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Gare d'Igney - Avricourt

gare ferroviaire française
Ne doit pas être confondu avec Gare d'Igney ou Gare de Nouvel-Avricourt.

Igney - Avricourt
Image illustrative de l’article Gare d'Igney - Avricourt
Ancien bâtiment voyageurs, quais et voies.
Localisation
Pays France
Commune Avricourt (Meurthe-et-Moselle)
Adresse Rue de la Gare
54450 Avricourt
Coordonnées géographiques 48° 38′ 48″ nord, 6° 48′ 21″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF / particulier (BV)
Exploitant SNCF
Service TER
Caractéristiques
Ligne(s) Noisy-le-Sec à Strasbourg-Ville
Igney - Avricourt à Cirey (HS)
Transit annuel 24 624 voyageurs (2014)
Altitude 283 m
Historique
Mise en service

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Igney - Avricourt

Géolocalisation sur la carte : Grand Est

(Voir situation sur carte : Grand Est)
Igney - Avricourt

Géolocalisation sur la carte : Meurthe-et-Moselle

(Voir situation sur carte : Meurthe-et-Moselle)
Igney - Avricourt

La gare d'Igney - Avricourt est une gare ferroviaire française de la ligne de Noisy-le-Sec à Strasbourg-Ville, située sur le territoire de la commune d'Avricourt, à proximité de la commune d'Igney, dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est.

Cette gare, qui a joué le rôle de gare frontière côté français durant l'annexion de l'Alsace-Lorraine, ne doit pas être confondue avec l'ancienne gare frontière de Nouvel-Avricourt qui se trouve 1,3 km plus à l'est, en direction de Strasbourg, de l'autre côté de l'ancienne frontière.

C'est une gare voyageurs de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), du réseau TER Grand Est, desservie par des trains express régionaux.

Situation ferroviaireModifier

Établie à 283 m d'altitude, la gare d'Igney - Avricourt est située au point kilométrique 409,589[1] de la ligne de Noisy-le-Sec à Strasbourg-Ville, entre les gares fermées d'Emberménil et de Nouvel-Avricourt.

Ancienne gare de bifurcation, elle constituait l'origine de la ligne d'Igney - Avricourt à Cirey, aujourd'hui déclassée et déposée.

HistoireModifier

La gare d'Avricourt est mise en service le 12 août 1852 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg lors de l'ouverture de la section de Nancy à Sarrebourg de la ligne de Paris à Strasbourg.

Le 21 janvier 1854, la Compagnie des chemins de fer de l'Est succède à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg.

Entre 1862 et 1863 la gare d'Avricourt accueille 12 495 voyageurs. Sur la même période, le trafic des marchandises représente 131 791 tonnes pour la grande vitesse et 11 687 717 tonnes pour la petite vitesse[2].

Lors de l'annexion de l'Alsace-Lorraine, à la suite de la signature du traité de Francfort le 10 mai 1871, le tracé de la nouvelle frontière fait que la gare d'embranchement et une partie de la ligne d'Igney - Avricourt à Cirey — mise en service le et exploitée par la Compagnie anonyme du chemin de fer d'intérêt local d'Avricourt à Blâmont et Cirey (ABC) — se retrouvèrent dans l'Empire allemand, empêchant ainsi leur fonctionnement normal[3]. À la suite des doléances françaises, les Allemands acceptèrent de modifier, par une convention additionnelle signée à Berlin le 12 octobre 1871, ladite frontière. Fixée sur six kilomètres le long même de la voie ferrée unique ABC et de celle à voie double de Paris – Strasbourg côté Lunéville, la nouvelle frontière permit le retour à la France de la commune d'Igney et la partie d'Avricourt située au sud de la voie ferrée (plus les villages de Raon-lès-Leau et de Raon-sur-Plaine)[3]. Les portions de voies ci-dessus et les installations de la gare d'Avricourt (qui prend le nom d'Igney - Avricourt) redeviennent alors françaises.

La gare frontière de Deutsch-Avricourt (aujourd'hui Nouvel-Avricourt) est achevée en 1875.

La gare d'Igney - Avricourt était la gare terminus pour les trains venus de France et permettait la correspondance, après un contrôle douanier avec les trains venus d'Allemagne[réf. nécessaire] ; de nombreuses voies de garage permettaient l'inspection, le triage et le déchargement des marchandises.

Après la Première Guerre mondiale, elle se situait toujours à la frontière entre les Chemins de fer de l'Est et les Chemins de fer d'Alsace et de Lorraine mais le relai-traction se faisait soit à Nancy soit à Metz et les deux grandes gares d'Avricourt voyaient désormais les trains rapides passer sans y marquer l'arrêt[4]. Dès cette période, les activités ainsi que la quantité de personnel affectées à Igney - Avricourt déclinèrent fortement, le Gouvernement souhaitait en effet effacer les traces de cette ancienne frontière[4].

En 1931, le trafic de la gare d'Igney - Avricourt était de 617 245 voyageurs, 5 391 tonnes de marchandises pour la grande vitesse et 1 493 860 tonnes de marchandises pour la petite vitesse[5].

Le , la SNCF devient concessionnaire des installations ferroviaires d'Igney - Avricourt.

Le service des voyageurs en direction de Blâmont et Cirey est supprimé en 1945.

Cette gare est citée dans le film de Claude Lelouch, Les Uns et les Autres (France, 1981). Elle est le théâtre d'une scène dans laquelle Robert Hossein et Nicole Garcia, jouant les rôles de Français de confession juive déportés se séparent de leur nourrisson en parvenant à le déposer sur les voies au cours d'une halte de leur train en gare d'Igney - Avricourt.

En octobre 2012, le poste d'aiguillage a été démoli et la plupart des voies de service et de débord ont été déposées.

En 2014, la SNCF estime la fréquentation annuelle de la gare à 24 624 voyageurs[6].

Le bâtiment voyageursModifier

 
Le bâtiment de 1852. L'ancien corps central se distingue par ses percements à arcs.

Construit en 1852 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg, il s'agit d'un bâtiment de type 5, qui fut construit pour la plus grande majorité des gares de la ligne de Paris à Strasbourg, entre Vitry-le-François et Strasbourg.

Les bâtiments de type 5 se caractérisent par une façade de style néo-classique recouverte d'enduit, munie de bandeaux et de pilastres d'angle en pierre de taille ainsi que de percements à linteau droit surmontés d'entablements. Le corps de logis, comprend un étage surmonté d'une toiture à deux croupes et comporte trois travées, celles du rez-de-chaussée étant surmontées d'arcs en plein cintre ; les ailes, sans étage, coiffées d'un toit à deux pans, comportaient généralement une ou deux travées à l'origine et étaient symétriques. Les murs latéraux avaient initialement un œil-de-bœuf, pour les ailes basses, ou une petite fenêtre en demi-lune, pour le corps central.

Le nouveau statut de gare frontière de la modeste gare d'Igney - Avricourt a nécessité la création de locaux pour la douane, de salles d'attente agrandies et de nouveaux bureaux. Au lieu de démolir le bâtiment de 1852, la Compagnie des chemins de fer de l'Est procéda à un agrandissement et à un surhaussement des ailes latérales de ce bâtiment et à la construction d'un nouveau bâtiment destiné aux voyageurs au centre d'un quai en îlot. Le bâtiment de type 5 agrandi possède désormais une aile à deux étages de six travées et une autre de deux de part et d'autre du corps central et la toiture est continue ; le second bâtiment, accessible aux voyageurs, est un long bâtiment à un étage d'une trentaine de travées qui faisait face au premier bâtiment[7]. Plusieurs bâtiments de service existaient également.

Actuellement, seul le bâtiment de 1852 a survécu, reconverti en habitations. Le bâtiment situé entre les voies a complètement disparu mais la position des quais témoigne de sa présence.

Service des voyageursModifier

AccueilModifier

La gare ne dispose pas de guichet ouvert à la clientèle. Son bâtiment voyageurs est fermé au public. Une passerelle permet la traversée des voies.

DesserteModifier

Igney - Avricourt est desservie par des trains régionaux TER Grand Est assurant la relation Nancy-Ville – Sarrebourg – Saverne – Strasbourg-Ville.

IntermodalitéModifier

En complément de la desserte ferroviaire, des autocars TER Grand Est desservent notamment les communes dont les gares sont fermées, en reliant Igney - Avricourt à celle de Sarrebourg. Cette substitution routière, représentant en moyenne deux aller-retours quotidiens en semaine et un seul le samedi (mais aucun les dimanches et jours fériés), compense partiellement la fermeture aux voyageurs des gares de Nouvel-Avricourt, Réchicourt-le-Château, Gondrexange et Héming[8].

Patrimoine ferroviaireModifier

L'ancien bâtiment voyageurs, devenu une habitation privée, et une halle à marchandises désaffectée. Il reste également un faisceau de voies abandonnées, recouvertes par de la végétation, qui ne sont plus reliées aux voies principales.

Notes et référencesModifier

  1. Livre : Nouvelle géographie ferroviaire de la France par Gérard Blier, Tome 2, Planche 1.
  2. André Linard, Sarrebourg parle de sa gare : Sarrebourg, Moselle, Sarrebourg : Société d'histoire et d'archéologie de Lorraine, impr. 2008, coll. « Documents / Société d'histoire et d'archéologie de Lorraine », 1998 [mis à jour en 2007], 191 p. (ISBN 9782909433424)
  3. a et b (fr) « 1871 - La ligne ABC devient allemande », sur blamont.info (consulté le 9 novembre 2014).
  4. a et b « Forums LR PRESSE • Voir le sujet - Gare frontière de l'Est », sur forums.e-train.fr (consulté le 15 janvier 2019)
  5. 140C343 (pseudonyme), « Forums LR PRESSE : De Paris-Est à Strasbourg-ville: la ligne 1 », sur forums.lrpresse.fr, (consulté le 27 mars 2017), p. 55 (en bas de page).
  6. « Fréquentation en gare en 2014 – Igney Avricourt », sur SNCF Open data, traitement du 26 avril 2016 (onglet informations) (consulté le 10 juin 2016) : « Voyageurs 2014 : 24 624 ».
  7. « Cartes postales AVRICOURT Gares », sur www.blamont.info (consulté le 15 janvier 2019)
  8. Fiche horaires « SARREBOURG IGNEY-AVRICOURT » (ligne 24) [PDF], sur ter.sncf.com/lorraine (consulté le 21 décembre 2015).

Voir aussiModifier