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Gaston Plissonnier

homme politique français

BiographieModifier

Militant communiste rural et bourguignonModifier

Fils d'un artisan chaisier de la Bresse bourguignonne, il travaille très tôt[1], d'abord dans l'atelier de son père, puis comme journalier agricole. Adhérent au Parti communiste en 1935, dans sa région natale, son parcours le fait rencontrer Waldeck Rochet, issu du même terroir bressan[2] . Membre de la Jeunesse communiste, il lui est confié, ainsi qu'à d'autres jeunes militants originaires du milieu rural, sous la direction de Léo Figuères, la responsabilité d'organiser l'Union de la jeunesse agricole de France[3] dans son département de la Saône-et-Loire. Il s'y consacre de 1937 à 1939, tout en dirigeant le parti communiste dans la région de Louhans.

RésistantModifier

Réformé, et donc disponible, il participe à la réorganisation du parti communiste clandestin, d'abord en Saône-et-Loire, puis dans des responsabilités régionales et inter-régionales (Languedoc, Sud-ouest, Centre), et finalement à Toulouse. Il participe, après la Libération, à l'organisation des comités de défense et d'action paysanne, nés sous l'Occupation, et contribue, aux côtés de son « mentor » Waldeck Rochet, à la création en 1945 de la Confédération générale de l'agriculture (CGA), dont les communistes perdent rapidement le contrôle.

Rouage « éminent » de l'organisation du parti communisteModifier

« Permanent » professionnel du Parti dès 1945, dans le secteur de l'organisation des fédérations, il devient lui-même secrétaire fédéral du Loir-et-Cher (1948-1952). En 1952, il est secrétaire de la « commission de contrôle politique », au moment de « l'affaire Marty-Tillon » puis il gravit les échelons dans la hiérarchie du parti : membre du Comité central (1950-1990), du Secrétariat (1956-1990) et du Bureau politique (1964-1990).

C'est une personnalité omniprésente dans le fonctionnement du Parti : chargé de la « montée des cadres » c'est à lui que revient le choix de promouvoir — ou de rétrograder — les cadres militants au sein de la hiérarchie communiste. En 1970, il favorise l'élection au secrétariat général de Georges Marchais aux dépens de Roland Leroy, trop proche des intellectuels, parfois contestataires. Il était chargé du soutien financier clandestin aux PC portugais et espagnol pendant leur clandestinité; il assure l'intérim du Secrétariat Général quand Georges Marchais est frappé d'une crise cardiaque en 1976. Les meilleurs connaisseurs du PCF le qualifiaient de « mémoire vivante » du communisme international. La presse le surnommait le « secrétaire perpétuel »[4] du Parti, voire d'« éminence grise »[5].

Il fut chevalier et officier de la Légion d’honneur.

FamilleModifier

Il fut l'époux de Juliette Dubois, sénatrice de 1947 à 1948. Ensemble, ils ont eu un fils Pierre Plissonnier.

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Notice biographique dans le Maitron
  2. L'Humanité, 17 mai 1995 « On l'appelait Gaston »
  3. Léo Figuères, Jeunesse militante, col. « souvenirs », éditions sociales, 1971.
  4. Libération, 17 mai 1995, article nécrologique « La mort de Gaston Plissonnier, homme d'appareil du PCF. Il s'occupait des relations avec le grand frère soviétique ».
  5. Roger Faligot, Rémi Kauffer, Éminences grises, Fayard, 1992. Gaston Plissonnier est « biographié » en p. 247-287.

Liens externesModifier