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Hôpital des pèlerins de Pons

édifice religieux français

Hôpital des pèlerins de Pons
Image illustrative de l’article Hôpital des pèlerins de Pons
Présentation
Culte Catholique romain
Type Hôpital, Prieuré
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XVIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1998)
Logo monument historique Classé MH (1879, 1998)
 Inscrit MH (1997)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente-Maritime
Ville Pons
Coordonnées 45° 34′ 10″ nord, 0° 33′ 07″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

(Voir situation sur carte : Charente-Maritime)
Hôpital des pèlerins de Pons

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Hôpital des pèlerins de Pons

L'hôpital des pèlerins (ou hôpital-neuf) est un ancien hospice médiéval situé dans la ville-basse de Pons, en Charente-Maritime.

Érigé au XIIe siècle afin de servir de halte aux pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle, il est l'un des plus anciens ensembles hospitaliers d'Europe à avoir été conservé et est à ce titre inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco depuis 1998, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Il est également classé monument historique depuis le pour son passage de l'hôpital, inscrit depuis le pour ses logis et classé depuis le pour l'ancienne salle des pèlerins, les vestiges de l'ancienne église et le pavillon au gros œuvre médiéval[1].

Sommaire

HistoriqueModifier

Au Moyen Âge, la ville de Pons est une place-forte importante et prospère qui, de par sa situation sur la Via Turonensis, accueille un flot croissant de pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Devant cet afflux de population, le vieil hôpital Saint-Nicolas (autrefois situé dans la ville-haute, il n'en subsiste aucun vestige) ne tarde pas à montrer ses limites. Ce n'est du reste pas le seul problème : à cette époque, les portes de la ville sont systématiquement closes la nuit afin de se prémunir contre toute attaque ou intrusion de brigands, et ceux des pèlerins qui arrivent après la fermeture des portes ne peuvent qu'attendre patiemment le lever du jour pour recevoir des soins, lorsqu'il n'est pas trop tard.

Cette situation détermine Geoffroy III de Pons à fonder un hôpital neuf[2] en 1160 « pour le repos de son âme et de celle de ses parents, en l'honneur de Dieu et de la bienheureuse vierge Marie, de Saint Jean et de tous les Saints, dans le but de recevoir et de réconforter les pauvres de Jésus Christ  »[3]. L'hôpital est fondé à dessein hors-les-murs afin que nécessiteux et pèlerins puissent trouver soin et réconfort à toute heure du jour et de la nuit, mais aussi afin d'éviter la propagation des épidémies.

L'ensemble est alors composé d'un bâtiment principal où sont situées, de part et d'autre d'un porche enjambant la grand-route Saintes-Bordeaux, une salle des malades et une église prieurale dédiée à Notre-Dame. L'établissement est longtemps géré par des prieurs choisis conjointement par l'évêque de Saintes et par les Sires de Pons, plusieurs d'entre eux (à commencer par Geoffroy III) choisissant l'église prieurale comme lieu de leur propre sépulture[4].

Loin de n'être qu'un simple lieu de transit pour des pèlerins épuisés ou malades, les chanoines de l'hôpital ont également pour mission d'accueillir les indigents d'où qu'ils viennent, de leur fournir gîte et nourriture et toute aide matérielle et spirituelle. Ils recueillent également les enfants abandonnés, laissés dans des niches conçues à cet effet à l'entrée de l'établissement[5].

 
Le jardin médicinal (réaménagé au début des années 2000) et le chevet de la salle des malades.

Au fil des siècles pourtant, l'influence de l'établissement décline inexorablement. Aux prieurs succèdent des religieux de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem au XVIe siècle. Lors des combats menés aux abords de Pons durant les guerres de religion, l'hôpital est saccagé et sévèrement endommagé, tandis que l'église Notre-Dame est la proie de pillages. Reconstruite à l'économie à la fin de cette longue période de troubles, l'église est cependant désaffectée dans le courant du XVIIIe siècle. Une chapelle (attestée par les textes de l'époque, mais dont l'emplacement reste inconnu) dédiée à Saint-Louis est construite en 1778[3], tandis que la salle des malades est modernisée et que de nouveaux bâtiments sont adjoints à la structure initiale.

Cette campagne de travaux ordonnée par Charles-Eugène de Lorraine, prince de Lambesc et sire de Pons, n'empêche pas de nouvelles déprédations durant la période révolutionnaire.

Au début du XIXe siècle, l'hôpital, remis en état tant bien que mal, accueille également la première école gratuite pour les enfants pauvres, dont l'éducation est confiée à des religieuses de l'ordre des Ursulines, les « Dames hospitalières de Pons ». Cependant, l'édifice, considéré comme vétuste, est abandonné en 1818[1] au profit du nouveau couvent des Ursulines de l'actuelle rue du Président Roosevelt.

Tandis qu'une partie des bâtiments est transformée en habitations et en exploitation agricole, la commune détruit en 1830 la tour qui s'élevait à l'origine au-dessus du porche et qui menaçait de s'effondrer sur la route. Le classement du porche par les monuments historiques en 1879 sauve in extremis cette partie de l'édifice de la destruction.

En 1974, l'un des propriétaires de l'édifice se charge de détruire une partie des constructions parasites établies par ses prédécesseurs.

En 1985, une partie des bâtiments est reconvertie en logements sociaux.

Il faut attendre le début des années 1990 pour qu'une campagne de mise en valeur des bâtiments soit envisagée. En 1998, l'hôpital est classé au patrimoine mondial de l'humanité et bénéficie d'une campagne de restauration de grande ampleur, achevée en 2004.

De nos jours, l'hôpital sert de cadre à diverses manifestations culturelles et est ouvert à la visite.

ArchitectureModifier

 
Le portail roman de la salle des malades.

Parmi les bâtiments les mieux conservés figurent le porche roman, établi au-dessus de l'ancienne grand-route reliant Saintes à Bordeaux. Divisé en trois travées (deux voûtées en berceau brisé et une travée centrale voûtée sur croisée d'ogives torique), on y accède de part et d'autre par deux arcs surbaissés surmontés d'une corniche à modillons et d'oculi en demi-lune. Cet ensemble mesurant environ 18 mètres sur 10[3] est bordé à l'est et à l'ouest par des murs ornés d'arcades surmontant d'anciens enfeus ; des graffiti représentant des fers à cheval et des croix rappellent le passage de plusieurs générations de pèlerins[6]. De part et d'autre de la travée centrale s'ouvrent deux portails monumentaux en plein cintre ornés principalement de motifs végétaux (rinceaux) et géométriques (dents de scie)[7].

Celui tourné vers l'ouest donne accès à l'ancienne salle des malades, vaste quadrilatère divisé en trois vaisseaux et couvert d'une charpente datant du XIIIe siècle. Éclairée par plusieurs baies en plein cintre et par des baies en anse de panier et à remplage rayonnant, elle conserve par ailleurs de nombreux graffiti.

Une série de neuf vitraux contemporains, réalisés par l'atelier du maître-verrier Jean-Dominique Fleury, diffusent une douce lumière dans le bâtiment. La salle des malades se prolonge vers l'ouest par un auvent donnant sur un jardin médicinal réaménagé en 2003[4], et par un bâtiment en retour d'équerre datant du XVIIIe siècle.

Le portail situé face à la salle des malades (côté est du porche) donnait accès à l'ancienne église prieurale, dont il ne subsiste plus que quelques vestiges. Celle-ci conserve néanmoins une partie des murs gouttereaux de la nef, laquelle témoigne par ses dimensions (38 mètres sur 17) de l'importance de l'ancien sanctuaire[3].

Au nord du porche roman (c'est-à-dire en direction de l'église Saint-Vivien), une maison moderne recouvre une ancienne crypte voûtée en plein cintre, laquelle servait originellement de charnier. L'emplacement de l'ancien cimetière n'est pas connu, mais il pourrait être situé à proximité.

Galerie d'imagesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Notice no PA00104846, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. L'Hôpital neuf dit des "pèlerins" de Pons
  3. a b c et d in Dossier d'inscription des chemins français de Saint-Jacques-de-Compostelle au patrimoine mondial, l'hôpital de Pons, page 4
  4. a et b Site Pons-Tourisme
  5. in Hospice des pèlerins à Pons, par Marcel Aubert, 114e éditions du Congrès archéologique de La Rochelle, 1956, pages 234-235
  6. in L'art roman en Saintonge, par René Cozet, éditions Picard, pages 27 et 108 à 125
  7. in Les églises de Saintonge, par Charles Connoué, éditions Delavaud, Tome I, pages 155-156

Liens externesModifier

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