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François-Joseph Servois
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François-Joseph Servois est un mathématicien français né à Mont-de-Laval (Doubs) le [1] ou 1768[2],[3],[4] et mort dans la même ville en 1847.

Un itinéraire singulierModifier

Servois, d'origine modeste, étudie dans diverses écoles presbytérales de la région. Il est admis au séminaire de Besançon en 1786 et est ordonné en 1789. Prêtre constitutionnel, il exerce comme vicaire à l'église Notre-Dame de Besançon puis comme vicaire épiscopal du Jura à Saint-Claude. Il abandonne la carrière religieuse pour intégrer le 5 mars 1794 l'école de l'artillerie de Châlons.

Au-delà de la difficulté d'exercer le métier de prêtre sous la Terreur, il faut voir dans ce revirement un désir de servir et surtout un goût prononcé pour les mathématiques. Servois a étudié et exercé à Besançon à un moment où le mathématicien Lacroix enseignait les mathématiques à l'école d'artillerie de Besançon. Il a pu être encouragé à parfaire son éducation mathématique et à changer d'orientation. Lorsque Servois intègre l'école de Châlons, Lacroix est justement examinateur de l'entrée aux écoles d'artillerie. Servois ne passe que quelques mois à l'école et intègre comme 2e lieutenant le 1er régiment d'artillerie à pied.

Il est versé dans l'armée du Rhin et prend part à la bataille de Neuwied (1796-97). Le 7 juillet 1801, au retour de la paix, Servois, sur recommandation d’Adrien-Marie Legendre, est affecté à l'école d'artillerie de Besançon en tant que professeur. Au cours des années suivantes, il intervient dans les autres écoles de cette arme : Châlons (mars-décembre 1802), puis surtout Metz (décembre 1802 - février 1808), et enfin La Fère (février 1808-1814). À la fin de la Campagne de France (1814), il prend part à la défense de Paris en mars. Il reprend en 1815 ses cours à l'École de la Fère puis, au début de la Restauration, à l’École d'application de l'artillerie et du génie.

Un mathématicien reconnuModifier

Servois fit des recherches sur la géométrie projective, les équations fonctionnelles et les nombres complexes et fut sur le point de découvrir les quaternions avant Hamilton[2].

Il introduisit le mot « pôle » en géométrie projective[2],[3],[5]. C'est aussi à lui qu'on doit les mots « commutatif » et « distributif »[4],[6].

Le 23 novembre 1813, il fit part à Gergonne de ses doutes sur la fécondité de l'interprétation géométrique par Argand des nombres complexes : « […] j'avoue que je ne vois encore, dans cette notation, qu'un masque géométrique appliqué sur des formes analytiques dont l'usage immédiat me semble plus simple et plus expéditif[7] » et celui-ci publia sa lettre, l'accompagnant de commentaires modérateurs.

Il était considéré comme un expert par les mathématiciens de son temps et Poncelet, écrivant son Traité des propriétés projectives des figures, le consulta à plusieurs reprises[2]. Servois fournit des articles pour le volume Artillerie de l'Encyclopédie méthodique.

Notes et référencesModifier

  1. Présentation d'un court article sur quelques scientifiques édité par l'APMEP
  2. a b c et d (en) John J. O'Connor et Edmund F. Robertson, « François-Joseph Servois », dans MacTutor History of Mathematics archive, université de St Andrews (lire en ligne).
  3. a et b (en) Pole sur le site Earliest Known Uses Of Mathematical Terms de Jeff Miller
  4. a et b (en) Commutative and distributive sur le site Earliest Known Uses Of Mathematical Terms
  5. Servois, « Solution du premier des deux problèmes proposés à la page 259 de ce volume, et du problème proposé à la page 126 du même volume », Annales de Gergonne, vol. 1,‎ 1810-1811, p. 337-341
  6. Servois, « Analise transcendante. Essai sur un nouveau mode d'exposition des principes du calcul differentiel », Annales de Gergonne, vol. 5, no 4,‎ , p. 93-140
  7. « Lettre de M. Servois », Annales de Gergonne, vol. 4,‎ 1813-1814, p. 228-235

Voir aussiModifier

Jacques Boyer, Le Mathématicien franc-comtois François-Joseph Servois, ancien conservateur du Musée d'artillerie, 1895