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Henri Delporte
Naissance
Tourcoing,
Nord
Décès
Lézigneux,
Loire
Nationalité Drapeau de la France Français
Profession

Henri Delporte est un préhistorien français né le à Tourcoing, département du Nord, et mort le à Lézigneux, département de la Loire. Il a été notamment directeur du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, et a contribué à faire évoluer les rapports entre le musée et la recherche.

Sommaire

BiographieModifier

Il est né à Tourcoing en 1920, dans une famille modeste de petits commerçants. Ses études sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Il devient instituteur et est également résistant durant l'occupation allemande[1]. Il continue ensuite à évoluer au sein de l'enseignement et exerce comme professeur d'histoire et géographie à Arras, puis à Montbrison[2].

Il apprend le métier d'archéologue, en pratiquant des recherches sur le terrain, notamment avec Louis-René Nougier. De 1951 à 1954, puis à nouveau en 1962, il effectue des fouilles à Châtelperron dans l'Allier, sur le site préhistorique de la grotte des Fées, ce site apportant un éclairage sur la transition entre le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur. Ses travaux sur ce site ont été réexaminés récemment par plusieurs équipes de chercheurs, remettant en cause ses conclusions, dans le cadre de la controverse sur la cohabitation ou non entre les Hommes anatomiquement modernes, et les Néandertaliens[3],[note 1].

Il intervient également dans le Périgord. À Tursac, en Dordogne[4], sa découverte en 1959 d'une « Vénus » préhistorique soulève beaucoup d'intérêt. Une autre statuette avait été découverte à proximité, en 1900, à Eyzies-de-Tayac-Sireuil[5], mais des représentations du corps aussi anciennes sont assez rares. L'importance de cette découverte bénéficie également du travail effectué sur les positions topographiques et stratigraphiques[6]. Par la suite, Henri Delporte consacre plusieurs études aux statuettes humaines à l'ère du Paléolithique supérieur[5], des représentations centrées le plus souvent sur le corps féminin : « La représentation de l'animal serait celle du monde vivant extérieur à l'homme. Au contraire et par opposition, l'homme, le groupe humain, l'humanité seraient traduits par la figuration féminine, la forme féminine étant parfaitement légitime, puisqu'elle assure le renouvellement et la persistance de l'espèce. »[7].

Membre de la Société préhistorique française, il tisse des liens avec des confrères tchèques et russes, et fait découvrir les travaux des préhistoriens de l'Europe de l'Est aux scientifiques français à travers plusieurs publications[1]. En 1960, il entre au Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.)[1].

En 1966, il est nommé conservateur au Musée des antiquités nationales, installé dans l'ancien château de Saint-Germain-en-Laye. Il continue par ailleurs ses recherches sur le terrain[1]. De 1968 à 1975, il dirige des fouilles au Grand abri de La Ferrassie, sur la commune de Savignac-de-Miremont, en Dordogne, dans la continuité des recherches effectuées par Denis Peyrony et Louis Capitan de 1896 à 1929. Un site déterminant dans la connaissance du Gravettien ancien.

Entre 1964 et 1984, il conduit des fouilles sur le site du Blot à Cerzat (Haute-Loire), assisté de J.P. Daugat et J. Virmont. Cet abri sous basalte a livré une riche et puissante stratigraphie du Magdalénien, du Badegoulien et du Gravettien. Le Protomagdalénien, stade ultime du Gravettien, y a été découvert pour la première fois hors du Périgord, associé à une riche industrie lithique et des structures d'habitat.

Dans les années 1980, Henri Delporte relance des fouilles sur le gisement célèbre de Brassempouy dans les Landes. Ce gisement avait livré à Édouard Piette, vers 1894, des objets sculptés sur ivoire, dont la célèbre Dame à la Capuche, la plus ancienne représentation d'un visage. Henri Delporte s'était particulièrement intéressé à ces objets collectés par Edouard Piette et conservé dans les salles de son musée de Saint-Germain-en-Laye. Ces nouvelles recherches renouvellent profondément la connaissance du site de Brassempouy[8].

Henri Delporte prend la direction du musée de Saint-Germain-en-Laye à partir de 1984[1]. Il y impulse une politique facilitant l'utilisation des collections du musée dans le cadre de travaux de recherches, en rendant accessible les collections aux étudiants et chercheurs, et en favorisant la création d'unités du C.N.R.S. se consacrant à l'art paléolithique. Il participe ainsi à un nouvel élan en France des recherches sur le paléolithique, élan qu'il encourage également dans le cadre de ses fonctions au sein du Comité des travaux historiques et scientifiques[9]. Il organise de nombreuses expositions ayant trait à l'art paléolithique.

En 1985, il est nommé inspecteur général des musées de France. Il prend sa retraite en 1987. Il meurt le à Lézigneux où son épouse a été directrice de l'école de filles.

Principales publicationsModifier

  • « Le Périgordien », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 51, no 8,‎ , p. 44-48 (lire en ligne).
  • « Note sur le Périgordien belge », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 53, nos 1/2,‎ , p. 11-14.
  • Les origines du Leptolithique européen, Hambourg , 1958.
  • Notes de voyage leptolithique en Europe centrale I, La Tchécoslovaquie, Florence (Italie), 1959.
  • « Une nouvelle statuette paléolithique : la Vénus du Tursac », revue L'Anthropologie, vol. 63, nos 3-4,‎ , p. 232-245.
  • Une hypothèse de travail au sujet du Crêt-Chatelard, Montbrison (département de la Loire) , 1961.
  • Le Manteau de Saint-Martin à Saint-Georges-en-Couzan, Montbrison (département de la Loire) , 1961.
  • « Observations paléo-topographiques sur la Vénus de Tursac (« La belle et la bête ») », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 59, nos 11-12,‎ , p. 813-818 (lire en ligne).
  • Le gisement paléolithique de la Rochette (commune de Saint-Léon-sur-Vézère, Dordogne), Paris , 1962.
  • Observations sur les vénus paléolithiques de Russie, Barcelone, Diputación Provincial de Barcelona, Instituto de Prehistoria y Arqueología , 1964.
  • « L'évolution des industries moustériennes à La Rochette, Commune de Saint-Léon-sur-Vézère (Dordogne) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 62, no 1,‎ , p. 48-62 (lire en ligne), en collaboration avec Roger David.
  • Le Paléolithique dans le Massif Central I, Le Magdalénien des vallées supérieures de la Loire et de l'Allier, Paris , 1966.
  • Brassempouy : ses industries d'après la collection Piette, Musée des Antiquités nationales, 1967.
  • Circonscription d'Auvergne et Limousin, Paris , 1970.
  • Le passage du Moustérien au Paléolithique supérieur, Paris, Arts et métiers graphiques , 1970.
  • « L'Aurignacien et le « Bayacien » de la Gravette : mise en œuvre statistique et problèmes posés », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 69, no 1,‎ , p. 337-346 (lire en ligne).
  • « Les industries du Périgordien supérieur de La Ferrassie », en collaboration avec Alain Tuffreau, Quärtär, 23/24, 1973, p. 93-123.
  • État des travaux sur les pointes en os magdaléniennes, en collaboration avec Lucette Mons, Paris, Centre national de la recherche scientifique, 1976.
  • « Principes d'une étude sur les supports osseux de l'art paléolithique mobilier », dans Méthodologie appliquée à l'industrie de l'os préhistorique, article écrit en collaboration avec Lucette Mons, Paris, Centre national de la recherche scientifique, 1976.
  • Omoplate décorée du Mas d'Azil : (Ariège), en collaboration avec Lucette Mons, Issoudun, Impr. Laboureur , 1976.
  • L'image de la femme dans l'art préhistorique, Paris, Éditions Picard , 1979.
  • Brassempouy : la grotte du Pape, station préhistorique : il y a 20000 ans, l'art, Lit-et-Mixe (département des Landes), Association culturelle de Contis , 1980.
  • L'Objet d'art préhistorique, Paris, Réunion des musées nationaux , 1981.
  • Compte-rendu des recherches récentes à la Grotte de Brassempouy (Landes), en collaboration avec Marguerie Dominique , 1981.
  • Le grand abri de la Ferrassie : fouilles 1968-1973, ouvrage collectif dont il assure la direction, Paris, Éditions du Laboratoire de paléontologie humaine et de préhistoire, 1984. Publié aussi dans Études Quaternaires, Publications de l’Université de Provence, Mémoire 7, 1984.
  • Archéologie et réalité : essai d'approche épistémologique, Paris, Éditions Picard, 1984.
  • Une Passion, l'archéologie: Le Dieu au maillet, de Marcel Chassaing, Textes rassemblés par Yvonne Ressouches, préface d'Henri Delporte, Orbec, Impr. Rozé , 1986.
  • Histoire de l'art primitif, texte d'Édouard Piette, précédé d'un texte d'Henri Delporte, Piette, pionnier de la préhistoire, Paris, Éditions Picard, 1987.
  • Fiches typologiques de l'industrie osseuse préhistorique Cahier I, Sagaies, en collaboration avec J. Hahn, Lucette Mons et al., Aix-en-Provence, Université de Provence , 1988.
  • L'image des animaux dans l'art préhistorique, Paris, Éditions Picard, 1990.
  • « Brassempouy : les fouilles de 1988 à 1990 », Société de Borda, vol. 116, no 422,‎ , p. 143-157, en collaboration avec D.Buisson.
  • « La séquence aurignacienne et périgordienne sur la base des travaux récents réalisés en Périgord », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 88, no 8,‎ , p. 243-256 (lire en ligne).
  • L'image de la femme dans l'art préhistorique,, nouvelle édition augmentée, Paris, Éditions Picard, 1993.
  • Les Aurignaciens : premiers hommes modernes : de -40000 à -25000 ans, Paris, la Maison des roches , 1997.
  • Châtelperron : un grand gisement préhistorique de l'Allier, avec la collaboration de Frédéric Surmely et Alain Urgal, Aurillac, Conseil général de l'Allier , 1999.
  • L'image des animaux dans l'art préhistorique, Paris, Éditions Picard, 2000.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Emmanuel Vigneron, « Henri Delporte, L'image de la femme dans l'art préhistorique », La revue Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, vol. 35, no 5,‎ , p. 924-926 (lire en ligne).
  • Jean-Pierre Duhard, « Étude comparative des statuettes féminines de Sireuil et Tursac (Dordogne) », La revue Gallia préhistoire, vol. 35, no 5,‎ , p. 283-291 (lire en ligne).
  • « Henri Delporte », Le journal Le Monde,‎ .
  • « Henri Delporte », Le journal Le Monde,‎ .
  • Dominique Henry-Gambier, François Bon, G. Gardère, C. Letourneux, R. Mensan et Y. Potin, « Nouvelles données sur la séquence culturelle du site de Brassempouy (Landes) : fouilles 1997-2002 », Revue Archéologie des Pyrénées Occidentales et des Landes, no 23,‎ , p. 145-156 (lire en ligne).
  • João Zilhão, Francesco d’Errico, Jean-Guillaume Bordes, Arnaud Lenoble, Jean-Pierre Texier et Jean-Philippe Rigaud, « La Grotte des Fées (Chatelperron, Allier) ou une interstratification « Chatelperronien-Aurignacien » illusoire. histoire des fouilles, stratigraphie et datations », Revue Paléo, no 19,‎ , p. 391-432 (lire en ligne).

Sources webModifier