira avec Anny Duperey et Sara Giraudeau dans Paris Match.
  27. « Anny Duperey enregistre un single avec le collectif des Voix de la Breizh », jeanmarcmorandini.com.
  28. La Breizh de l'espoir.
  29. Décret du 12 juillet 1996 portant promotion et nomination.
  30. Décret du 30 décembre 2011 portant promotion et nomination.

Voir aussi modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie modifier

  • Éric Lamon, « Anny Duperey. La battante du petite écran. Héroïne tonique de séries télévisées, Anny Duperey revient dans Une famille formidable. Mais c'est dans ses livres qu'elle révèle sa vraie nature... », Télé Loisirs ; no 743, Paris, , p.  32 (ISSN 0297-8695)
  • Tara Collington, « De la vie dans son art, de l’art dans sa vie : identités publiques et privées dans la correspondance d’Anny Duperey et Nina Vidrovitch », Études françaises, vol. 55, no 1,‎ , p. 67-87 (lire en ligne)

Liens externes modifier