Foy d'Agen

sainte et martyre gallo-romaine

Foy d'Agen
Image illustrative de l’article Foy d'Agen
Enluminure de sainte Foy d'un manuscrit du XIIe siècle, Sölden, Allemagne.
Sainte, martyre
Naissance v. 291
à Aginnum (Agen), Gaule aquitaine, Empire romain
Décès   (v. 12 ans)
à Agen, Gaule aquitaine
Nationalité gallo-romaine
Vénérée à abbatiale Sainte-Foy de Conques, cathédrale Saint-Caprais d'Agen
Vénérée par l'Église catholique
Fête 6 octobre
Attributs gril et palme du martyre

Foy (née vers 291 et morte en 303 à Agen) est une sainte chrétienne fêtée par l’Église catholique le 6 octobre[1].

Cette vierge martyre appartient avec Caprais, Prime et Félicien à un groupe de martyrs agenais persécutés par Dacien et dont l'historicité n'est pas certaine, leurs corps, inconnus jusqu'au Ve siècle, apparaissant dans des légendes hagiographiques qui relatent des translations miraculeuses de reliques[2].

HagiographieModifier

À la fin du IIIe siècle en Gaule, quelques persécutions ont lieu après l’édit de Dioclétien. À Agen, c’est à cette période que naît Foy, vers l’an 291[3]. (en latin fides, is, différent de fides, ei, qui signifie « foi »), qui appartenait à une très riche famille gallo-romaine. Elle a défendu sa foi chrétienne, jusqu’à mourir pour elle. Cuite sur un lit d’airain et décapitée, à l’âge de treize ans, à Agen, en 303, après avoir comparu devant le tribunal de Dacien, proconsul romain durant le règne de l’empereur Maximien. Après elle, moururent sa sœur sainte Alberte, saint Caprais et d’autres habitants chrétiens de la ville venus partager le sort de la martyre.

 
Martyre de sainte Foy.

Sainte Foy était connue et réputée des rois de France, à la suite de la fondation d'un lieu de prières, à Conques (anciennement appelée Vallée Lapidosa), où la sainte intercédait lors de prières faites par des chrétiens en ce lieu depuis l'an 371[4]. Clovis vit par exemple en sainte Foy une grande intervenante auprès du Christ pour son royaume. Lors de son passage en Aquitaine, il passa à Conques, et y fit réparer le monastère anciennement dégradé par les persécutions romaines et les invasions barbares[4]. Il le refonda et y donna des biens. Sainte Foy y fut honorée. Vers 730, le monastère Sainte Foy de Conques fut détruit par les Sarrasins. Mais plus tard, le roi des Francs Pépin Le bref y envoya un abbé pour réorganiser le lieu : un certain Dado. Son fils et successeur au trône des Francs, Charlemagne, vint à Conques, et comme Clovis, il refonda le monastère, puis y fit don de grands biens[4]. Ce lieu catholique de prières fut un refuge face aux invasions normandes, où, en 866 un moine de Conques, dans le Rouergue, Aronisde, abrite dans l’abbaye certains restes de Sainte Foy lors des conflits qui dévastaient les bords de la Garonne à Agen dans les années 800.

Ainsi, l’abbaye connut dès lors une grande prospérité et, comme elle se trouvait sur une des routes des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle (la Via Podiensis), les « Jacquiers » s’arrêtaient pour prier devant la belle statue d’or qui contenait le crâne de la martyre. Elle est fêtée le 6 octobre, jour supposé de son exécution.

PostéritéModifier

Sa renommée s’étendit dès lors en France puis en Espagne et au Portugal. Les conquistadores l’emmenèrent dans les Amériques. De nombreuses villes portent son nom : Santa Fe aux États-Unis (Nouveau-Mexique, Texas, Floride, Missouri et Tennessee), Santa Fe de la Vera Cruz en Argentine, Santa Fe de Bogotá en Colombie, et bien d’autres : Mexique, Honduras, Panama, Chili et Brésil (22 localités dans tout le pays, avec l’orthographe Santa Fé ; source brésilienne : « Atlas rodoviário Quatro Rodas »).

Des églises anciennes et importantes portent son nom à Sélestat (Alsace) et à Saint-Fiden (de) près de Saint-Gall (Suisse). Heilige Fides est la forme allemande de sainte Foy. Au Québec, le père Chaumonot construisit une chapelle pour les Hurons en 1669, près de Sillery et de Cap-Rouge sur le Saint-Laurent, en l’honneur de sainte Foy. La ville a été fusionnée avec dix-sept autres dans la nouvelle ville de Québec en 2002. L'orfèvre Goudji a construit un reliquaire en hommage à la sainte, appartenant au trésor de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques.

RéférencesModifier

  1. « Sainte Foy », sur Nominis (consulté le ).
  2. Jean-Robert Maréchal, Les saints patrons protecteurs, Cheminements, , p. 130.
  3. Les Saints d’Aquitaine : sainte Foy, monastère Sainte-Marie de la Garde, Saint-Pierre-de-Clairac, mars 2014, [PDF] [lire en ligne].
  4. a b et c « Histoire du monastère de Conques », au diocèse de Rodez, et de sa sécularisation en 1537 par le pape Paul III, avec la liste chronologique des abbés jusqu'en 1712. Premiers mots : « Le monastère de Conques, dans le pays de Rouergue, est de très ancienne fondation royalle... ». Derniers mots : « ... par lesd. seigneurs evesque de Rodès et abbé de Conques, et messieurs du chapitre, la même année mil cinq centz quarante cinq et le vingt unième avril »., 1601-1700 (lire en ligne)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, tome 3, p. 225-228, Chez Eugène Henry Fricx, Bruxelles, 1732 (lire en ligne).
  • Auguste Bouillet, Louis Servières, Sainte Foy, vierge et martyre à Agen, p. 323-329, 469-479, Revue de l'Agenais, 1901, tome 28 (lire en ligne).
  • Eugène Chatel, Sainte Foy, vierge et martyre, par MM.A. Bouillet et L.Servieres, p. 398-402, Bibliothèque de l'école des chartes, 1902, volume 63 (lire en ligne).
  • Abbé A. Bouillet, Liber miraculorum Sancte Fidis publié d'après le manuscrit de la Bibliothèque de Schlestadt, Alphonse Picard et fils, Paris, 1897 (lire en ligne).
  • Antoine Thomas, La chanson de Sainte Foi d'Agen : poème provençal du XIe siècle d'après le manuscrit de Leide, Librairie Honoré Champion (collection Classiques français du Moyen Âge), Paris, 1974 (lire en ligne).
  • Le Livre des miracles de sainte Foy : fac-similé et édition critique : Liber miraculorum sancte Fidis, éd. en fac-similé du Ms. 22 de la Bibliothèque municipale de Sélestat, Sélestat, Les Amis de la Bibliothèque humaniste, 1995 (compte-rendu).

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